Des guerriers redoutables

Publié le par sonja


En rangs serrés, telle une armée en campagne au service du jardin, ces auxiliaires discrets détruisent, en les mangeant, une grande partie des ravageurs des cultures, principalement pucerons, cochenilles, acariens et chenilles. Leur efficacité est tele que les dégâts des ravageurs sont à la fois rares et supportables pour les plantes elles-mêmes et pour le jardinier.  Mais ces équilibres écologiques, chers au jardinage biologique, ne peuvent être assurés qu'à plusieurs conditions. Ces soldats doivent être là à temps pour enrayer toute expansion des ravageurs. Ils ne doivent pas manquer de nourriture : il leur faut trouver des proies en permanence sur des plantes sauvages ou cultivées et des fleurs riches en pollen et en nectar. Dernières conditions : des abris l'hiver et un peu d'eau en plein été. Un jardin diversifié, fleuri toute l'année et entretenu d'une main légère et bienveillante, assure leur présence. Inutile d'acheter des auxiliaires d'élevage, ceux de la nature viendront tout seuls.

Les bêtes à bon Dieu.
Vedette en robe voyante et qui a déjà conquis le coeur des hommes : la coccinelle. Plusieurs dizaines d'espèces fréquentent le jardin et ses alentours. La starlette des rosiers et des légumes est la coccinelle à sept points. C'est la plus connue et la plus visible, mais pas la plus efficace ! L'hiver, elle se cache sous les paillis de feuilles mortes, les plantes vivaces, le lierre couvre-sol. Elle sort dès les premiers beaux jours et se nourrit alors de pollen et de nectar au moment où les pucerons sont encrore rares. L'arrivée massive de cette nourriture protéique déclenche sa reproduction. Elle pond alors des centaines d'oeufs, à côté des premiers foyers de pucerons, d'où sortent des larves carnassières et insatiables. Au bout de dix jours, la larve repue s'immobilise sous forme de nymphe et se métamorphose en adulte, tandis que ses parents, âgés de un an, meurent après avoir assuré leur descendance. Une seule génération par an. C'est peu, mais les adultes, eux aussi prédateurs, restent dans le jardin jusqu'en juin ouis se dispersent avant d'y revenir en automne.
La coccinelle à deux points préfère la hauteur des arbres et arbustes, où elle hiverne dans les écorces, les cavités et le lierre grimpant. Avec plusieurs générations dans l'année, elle est plus fidèle que sa cousine à sept points. D'autres belles déambulent : la coccinelle à damier, jaune à points noirs, chasseresse de pucerons ; la minuscule coccinelle des gruyères, noire à deux petites taches rouges, qui avale pucerons et acariens.

Les syrphes.
Ces mouches dont il existe plusieurs espèces avancent masquées. Leur ressemblance avec de petites guêpes leur évite d'être les proies d'autre animaux qui craignent les guêpes. Encore discrets en fin d'hiver, quand les adultes sortent de leurs abris, sous les débris végétaux du jardin, les syrphes se font remarquer en grand nombre sur les fleurs estivales. Langue courte de butineur oblige, poru prélever le nectar, elles fréquentent des fleurs courtes comme celles des inflorescences en ombelles plates du panais ou du fenouil, celles des fleurs composées, comme la marguerite, ou les fleurs ouvertes du liseron ou du coquelicot. Bien nourrie, la femelle dépose beaucoup d'oeufs sur les colonies de pucerons dont les jours sont comptés tant les larves de syrphes y font des carnages. Pas de répis avant l'automne.

La chrysope.
C'est la terreur des pucerons et acariens. Des centaines de pucerons, des milliers d'acariens, des cochenilles, des mouches blanches (aleurodes), des bébés chenilles, le tableau de chasse des larves de chrysope est impressionnant. Cette mouche aux yeux d'or, aux longues ailes membraneuses et diaphanes, repliées en toit sur son dos, sort de sa torpeur hivernale en mars, après un long séjour dans la cavité d'un arbre, d'un mur, d'un abri de jardin, d'un entrelacs de tiges de lierre ou d'un abri bien sec instalé à son intention. Plusieurs générations se suivent de mars à septembre, pour le grand bonheur des jardiniers qui voient les colonies de pucerons fondre comme neige au soleil. Actives très tôt et sur une longue période, les chrysopes sont des auxiliaires efficaces mais assez discrets. Quelques fleurs largement ouvertes, comme celles des roses, fourniront le nectar consommé par les adultes.

Des guêpes minuscules.
Champions de la discrétion et de l'efficacité, les micro-hyménoptères parasitoïde sont des miniguêpes qui pondent leurs oeufs dans le corps d'insectes. La larve issue de l'oeuf mange l'intérieur de son hôte qui ne meurt qu'au moment où la larve en sort pour se nymphoser avant de devenir adulte. Certaines espèces parasitent les pucerons ; une femelle ne pond qu'un oeuf par puceron et en parasite, à elle seule, des centaines. On note leur passage à la présence, parfois abondante, de pucerons morts, gros comme une tête d'épingle, dont la peau gonflée et durcie est devenue dorée.

D'autres micro-hyménoptères pondent dans les chenilles. Les ichneumons sont mêmes capables de perforer l'écorce des jeunes rameaux pour parasiter une chenille qui s'est réfugiée à l'intérieur du bois. D'autres encore parasitent les mouches blanches... Evidemment, tout traitement inapproprié ou trop tardif, même avec des produits bio,  détruirait aussitôt les ravageurs ciblés et, avec eux, leurs hôtes précieux qui les rongent de l'intérieur.

Le génie de l'ordre et de la précision. Ce reportage m'a également tenue en haleine jusqu'au bout.
De terre sauvage en "Terre Sauvage" !





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nadia-vraie 14/05/2008 06:25

J'en ai appris en lisant cet article.Vraiment la nature est une science et je me trouve bien ignorante.Sonia je crois que tu fais de grandes escapades dans la nature,j'espère que ta cheville est correcte.Profite du beau soleil et je te souhaite une belle journée.Amitié et A+

béa kimcat 10/05/2008 22:45

coucou sonjamerci pour tes encouragementsvoici un article redoutablement passionnantbizbéa

fatna 08/05/2008 13:35

c'est magnifique...en parlant de guerriers redoutables, j'ai eue de guepes ce matin dans ma maison,j'ai eue du mal a les faire sortir...bisous

le Pierrot 08/05/2008 08:36

ça bourdonne sur ta note...Bonne journé Sonia, bise...

nadia-vraie 07/05/2008 23:06

Cet article m'a tenu en haleine moi aussi car il est très ntéressant.Bonne soirée sonia et y a-t-il du soleil chez-vous? ici,il y a eu deux beaux jours radieux.Amitiées et A+