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Mercredi 7 mai 2008

Premiers insectes à entrer en scène, les pollinistaeurs sont, avant tout, des butineurs. S'ils vagabondent de fleur en fleur, c'est pour y prélever le précieux pollen et le nectar dont ils se nourrissent ou alimentent leurs larves. Sans le vouloir, certains transportent du pollen qui se dépose sur leur toison, les poils de leurs pattes, leurs ailes... En visitant uen fleur puis une autre, des grains de pollen provenant de l'une se déposent sur les stigmates, au sommet du pistil (la partie femelle), d'une autre. Arrivé à bon port, le pollen introduit dans l'ovule les gamètes mâles assurant la fécondation.
Toutes les plantes n'ont pas besoin de ces entremetteurs pour assurer leur reproduction sexuée. Certaines s'en chargent seules car les organes mâles et femelles de la fleur sont très proches, et féconds au même moment. D'autres -moins de 10 % des plantes-, confient leur abondant et fin pollen au vent et au hasard des rencontres. Ce sont les graminées et la pluplart des conifères ainsi que le bouleau et le noisetier.  Mais la grande majorité des plantes supérieures laissent aux insectes le soin d'assurer la pollinisation. Alors, pour les attirer, elles ont sélectionné, au fil du temps, des fleurs attractives, de couleur vive, odorantes et, offrande suprême, riches en nectar, ce liquide sucré dont ils sont friands. Qu'on ne s'y trompe pas : les pollinisateurs ont tout à gagner à l'échange, c'est donnant-donnant. Car s'ils assurent le taxi gratuit pour véhiculer le pollen, ils se réumunèrent en prélevant pour eux l'essentiel du nectar sécrété par les fleurs. Un troc équitable !
Grâce à ce troc, les fleurs produisent des fruits et des graines en quantité et le jardinier est, lui aussi, gagnant. Sans les butineurs, les hommes pourraient dire adieu à plus de 80 % des espèces qu'ils cultivent pour se nourrir : courgette, potiron, melon, tomate, pêche, pomme et poire, prune, cerise et kiwi. La production des fraises, framboises, groseilles diminueraient gravement, comme celle des graines potagères et fourragères. On aura compris tout l'intérêt pour le jardinier à les protèger à les attirer sur ses terres.

Les abeilles, sociales ou solitaires.
Dotés de deux paires d'ailes, les pollinisateurs les plus nombreux et les plus efficaces sont les hyménoptères. Au rang des plus zélés : l'abeille domestique. La reine, fécondée, fonde la ruche qui peut abriter plusieurs dizaines de miliers d'ouvrières. Celles-ci nourrissent les larves de pollen et de miel, qu'elles fabriquent avec du nectar, et dont eles se régalent elles-mêmes.
Au cours de leurs déplacement, jusqu'à 4 kilomètres autour du nid, elles visitent des milliers de fleurs, les mêmes en général, mais eles peuvent butiner plus d'une centaine d'espèces différentes, assurant ainsi la dissémination de leur pollen. Toutefois, la plupart des espèces d'abeiles ne fondent pas de colonie et vivent solitaires.
Pour réaliser son nid, chaque femelle fécondée utilise un trou dans le sol, dans un talus, un mur, une tige sèche, du bois pourri, et même dans les trous d'évacuation d'eau, au bas des fenêtres. Elles y aménagent des loges en terre (osmie) ou en tronçons de feuilles, découpées dans les rosiers ou d'autres plantes. Dans chacune, elle dépose un oeuf et un peu de pollen pour nourrir la larve qui en sort l'année suivante. Discrètes, inoffensives, les abeiles solitaire peuvent être nombreuses au jardin. Le jardinier attentionné leur installera des petits fagots de tiges creuses (bambou, roseau, canne de Provence, céleri, deutzia, oseille sauvage, berce...) et de tiges à moelle (ronce, rosier, bambou...).

Les bourdons infatigables.
Qui ne connaît le vol du bourdon et son ronronnement incessant, qui commence très tôt au printemps et s'amplifie au cours de l'été ? Contrairement aux abeilles domestiques, il s'activent à des températures assez basses et même par temps gris. Ils sont dotés d'une longue langue qui leur permet d'atteindre le fond des corolles profondes, inaccessibles aux abeilles. Et s'ils n''y parviennent pas, ils n'hésitent pas à perforer la base de la fleur pour en extraire le nectar. La gourmandise ne s'embarrasse pas de façons !
La femelle fécondée passe l'hiver dans une cavité naturelle, sous des mousses épaisses ou des feuilles mortes. Elle en sort dès les premières chaleurs, en fin d'hiver, pour se ravitailler sur les rares fleurs présentes sur les talus, les pelouses ou dans les haies. Puis elle fonde une colonie de quelques centaines d'ouvrières, qui s'activent jusqu'en automne, avant de mourir en hiver. Parmi les espèces fréquentant les jardins, le xylocope violet, gros boudon noir bleuté, niche dans les bois mort et pourrissant des arbres et des menuiseries abîmées, ce qui lui vaut le nom d'abeille charpentière. Enfin, dans la grande famille des jyménoptères, les guêpes, sociales ou solitaires, assurent leur part de travail : les adultes butinent et chassent aussi des proies pour nourrir leurs larves.

Des mouches et des coléoptères colorés.
De grands rassemblements ont parfois lieu sur les fleurs plates des Apiacées (ombellifères) comme celle du fenouil, et des Astéracées (composées), comme celle de l'achillées. Verts, bleutés, rouges, bruns,  jaunes tachetés de noir, ce sont des coléoptères qui visitent les fleurs pour leur pollen, leur nectar ou les pucerons qui s'y sont installés. Pollinisateurs bien plus efficaces que les coléoptères et les papillons, les mouches ne laissent pas leur part de pollen : mouche à damier, mouche verte, syrphe, éristale... Toutes sont d'utiles auxiliaires dont les larves sont des décomposeurs.

Encore un reportage de "Nature Sauvage" qui a fait mon bonheur mental.
Les insectes sont étonnant. Des travailleurs infatigables.
La nature nous donne une belle leçon d'équilibre social et d'échange. Ainsi que de savoir vivre. Rien ne se perd dans ce monde là. Tous se recycle. Il y a une collaboration étroite pour ne pas polluer. Matière et matériau, ils savent judicieusement s'en servir pour le bien de leur environnement et de la faune qui les entoure.
C'est la seule chose que les hommes n'ont pas cherché à exploiter en priorité chez les animaux : leur judicieux comportement pour ne pas polluer. Même le ramassage des ordures n'est pas un problème...
L'homme aurait-il perdu sa curiosité, au point qu'il n'ait plus envie d'observer le monde animal ?
Il est vrai qu'on est arrivé à se satisfaire d'inventions qui ne savent plus que prélever plutôt que de partager avec la nature... Grossière erreur !





par sonja publié dans : De reportages en reportages...
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