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Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /2007 18:07

                                                                - 1 -

Enfin Marignane ! Le terminal de l'aéroport de Marseille est là pour l'accueil des passagers de tous horizons. En ce lundi 5 décembre ce n'est pas l'affluence debordante.
Après les formalités d'usages et le passage à la douane où une fouille au corps est de mise, je laisse ici mes enfants et la France. De l'autre côté c'est déjà presque l'Algerie lorsqu'en salle d'attente je m'installe. Il est 9h30 seulement, mais je ne suis pas gênée par ces trois heures d'attente qui vont s'installer. Depuis mon poste d'observation, tout d'abord dans un coin du bar, c'est un régal pour le mental que de voir venir ou s'en aller ces passagers d'un jour. Des rappels de departs sont donnés, toutes les demi-heures. Alors, entre Djibouti et Tunis, en attendant mon avion via Alger, ce monde coloré, autour de moi, sans se presser, s'adonne à ce jeu de patience. Je suis euphorique !
Une heure avant l'embarquement, je suis partie rejoindre la salle d'attente de la porte 14, où déjà, l'Algerie était très présente. Et mon esprit s'est mis à vagabonder du côté du bled. De la douceur mentale et de l'interrogation plein les yeux ! Je me suis sentie à l'aise et comme déjà faisant partie intégrale avec ce peuple. Des racines lointaines de par mon vécu algerien et sans doute cette double culture que l'on reçoit lorsqu'on passe ses premières vingt années ailleurs.
Le sourire et la bonne humeur ambiante sont catalyseurs. Et c'est rassurant. La France aurait besoin d'un peu de cette bonne humeur pour arriver à relativiser ses problèmes. Le sourire naturel manque un peu aux couleurs de la France.
Et voilà l'appel à rejoindre le passage à l'accès à l'avion. C'est ainsi que j'ai fait la connaissance d'une dame fort charmante, pendant que nous attendions de présenter nos passeports. Elle m'a invité à m'asseoir à ses côtés, dans l'avion. C'est ainsi que nous avons pu echanger un peu de nous. L'avocate et la Rmiste assises côte à côte.
Un peu plus d'une heure au dessus des nuages. La tête dans les nuages, assurée. Une mer immense qui ressemblait à de la crème chantilly qu'un magicien s'amusait à soulever. D'une blancheur tenace, ourlée par endroit d'un bleu tendre. Entre ciel azur et blanc éclatant, on pouvait imaginer le voyage de l'oiseau...
Et puis l'instant tant attendu, au détour d'une masse nuageuse qui se desagrège, les côtes algeriennes, depuis une hauteur incroyable, pour le petit humain que nous sommes. Un decoupage des rives algeroises sous un soleil généreux.
L'émotion m'a prise à la gorge. Un vrai vertige psychologique. J'ai ressenti un certain picotement sous mes paupières. Je n'ai pas réussi à retenir ces larmes qui se sont échappées. Une explosion intérieure. Sans parole...
Ce retour en arrière ne pouvait se présenter autrement.
Ensuite, l'atterissage en douceur. J'ai quitté ma nouvelle amie qui s'est eloignée avec sa soeur et sa nièce. Je ne fus pas moins bien accueillie par mon guide et son ami. Après plusieurs kilomètres, ce fut la pause chez la famille de Omar, ami de Rachid. Comment ne pas tenir compte de cette fabuleuse hospitalité ? Ne pas connaitre la famille et pourtant se sentir à l'aise dès le seuil d'entrée... n'y a t-il qu'en Algerie qu'on sache faire cette demarche intérieure ?
J'ai eu un instant l'impression de les connaitre de longue date. On ressent dans ce cas là, des sentiments très forts. Car l'hospitalité et la générosité ne sont pas surfaites. Notre réalité d'europeen est telle, que ceci dépasse l'entendement.
On m'a préparé une soupe gouteuse et un couscous qui a fait les délices de mon palais. Si je les avais écouté, j'aurais mangé pour deux...
La soirée fut délicieuse et si chaleureuse, entourée de la maman et de sa fille. Echanges de photos à regarder. Quelques interrogations pour faire connaissance. Les bavardes que nous avons été se sont quittées à 23h30 environ. Richesse de la communication.
La nuit fut pluvieuse. Voici pour le premier jour !
Réveil à six heures du matin. La maisonnée est toujours en sommeil. De quoi avoir envie d'écouter le poumon de la maison, afin de mieux refléchir à ces premières heures en terre amie.
J'ai pu rejoindre la maman dès sept heures. Encore une prolongation de la veille, autour d'un thé et des copies d'élèves. Avec un professeur des écoles en face de moi, il était évident que nous parlerions "élèves". Mais plus étonnant encore, elle m'a invité à aller avec elle, dans sa classe, pour assister à son cours. Pourquoi pas ?
Nous voilà donc parties sur les chemins boueux du village au nom chantant : Djebahia. Agréable jeu du souvenir. Je me souviens encore de ces ruelles que la pluie rend boueusement chocolat.
L'enfance d'un autre temps, vient me chatouiller l'espace d'un temps. Mais court. Je suis en train d'ouvrir des tiroirs secrêtement cachés. La clef en était précieusement conservée pour des jours de grande famine du souvenir...
C'est donc dans une école peu banale que je me suis retrouvée, avec mon amie Dahbia qui m'a servie de gouvernail. De classe en classe nous avons avancé.
Laissez moi vous raconter la première visitée... Après avoir été présentée brièvement au professeur, dont le cour était déjà engagé, cette dame qui m'a souhaité la bienvenue a demandé à ses élèves de se lever afin de me faire un accueil comme on n'en voit plus. Comme pour s'excuser d'un embarras occasionné par la langue que ces enfants ne comprenaient pas encore, c'est à dire la mienne, elle m'a affirmé qu'elle aurait demandé de me chanter quelque chose.
Ce charmant professeur a touché mon coeur. Comment peut on être aussi délicat, et avec cette grande sensibilité sans que rien ne les oblige ? J'ai eu mes chansons, et des amours de petites filles aux grands yeux sombres, avec de la fierté plein la voix. Leur plaisir fut aussi grand que le mien. Peut-on rester indifférent devant de telles marques d'affections ? 
Ces premières "années" d'enfance scolarisée, m'ont fait bien plus apprécier les vraies valeurs de la vie. Il y a ici en Algerie un contexte qui ne trompe pas.
Puis me voilà assise au fond de la classe de mon amie. A la manière d'une mauvaise élève.
J'ai ouvert grand mes yeux et mes oreilles. Bien sur que la curiosité a été le maitre mot de cette heure et demi que j'ai passé dans cette classe de grands. Et pour la première année d'apprentissage du français. La langue de Molière faisant partie du programme scolaire. J'ai souvent rencontré vingt paires de yeux, durant ce temps de cours. Mais en aucune façon je n'ai été une gêne pour eux.
Voici ce que j'ai vu...
Les enfants sont très volontaires et spontanés pour répondre. Les voilà donc engagés dans l'apprentissage de la phonétique. La professeur fait travailler leur imaginaire. Excellente approche du français. De la lecture aussi. La discipline en classe est excellente, etonnante, extraordinnaire. Il existe un respect du professeur qui laisse pensif. Le cour est donné sous forme d'une histoire racontée. Elle fait travailler la mémoire de l'élève. Elle fait répêter la prononciation appuyée, du mot étudié. A la manière d'un cours de diction. Les filles sont majoritairement plus spontanées que les garçons. La méthode de conjugaison est tout aussi excellente. L'enfant est également pris en compte, individuellement, même lorsqu'ils font un travail de groupe. Presque toute la classe lève le doigt. Même lorsque les enfants font une erreur de compréhension ou d'approche de la langue, pas d'humiliation à l'encontre de l'individu.
Une classe de vingt enfants qui veulent tous répondre... n'est-ce pas fabuleux ? Le désir d'apprendre ici est plus qu'une évidence. Comme dans toutes les classes du monde, il y a aussi, le petit drôle qui essaie de donner le change.
L'art de la conjugaise française, ils arriveront à la maitriser, c'est une certitude. Et ils ne connaissent qu'une seule langue, l'arabe.
On se sert beaucoup du tableau. Ce qui est une bonne méthode pour la visualisation qui va intervenir au niveau du mental. C'est une classe énergique et pleine de bonne volonté. Après l'apprentissage de la grammaire et de la conjugaison, application sur le cachier. Travail de mémoire encore.
C'est l'heure de la récréation pour les plus petits tout d'abord. Préservation des touts petits en cas de bousculades possibles. Les joueurs ont besoin d'espace et n'ont pas toujours l'oeil attentif. Les professeurs se montrent encourageants avec les élèves. Positifs dans leurs remarques. L'intérêt de l'enfant prime.
Ici les enfants sont trop touchants, et le sourire accroché au coeur. C'est une classe energique et pleine de bonne volonté que j'ai devant moi. Merci Dahbia !
En France, il est requis de la part de l'observateur d'être un expert, ou alors il faut une permission spéciale pour se poser dans une telle classe, et s'imprégner du travail professeur-élèves. Rien de tel ici. C'est presque le visiteur qui créé l'honneur. Une totale simplicité dans les rapports et dans l'acceuil. On se sent très vite à l'aise avec une telle approche.  Point de secrets pour l'observateur qu'on n'attendait pas. Même le négatif est ouvert à tous...
La fin du cours a sonné. Dix heures trente. C'est l'heure du repas à la cantine. Deux services. Les six cents élèves y sont conviés. Le second service étant à treize heures. J'ai été l'invitée particulière et d'honneur du Directeur de l'établissement. Ce fut un réel plaisir que de partager un repas au parfum de viande de mouton, en compagnie de trois professeurs. Avec ces dames, ce fut de la bonne humeur assurée. Les messieurs étant assis autour d'une autre table, derrière nous. Un régal à tous les niveaux. Un bon point pour cet échange unique.
Et une aide inestimable lorsqu'on veut écrire quelque chose sur l'Algerie.
Un grand merci !
Puis retour du côté de la maison de mon hôte, gentiment à mes côtés et m'informant de moult détails sur les habitants du village. L'été il doit faire bon vivre en ce lieu...
Mais avant de rentrer à la maison, petit détour obligé au dispensaire-hopital. Le medecin chef et la docteresse chirurgien dentiste me sont présentés. Cette dernière étant la cousine de ma nouvelle amie. Cette femme là conjugue la beauté et la joie de vivre en même temps. Sa bonne humeur est communicative. Sa gentillesse est du même temperamment que celui de Dahbia.
On me présente ensuite le medecin qui m'a d'ailleurs invité à m'asseoir. J'ai été questionnée sur mon point de vue sur l'Algerie d'aujourd'hui. Du moins, de l'aperçu de ce premier jour.
Puis il a voulu pousser plus loin son investigation. Il m'a demandé ce que je pensais des femmes vêtues de leurs habits de musulmanes. Question pertinente et qui meritait une réponse honnête, quelle qu'elle soit. J'ai eu plaisir à partager mon point de vue. Ici on peut parler de revenus, de religion sans aucun préjugé. Le secret n'est pas requis. Ils ont été curieux, moi aussi. Le ton est vite donné pour peu qu'on soit ouvert au dialogue. J'ai eu affaire à des gens cultivés, mais simples. Ils écoutent favorablement tous les points de vue. Ne pas être d'accord ne signifie pas, se montrer grossier. On a l'écoute facile, puis, ensuite seulement ils prévalent de  leur point de vue, sans démolir le votre. Ils ne font pas semblant de paraître. La psychologie n'a pas besoin de diplômes en Algerie.
Les femmes algeriennes sont très courageuses. Elles savent concilier vie de famille et études... puis travail. C'est une entraide très étendue qui dépassent les limites d'une seule, ou même deux générations.
A quatorze heures, départ pour Bouira en compagnie de Rachid et d'Amar. Amar nous a gracieusement offert une balade de quelques kilomètres forts appréciables. Simplement pour faire plaisir à la visiteuse venue de France. Une école buissonnière qui m'a fait chaud au coeur.
Nous avons suivi un circuit de campagne qui m'a donné une impression de déjà vu. L'Ardèche ! Etonnant paysage d'arbustes, mêlés à de la pierraille, et des fourrés. Très peu d'arbres, une herbe sèche par endroit.
Et puis la façade impressionnante d'une montagne. Le Djurdjura, qui s'étale sur un côté, à la manière de larves qui sillonnent. D'un gris velours. Le sommet du Djurdjura s'était paré d'une écharpe de nuages cotoneux, d'un blanc scintillant sous la caresse de rayons chauds, en ce mois de decembre.
Hauteur impressionnante qui invite le ciel à ouvrir ses écluses pour y déposer une neige vaporeuse. Le découpage de cette majestueuse chaine montagneuse est toute de rondeurs. On éprouve une seule envie... celle de faire une halte à ses pieds, et admirer toute la beauté qui s'en dégage. L'escalader doit être une véritable histoire d'amour entre elle, et celui qui essaie de la conquérir. Il faut prendre son temps pour l'observer et en tirer toutes les essences de sa beauté. Les habitants de la région ont-ils conscience de cette présence généreuse ?

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Par sonja - Publié dans : Voyages
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Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /2007 23:25

                                                                 - 2 -

Bouira est une grande ville, avec une population dense, vive, jeune. Au flegme impressionnant, que l'on retrouve certainement un peu partout en Algerie. Parcourir le pays peut devenir le parcours le plus amusant qui soit. Suivez-moi, je vais vous raconter. Cela vaut le détour.
Vous allez votre chemin de villes en villes sur une autoroute, ou une route, où les voitures se suivent ou se dépassent. Rien de plus normal. Mais ici chacun tient compte de son propre véhicule avec à charge ses passagers. En ayant à l'esprit leur bien-être ? Ou alors, ce sont de sacrés magiciens. Une voiture peut tomber en panne sur la seconde voie... elle s'arrête par obligation. Son propriétaire ouvre le capot, là, en pleine circulation. On comprend, et on emprunte la voie qui n'a pas d'obstacle. On s'infiltre entre deux voitures, on avance comme on peut. Et celui qui répare son véhicule ne rencontre aucun problème. Miracle ! Un jour prochain ce sera un autre automobiliste qui sera sans doute amené à agir de la même façon.
Lorsque parfois on se sert du klaxon, c'est afin d'avertir celui de devant d'une erreur probable de conduite. Très vite il rentre dans le rang et laisse passer celui qui lui a rappelé qu'il pouvait causer l'accident. Ce qui arrive plus souvent qu'on ne le croit.
Dans le centre des villes on jongle avec les piétons, qui parfois, se congratulent en plein milieu de la chaussée. On attend qu'ils aient fini, ou bien on contourne, si cela est possible. On marche sur les trottoirs et hors trottoirs. On respecte le piéton qui n'a de loi que la sienne.
Les cas extrêmes il y en a sans doute aussi. Mais je n'ai rien observé de tel, en deux mois de balades à travers villes et villages.
Il était dix sept heures lorsque j'ai rejoint mon hotel, pour un repos bien mérité. Pourtant la tentation de flâner dans les rues de la ville était très présente en moi. Qu'à cela ne tienne, c'est sur les chemins de ces pages blanches que je suis venue vous conter ma seconde journée à Bouira.
Et puis une autre journée a succédé à une autre.
Bouira que j'ai parcouru, et observé. Bouira qui m'a conquise, pour le seul charme de ses habitants si peu pressés. Par ses universitaires qui s'abreuvent à la source de la connaissance intellectuelle. Toute ce jeunesse qui a soif de diplomes... une certaine liberté au bout des études. C'est cela surtout, qu'ils recherchent.
Les trottoirs s'avèrent être bondés durant toute la journée. Les terrasses de café tout autant.
Les chomeurs se rechauffent sous la clémence du soleil si présent. Ici, on recherche sans cesse l'astre du jour. Un cadeau pour tous les coeurs. Même pour les plus soucieux. On relativise. Ce que l'on appelerait en France, l'insouciance, si tel est notre regard sur l'Algerie.
Moi j'appelle cela admettre les limites qui sont imposées, dans une situation donnée. Le code social c'est celui du groupe, de la famille, lorsqu'il est à l'oeuvre. Il y a certes des paresseux, et ceux qui manquent d'une vraie volonté. Ils apprenent dès lors à leur dépend, qu'ils doivent assumer. Le système débrouille est presque la norme. Comment faire autrement ? Etre conscient des nécessités de la vie de tous les jours, cela genère une vie simple, dans le quotidien.
La recherche du plus, chez certains algeriens les conduit aux frontières des ailleurs. Ou alors, il faut déjà posséder. Le rêve d'une partie de la jeunesse est toujours de l'autre côté. L'appel du large ou du miroir aux allouettes ?

Aujourd'hui, c'est le week end algerien qui demarre. Me voici dans un minibus m'emportant à Boumerdès, ville à plus de 70 kilomètres de Bouira. Voyage turbulent, sur des routes qui le sont tout autant. Sans oublier le chauffeur qui peut l'être. C'est l'inconnu lorsqu'on demarre un tel voyage... et à l'interieur du bus, c'est le calme assuré, comme s'il n'y avait pas de routes défoncées, de vitesse au plancher, ni même de dépassements ou arrêts brusques. C'est l'aventure... dont on ne sais jamais si on en reviendra.
S'attacher au paysage donne une autre dimension aux deux heures ou plus, que nous devons parcourir. Et lorsque la circulation se fait par trop dense, on sait emprunter un raccourci sur un chemin inconnu du voyageur. Voilà un véhicule détourné. Pour la cause d'un horaire à respecter ?
Je ne me pose plus de questions...
Quel est le chauffeur qui oserait faire une manoeuvre peu sage, dans l'esprit de l'européen que nous sommes ? Les voyageurs risqueraient de se changer en mutins.
Point de mutinerie dans notre navire. Notre bus, changé en bascule, poursuit son chemin. Tout le monde fait confiance au capitaine.
Au détour d'un virage, me voilà aux prises avec pour fond de toile, un tableau qui laisse place à l'imaginaire. En cette heure, une brume flottante s'élève et circule entre une chaine montagneuse, et les vues plongeantes vers les vallées encastrées. Les monts se sont succédés jusqu'à Boumerdès, sans oublier les gorges sinueuses, rencontrées. Et puis Lakhdaria (Palestro), sous la brume matinale... Les orangeraies ici sont une invitation à la cueillette. Le souvenir de mes dons de voleuse en herbe, s'impose. Mon enfance m'envoie des rappels. Des clins d'oeil. Des sourires.
Voilà enfin Boumerdès ! La ville jeune ! La ville nouvelle, après le tremblement de terre de 2003. La ville qui a eu mal au coeur de sa vie...
Descente au terminus, près du grand marché où fourmille une foule compacte, criante, joyeuse. Vite laissé derrière nous, en compagnie de mon ami et guide. Ce sont les yeux fixés du côté du littoral que j'ai retrouvé la mer. La  Mediterranée d'un bleu intense, que le soleil rend identique au plus pur des joyaux. Le ressac incessant s'écrase, pour aller mourir sur le sable de la rive. Plonger son regard sur l'horizon, où les  bleus se confondent, entre ciel et mer. Boumerdès se serre dans un écrin où il fait bon vivre.
Les couples sont nombreux sur cette plage. Des instants de flirt, ou de regards échangés. Les amoureux s'échappent sur leurs nuages de rêves. La jeunesse... son besoin légitime d'aimer... hidjab ou pas hidjab, les jeunes filles se laissent accompagner.
Le temps de quelques photos, devant l'objectif de Rachid, puis c'est la visite de la Maison de la Culture. L'équivalent d'une médiathèque avec en plus des livres, des ateliers variés. Des trèsors artisanaux et des murs parés de décors magnifiques. Il y a en ce lieu, une grande salle de lecture, qui fait office d'atelier de dessin et de peinture, deux journées par semaine.
Une autre de ces salles tient lieu de rendez-vous pour ceux qui aiment la musique occidentale, orientale et très tendance moderne. Une autre salle est faite pour des rencontres musicales andalouses.
La poterie a sont lieu et place, ainsi que des activités que je n'ai pas eu le temps de decouvrir.
Une salle de conférence a attirée mon attention. C'est celle qui accueillait ce jour là, des femmes qui exprimaient des besoins particuliers. Si la séance n'avait commencé, j'aurais pris un réel plaisir à mes glisser entre ces dames. Pour un peu écouter le coeur de ces femmes.
La femme algerienne est très présente partout. Quel que soit son âge. Une société d'hommes, comme partout dans le monde, mais des femmes très présentes. Rien de surprenant à ce qu'elles tiennent meeting elles aussi.
Cette visite est une obligation si on fait une halte à Boumerdès. Vous serez enchantés.
Repas pris dans un petit restaurant bien sympathique. Puis nous voilà installés sur une terrasse de café, avec vue sur la côte. En compagnie d'un 20° de temperature. Un 9 decembre... Ainsi installé, on ne desire qu'une seule chose, s'impregner du moment présent. Remplir aussi ses yeux de tout ce qui fait la douceur du mental en maraude.
L'Algerie est généreuse avec le touriste. Les algeriens aiment les français qui savent se fondre dans la masse. Ils aiment la France raisonnable. Il lui tende un pont, pour lui permettre de le traverser.
Que dit dame politique ?
Le retour et le petit accident à Lakhdaria. Nous étions à l'arrêt après un parcours sans problème.
Un camion a utilisé les freins de notre bus. Il s'est arrêté grâce à nous. Le choc ne fut pas trop violent, mais le propriétaire du véhicule n'était pas ravi par l'affaire. Ce qui se comprend. Il est allé signifier sa colère au monsieur indélicat, qui n'avait pas de freins.
Que font dans un tel cas la plupart des passagers ? Ces messieurs se mêlent de ce qui ne les regarde pas. Pour la bonne cause. Ils rejoignent le chauffeur juste derrière le bus. On calme les esprits, sans parti pris. La cause est entendu, dès que la somme exigée pour les dégats fut allignée.
Durant cette pause obligatoire, l'un des voyageurs resté avec nous, est allé acheter de l'eau en bouteille, afin d'en offrir aux assoiffés. Les femmes et les enfants en priorité. Certains ont acceptés. C'est cela aussi l'Algerie. Le bon et le mauvais se mélangent.
Retour à Bouira, encore sous un soleil de plomb. Rencontre avec le medecin chef du village du premier jour de mon arrivée. Il a arrêté sa voiture pour me proposer un retour jusqu'à mon hotel. J'ai opté pour la marche.
A Boumerdès, un ami de Rachid a lui aussi fait preuve de générosité, en me proposant la clef de l'un de ses appartements. Provisoirement sans touristes, il me cedait volontiers l'un d'eux.
Ma nuit sera peuplée de jolies choses sur le comportement des habitants de ce beau pays.

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Par sonja - Publié dans : Voyages
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Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /2007 06:21

                                                                  - 3 -
Vendredi à Bouira. C'est une nette diminution de la foule. J'ai quitté la ville pour me diriger vers une probable campagne. J'ai choisi les hauteurs afin d'avoir une meilleure vue d'ensemble sur le paysage. La majestueuse chaine du Djurdjura m'est apparue dans toute sa splendeur. Couronnée de nuages épais, blancs ou gris. Une station obligée, pour y déposer une marque d'humidité. La pluie ou la neige, selon la température. La nuit fut pluvieuse, mais c'est de soleil que la journée me parle, entre deux passages nuageux. D'un bleu transparent, est le ciel. Les passereaux s'échappent sur mon passage. La route boueuse me conduit à un sommet, d'où la plaine et les montagnes environnantes me livrent leur secret millénaire. Immuable beauté verdoyante, tons sur tons.
Des villages éloignés semblent s'agripper aux flancs escarpés. Depuis ce lieu paisible, je ressens moi-même cet appel vers le bas, qui rejoint la plaine. Bouira, telle une joyeuse mariée, laisse l'éclat de ses blancs et de ses roses, venir butter contre mon regard avide de devorer...
Je n'ai pu m'empêcher de me servir de cet appareil photo qui m'accompagne, pour quelques jours encore. Comment retenir le moment présent pour le ramener avec moi, si ce n'est à travers des images aussi ? Toute à mon occupation de photographe en herbe, un homme s'est approché de moi. Il m'interpelle. Me demande la raison de ma présence en ces lieux. J'ai devant moi un gendarme en civil. Je suis passée devant le poste de la gendarmerie, sans même m'en rendre compte.
Me voilà donc embarquée par le monsieur qui me demande de le suivre. Il faut que j'explique ma présence. Mais l'accueil est sympathique, une fois dans le bureau où on commence à m'interroger.
Il y va de ma sécurité me dit-on. C'est ainsi que je dois attendre le Brigadier Chef de Bouira. Celui ci arrive enfin, avec une voiture de fonction, conduite par son chauffeur. Il me parle des usages du pays en matière de sécurité. Il m'apprend aussi que je me trouve à dix kilomètres de la ville. Il me reconduit à Bouira en voiture. Il me fait visiter le batiment de la gendarmerie de Bouira, qui, m'explique-t-il fut construit du temps de la France, en 1958. On me sert un thé, on parle souvenirs... il me présente son fils et sa fille venus lui rendre une petite visite. Deux enfants habitués des lieux. Cela se voit.
Mon passeport voyage et on doit l'interroger. Je n'ai aucun doute à ce niveau, lorsqu'enfin on me le rend.
L'accueil chaleureux des algeriens se loge à tous les niveaux. Ils m'impressionnent. Au delà des mots, il y a une vraie présence amicale. Me voilà avec une nouvelle invitation en main, en cas de besoin. La gendarmerie me garantie sa protection. Un numéro de téléphone m'est remis. On me demande de ne pas oublier de repasser avant mon départ. Voilà des échanges comme on les voudrait tous. Où que nous soyons...
Merci monsieur, pour votre prévenance et votre gentillesse, si bien dissimulée derrière votre tenue réglementaire !
Après midi flânerie dans le centre de Bouira. Entrer dans un salon de thé-patisseries, peut aussi réserver des surprises. Engager une discussion est chose facile. En une seule heure, j'ai pu connaitre une partie de la vie de l'homme qui m'a servi une boisson et deux patisseries. Il m'a parlé de son envie de quitter l'Algerie. Arguments à l'appui, il était prêt à tous les sacrifices pour poser ses pas ailleurs. J'ai essayé de le raisonner. La corruption de certaines administrations est ce qui fait le plus souffrir cet homme.  Mais nos "cols blancs" français ont de quoi ressembler, parfois, à ceux d'ici et d'ailleurs. Les pots de vins voyagent eux aussi...
Je finis dans un cyber pour un peu m'éloigner, et envoyer quelques courriers.
C'est ensuite dans la chambre de mon hotel que j'ai fini ma journée. Pour d'autres pages écrire.
Satisfaisante journée.

Reveil brusque sur le grondement sourd et continu du tonnerre. Claquements répêtés, froissement. Comme si on agitait de la tôle... L'orage approche. Je le suppose au dessus du Djurdjura. J'imagine ma montagne cachée sous une épaisseur de nuages lourds et gris. Des éclairs zebrent le ciel, et laissent des traces lumineuses. Une pluie violente, saccadée, vient de s'installer sur une ville encore endormie. Une pluie qui ne cessera pas durant la matinée à venir.
Que fait-on dans une ville où les trottoirs sont boueux et glissants ? On n'hésite plus. On sort. J'ai envie d'encore découvrir. La foule s'en est allée pour de nouvelles heures, à vaquer à ses occupations, ou bien à circuler sans but précis. Avec ou sans parapluie, les trottoirs sont ouverts aux marcheurs.
C'est au détour d'une rue, qu'en cette fin de samedi, alors que quelques rayons de soleil percent, que m'est apparue la très impressionnante montagne Djurdjura. Habillée d'une parure immaculée, comme lachée sur elle, depuis son sommet. Un voile léger, tout en finesse, épouse chaque face, chaque contour de ce joyau de la Kabylie. Cette chaine montagneuse est belle. Capricieuse. A la manière d'une reine qui desire être admirée, pour la splendeur qui se degage d'elle.
On ne peut qu'aimer cette rebelle ! Son intention est d'eblouir. C'est sur cette image, qu'à mon hotel je me suis glissée.
Et l'aventure continue...
Me voilà cette fois ci, embarquée pour la ville de Lakhdaria. Accueil plus que chaleureux chez une autre famille. Du plus grand, jusqu'au plus petit, ce ne sont que des bouffées d'échanges affectueux. Encore une fois, on me traite comme l'amie perdue de vue de longue date, mais qu'on n'a pas réussi à oublier. Une pluie de questions, bien sur. Des formules sorties d'un monde presque irréel. La simplicité à un niveau qui surprend. Je n'ai pas l'habitude en France.
Des voisines se succèdent, pour le seul plaisir de faire connaissance avec la visiteuse de passage. Du rire plein la maison, pour des échanges arabo-français, assez comiques. Ces dames m'ont honoré de leur présence. Un passage obligé qui peut mettre à l'épreuve les moins avertis. Je me suis beaucoup amusée au milieu de toutes ces belles femmes.
L'heure du repas et l'heure du retour des hommes également. Le chef de famille, professeur, m'a présenté ses hommages. Quand à Nourredine, ce fut le coup de foudre amical, entre nous deux. Enfant vif et plein d'energie, il s'est attelé à m'expliquer son école, ses études, sa ville, depuis la hauteur de ses dix ans. De quoi remplir un livre. Du bavardage haut de gamme.
L'heure des cours a emporté mon jeune compagnon. Je l'ai retrouvé à 16 heures pour une autre partie de grande discussion. C'est avec lui que je suis allée faire un bain de foule dans sa ville. Mon guide a été à la hauteur. Ses explications animées m'ont tenue en éveil durant notre tour de ville, entre oisifs et marchands en tout genre.
La soirée fut chaleureusement familiale. C'est dans ces moments que l'ouverture sur les préoccupations de l'algerien est mise à nue. Ainsi que ses sentiments sur certaines questions.
L'administration laxiste et abusive est souvent le propos. Certaines decisions à ce niveau, furent parfois antiéconomiques. Des dépenses absurdes comme on en voit aussi en France. Des projets qui aboutissent en impasse, qui sont inutiles, ou qui sont confiés à des sociétés privées. Voilà que nous sommes en terrain de connaissance...
Une commune aurait plus interêt à employer l'argent de l'Etat pour faire travailler ceux qui habitent celle-ci. Le matériel lui appartenant en propre, par la suite. Les tiers intervenants n'étant pas préparés aux interêts de la dite commune...
Balade le second jour, en compagnie de ma chère amie Sekoura. Une marche qui nous a conduites en des lieux qu'elle n'aurait pas sillonné si je n'avais pas été là, m'a-t-elle dit. L'occasion faisant le laron...
Elle cherchait des chaussures pour elle, et elle a trouvé un blouson chaud, pour son bébé. Les priorités d'une mère.
Un arrêt obligé chez l'une de ses cousines, lors du retour. Une halte reposante et joyeuse. Et raffraichissante.
Mon séjour chez Sekoura je l'ai un peu prolongé, pour cause de visite chez l'une de ses voisines. Son prénom je l'ai oublié, mais pas le temperamment. C'est une femme magnifique. Sa famille nombreuse fut un joli bouquet de tendresse. Quel immense plaisir que d'écouter cette beauté, m'expliquer son profond amour pour son mari. Huit enfants ce n'est pas une petite chose. Mais aimer à ce point, avec tout son corps... et les yeux pétillants pour le raconter, c'est un cadeau pour l'oreille qui écoute. Vingt ans après, voilà qui est magique aussi.
Cette femme n'est pas un cas unique. Je m'amuse à interroger. Et c'est déjà dans le regard de ces femmes que je glane les réponses les plus surprenantes.
Ceci ne sous entend pas que le Paradis est de ce côté ci seulement. Mais cela risque d'étonner, pour qui arrive avec ses petits préjugés.
La violence au foyer existe egalement... mais l'Algerie n'en detient pas le monopole.
Chez Sekoura et sa famille, ma soirée s'est poursuivie après le repas, autour de photos de famille. Je me suis laissée imprégnée par l'ambiance familiale. De gâteries je n'ai point été privée. Comment y résister ? Leur plaisir est de donner sans compter, le mien celui de recevoir.
Mercredi, une échappée d'une journée à Bouira, avant mon départ pour Bejaia.
Je vais vous en parler...

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Par sonja - Publié dans : Voyages
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Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /2007 08:10

                                                                  - 4 -
Rachid est venu me rejoindre de nouveau, pour me guider à travers une autre ville.
C'est la pluie qui nous surprend. Une nouvelle ville à conquérir aux couleurs de l'humidité. Celle-ci me transperce. Mais mon esprit est en alerte. J'observe les moindres mouvements de mon entourage, alors que je suis en attente d'un bus.
Pour ne pas se tromper de ligne, écouter les maitres du jeu. Si vous ne savez pas comment prendre le bus qui vous convient, votre oreille, elle, elle saura. Notre moyen de transport se fait à la criée. On appelle le voyageur en criant le lieu de destination. Mais si on veut être sur, de notre langue on peut se servir, en dernier recours. Le sourire garantie, avec le renseignement.
Ce mélange-fouilli organisé, peut devenir de la bonne humeur, pour qui a l'oeil observateur.
Le voyage jusqu'à Bejaïa a été paisible. Notre chauffeur s'est montré raisonnable dans sa conduite. Et les passagers d'une grande patience. On se laisse facilement couler dans le moule général.
De villages en villes, le cadre est planté, pour réussir un voyage de trois heures. La chaine montagneuse du Djurdjura nous a accompagné, presque jusqu'aux portes de Bejaïa. Toujours porteuse d'une étole nuageuse qui ne cessait de s'allonger. Irréelle vision, en découpes et ondulations.
Enfin, Bejaïa en escalier. Ville magnifique qui s'agrippe au flanc d'une montagne.
Parcourir son cour à la provençale, bordé de palmiers, est un enchantement. Il se trouve du côté de la gare. Grimper jusqu'au centre de la ville est une obligation. Ce coeur animé qui palpite au rythme de ses habitants est très porteur. Bejaïa a un autre visage. C'est une évidence. Il y a comme une pincée d'occidentalisme. On repère très vite cela. Grâcieuse ville où la beauté rime avec climat delicat.

L'Algerie a tant connu le pire, qu'elle sait aussi se contenter du moins pire. Etonnante adaptation. Des images defilent et se confondent dans mon esprit. Adorable impression de la vie de tous les jours. Des enfants sortent de l'école et empruntent le chemin du retour. Sous la pluie. Ils dansent et rient, au rythme des gouttes légères, aériennes. Et pas  besoin de parapluie pour cela. La joie s'est accrochée à leurs coeurs. Privilège de l'enfance. Très peu de parents à la sortie des écoles. Les enfants apprenent très tôt le courage.
Sur les terrasses de cafés, des vieux chaudement habillés, dégustent leur boisson chaude. A leurs pieds, le trottoir est encore marqué par la bruine qui vient de tomber. Sous des parasols, d'autres hommes sont attablés et regardent le temps qui passe. Rien que de très normal ici !
Bejaïa la belle ! Bejaïa la magnifique !
Le brouillard s'enroule, enveloppe, circule, s'élève et ote son drapé. Une autre montagne se trouvera à nu, dans les minutes qui suivront. Les habitations deviendront apparentes, dès que libérées elles se trouveront. Bejaïa offre son port et ses hauteurs, à l'oeil amoureux de beautés. Delice de la caresse visuelle.

Savez-vous comment fonctionne les services, ici, dont la restauration, les transports ?
Une belle leçon de savoir vivre...
Tout d'abord, en ce qui concerne les restaurants locaux, ou bien les fast-foods, ce sont les petits commerçants qui livrent les produits. Et lorsqu'on connait les prix proposés pour un repas, je vous laisse deviner les prix pratiqués par celui qui livre sa marchandise. Un repas complet vous reviendra à 150 DA. Un 1,50 euros environ. Pain à volonté. Les corbeilles sur les tables sont débordantes. Bien sur, je n'ai pas cotoyé les palaces, ni les étoiles...
La pauvreté ne répugne pas l'algerien, il y est accoutumé, et y fait face à sa manière. Que l'un d'entre ceux là se présente dans un restaurant ou un point "nourriture", et il est également le bienvenu. Il n'a qu'à dire qu'il a faim et on lui remet le repas complet dont il a besoin. Ou un sandwich copieux. Qu'il reste sur place, ou qu'il emporte celui ci.
Ce matin, mon ami Rachid, et guide, m'a fait prendre conscience d'un autre fait tout aussi sympathique.
Prenons un bus et allons dans n'importe quelle direction. Deux enfants viennent de s'installer. Lorsque le receveur vient prélever le montant du voyage, nos deux petits annoncent la couleur. Ils n'ont pas d'argent. Qu'à cela ne tienne, on leur dit que ce n'est pas grave. Ils ne sont pas jetés des transports en commun. On ne leur promet pas une amende. On ne les effraie pas. On ne les humilie pas en public. On n'ajoute en aucune façon, à leur problème. Tout cela se fait le plus discrètement possible. Derrière nous, un homme demande s'il peut régler le lendemain. Ce n'est toujours pas un problème. Qu'il puisse ou non tenir sa promesse, ceci ne semble pas grave. On estime ici, que le plus grave serait de jeter dehors les plus démunis. En Algerie on sait bien mieux soustraire que multiplier... on comprend le moins, chez les autres.
En France, n'est ce pas la multiplication que l'on arrive à mieux calculer ?
Je ne sais pas pourquoi on pense qu'une amende peut solutionner le problème de celui qui a du mal à s'acquitter du prix d'un voyage.  Idem pour une dette... en ajoutant un pourcentage, voilà qui règle le soucis de l'individu. N'est ce pas ainsi que l'on calcule également la dette des pays pauvres ? Les interêts peuvent devenir surpérieurs à la somme initiale. Géniale invention comptable !
Réclamer du pain dans une boulangerie lorsqu'on ne peut l'acheter, n'est pas un soucis non plus. Le lien de la solidarité n'est pas trop court. Je l'ai vu se pratiquer, plus d'une fois, ici.
Quand à ceux qui pensent differemment, ils sont vraiment une exception. Là, ils devront voir avec leur conscience. Personne ne leur en tiendra rigueur.
Tichy, ville cotière très agréable, comme en rêvent les touristes, en mal de beauté et de calme. Une simple balade. Sous une pluie fine. Avec de belles tranches de rire...
Retour en bus, avec un chauffeur original. Musique Rap et gestes qui en disent longs sur la danse qui l'accompagne. J'ai eu une vague impression de déjà vu... de l'autre côté de la Mediterranée.
Le receveur circule afin de récolter entre chaque siège, le montant du voyage. Rachid s'essaie pour la seconde fois à dire que nous n'avons pas d'argent. Il veut me demontrer qu'il n'y a pas d'exception dans la réponse à venir. La réponse ne se fait effectivement pas attendre, mais avec cette fois ci, en plus, une note d'humour : "et bien, je travaille aussi, gratuitement !"...
Sans commentaire.

Une petite anecdote amusante... comme il y en a tant de ce côté ci. Il est question d'un vieux monsieur qui veut passer son permis de conduire pour la vingtième fois. Le voilà de nouveau devant l'examinateur, qui pense que cela ne peut plus durer. Il lui pose donc une question qui lui parait tout à fait simple. Il ne veut plus le rencontrer sans doute... il veut qu'il obtienne ce permis.
La question demande ceci : "Lorsqu'à une intersexion, quatre voitures sont en attente de passer, dont toi, laquelle vas tu laisser passer en premier, avant de t'engager ?"
Réponse : "Tu sais cousin, à mon âge on n'est pas préssé... alors, je les laisse passer toutes, puis je passe" Il a obtenu son permis...

Dans mon quartier, je vois des chiens portant élégamment des manteaux, en fourure ou pas. Ici, certaines de ces petites bêtes portent tee-shirt
Du rire et de la bonne humeur assurés.
Aujourd'hui, la mer s'est assoupie comme un chat... languoureusement. Le soleil la caresse et la fait scintiller, tel un diamant.
La longue chaine des Babords la serre dans ses bras, avec delicatesse, en cette matinée presqu'irréelle. Mais c'est dans l'après midi, lorsque le soleil s'est positionné du côté du couchant, que je l'ai surprise. Les rayons se sont accrochés aux crêtes des sommets montagneux et enneigés. Ils se réfléchissent à présent, sur la blancheur miroitante, tandis que la grande bleue joue avec les nuances azurées. C'est l'heure des sorties de quelques barques et bateaux de pêche. Une mer d'huile les accompagne dans leurs glissades sur un bleu marine qui s'étend jusqu'à un horizon mouvant.
Bejaïa se laisse embrasser par cette somptueuse chaine montagneuse que sont les Babords. Le mauve et le rose se rejoignent au dessus du couchant. Les forêts et les feuillus de la ville se sont habillés de sombre. Le crépuscule va les jeter dans une pénombre qui s'approche lentement. Le coucher du soleil embrase l'horizon opposé, d'or et de paille. Fluorescence des jaunes... Intenses instants qui plantent le décor. Les montagnes proches étalent leur orange velours.
L'Algerie ne laisse pas indifférent. Tout peut se conjuguer... paysages et habitants. On ne peut demeurer insensible !

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Par sonja - Publié dans : Voyages
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Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /2007 13:11

                                                                  - 5 -
Avant de connaître le nom de cette montagne étalée là, au delà du port de bejaïa, j'ai un peu taquiné mon guide afin qu'il me révêle son identité. Montagne sans nom. Il avait oublié...
Lors de l'une de nos sorties, j'ai pris le parti de quérir mon information dans la rue. Ce sont trois aimables passantes qui m'ont renseigné sur les Babords. Une simple discussion sur un coin de rue, pour en apprendre beaucoup plus sur la ville. Ces dames m'ont offert leurs plus beaux sourires. C'est à dire, un quart d'heure de leur coeur.
Ravie d'en savoir plus que mon ami et guide, je suis allée le renseigner, alors qu'il m'attendait un peu plus haut. Comment aurais je pu destabiliser un algerien à l'humour aiguisé et à la répartie facile ? Sa réponse a donné ceci : "Lorsqu'on est payé comme une femme de ménage, on ne peut s'attendre qu'à une connaissance de femme de ménage". Nous étions en pleine affaire "Outreau"... un parallèle avec la réponse du psychiatre de ce fait d'actualité. Le rire égant universel, voilà une réflexion venant bien à propos. L'actualité française ne passe pas inaperçue en Algérie....

Tout écrire sur l'Algerie, même l'insolite... il n'y a aucune contre indication. La liberté d'expression, je la retrouve même dans les journaux locaux. De quoi s'interroger, une fois de plus, sur les écrits de certains médias des ailleurs. Notre propre actualité n'est-elle pas parfois dirigée par ceux à qui appartiennent les journaux ? Ici aussi, certaines informations subissent un detournement subtil. Ou un muselage...
Mais tout comme en France, il y a également des journalistes qui osent s'investir.
J'ai encore assisté à d'autres incroyables situations. Un dépôt de fonds dans une banque par exemple. Ce ne sont que de simples voitures, avec seulement un ou deux hommes armés. Des policiers en civil se partagent ce travail, autour de l'emplacement banquaire. Et la foule de tous les jours qui circule, qui s'arrête, qui observe, mais qui reste impassible devant ce quotidien. Une confiance inouïe ou bien le braquage d'une banque est une improvisation par trop fatiguante ?

Dans la rue, les jeunes, les femmes, desirent parfois faire ma connaissance. Leurs yeux et leurs sourires me le disent. Ils ont l'habitude de me voir aux mêmes endroits. Heureuses rencontres d'un jour. Cette façon chaleureuse de se comporter est de la joie pour toute une journée. De quoi rendre l'oeil et le coeur pétillants.
Il est impossible de ne pas prendre ses habitudes dans un tel cadre. Le Bora-Bora est devenu le fast-food dans lequel je retourne m'installer chaque midi. Le restaurateur et son cuisinier savent offrir du sourire et de la joie à tous ceux qui arrivent dans cette toute petite salle. Le client, quel qu'il soit, y trouve sa place. Les sympathiques regards auxquels nous avons droit defient l'entendement. Même Rachid y a pris goût. Le plaisir éprouvé est une évidence. On est toujours attiré par ce qui fait du bien. Pour la même raison, c'est au "Richelieu" que je vais me poser. Pour un thé, et parfois quelques heures d'écriture. C'est tout naturellement que mes pas me portent jusqu'à ce ce bar dont la salle est spacieuse. Sa terrasse donne sur le port. Et une vue d'ensemble sur les Babords. Ensuite, c'est un voyage interieur : laisser libre court à ses pensées... Une véritable degustation.
A essayer absolument, si par Bejaïa vous allez !
Je serais injuste si je ne vous parlais pas du restaurant le "Palmier". Celui-ci nous ouvre ses menus, chaque soir. La réception est très agréable, une fois de plus. Le cuisinier mijote des soupes délicieuses. Des repas très consistants, à volonté. Particularité du pays. Même à ce niveau là, on ne veut pas que le client quitte en ayant encore faim.

Des sujets sérieux furent également abordés avec les personnes rencontrées. Tels ceux concernant l'administration et ses pratiques. Obtenir certains privilèges par le biais d'un certain racket est monnaie courante.
Il y a aussi le côté si cool qui prête à sourire. Lorsque le soleil est là, passer devant le service des impôts m'a permis de voir quelques agents administratifs, en pleine cure de soleil, à l'extérieur des bureaux. Pourquoi manquer la pause soleil, quand il y en a tant par ici ?
Un simple bronzage, ou bien une réunion au sommet entre travailleurs besogneux ? L'ambiance détendue était de mise. Une autre manière de dire que la vie doit être prise avec un peu de recul ?
J'ai interrogé, et on m'a murmuré qu'en Algerie il y a vait plus de soleil qu'en France. C'est bien connu, le soleil ça fatigue. L'argument avait du poids. J'ai aimé !
Mais on fait aussi travailler des gens qu'on ne payera que de temps à autre. Ce qui n'est pas une exception planètaire.... même dans nos pays où l'abondance s'affiche. Des petits et des grands Medef ont poussé comme des champignons, un peu partout.
Je me suis retrouvée interrogeant sur la "positivité coloniale". C'était à l'ordre du jour. Un groupe de jeunes gens rencontrés au "Richelieu", m'ont répondu depuis la hauteur de leur nâïveté, ou de leur méconnaissance. Ils regardaient du côté des batiments que la France a laissé ici... Cette jeunesse qui ne rêve que de France et qui l'imagine comme un "eldorado"... L'un des jeunes, étudiant en sociologie a même pensé que lorsqu'on travaille en Algerie cela est comparable à des travaux forcés. Il est vrai qu'il arrive ici aussi, que les diplomes ne leur donne pas automatiquement un emploi, en égale valeur. L'escalvagisme et le harcèlement sur son lieu de travail ça se passe ici aussi, comme en France, ou à l'échelle mondiale. 
Je me suis aussi tournée vers d'autres enfants. Ceux dont les parents ont connu la période coloniale. Cette jeunesse qui a traversé l'insupportable.
Et puis, je me suis interessée à ces anciens qui n'ont pas su dire, parce qu'ils n'ont pas compris la signification des évènements vécus par eux mêmes.
Pourquoi alors ne pas essayer d'analyser au plus juste, cette pensée positive sur la colonisation, qui circule encore et toujours...
Remonter dans le temps c'est démarrer depuis nos deux guerres mondiales. On a un peu oublié que des hommes furent aussi enrolés, à coup de chantage ou par obligation. Fuir en France était plus utopique que réellement la solution à la violence subie dans son propre pays. La France s'est emparée de tous ces hommes qui refusaient une situation intolerable dans leur pays. Pour exemple, l'Espagne. Se retrouver dans un camp de concentration en France,  n'était vraiment pas la liberté et la protection dont tous ces hommes recherchaient. La France leur proposait une contrepartie. Participation à l'effort de guerre, contre l'ouverture de ses frontières. Autrement, renvoi chez le boucher Franco ! La positivité dans toute sa splendeur !
Et on a répêté cela à l'envie avec les africains. Puis avec les habitants du maghreb. Souvenez vous...
Au sortir de la guerre, le massacre de Sétif. Se vouloir autonome ou indépendant était synonyme de répression. Ces hommes tombés pour la France, ont commencé à avoir leur récompense.
Et puis l'Algerie a commencé à imposer sa naissance algerienne. Une urgence pour ce peuple si cruellement privé de tout. Certains colons il est vrai, furent de braves personnes, bien qu'on puisse laisser à l'apréciation des interessés, ce genre de formule. La majorité silencieuse ne pouvait se valoir de ce contexte. La vie quotidienne prenant le pas sur la poésie... un simple rappel. L'illetrisme était important jusqu'en 1962. Seuls quelques privilégiés pouvaient espérer une scolarisation. Cette génération d'enfants fut privée de l'essentiel : le savoir. L'instruction n'était pas vraiment l'objectif du colons, pour ses indigènes. Par contre, l'ouvrier corvéable à merci, était une généralité. Quand aux enfants qui étudiaient, ils n'avaient pas de cartables. Aucune aide pour les cahiers ou les livres, qu'on leur demandait de laisser après les cours, en classe. Ces enfants venaient depuis leurs villages retirés, pour la richesse de la connaissance intellectuelle. Avec le ventre vide. Leur repas du midi était inexistant. Ils devaient attendre de retourner chez eux, le soir venu, pour consommer le seul repas de la journée. L'hiver ils n'avaient pas de quoi se réchauffer. Pas de vêtements chauds non plus. Leurs bottes en plastiques ne les protégeaient pas du froid ou de la pluie. Tout comme leurs parents qui travaillaient toute la journée, pour un salaire misérable. Ou des produits de première nécessité. Ces enfants ont subi un traitement douloureux. J'ai interrogé l'un de ces enfants, et cet homme, à qui j'ai demandé une signe de positivité, m'a répondu : "l'état civil !". Il y a de quoi sourire avec lui, lorsqu'on sait le tracas que peut causer l'administration... Oui, on peut estimer qu'enlever des terres à ses vrais propriétaires est un signe positif  !
Cet homme, ce professeur, m'a résumé ainsi ses souvenirs :

 

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Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /2007 14:51

                                                                  - 6 -
                   Ecolier de l'Algerie française

A l'école j'étais Moi et l'Autre à la fois
Ecartelé, déchiré.
Pourrais-je être l'opposé de moi-même ?
J'apprenais le français que mes parents ignorent.
L'enseignant s'appelle souvent maître et parfois instituteur.
Il nous apprend à dire bonjour et à être polis.
A écrire à la plume,
à l'ire et à calculer.
Nous,
on veut apprendre pour comprendre qui on est.
Le carrelage à damier blanc et jaune de la classe,
mettait à nu nos pieds déchaussés d'indigènes.
La lumière électrique ébloui nos regards innocents,
qui pourtant on regardé bien souvent le soleil.
De futurs ouvriers que nous serions peut être.
On vivait les interdits.
La censure ça existait déjà !
A l'école,
à la maison,
on rêvait car le rêve était toujours permis.
Dans nos petites têtes d'enfants élevés,
par les belles paroles de ceux qui nous apprennent.
A l'école,
à la maison et même dans la rue,
déchirés,
écartelés entre deux modes de pensées.
Qui se contestent et se nient.
Enfance bousculée et tourmentée,
par tous ceux qui prêchent leur vérité.
On rêvait de liberté,
d'égalité,
et de fraternité.
Et même de démocratie...
Tout cela n'était qu'une illusion !       (Rachid le 30 mars 2006)

Peut-on comprendre ces colons qui ont voulu garder ce bien inestimable que sont les terres algeriennes ? Bien sur ! Car l'Algerie est un pays magnifique. Riche. Généreux. Le sol de ce pays est attirant. Ses paysages ensorcelants.

Les bergères gardaient leurs chèvres, avec des vêtements qui avaient pour seul rôle de cacher leur corps. Elles n'avaient pas de chaussures, même l'hiver venu. Les familles qui n'avaient que des filles, vivaient dans la crainte qu'elles ne soient violées par les soldats français. Certaines femmes allaient même jusqu'à induire leur visage délicat, d'excréments, pour ne pas subir ce crime odieux. Des enfants sont parfois nés de cette brutalité. La jeunesse d'alors était courageuse. Et cette belle jeunesse d'aujourd'hui qui veut rejoindre la France à tout prix... L'image de l'algerien vivant en France transmet un message de bien être et de bonheur. Les anciens vivant en France, savent combien notre pays n'est pas seulement un eldorado. On a oublié les sacrifices consentis par les algeriens d'hier, dans notre pays. N'ont-ils pas contribué à la construction de la France, eux aussi ?
La période de la torture reste dans les mémoires comme quelque chose de presque lointain. Ceux qui les ont subis manquent parfois de mots pour le dire.
Ce qui n'exclu pas le souvenir... l'un de mes amis m'a raconté le vécu de son propre père.
Un jour, celui ci fut jeté dans une cuve à vin, avec plusieurs autres compagnons d'infortune. Ils ne pouvaient pas s'asseoir. On remplit d'eau jusqu'à la taille, cette cuve. On appelait cela le moyen le plus sur pour un interrogatoire. Cela pouvait durer 24 heures ou 48 heures. Sans manger. Dans le froid. Ces hommes simples que l'on arrachait à leur village et à leurs familles étaient supposés  avoir des renseignements sur le F.L.N. Ces hommes qui ne savaient même pas pourquoi ils se trouvaient là. La répétition dans la torture n'était pas un cas isolé. Inhumaine agression qui violait la dignité d'un homme. L'homme changé en animal aux abois...
Ces hommes qui racontent n'ont même pas la haine pour ces autres humains qui ont agit ainsi. Pour incroyable que cela paraisse, la majorité des algériens aiment la France et restent généreux pour l'étranger. Serait-ce l'effet de la positivité ?
Lorsque des enfants ne savent pas exprimer ce qu'ils ressentent, parce qu'ils sont persuadés que les évènements sont la norme, ils se taisent. C'est la seule chose qu'ils ont connus durant des années. On ne peut donc pas se plaindre d'une chose qui est normale... Des enfants avaient froid en hiver. Mais ils ne savaient pas dire qu'ils avaient froid. Le repas du midi étant inexistant, ils allaient chercher leur nourriture dans la nature. Ils arrivaient parfois à capturer un oiseau.
Ils ne connaissaient pas la signification du mot "faim". Ils en souffrent, mais ne savent pas l'exprimer. Incroyable ? Interrogez les medecins "sans frontières".
Dans de nombreux pays, des enfants meurent de faim. Mais sans doute est-ce normal que dans certaines contrées on puisse éprouver la faim....

La liberté retrouvée a couté très cher à l'Algerie. A cette époque, on a même cherché à neutraliser l'esprit des algeriens. Lorsque certaines bonnes volontés s'improvisaient enseignants, afin de donner aux enfants non scolarisés, l'approche de la lecture, ces personnes se faisaient exécuter comme de simples animaux. Detenir la possibilité d'analyser, de penser, ou de tirer des conclusions par eux mêmes, c'était chose impensable pour l'algerien. Pauvres enfants sacrifiés sur l'autel du profit et du pouvoir. Les colons dans leur majorité n'ont ils jamais vu ou su que ces enfants avaient faim ? Qu'ils n'étaient pas chaudement vêtus, l'hiver venu ? N'ont ils jamais lu dans leurs regards l'étonnement et la souffrance ?
Ils ont assassiné inutilement ! Obligation leur a été faite de rendre à leur possesseur ce qui leur appartenait. Ils sont parvenus à changer des agneaux en loup. La révolte n'était-elle pas justifiée ? L'unité entre les deux peuples était-elle vraiment impossible ? Si seulement ils avaient eu conscience de l'énormité de leurs prétentions...
Positivité où es-tu ?

Me voilà à Akbou pour quelques jours... accueil très chaleureux au sein de la famille de mes amis, Sabrina et Aomar. Mais surtout, un lien très fort de complicité avec la maman de celui-ci. Elle ne m'a pas quitté durant mon séjour chez elle, dans cette grande maison où habitent quelques uns de ses enfants, dont certains mariés. Paisible famille, plantée dans un décor extraordinnaire. Echanges simples, mais intenses. Dans les deux langues.
Assise autour d'un feu, sur lequel le repas mijotait, un jour, cette mère courage m'a donné de son coeur, sans retenue. Elle dans sa langue, et moi dans la mienne, nous avons débattu.
Parfois, c'est sa belle fille et mon amie, qui faisait office de traductrice. Une soirée calme, reposante, comme j'en connaitrais d'autres au sein de cette famille.... avec le délicieux arôme du repas qui mijote. Assister à la préparation de la galette est tout aussi agréable. Quelle dextérité au bout des doigts de ces femmes. Des gestes naturels et quotidiens. 
Durant toute une matinée, cette maman m'a présenté à ses autres enfants, ses beaux frères et d'autres membres de cette grande famille. Elle était fière, et je me suis sentie honorée.
L'étranger est un plaisir et on le met très vite à l'aise. Dès le premier regard. Parfois, une petite appréhension est au rendez vous. La crainte de la critique possible, quand à leur lieu d'habitation. Leur environnement, leur culture, ou bien tout simplement leurs habitudes...
Ils s'excusent que ce ne soit pas comme chez moi. Avec les commodités.
Mais qui peut se rendre chez son ami et guetter ses faux pas ou ses erreurs ? Même la maison la plus modeste ici, devient un palace parce qu'on est reçu comme des princes. Je n'ai pas l'habitude. C'est moi qui devrais me sentir gênée.
L'hôte reçu doit s'adapter, et pas le contraire. Il faut se fondre dans la masse, et réagir avec le coeur, avec des gens de coeur. Avoir l'oeil simple si nous voulons à notre tour avoir tout notre corps aussi lumineux que celui qui nous reçoit. En Algerie je vibre à chaque instant. Les contacts sont uniques. Chaque famille a sa particularité dans sa façon de vivre.
Qu'ils soient kabyles ou arabes, ils sont avant tout algeriens. J'aime cet environnement. Je sens aussi comme une chaine protectrice autour de moi.

Et puis elle a parlé... ses souvenirs elle m'a livré. Ifri... ville bombardée. Elle se souvient que l'on brulait les oliviers et qu'on pénétrait dans les maisons afin de répandre à terre l'huile et les aliments. Le but étant d'affamer la population. La torture, encore... Il est arrivé aussi que dans une même famille il y eu une douzaine ou plus, de leurs membres tués.
A Akbou, les ravages de la guerre ont laissé un certain traumatisme. Le malaise demeure dans les esprits. Des mères ont gardé cette crainte du lendemain. Peur pour leurs enfants devenus des adultes. Peur pour les tout-petits. Peur du souvenir lorsqu'il s'impose.
Les explosions des bombes d'alors, faisaient réagir psychologiquement et physiologiquement, certaines mères. Elles perdaient connaissance, pour un oubli total, momentané.
Pour cette violence faite à leur famille ou à leur entourage, dirons-nous qu'il y a eu positivité ?
Et qu'entend-on par posibitivité coloniale ? Si on se place du côté de la France, en effet, ce fut positif. Envahir un pays, même pour en sortir le meilleur de ses terres, cela sous entend aussi,  une main d'oeuvre bon marché. Des abus à une échelle pas toujours quantifiable.
L'un de nos ministres, dans l'un de ses discours, durant mon séjour en Algerie, a osé avancer : "l'instituteur a alphabétisé, et le medecin soigné". L'ignorance invente des vagues... ainsi en est-il de phrases dont la légéreté peut impressionner.

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Par sonja - Publié dans : Voyages
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Samedi 12 mai 2007 6 12 /05 /2007 04:38

                                                                  - 7 -
L'Algerie sans colonisation, aurait suivi le mouvement, puisqu'aujourd'hui elle s'est industrialisée, construit des écoles, des universités... et cela, en parallèle avec ce qu'elle possédait déjà avant la venue des colons.
En ce temps là, les structures du pays et de sa culture étaient reconnues à l'échelle planétaire. L'Amérique elle-même allait prendre des cours de navigation maritime en Algerie.
La Russie demanda à l'Algerie de contracter une alliance contre la France impériale.
C'était l'époque où les vaisseaux français poursuivis, étaient autorisés à rejoindre certains ports algeriens afin de recevoir protection. Ils étaient également dispensés du paiement du droit de passage dans la Mediterranée. La France recevait gratuitement des denrées sous forme de céréales. De l'or massif, et sans interêt. Ce sont les historiens français qui en parlent le mieux.
Trois siècles d'entraide pour une France qui souffrait de disettes et de maladies.
La France n'a pas fini de payer des dettes financières, si on devait calculer.
Quand à sa dette de sang et de colonisation, ce n'est même pas à mettre sur la balance. Cent trente deux années à construire la France de l'Algerie, avec les mains et la vie des algeriens...
C'est une somme.
On peut aussi effacer l'histoire de ce passé. Mais ne pas reconnaitre que la colonisation fut une tueuse, partout où elle s'est installée, ce serait avoir l'oeil reducteur sur des actes inqualifiables.
Jusqu'à quand certains jugeront qu'abandonner un peuple dans un etat d'analphabétisation de plus de 95% est positif ? Les nuisances du colonialisme sont toujours un poids psychologiquement difficiles à porter. J'ai rencontré des mères, plongées dans leurs pensées d'un passé qu'elles ne pourront jamais oublier. Comment pourraient-elles oublier ?

Je me trouve à 5 km d'Akbou, cette ville coincée entre une succession de montagnes et de monts verdoyants. Les habitations semblent accrochées à flancs de coteaux. Comme plantées de longue date et appelant l'oeil interrogateur.
Les moutons bêlent tout en avançant au gré de l'herbe offerte généreusement. Les trois agneaux d'une semaine, sur leurs pattes délicates, suivent leur mère. Ils n'ont de cesse que d'avancer du pas où l'équilibre semble incertain. Leurs écarts, sont de petits bonds gracieux. Reposante image au milieu d'une nature qui parle. L'Algerie qui semble être restée figée sur une époque reculée. Pourtant, les esprits bougent. Le pays avance, malgré toutes les difficultés intérieures, rencontrées. Ce pays est en lutte perpétuelle pour un mieux vivre.

Une virée du côté de Jijel cette fois-ci. Depuis Bejaïa, plus de cent kilomètres de distance. De kilomètres en kilomètres, nous laissons les chaines des Babords, que nous avons longé un certain temps, dans un chaotique mini bus. Avec tout ce que cela comporte comme imprévus.
Criques et calanques se succèdent tout le long d'une corniche impressionnante.
Verdoyante nature au pied de la Mediterranée. Majestueuse, calme, appaisante, la mer nous apparait dans la douceur de ses turquoises, et l'azur du ciel s'y mélange si bien. De la tendresse plein les yeux. Arrêt à un détour de virage. Il y a des travaux, pour une future voie plus large.
Une halte qui risque de durer également. Et voilà le bulldozer qui dégage la route encombrée de gravats et de roches. Un travail de patience. Une observation pour nous, du même bois.
L'Algerie aux visages différents. Delicieuses minutes de pose obligée. Pour un regard qui nous est inconnu, nous les occidentaux, où tout est conjugué à l'école de l'impatience.
Les travaux se sont invités durant quelques kilomètres. Voitures, bus, autocars, rendent positifs cet arrêt forcé. Ici, c'est une obligation que l'apprentissage de la patience. Le choix n'est de toute façon pas donné... Une autre manière d'affronter la vie. Et puis un peu de flegme ne fait de mal à personne. Comment dès lors ne pas devenir un peu paresseux sous ce ciel ?
Ne jamais se sentir plus important que ce que nous sommes. Inutile prétention !
Chacun vaque à ses occupations, là, sur le bord de la route encombrée. De petites avancées, puis l'arrêt de nouveau. Pourtant le sourire et le rire se mettent à danser. Cette bonne humeur est contagieuse. Mais il y a aussi ceux qui se laisse prendre au piège de la somnolence.
Me voilà enfin arrivée à Jijel. Et rencontre avec une autre famille très sympathique. On est obligé de remarquer que l'accueil est chaleureux, dès qu'on f'ranchit la porte d'entrée. L'invitation fut spontanée ici aussi. A quelques 5 km de Jijel, c'est donc à Taher que je retrouve cette grande famille. La maman Hakila, entourée de ses filles Bariza, Hanifa, Yasmina et Safae me font l'honneur de rendre mon séjour très agréable. Elles n'ont de cesse, que de me plaire. Nous rions beaucoup. Le problème de la langue n'en est toujours pas un. Nous arrivons à communiquer.
Comme chez d'autres familles, on me prépare les plats les plus delicieux. Ceux qu'on sait être sensés plaire... Ensuite, balade guidée avec l'ainé des fils, dans sa ville. Rencontre avec un cousin, connaissance avec des amis. De la chaleur plein les yeux, spontanée. Les algeriens sont impressionnants. Ils ne demandent qu'une seule chose, que nous nous coulions dans leur gentillesse. Se fondre dans celle-ci. Ce qui est très facile. Avec autant de sollicitations pleines de bontés, l'adaptation est presque trop simple. Il y a de quoi avoir envie de rester sur place.
L'idée que l'on se fait de l'Algerie est bien souvent éloignée de la réalité. L'orgueil n'a pas sa place ici. Autrement, on quitte.
Court séjour à Taher, mais le 2 janvier je retourne chez cette adorable famille.
Voyage en sens inverse pour reprendre le chemin qui m'emporte vers Bejaïa. La corniche déjà parcourue precedemment, est là, dans toute sa splendeur.
En sortant de Taher, j'ai pu observer l'amusante cohabitation d'enfants jouant sur une belle pelouse du stade du coin, avec quelques vaches sur cette même pelouse. Broutant. Etrange mariage. Un peu plus loin, un homme adossé à un arbre, surveillant une vache... Un travail qui demande beaucoup d'énergie cachée. L'insolite partout. Et j'ai envie de rire très souvent...
Le voyage se poursuit. La mer est légèrement houleuse. L'émeraude court le long de ses rives, pour aller se perdre dans la profondeur d'un bleu presque marine. Des mouettes posées sur une mer tanguante, se laissent soulever avec delicatesse, au gré des flots joueurs.
Il vente aujourd'hui. Des singes s'agrippent ou s'installent le long du parapet qui defile avec la corniche. Ces animaux ont l'oeil impassible de ceux qui ont su s'adapter à une certaine agitation humaine.
Dans un terrain vague à l'herbe rase, une vache allongée, une aigrette tout contre elle. Pour un peu de chaleur emmagasiner ?
Les petits pêcheurs à la ligne regagnent les hauteurs, et suivent la route.
Encore des singes, auprès d'un troupeau de vaches. Une cohabitation. Les uns n'empietant pas dans l'espace des autres.
A l'entrée d'un village, un concours de pétanque. Nous ne sommes pas à Marseille...
Appuyé contre une murette, un homme à ce regard qui s'évade, du rêveur, et qui s'éloigne du côté de l'horizon.
Des jeunes gens lisent le même journal, assis à trois sur un rocher, les mains dans les poches. Mais comment font-ils ? Qui tourne les pages ?
Autant d'images souriantes et drôles. Ici, une rencontre avec un palmier, planté là, on ne sait pas trop pourquoi. C'est ainsi que j'ai laissé derrière moi, la région où l'on cultive le poivre sous serres.
L'espace se couvre. Les nuages commencent à se réunir, et ne vont plus laisser passer les morceaux de ciel auxquels nous étions habitués. Sur des rochers en contrebas, des mouettes s'adonnent à une douce paresse.
Dans toutes les villes que nous traverserons, il n'est pas rare de voir sur les terrasses de café, tables et chaises, en attente de clients. On vit à l'exterieur. Bien que la temperature ne soit pas toujours clémente.

L'Algerie et ses contracdictions. L'anarchie organisée. Une belle pagaille où tout le monde, ou presque, y trouve son compte. Un depaysement total assuré !
J'ai aimé...

Le soleil s'est élevé au dessus des montagnes. Un embrasement d'or et d'orange, au dessus d'un ciel cendre. Ces nuages dont la grisaille rappelle un feu déjà depuis longtemps consumé.
Les rayons de l'astre du jour leur donne à présent de cette luminosité qui gêne. Qui eblouit. Amas nuageux qui va en s'estompant. Rayonnement encore rasant qui trace une lumière scintillante sur un chemin imaginaire, sur la mer. Le port semble sortir de son sommeil de la nuit. Tandis qu'au delà de celui ci, les navires en pause se prélassent sur une mer d'huile. Une brume légère s'élève au dessus des Babords. Chaine montagneuse qui ne finit pas de s'allonger. Une impression irréelle, encore.
C'est un premier janvier d'une nouvelle année. Bejaïa est encore dans un endormissement qui n'étonne personne. Seules les mouettes et les pigeons montent au dessus de l'eau. Infatiguables chasseurs.
Le "Richelieu" est toujours fermé, tandis que son plus proche voisin fait porte ouverte pour les matinaux. Le réveillon de la nuit dernière en a sans doute fatigué plus d'un. Bejaïa a fêté le passage de la nouvelle année, avec grand bruit. Même à l'hotel, la fête était au rendez vous.
A minuit, un paquebot a donné de la sirène. Puis celle du port a suivie. Les déferlements de voitures klaxonnant, et les voix souhaitant des voeux aux passants. Un joyeux chahut. Après Noël, le jour de l'an... ainsi en a-t-il été à Bejaïa.
Et on continue de passer ou de se poser, place Gueydon. Les plus courageux ouvrent leur regard sur l'horizon dont la beauté n'échappe à personne. Un couple s'est essayé à prendre d'assaut le très accueillant "Richelieu", mais l'entrée leur a été refusé. Ils devront revenir dans l'après midi. Pour l'heure, un jeune serveur installe la terrasse, pour l'arrivée des futurs clients. Si toutefois la pluie n'est pas au rendez-vous... Le ciel s'est à présent complètement habillé de son manteau nuageux. On en ressent les effets. L'humidité traverse mon vêtement. La luminosité de la première heure tend à disparaitre. Des rayons tentent de percer. Rude tache, car ils disparaissent graduellement, derrière cette avancée continue. Le gris s'impose au dessus du bleu intense de la mer. Laisser promener son regard sur les six sommets enneigés, donne un sentiment de fraicheur. Ce port et ses environs sont magiques.
Un homme m'aborde, pour un brin de curiosité. Puis il me parle de ses trente cinq années passées au service de la marine. Une simple discussion, comme j'en aurais tant d'autres.
Trois enfants, à tour de role, sur un arbre perché, pour des sauts continus. La place Gueydon trouve son ombre sous ces arbres. Voilà l'enfance et ses bonheurs... Quelques minutes dans le monde de l'imaginaire. Je les laisse...
Changement de décor. Flânerie le long de l'avenue de la Cité. Voici un interminable boulevard où le passage est dense. Les magasins et les restaurants se succèdent le long du trottoir, se touchent. Des legos qu'on a rassemblés, grandeur nature. Une balade obligée, à laquelle s'adonnent tous les habitants de la ville. La nouvelle cité prend naissance, de constructions en constructions. Un travail colosal. C'est là que se termine l'avenue. Bejaïa continue de prendre le l'ampleur, partout où il y a de la place.

Et la pluie, en gouttelettes, tombe sur les gens et les choses. Sa délicate caresse, sur l'émeraude de la mer, dessine des sillons changeants. L'asphalte est à présent mouillé. Les passants fuient vers des lieux de protections. Au large, les navires semblent se cacher derrière ce rideau pluvieux. Leur ombre atteste de leur présence. L'horizon lui même s'est rapproché. L'espace s'en trouve réduit. Même par ce temps, Bejaïa donne dans le ton agréable, reposant.
Ici, à l'interieur du "Richelieu", la jeunesse a trouvé l'abri idéal. Elle donne de la voix, du sourire et du rire. Ils ont leurs habitudes en ce lieu où il fait bon s'asseoir.

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Par sonja - Publié dans : Voyages
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Samedi 12 mai 2007 6 12 /05 /2007 06:43

                                                                  - 8 -
Mais il y a aussi l'autre face de la médaille. Celle plus derangeante. Les algeriens souffent du froid parfois. La plupart des habitations ne sont pas fournies en gaz. Ils subissent des coupures d'eau. Elle est rarement courante, au robinet. Ici ou là, la misère est palpable. L'hygiène est un casse tête national. Pourtant, dans les foyers, les femmes sont d'une propreté exemplaire, malgré des moyens réduits. Elles prennent soin de leur famille, de façon admirable. Individuellement, ces femmes, ces hommes apportent un changement à leur niveau. D'où l'importance de tenir compte de l'aspect humain dans nos rapports avec le pays. Les personnes ne sont-elles pas plus importantes que tout ce qui peut ressortir de négatif de l'Algerie, ou de tous les pays où nous seront accueillis ?

Il nous échappe sans doute une évidence de taille, sinon, le Parlement français n'aurait pas voté le 23 fevrier 2005, une loi qui reconnait le role positif de la colonisation. Il suffit tout simplement de comparer l'Algerie d'avant 1830, avec celle laissée par la France en 1962...
Appronfondir ses informations est une obligation. (La nuit coloniale - R. Julliard, Paris)
L'Algerie était alors, un état avec ses limites géographiques actuelles qui remontent à 1515. Son commerce était développé. Il fut même évalué à dix millions or. Il exportait du blé, de l'orge, du bétail, des chevaux, des tapis, des fruits et légumes. La langue officielle était l'arabe. Plus de deux mille écoles et cinq universités dispensaient l'enseignement. Le Général Valaze, en 1834 reconnait que presque tous les arabes savent lire et écrire.
Le savant De Paradis dira : "Alger donne son nom à toute la Régence. Elle est le siège du gouvernement et le centre des forces de l'état. Il n'a jamais existé d'Etat plus économe des Fonds Publics que le gouvernement d'Alger. Le Trésor de l'Etat est ménagé avec un scrupule inconcevable". L'artisanat etait très avancé. Le Maréchal Bugeaud lui même écrira : "L'existence de cette nation vigoureuse, si bien préparée pour la guerre, si supérieure à ce point de vue aux masses européennes que nous pourrions introduire dans le pays, nous impose l'obligation absolue d'établir devant elle, à côté d'elle, la population la plus vigoureuse possible".
Les intellectuels de l'époque reconnaissent eux-mêmes, l'existence d'un Etat et d'une nation algeriens souverains, civilisés, organisés, développés et d'une grande personnalité. En 1794, le Dey d'Alger va voler au secours des révolutionnaires français en les autorisant à s'approvisonner en Algerie. C'était au temps de Robespierre, l'année de la convention. L'Algerie va même au delà... elle offre au Directoire un prêt sans intérêt, d'un million-or. L'Algerie est devenue le créancier de la France Thermidorienne, bonapartiste, puis royaliste.
La guerre finie, la Restauration refusa de payer sa dette. C'était en 1815. C'est en 1820, que la France commença ses préparatifs pour démarrer sa colonisation. Cela afin d'éviter de payer sa dette à l'Algerie. Le remplacement d'un peuple par un autre peuple. La violence colonisatrice est ainsi devenue unique dans l'histoire de l'humanité. Celle-ci cautionnée à travers deux déclarations, de deux pouvoirs. La première se situant au début de la colonisation, la seconde en 1954.
Voici celle de Bugeaud, mai 1844 : "Plus de cinquante beaux villages, batis en pierres et couvert de tuiles ont été pillés et détruits. Nos soldats y ont fait un butin considérable. Nous ne pouvions songer, au milieu du combat, à couper les arbres. L'ouvrage d'ailleurs, serait au dessus de nos forces. Vingt mille hommes armés de haches ne couperaient pas, en six mois, les oliviers et les figuiers qui couvrent le beau panorama que nous avons sous nos pieds".
Une terre inculte l'Algerie, lorsque la France est venue imposée son dicta ? Vraiment ?
Quand au maire de Constantine, en 1955, il s'est exclamé : "Ce qu'il nous faut ici, c'est une bonne Saint-Barthélémy." On peut noter l'état d'esprit du conquérant... l'extermination de l'algerien par la Saint-Barthélémy. Violence qui concerne également la nature à travers les arbres. On pousse plus loin encore... des cimetières algeriens furent labourés.
L'Etat colonial est le prolongement de l'Etat précolonial qui considère la conquète, la guerre, l'extermination du vivant, les enfumages, les emmurements, les massacres, les génocides, les pogroms et les viols, comme les pilliers fondamentaux de la consolidation et l'expansion de l'Etat, comme l'écrira encore le journal "El Watan".
On peut à juste titre reconnaitre que l'Etat colonial a montré une violence sans précédent, qui a marqué plus d'un siècle, l'histoire de l'Algerie. Si on ne prend que cet exemple.
Les meurtres collectifs, les internements, la déportation, les exils, les tortures physiques et morales, individuelles et collectives. Peine de mort extrajudiciaires, incarcérations, taxations punitives, violences racistes, travail forcé sous les ordres de l'armée coloniale, et privation de nourriture appliquée à des populations entières jusqu'à ce que mort s'ensuive. Violences et terreurs coloniales deviennent la norme. C'était une réalité physique. Pour terroriser la population encore plus, certains algeriens étaient dépecés. Tels les corps du Colonel Amirouche et du Colonel Si Haouès.
L'état colonial était un état pénal. Les algeriens sont aussi des esclaves régis par les lois du racisme, de la sanction, de l'obeissance aux colons et aux autorités. Des offensives étaient menées contre le peuple algerien. La démocratisation de la terreur et de la violence permet qu'elle se popularise. Ils ont formé des tribunaux spéciaux pour exterminer, et des dispositifs opérationnels de protection pour torturer jusqu'à la mort. Des accusés étaient guillotinés, fusillés, pendus, démembrés, coulés dans du béton, jeté dans la mer, dans des puits, dans des fosses communes, incendiés, et enfin envoyés dans l'univers qui leur est propre, comme des pierres, des décors, des objets inanimés de la nature.
P. Azan, un intellectuel de la colonisation disait :
"L'indigène n'est pas comparable au français, il n'a ni ses qualités morales, ni son instruction, ni sa religion, ni sa civilisation. L'erreur est généreuse et bien française : elle a été commise par ceux qui ont rédigé la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, au lieu de rédiger plus modestement la Déclaration des droits du Citoyen français". (L'armée indigène nord africaine. Ch. Lavauzelle et cie, Paris, 1925).
A. de Tocqueville disait : "Aux colons venus du vieux continent, la règle du droit, aux arabes et aux kabyles, ni égalité, ni libertés civiles, ni universaité de la loi, ni aujourd'hui, ni demain" (Travail sur l'Algerie, oeuvres, Gallimard, Paris, 1991).
Deux bilans : - Le premier décrit une Algerie prospère et paisible.
                    - Le second montre des génocides, des massacres, des déportations, des
                      crimes contre l'humanité.
Plusieurs millions de morts, des millions d'analphabètes, des millions d'hectares confisqués aux algeriens, des destructions massives, la disparition d'un Etat. L'Etat algerien ! Quel est l'être humain saint d'esprit, qui peut considérer cela comme une oeuvre positive ?
L'Etat algerien était déjà, avant 1830, un Etat prospère et riche.
Qu'a laissé la France en 1962 ?
Un pays ruiné, massacré, incendié, avec des millions de chomeurs, de malades...
En quarante trois ans, on peut reconnaitre aux algeriens ceci :
De 1962 à 2005, ils ont construits des milliers d'écoles. Des lycées et des universités. Des routes, une infrastructure industrielle importante, des aéroports, et deux grands projets que le monde colonial n'a pas pu réaliser en 132 ans. Prêt de mille villages agricoles et le grand barrage vert pour stopper le désert.
Reste que si cela n'a pas été bien géré, c'est un autre problème. Mais au vu de tous les peuples décolonisés de la France, c'est un fait constaté dans bien d'autres pays.
Les richesses de l'Algerie et des algeriens ont permis la construction de ces infrastructures. Ensuite, celles ci furent construites pour les colons et l'armée coloniale, et non pour les algeriens.
La France officielle serait-elle tenace sous le rapport de la mauvaise foi, vis à vis de l'Algerie, et les peuples colonisés d'Afrique et des Antilles ?

Auncun doute n'est permis sur cette période reculée. Voici encore un discours officiel qui en dit long.
Ministe français des colonies A. Sarrault a prononcé ce qui suit en novembre 1923, à l'ouverture des cours de l'école coloniale : "Ne rusons pas. Ne trichons pas. A quoi bon farder la vérité ? La colonisation au début, n'a pas été un acte de civilisation. Elle est un acte de force, de force intéressée. C'est un épisiode du combat pour la vie, de la grande concurrence vitale, qui, des hommes au groupes, des groupes aux nations, est allée se proprageant à travers le vaste monde. La colonisatioin à ses origines n'est qu'un entreprise d'interêt personnel, unilatéral, égoïste accomplie par le plus fort sur le plus faible. Telle est la réalité". (A. Sarrault, Edition du Journal, la presse coloniale, Paris - page 8).
Heureusement, il y a aussi, cette jolie France qui porte cette jeunesse et parfois les anciens, qui n'hésitent pas à lancer un pont entre les deux rives. Ils possèdent cette rage du désir de l'amitié universelle. Hors caméras, hors politique.
A quand le véritable débat sur toutes les convictions cachées ? Rien n'est plus déroutant que le positivement acceptable. Positivité est le mot le plus employé en France depuis quelques années. A la manière d'une arme dissuasive que l'on brandit ? Le negatif peut-il devenir positif, en y plantant le drapeau de la conviction dirigée ?
Et si on renouvelait un peu nos esprits de français et regardions au delà de notre petite personne ?
Quand aux médias, à reconsiderer leurs prises de positions dans la désinformation massive.
Le pouvoir dans le pouvoir ... le journalisme a-t-il vraiment perdu de toute sa valeur initiale ?
L'Algerie est un pays où l'interrogation est une réalité quotidienne, mais qui ne laisse rien paraitre. Il y a comme une certaine méfiance, vite levée,  à condition d'être pourvoyeur d'amitié et d'intérêt sincère, pour l'individu. Ce fut mon impression.

Il fait bon vivre en Algerie, lorsqu'on peut disposer d'un minimum vital et savoir s'en accomoder.
Mais cela, ils l'ont appris. Ce qui n'enlève pas chez certains, ce désir de vouloir changer leur situation. Ce qui peut être légitime. Le mal vivre de l'individu est en rapport avec son environnement. Celui qui lui est proche tout d'abord. Puis par extension, celui qui caractérise certaines anomalies générées par le pouvoir administratif. Le chomage peut egalement enlever une partie de la liberté individuelle. Ce manque d'autonomie est legitimement mal perçu. Ce qui peut pousser certains à desirer la fuite, vers un ailleurs meilleur.
Pour l'étranger, celui qui ne fera que passer en Algerie, son argent sera sa protection.
Comment pourrait il dès lors, imaginer certaines situations données ? Le touriste va demeurer dans un contexte qui ne lui montrera que ce qu'il voudra bien regarder. Même la misère et le manque d'hygiène de certains quartiers, il l'analysera selon sa propre vision des choses. Car l'oeil ne peut renvoyer que ce qu'il photographie exterieurement. D'où le fossé de l'incompréhension si on juge sur l'impression première. Comment pourrait-on comprendre dès lors, le manque d'eau journalier dans certains secteurs des villes ? Ce précieux approvisionnement est le résultat de nombreux facteurs. Que l'un d'eux vienne à manquer, et cela occasionnera un problème sérieux pour les familles qui en sont privées.
L'irréel étant que malgré cela, les femmes algeriennes font tout leur possible afin de maintenir la propreté de leur intérieur. Ainsi que de toute celle de la famille. Un défi journalier qu'elles relèvent, et un but qu'elles parviennent à atteindre. Une véritable gageure devant ce combat de tous les jours. Ces mères courages sont très bien placées pour en parler.
Quand à la propreté des rues, c'est l'affaire de tous, mais la priorité dans ce domaine, revient avant tout aux autorités gouvernementales. Mais là, on ne peut pas dire qu'il y a précipitation. Et il y en aurait des choses à faire, qui relève de la responsabilité de l'Etat. Economiser sur l'hygiène ou ne pas en tenir compte, est préjudiciable à tous les niveaux.

 

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Par sonja - Publié dans : Voyages
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Dimanche 20 mai 2007 7 20 /05 /2007 14:22

                                                                  - 9 -
Pour mieux comprendre le fonctionnement de la société algerienne, il suffit de s'intégrer dans le cadre familial. C'est ici qu'on peut se sentir bien plus interpellés. Sinon, on risque de se priver d'une réalité qui pourtant parle d'elle même.
Le tourisme ne devrait pas se projeter sur le seul profit. Les vacances à l'occidentale laissent peu de place aux échanges durables. Ne pas essayerde se laisser sensibiliser par les réalités du pays d'accueil, ce serait un peu comme si durant un temps, on promenait le regard du conquérant. Si on ne sait pas donner de son temps, ni prêter ses yeux à ce qui fait l'incontournable particularité du pays, avec ses paysages, mais aussi ses habitants, nous risqu'ons de passer à côté du coeur du pays. Effleurer ses cours ne sera pas suffisant...
La richesse des ses palais, la nature, et la  beauté de ses eaux vives, le peuple, échappent au touriste préssé de prendre.
Pourquoi devenir des consommateurs seulement ?
Peut-on percevoir avec clarté les merveilles manifestes de l'Océan, si on n'a pas aussi goûté à ses profondeurs ?
Imposons à notre regard les détails. Qu'ils soient négatifs ou positifs, le plus important est d'améliorer notre snes de l'observation et de l'analyse. L'approche sera différente. Les conflits s'installent à cause de démarches qui se contentent d'effleurer. Les malentendus se nourrissent  à l'école de la méconnaissance.¨Porte ouverte aux préjugés, de part et d'autre...
Sans pour autant donner dans la naïveté, on peut s'attacher à ce qui fait la force d'un pays. Cet aspect est bien plus porteur. Il nous permet une ouverture franche, généreuse, et surtout, apte à relever l'humour, l'insolite, le jeu des regards sur nous. Sans doute un pas vers l'amitié de passage, ou bien celle qui va durer...
Les enfants eux mêmes font parti d'un décor planté de merveilles souriantes, hautes en couleurs. Ils font le bonheur de l'oeil qui les regarde. La curiosité se mélangeant à la douceur du temps qui passe.
Ici, ils peuvent s'installer à une terrasse de café et commander une boisson. Prendre un repas dans un restaurant, se balader à plusieurs dans les rues de la ville. Ttout ces petits sont autonomes et audacieux.
L'audace de leur innocence.
La place Gueydon à Bejaïa est leur lieu de rencontres. Au même titre que celui des adultes. Se laisser guider par leurs jeux, c'est du bonheur mental. Leurs sourires sont à l'image de leur etat d'esprit. Les enfants apprenent très vite la liberté d'être.
La vie n'est pas aussi facile qu'on le croit, même si elle est abordée avec simplicité et courage. Le temps ici, ne se calcule pas de la même manière. Les mouvements d'humeur ne se posent pas non plus comme dans notre pays.
Ce qui pourrait irriter l'occidental, ici, cela tient d'une certaine phylosophie. Nos préoccupations d'européens n'ont pas leur place dans la société algerienne. Ce qui n'empêche pas les sujets de conversations sur leur réalité de vie de tous les jours.

Rire pour rire. En Algerie, pas besoin de thérapeutes pour l'école du rire. La rue fait office d'apprentissage. Les sourires ne sont pas rares. Ce sont les airs renfrognés qui le sont.
Le plaisir de profiter de l'instant qui passe. Avec juste ce qu'il faut d'insouciance.
L'assaisonnement qui donne du piquant aus couleurs locales.
J'aime cette Algerie qui donne de tout son coeur. Elle vibre, très fort, avec tous ceux qui se laissent bercer par sa magie.
Ce peuple a énormément souffert, mais il sait encore partager. Les craintes que l'on peut éprouver à son encontre sont injustifiées. Nous commençons à être en décalage.

Une autre invitation m'est proposée... celle de faire le tour de l'université de Bejaïa.
Me voilà donc partie pour le plaisir de partager d'autres connaissance et reconnaissances. Une simple approche au sein de l'Université.
C'est Aomar qui me sert de guide en ces lieux. Il élargit mes amitiés en me mettant en contact avec Souad qui a un poste clef au sein de l'Université. Une très belle femme, portant avec élégance le hijab. Son sourire éclatant irradie et s'impose. Un temperament volontaire et qui sait ce qu'elle veut. Caractéristique propre à toutes les femmes algeriennes que j'ai croisé, dans leur quotidien. Elle m'explique son travail et celui de ces collaborateurs. Elle me présente quelques collègues. Je lui parle du but de ma visite. Un peu sur la réserve au départ, elle n'hésite pas par la suite à répondre à mes questions. puis c'est avec Aomar que je suis conduite de batiments en batiments. Une structure aérée et bien agencée, et qui ne perd rien de sa superbe.
L'architecture colle bien au paysage. C'était les vacances, je n'ai donc pas pu penêtrer dans un amphithèatre. La bibliothèque spacieuse, éclarée, portant ordinnateurs, manque encore de livres, mais on peut déjà y truver l'essentiel pour les besoins des étudiants.
N'ayant pas eu le temps de m'y attarder, des éléments me manquent encore pour apporter des précisions sur mon clin d'oeil universitaire.... J'aurais bien assisté à un cour, par esprit de curiosité, puisque toutes les portes furent ouvertes devant moi, mais le facteur temps fut mon ennemi. Je n'ai pas pu y retourner...
Je n'oublierais jamais le chaleureux acceuil de Souad.
Quelques jours plus tard je récidive. Quarante huit heures avant me m'envoler pour la France, c'est dans une école privée que je m'installe.
La I.S.I.M (Institut International de Management). Partenaire de l'Université du Quebec (UQAM) et de Paris pour PGSM (ex-EGS). Une préparation à des diplomes d'Etat de Technicien Supérieur en Sciences de Gestion, Management, Marketing. Finances et Comptabilité. Anglais des affaires. Ingénieur Commercial. Ingenieur en Informatique.
La directrice de cette école m'a permis d'assister à l'un des cours afin d'interpeller ma curiosité. La participation des étudiants, bien que timide au départ, m'a permis de mon fondre dans le suivi de leurs échanges avec leur professeur. Jeune professeur assez proche de ces jeunes gens, filles et garçons. On sent qu'il ne lui est pas difficile de ganer le respect de ceux ci. Quand au second cour ce fut la plus belle des perturbations. Si, dès qu'il a su que j'avais l'autorisation d'assister à son cour il a été un peu destabilisé, très vite ils s'est aligné sur l'ambiance générale. A mes questions pour tous, il fut le plus intarrissable. Et le plus drôle.
Ses étudiants ont semblé découvrir un autre professeur, sorti de sa réserve. Un humour en voltige. Je pense que j'ai laissé une classe avec un professeur qu'ils n'oublieront jamais...
Une heure de joyeux échanges où jeunes filles et jeunes hommes donnaient leur point de vue sur l'Algerie et la condition des femmes. Des regards pétillants. Ils m'ont raconté leur envie de produire, de se battre. Leur générosité était palpable. J'ai relevé une franchise totale. Ces jeunes gens, chacun dansl eurs idées et leurs pensées personnelles, se sont ouvert devant la poignée qu'ils étainet. Du rire sans retenue. Le professeur étant le maitre de jeu.
J'ai fait la connaissance de deux professeurs sympathiques, affables, au temperament different. Je suis venue apporter de la récréation et j'ai emporté dans mes bagages les sourires les plus gracieux. De la douceur de vivre. Et le souvenir d'une jeunesse e nmarche. Cette jeunesse qui ne criant pas de parles de ses besoins, de ses pôles d'interêts. De leur vision de l'Algerie. De leur rapport avec l'autre sexe.  De leurs angoisses, de leur avenir... une jeunesse qui ressemble tellement à celle universelle, où que nous allions, même si les cultures différent.
Je quitte mes jeunes, avec un pincement au coeur. Ils me manquent déjà.
Et une poésie pour ces jeunes gens...

      TOUT SIMPLEMENT
I
rresistible et drôle,
Noirs regards scrutateurs,
Sur le chemin de la pensée,
Intentionnellement vient de se poser.
Mille questions soulever.
Vingt trois étudiants ils étaient.
Pour plus d'une heure se régaler.
Auprès de leurs professeurs ils ont composé,
le plus beau des bouquets,
aux couleurs de l'amitié.
A un cour il m'a été donné d'assister,
mais le second,
un peu saboté...
La beauté de cette jeunesse,
C'est leur appetit de decouvrir,
et la vie vouloir croquer?
pour un peu me faire chavirer.
Leur accueil,
de générosité s'est paré,
pour les délices de l'échange organisé.
Votre richesse,
avec vos mains vous la dispensez,
mais c'est avec votre coeur que vous etreignez.
Lorsque de votre temps,
à l'étranger vous donnez,
ce n'est jamais à moitié.
A la manière d'une pierre précieuse,
votre hospitalité,
sur un écrin de velouss,
vous venez de déposer.
Votre humour,
avec moi vous avez partagé.
A sa juste valeur j'ai apprécié.
Trop vite le temps s'en est allé.
Vous quitter je n'aurais dû,
car encore vous dire j'aurais voulu.
Une leçon de beauté vous m'avez donné.
Assurement,
jamais je ne pourrais vous oublier,
car sur ma route,
je vous ai rencontrésL
Merci pour ces moments,
qu'en offrande vous avez déposé,
devant la porte de l'amitié !

C'est la directrice de l'école qui me reçoit ensuite.
Une très belle femme aux grands yeux vifs, curieux, intéressés et qui appellent le respect. Le chemin parcouru, comme pour beaucoup de femmes en Algerie, s'accroche à cet objectif qu'elles ont voulu et qu'elles ont atteint. Le courage étant leur amie, et leur réussite, l'expression de leurs batailles. A tous les niveaux, ces femmes sont exceptionnelles. Son accueil chaleureux était à la mesure de sa simplicité. Elle m'a renseigné sur la marche de l'école. Elle m'a parlé des étudiants. Des professeurs et de tous ceux qui collaborent avec elle. Elle m'a aussi accordé tout le temps dont j'avais besoin.

J'ai également fait la connaissance d'une psychologue. Une femme pleine d'énergie, qui ne doit se tromper que rarement. Son analyse des autres s'avère juste. Tout ce que je peux dire c'est qu'elle a mené bien des guerres éprouvantes, mais qu'elle en a tiré de belles leçons de la vie. Qu'elle a su partager avec sa fille. Voilà deux personnes qui savent ce qu'elles veulent. Et qui composent avec la franchise d'être, et qui ne s'en laissent pas conter.
Les femmes algeriennes sont étonnantes !
Et je les aime !

                                                                                         ... / ...



Par sonja - Publié dans : Voyages
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Dimanche 20 mai 2007 7 20 /05 /2007 20:49

                                                                  - 10 -
Dans mes bagages, il a fallu que je passe de la place pour les souvenirs, ainsi que pour les cadeaux. Et de toutes sortes. Précieux sont-ils pour la  beauté du geste. D'une valeur inestimable. Des familles modestes, des personnes qui le sont tout autant. Ils m'ont donné spontanément, avec leur coeur. C'est un pays, des gens, des êtres, qui ne savaent recevoir sans offrir.
En France, on arrive chez nos amis avec un petit quelque chose. En Algerie, on fait une visite à ses amis et ce sont eux qui offrent un présent. On ne saurait les quitter sans accepter leur geste. C'est une obligation morale !
Pouvez-vous imaginer que même lorsque vous faite une connaissance dans la rue, en apprenant que vous repartez dans votre pays, on se dépêche d'aller vous chercher un cadeau ?
Visiter l'Université de Bejaïa, m'en a valu quelques uns également.
Mon amie psychologue, que j'ai du quitter rapidement, a cherché dans ses tiroirs quelque chose à m'offir. Et je venais à peine de faire sa connaissance. Cela m'a énormement touché.
Rentrer en France avec deux boites de gateaux, fabriqués par des femmes pleines de sentiments généreux, pour l'étrangère qu'elles ont adopté. Et l'image n'est pas trop forte...
Sans compter les robes et autres gâteries locales.

Dernier jour en Algerie !
Café le Richelieu, bien sur.
La jeunesse y a pris place, comme d'habitude. Je me complais dans cette ambiance. Elle me porte. Je me laisse baigner par cet environnement. Je devrais faire jouer ma mémoire pour continuer de goûter à tout ce qui fait les délices de ce que j'ai vécu ici. De quoi me sentir accompagnée, durant de nombreux mois.
Bejaïa et son port seront une constante dans mes souvenirs. Sans oublier toutes ces personnes adorables qu'il m'a été donné de rencontrer ici et ailleurs. Le tourisme que j'ai voulu est devenu la richesse d'un quotidien glané un peu partout.
J'ai rencontré des gens fabuleux. Le rire fut de tous les rendez vous, même ceux que je n'avais pas sollicité. L'Algerie est un vivier d'individus riches en sentiments, en générosité... Leur humour est communicatif. L'algerien ne laisse pas indifférent ! On se sent automatiquement attirés par la magie de leur comportement. Les observer devient un régal pour l'oeil qui les suit. Si passer des vacances dans des lieux touristiques aseptisés est idéalement paradisiaques, s'installer au coeur même de l'habitant, cela donne une tout autre dimension à la beauté du séjour.
Les paysages algeriens sont de toute beauté, mais l'habitant lui, il reflète une facette de cette beauté qui impressionne. Se laisser porter par cette ambiance algerienne, ne peut que donner le plaisir du contentement et la satisfaction de s'être autorisé une démarche sans doute hors norme. Mais qui a dit que les chemins battus étaient les plus attirants ?
On peut facilement imaginer les globe-trotters d'antan. Leurs voyages découvertes étaient de vraies aventures. je ne doute pas qu'ils aient pu goûter à un bonheur complet. Cela, malgré les difficultés rencontrées.
Le positif et le négatif se trouvant souvent embarqués sur le même navire, il n'est pas non plus négligeable d'avoir l'oeil fixé sur l'aspect positif d'une situation. Le positionner dans nos priorités. Ce ne sera qu'à cette condition qu'on arrivera à tier un meilleur parti d'échanges qui donnent la jouissance du durable. Même après avoir quitté le pays qui accueille...
Garder cela à l'esprit est le meilleur des laisser-passer jusqu'au coeur des individus.
Conclusion ? Il n'y a pas de conclusion ! L'Algerie est une porte ouverte. Je la franchirais de nouveau.

Me voilà donc à l'aéroport de Bejaïa, en ce mercredi 25 janvier 2006. Grandre est ma tristesse. Pour la contenir, je vais m'amuser à ce que je sais le mieux faire... écrire le temps qui passe.
Me voilà donc seule avec mes propres pensées dans la salle d'embarquement. Deux heures à errer dans ma tête. Deux heures d'attente avant le vol pour la France. Je me sens comme quelqu'un qui a été privée d'énergie. Cette solitude nouvelle est pesante. Pas sympa ce retour.
Il m'enlève une bonne part de toute cette joie emmagasinée durant mes cinquante quatre journées sur le sol algerien. Mon esprit se refuse à ce départ.
Le visage de l'Algerie semble déjà appartenir à un autre temps. Il me faudra quelques semaines de réadapation en France.
Tous ces algeriens dans cette salle d'attente, pour ce voyage en commun, me sont familiers et tellement amicaux. Je me sens un peu consolée de mon angoisse. Reviendrais je un jour ? Le pourrais je même ?
Derangeantes frontières qui n'ont que faire des sentiments. Je n'arrive pas à me résoudre à cette obligation du départ. Du retour.  Mais garder cette rage de vouloir écrire tout ce qui a jalonné mmon parcours algerien, fera office d'une certaine consolation. Ce sera comme faire un second vvoyage en peu de temps. J'ai glané la matière première, me voici engagée à développer et à peaufiner mon sujet. Un regard plus vrai sur l'Algerie... Ils n'en demandent pas plus nos voisins.

Il semblerait que notre avion ai pris du retard. Le bruit qui coure nous dit que le décollage aura lieu entre 15 h/15h 30. Une halte obligée que j'aurais aimé hors cette salle d'attente, afin de m'imprégner encore un peu, du parfum et des couleurs de l'Algerie. L'attente qui ne semble jamais deranger de ce coté ci de la Mediterranée. L'Algerie et ses contradictions. Un long fleuve tranquile. Le flegme algerien ?
C'est le brouhaha amplifié qui permet à ce retard inattendu pour moi, qui le rend moins pénible. L'Algerien trouve toujours matièe à s'occuper. Ce n'est jamais un problème.
Le Directeur de l'aéroport n'a pas jugé opportun de nous tenir au courant du retard. C'est ainsi que l'on doit accepter le pays. Joies et imprévus se confondant. Les désagréments se satisfont des imprévus, et nous, du temps qui fuit. Un simple accord tacite. On peut appeler cela des pauses souriantes. En l'occurence elles nous permettent de minimiser nos propres soucis.
L'impératif qui nous apprend à ne pas faire monter la tension ou la pression, inutilement. Se sentir frustré ou offusqué ici, cela est un plus qu'on ne peut s'autoriser.
L'observation des constantes, pour qui veut s'autoriser la liberté de cueillir tout ce qui donne matière à sourire. Et puisque rien n'est figé dans l'instant présent, je peux à loisir, surprendre mon entourage dans son ses temperaments cachés.

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