Mon rêve

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  • : Ecrire est mon sport favori. J'aime observer. Voyager dans le monde de l'imaginaire. Je suis une flaneuse. Je marche souvent, et parfois mon vélo me porte au dehors de la ville. J'aime lire. Faire des recherches. Echanger de l'amitié ou de la culture. Je
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Jeudi 8 mai 2008

Lorsqu'il est à la maison, il n'hésite pas à s'emparer de la cuisine. C'est un fin gourmet, qui aime à préparer des recettes venant de sa terre natale. En famille, ou avec des amis, sa paëlla est reconnue partout où il a l'occasion de l'offrir. A chaque fois, c'était un véritable régal. Un peu bousculée dans ses habitudes la maitresse des fourneaux se laissait faire.
Il est si rarement à la maison. Ses chantiers le porte à de nombreux kilomètres de la maison.
Son arrivée met toujours du soleil dans le petit appartement, et dans le voisinage. Son humour debordant colle à sa personnalité. Un temperament qui ne laisse jamais indifférent.
Même les enfants recherchent sa compagnie. Il a plus d'un tour dans son sac. Il est un peu magicien avec ses mains..
Encore "ba-ba" disent-ils, lorsqu'il fini son tour de cartes ou d'objet qu'il fait disparaitre ou revenir à volonté. Les yeux des enfants brillent d'étonnement et de plaisir. Que de fois les ai-je surpris ainsi, attendant une suite...
Il n'hésite pas à raconter des histoires, en tenant un enfant sur lui, ou en gardant sa petite main dans la sienne.Les étoiles racontées par lui, c'est plus que merveilleux. Les enfants ne s'y trompent pas. Ils savent pourquoi ils l'aiment.
Pour les adultes, il a aussi de l'humour plein son sac à malice. Il n'arrête jamais de parler. Il est intarissable. Tout y passe. Ce qu'il ramène de ses journées "chantiers". La météo dont il en sait tout de même long.
Le tempérament des gens, qu'il dévoile. Pour qu'on sache comment vivre avec les autres, dit-il souvent.
Mais son passé a lui aussi ses entrées dans la danse. Sa tête est toujours pleine de choses délicieuses, ou bien un peu triste. Ce mélange des deux à la fois, c'est un peu normal lorsqu'on se raconte. La mémoire est la plus grande bibliothèque qui soit. Elle entrepose sans limite, sans qu'on s'en rende bien compte.
Il sait tout faire cet homme. Du moins, je le crois.
Il y a cette fierté en lui de ceux qui ont conscruit leur vie à la force de ses poignets, et de batailles terribles. Cela forge un caractère. Le sien est bien trempé, me suis-je souvent dit !
Son Andalousie revient  régulièrement dans ses discussions. Ses années adolescence trop vite écourtées. Ce Franco qui l'a fait fuir de son pays alors qu'il était dans l'amorce d'études qu'il aurait voulu atteindre.
De cette guerre qui se prolonge. De cette obligation de la faire parce que le pays d'accueil vous fait du chantage. Cette violence au sein même de l'armée. Il en parle souvent. Et jusqu'au bout.
Sa colère intérieure reste vivace contre l'injustice des guerres, au nom d'intérêts mafieux, dit-il. Il ne mache pas ses mots lorsque quelque chose le dérange.

Il a la franchise de ceux qui ont l'habitude de cotoyer les hommes simples. C'est un homme simple lui aussi, et très généreux. Ses années Algerie il les prend comme un cadeau. Sa seule épreuve, on le sent dans sa manière de parler de l'Espagne, c'est de ne pas pouvoir retourner en Andalousie. Dans son village. Dans son pays de naissance. Que d'années a-t-il dû attendre avant de le faire...
J'ai le souvenir que dans les années 60, une entreprise de travaux publics lui a proposé de venir travailler en France.
Ma mère était ravie. Elle faisait des projets, durant le temps de son absence. Il partit pour rejoindre Paris, et la Société qui le mit sur un chantier, pour un essai. Au bout d'une semaine, il me semble, le revoilà de retour à Alger.
Etonnemant général à la maison. Voici ce que j'ai entendu :
- Tonio, mais pourquoi tu es déjà revenu ? On devait te rejoindre... et ton chantier sur lequel tu travailles, on ne veut
   pas de toi ?
- Ecoute Margot, la France pour nous ce n'est pas bon tu sais...
- Pourquoi tu dis ça ?
- Dans ce pays là il fait froid. Le soleil il déménage souvent. La  belle exuse... qui était dupe ?
Ah, Margot est entrée dans une rage folle. C'était l'hiver, et à Alger il faisait froid aussi. Elle ne comprenait pas.
Adieu veaux... vaches... et les projets alors ? La mama espagnole fulminait. Elle voulait voir du pays. Changer d'endroit. Les enfants aussi, sans bien comprendre pourquoi...
Les voisins quand à eux, ils auraient bien dansé de joie s'ils avaient pu.
Va pour Alger, après avoir boudé un certains temps, tout est redevenu pareil. Evènements ou pas évènements, la guerre d'Algerie, en famille et en compagnie  des voisins, ils passèrent sur nous. Sur les commerçants du quartier. Sur les amis aussi.
Des larmes et des coups de rires.
En Algerie on rit beaucoup. Et le sieur "Antonio" aime cette terre d'accueil. Ses habitants se sont montrés généreux en amitié. Un jour il les quittera. Mais pas tout de suite. Rien ne presse.

Je me souviens de nos escapades vacances d'été sur les chantiers. Je crois bien qu'on y restait deux mois. De villes en villes, les routes les traversaient. Et jusque dans le sud.
Il était conducteur de travaux, et géomètre, jusqu'au jour de sa retraite.
Sur les chantiers il y a de gros camions, des buldozers et d'autres engins. Que de fois m'a-t-il fait faire un tour sur ces véhicules géants, pour la petite que j'étais. Installée sur ses genoux, j'avais le privilège de tenir le volant ou la manette. Mes manèges à moi...
J'ai le souvenir qu'à Alger, Affreville, ou même lorsque nous éitons à Marrakech, je le suis dans ses sorties du dimanche. On s'installe sur la terrasse d'un café ou à l'intérieur. Il commande sa boisson préférée. Moi, mon lait menthe ou grenadine. C'est devenu une habitude entre nous deux. Il est fier de me présenter à ses amis.
Ceux-ci, bien souvent avancent leur grande main pour la frotter sur ma tête. Comme on le fait à tous les enfants. Je n'aime pas ça. J'ai l'impression d'être un petit chien qu'on félicite. Et puis, on me décoiffe...
Je me vois partout avec lui, dès qu'il s'évade de la maison. Pour laisser faire la mère la cuisine ou son ménage.
De jolies cueillettes sourires.
Malheureusement, il revient rarement de ses chantiers. Car pour faire des routes, les travaux publics bougent. Et les ouvriers aussi. Je crois, si j'ai bonne mémoire qu'on ne le voyait que trois fois dans l'année.

Lorsqu'il a du rentrer en France, c'était  à cause de ses problèmes de santé. Ma mère elle-même est arrivée il y a quatre ans. Un peu avant le décès de mon père.
Ce bavard impénitent, dès qu'il était branché souvenirs, il ne me lachait plus.
Des histoires mille fois racontées, et pourtant toujours à revenir.
La guerre est ce qui l'aura le plus marqué, car il ne passait pas une semaine sans en parler.
Mais aussi son Espagne. Ses belles Andalouses. Son village. Ses chantiers. Son Algerie...

Parfois, je vais à sa rencontre, dans les souvenirs qu'il a laissé de lui. J'en ai très peu il est vrai, à cause de certaines circonstances de la vie, mais je ris franchement de ses turbulentes pensées. Ses taquineries et petites farces, il les servait à sa sauce personnelle. De quoi faire entrer en fureur ma mère si son humour la dérangeait.
Il lui arrivait même d'être un peu jalouse de ... son succès ! J'invente peut être... pourtant, tout laissait à le penser.

Que de jolies choses avec cet homme. ll était un peu magique.
Jusqu'au dernier moment de sa vie, il rit, fait des farces, s'amuse de tout, et raconte des blagues.
Je ne l'ai jamais vu de mauvaise humeur, pourtant il devait ressentir de la colère quelquefois.
Il est resté tendre, jusqu'à la fin.
Je garde de son visage, un sourire qui l'envahissait tout entier, et des yeux qui pétillaient de malice. Comme s'il réfléchissait à ce qu'il allait dire ou faire comme bétise.
Je me dis que même à un âge avancé, on peut garder un coeur jeune, et de la joie plein la tête...
Pour lui, il n'y avait aucun doute. Il était heureux de vivre encore... et encore...



par sonja publié dans : Tranches de vie
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Lundi 14 avril 2008

Mes rencontres avec Zoulikha sont de plus en plus extraordinnaires.
C'est là où on trouve le temps trop court. Nos rendez-vous heures se prolongent mais ce n'est jamais assez.
C'est amusant de constater combien on peut aussi vite s'attacher à un tempérament. Et Zoulikha en a vraiment du tempérament.
Une algerienne comme je les ai ressenti en Algerie. Je ne me suis jamais imaginé l'algérienne qu'ainsi. Elle a un tel éventail de connaissances et de possibilités d'ouverture... Quand à l'humour, il a la place la plus importante.
Je me demande même si par rapport à elle, je ne suis pas un peu coincée.
L'amitié a cela d'étonnant qu'on peut toujours la peaufiner. La renouveler. Car il ne suffit pas de se déclarer "amis".
Encore faut-il maintenir le cap. L'entrenir et l'animer. On est tenu de s'investir bien plus en avant.
La connaissance de l'autre ne doit pas être superficielle. Sinon, avec le temps l'amitié s'émiette. Elle fond comme neige au soleil. Une personnalité a besoin d'ouverture. Nous avons la possibilité de part et d'autre, d'échanger des tranches de "nous".
A petites doses au début. Ensuite, c'est comme une source, il suffit de la découvrir, pour qu'elle en devienne intarissable. Lorsque la parole est engagée, plus rien ne l'arrête. Il n'y a rien de mal de toute façon, à discourir de nos pôles d'intérêts, ou de ce qui a pu réunir deux amis. Le plus important étant le dialogue.
Comment peut-on apprendre à se connaitre sans communiquer ?
Cela ne veut pas dire que nous serons d'accord sur tout.
On se découvre. Ce qui en devient une aventure. Etant une aventurière, voilà qui me va fort bien. Je satisfait ma curiosité, tout en renforçant mes sentiments d'amitié.
Nous avons parlé association, un peu... puisque le but est de recueillir également des fonds pour l'envoi de livres en Algerie.
Notre première cueillette roannaise est très fructueuses. La générosité est immense.
L'association "Livre pour tous", nous a reçu il y a une semaine, au Lycée Jean Puy. La bibliothèque dont ils disposent est une vraie caverne d'Ali Baba. Beaucoup de livres nous seront donnés et dans un état exceptionnel.
L'association des Parents d'Elèves en Algerie nage dans le bonheur devant les résultats. Ma nouvelle amie les a tenu au courant, via l'internet. Il y a de quoi en effet, se réjouir. Mais ce n'est qu'un petit début.
D'autres collèges et lycées nous recevront fin juin pour nous dire ce qu'il y aura à emporter.
Je m'attends à d'autres belles surprises. Seul le problème du transport commence à se poser. Mais je sais qu'il y a une solution quelque part. Il faudra commencer à frapper à toutes les portes. Qui n'ose rien, n'a rien !
Zoulikha part en Algerie dans une semaine, avec déjà quelques kilos de livres.
L'amitié sert à cela aussi. A travailler ensemble, ou à collaborer dans certaines activités.
Le plaisir de se retrouver dans des moments de détente n'empêche pas de donner ensemble. Lorsqu'on est deux ou plus à donner, c'est tout de même mieux...

L'amitié c'est lorqu'on peut rire ou pleurer ensemble.
Mais au mot amitié on peut associer le mot "fidélité".
Sans doute est-ce pour cela que j'arrive à parler de mes amies même sur un blog.

Patricia est déjà une amie de longue date. Je l'ai connu à mon retour de Nouvelle Calédonie. En 1976. Elle avait 15 ans à l'époque et moi 28 ans. Avec elle, la bonne humeur est une constance. Bien que nous abordions parfois des sujets moins légers. Elle est de nature joviale. Ses yeux semblent toujours pétiller d'une malice enfantine. Nos rencontres sont explosives de bonheur. Nous avons partagé contre vents et marées, de jolis bouquets tendresses. Pas un seul grain de sable, ni de nuage sur notre amitié.
C'est un grand coeur qui aime partager.
Je peux ajouter que c'est la particularité de toutes mes amies.
Nous aimons pratiquer la dérision lorsqu'il s'agit de nous-mêmes. Savoir relativiser. Cette amitié se porte bien aujourd'hui encore.

Avec Agnès c'est une autre rencontre. Cette fois-ci dans un lieu public. Alors que pour Patricia, nous étions voisines. Ses parents habitaient au dessus de notre appartement, à Valence.
Une dizaine d'années depuis ma première rencontre avec elle. Nous continuons notre petit bout de chemin sur les routes de l'amitié. Un tempérament fort elle aussi. Il me semble que je m'accroche à ce genre de personnes.
Mais c'est tellement fabuleux d'en apprendre plus avec ces personnes. Des horizons différents et généreux en apprentissage.
L'autre caractéristique de mes amies, c'est la discrétion et le respect de l'autre. Se retrouver, tout en laissant à son amie la liberté de disposer d'elle même comme elle le veut, c'est assez génial.
Exclusivité dans les sentiments, mais pas sur la personne. Ce qui rend les rapports constructifs et positifs.

Il y a quelques mois, Monique, amie de blog est venue tel un bouquet de jolies fleurs, m'offrir son amitié.
Attachante et spontanée. J'aime !
Une douceur timide, mais qui pousse à l'action. Elle est de composition facile. Raisonnable. Réfléchie. C'est un vrai plaisir mental. Je la découvre non-stop, quotidiennement à travers ses photos et ses textes. Je ne la perds donc pas de vue.
Sur mon blog, il y a eu aussi, dès le début, une main délicate et sympathique qui venait déposer son commentaire, avec discrétion. Une habitude réguliière qu'elle n'a pas perdu depuis. J'attends toujours avec impatience qu'elle se manifeste quelque part, pour avoir de ses nouvelles. Et lorsque cela tarde trop (à mon goût bien sur), je me manifeste en allant sur sa boite mail. Des échanges chaleureux qui m'ont poussé à m'attacher à celle que je considère comme une amie.  Cath m'est nécessaire aussi dans ces échanges quotidiens.

Zoulikha est arrivée en dernier, mais c'est à chaque fois du champagne. Habitant la même ville, nous pouvons donc nous cotoyer régulièrement. Ce qui ne nous empêche pas de nous envoyer des courriers internet. Ou même de nous téléphoner.
Ce contact avec elle a une autre raison d'être. Son beau pays. Je l'écouterais des heures entiières sur ce chapitre.

On idéalise sans doute nos "amis". Bien sur !  Comment faire autrement à partir du moment où on connait leurs qualités ? C'est donc là dessus que nous devons les juger. Parce qu'il faut bien reconnaitre que si nous devions nous arrêter sur leurs travers seulement, qu'est ce qu'ils devraient dire de nous alors ?
L'aspect extérieur de nos semblables est très souvent trompeur.
Si nous ne retenons que ce qui fait leur valeur, nous ne serons jamais déçus.
Ce qui ne veut pas dire qu'on ne doit pas être prudent, dans le choix de nos amitiés. C'est même essentiel. Mais si par hazard on se trompe, ce n'est pas grave après tout. Car il n'est pas défendu de faire machine arrière.

L'amitié c'est un terrain de conquête. D'exploration. Puis de repos.
Si nous sommes arrivés à ce stade là, c'est que c'est le club "MED" en amitié.
L'amitié ne doit pas être un match de boxe. Pas de ring, ni de coups bas. Sinon, on est mal barrés...
L'amitié c'est un beau voyage !
Quand avez-vous commencé le votre ?


par sonja publié dans : Tranches de vie
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Dimanche 13 avril 2008

Encore un dimanche qui va finir.
Un dimanche comme tant d'autres, auprès de mon petit indien. En vérité, aujourd'hui il ressemblait plus à un kangourou. Depuis le moment de son réveil il n'a pas cessé de s'agiter, de sauter, de tourner, de vouloir jouer à des jeux où il faut tout de même pouvoir suivre.

A plusieurs reprises j'ai essayé de l'interesser à des occupations un moins bougeantes. Mais je crois  que parfois, il lui prend l'envie de faire des échappées redoutables. Un appartement n'est pas fait pour des évasions de ce genre. Ca manque d'espace. Et les mamies n'ont pas toujours envies de courir la campagne.
C'était mon jour au ralenti.
Il faut dire que les semaines d'une grand mère sont déjà si remplies d'activées. Si en plus elles s'occupent de leurs petits, voilà qui leur demande une sacré énergie.
Entre deux escapades, ou jeux de cache-cache, je lui ai dessiné tous les animaux qu'il me demandait. Parfois, ça ne leur ressemblait pas trop, mais cela nous a fait rire.
Puis un puzzle s'est installé sur la table. Avec si peu de concentration.

Nous sommes également passés sur l'ordinnateur. Il voulait que je lui  montre des petites "bêtes".  Dont des cafards. Une drole d'idée mais j'y ai consenti.
Au bout d'une vingtaine de minutes, il m'a abandonné devant l'écran. Plus d'ordinnateur dès son départ, vers je ne sais quelle recherche personnelle.
Dans sa chambre nous avons fabriqué une cabane. Les pet'chop nous ont rejoints sous la tente improvisée.
Ainsi que tous ses chats en peluches. Un peu plus d'une heure à quatre pattes sur une couette. De nouveau il m'a abandonné là, avec sa menagerie.
Quelle journée !
A mon tour j'ai laché ce petit intdien, pour ma pause thé. 
Calmé le petit ? Pas du tout. Aucun répis pour la grand-mère.
On n'annonce pourtant pas de neige à l'horizon.

Ah ! il faut suivre !
Mais je n'apprends rien à toutes ces mamies si pleinement occupées.
Aurelien grandit... il grandit... il a donc besoin de faire des découvertes supplémentaires. Les sottises suivent.
Moi très peu.

Quelques heures plus tard, mamie démissionnne. Je viens de l'abandonner à sa maman...
Ca pousse trop vite ces petites choses. C'est l'âge où ils emmagasinent un nombre incalculable de connaissances. Et forcèment, ça bouillonne dans leurs  têtes.

Allez les mamies courages, ils nous amusent tout de même beaucoup ces petits kangourous !

par sonja publié dans : Tranches de vie
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Mardi 4 mars 2008

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Il pleut sur ma ville. De cette pluie fine qui s'attarde. Tranquille, parce que rien ne presse. Les nuages sont débordants d'affection pour nos trottoirs. Ils ont à peine ouvert leurs robinets. Juste de quoi laisser filtrer une humidité en poussière, pas très visible. Les parapluies ouverts nous rappelent cette présence continue. 
Elle était là lorsque tôt ce matin j'ai ouvert les volets. Un mouillage faisant briller les toits et le feuillage. Tel un écran, aussi transparent qu'un voile, il s'étalait jusqu'en rase campagne.

Sur l'écharpe montagneuse autour de Roanne, un autre spectacle attire l'attention. Un tapis blanc, sur les surfaces planes des sommets, et descendant en cascade sur quelques flancs.
Un goût d'hiver pas encore tout à fait en partance. Il n'a pas emporté tous ses bagages. L'hiver traine ses pieds. Il a du mal à quitter les lieux. Il nous donne toujours quelques frissons. Il ne veut sans doute pas qu'on l'oublie trop vite.

Mais peut-on oublier ce qu'on aime ? Malgré la grisaille du temps qui se déroule en se dessinant comme il     veut, il pétille à la manière d'un regard amoureux. Et la neige possède ce pouvoir lumineux. Elle fait briller à son tour mon regard envouté par les plaisirs qu'elle me donne. Ce sont des rayons de miel interieurs. Aussi doux qu'un sourire...
Le printemps est proche. La saison que je laisse partir, sans le pouvoir de l'accrocher, de la retenir, je sais que je la garderais en souvenir.

La nouvelle saison sera la bienvenue, car elle nous donnera des couleurs qui chantent. J'avancerais avec elle. Je la cueillerais en coupes mélodieuses. En tendres caresses. Je vais courir vers elle. M'étourdir en elle. Car nous avons aussi besoin de soleil. Je laisserais éclater mes échappées nature, tout comme les bourgeons lachent leurs magiques pétales.
Un délicieux vertige va s'emparer de tous ces vagabonds de l'image. Ce seront de grosses brassées de lumière, même pour les coeurs mélancoliques.

Amusante rencontre avec dame pluie qui ne peut m'empêcher de faire de jolis voyages intérieurs. Je me sens déjà transportée sur des parterres fleuris alors qu'il fait froid de nouveau, depuis deux jours. 
Mais oui, il fait froid à Roanne !
Et froid partout  quelquefois. Même dans la tête.
C'est ma pause thé Mac-Donald en ce mardi. Une journée toute à moi, à paresser. Oui, je sais, je paresse souvent...
Il y a très peu de passages sur les trottoirs. La météo n'invite pas à la flânerie il faut le reconnaitre.
Mais à l'abri, dans un coin de cette salle, le vitrage est une invitation à sortir du côté de l'extérieur. Clins d'oeil sur les mouvements des roannais.
Vagabondes pensées qui me portent toujours plus loin, tout en étant confinée ici.
Cela ne se bouscule pas non plus à l'intérieur. Les chansons se succèdent. Ambiance Mac-donald.
Il est 11h40 et personne à l'horizon.
Je vais m'envoler à mon tour. Cette drôle de cuisine, j'ai bien du mal à m'y faire. Même si je n'y ai jamais goûté. Même l'odeur de leurs "Bic" ou "Mac", ce n'est pas de la poésie.

Sous ma capuche, je vais de nouveau plonger à la rencontre de la pluie légère. Telle des confeties, je la recevrais. Sans bruit, ni force...

Voilà que la pluie cède la place à la neige. Curieuse diversité.  Les caprices du temps... 

A l'heure où je dépose mes écrits, nous avons droit à des brins de grêle que les rafales de vent rendent fous.
Ils tourbillonnent sur le balcon... petite grêle après petite pluie.... mais gros flocons.
La nature m'amuse et s'amuse.


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par sonja publié dans : Tranches de vie
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Mardi 22 janvier 2008

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Lorsqu'on est obligé de garder les murs de sa maison. Ou de son palace, comme le mien, on y trouve un peu d'embarras. D'autant plus si on n'a pas l'habitude de rester longtemps chez soi. Des journées sans sortir de son cadre quotidien, voilà qui peut ressembler à de gros nuages gris, prêt à foncer sur un parterre tranquille et coloré.
C'est un sentiment que j'ai ressenti les premiers jours de mon inaction obligée. Mon besoin de m'envoler était tenace, bien qu'occupée à lire ou à écrire. 
On sait qu'on ne doit pas bouger, mais l'esprit lui, voit la chose autrement. Dès qu'il le peut, le voilà galoppant par monts et par vaux. Il file à la campagne, sur les chemins et les routes, sans pouvoir se restreindre. Coquines pensées qui ne pensent qu'à "évasions". Tirer sur les rennes de l'impatience, voilà qui demande bien de la force. Et comme j'aime gambader, je me sentais un peu comme "en cage".
La mer démontée n'est rien à côté de mon besoin de trotter hors ma cité.

Puis peu à peu, les journées m'ont semblées moins longues devant mon besoin d'écrire. Entre mes pauses thés, et mes pauses curiosités, le temps est passé comme il lui a plu.
Mes curiosités ne dépassaient pas ce que je voyais depuis mon balcon. Sans avoir conscience de mon oeil, j'ai observé mes voisins de cité, allant et venant. 
S'arrêtant sur un bout de trottoir pour des discussions intempestives qui me révélaient un morceau de vies qui ne m'appartenaient pas. Mais que voulez-vous, la discrétion on l'oublie très souvent, sur un bout de chemin, entre le Leclerc et sa maison.

Tôt le matin, mes deux habituées du quartier, se faisaient promener par leur petit toutou. Elles en robes de chambres, et eux, en tuniques de grands froids. Couverts sur le dos et le ventre, et complètement à nu aux extrémités. Ces manteaux inventés par des commerçants inquiets pour leurs bourses... pardon, pour les toutous, rendent ces petites bêtes amusantes à regarder.

Le grand père sur son vélo, comme de coutume, muni de son courage, prenait l'air du temps comme si de rien n'était. Je le voyais revenir plus de deux heures après. Sans doute allait-il se réchauffer au café du coin.

La dame qui claxonne même tôt le matin, n'a pas failli à ses habitudes. Elle ne prend jamais la peine de venir jusqu'à l'interphone pour donner un coup de sonnette. Ce devait être fatiguant. Deux coups de semonces de la voiture, et on réveille tout le quartier. Ca met de l'ambiance dès 8h10. 
Elle doit sans doute emmener à un rendez-vous précis, deux fois dans la semaine, ma voisine du quatrième.

Immanquablement, parfois, un retardataire fait signe au chauffeur du bus, pour qu'il ne démarre pas sans lui.
Ce qui m'amuse, car le chauffeur a la complaisance de s'arrêter de nouveau, pour prendre notre coureur de fond. 

L'heure des écoliers, qui se font accompagner par leurs mamans, s'impose. Ils ont bien souvent l'air endormi. Madame Télévision doit y être pour quelque chose. On n'arrête pas le progrès.

Et puis, c'est le calme sous mes fenêtres, à part les rares voitures qui empruntent les rues du quartier.
Le facteur passe après 11 heures, et c'est de nouveau l'effervescence. La sortie de l'école. Le retour des commissions ou du marché. La sortie de certains toutous. Parfois une maman qui s'énerve après son enfant terrible. Ou d'autres discussions animées sous mon balcon.
Le quotidien quoi...

Oh ! je ne suis pas tout le temps à regarder dehors, car je reconnais la plupart du temps, sans les voir, mes très actifs voisins. Qui plus est, mon bureau est tout contre ma baie vitrée qui donne sur la rue.
Et si je m'assois sur mon fauteuil pour lire, je suis juste en face du balcon. Donc, vue sur l'extérieur.
Mais le plus amusant est que je peux voir sans qu'on le sache. Mon balcon est habillé de plexiglass teinté, sous le rebord de pierre qui le prolonge.
Même les oiseaux ne savent pas que je suis là, lorsqu'en été ils viennent se poser sur le rebord du balcon. 
C'est ainsi qu'ils ont la surprise de rencontrer mon regard de très près, si je suis installée sur une chaise basse.

Pour la petite histoire, je ne me suis pas impatienté au delà de trois journées. Bien vite j'ai trouvé amusant de raconter ce qui caractérise la vie de mon voisinage. J'ai pioché bien d'autres droleries, et lorsque j'aurais affiné toutes mes notes, je pense que je vous ferais profiter de mes coups de rires en solitaire...
Ce qui ne veut pas dire que je resterais prisonnière de mon palace, si je n'ai rien à y faire.
Je préfère bouger, tant que je le peux. Car je n'oublie pas pour autant que bien des personnes gardent pour décor leur maison, par obligation.
Leur rage légitime de se trouver dans une telle obligation est compréhensible.
Même si elle ne le manisfeste pas toujours...

Des vacances maisons, qui m'ont permis de voyager differemment....

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par sonja publié dans : Tranches de vie
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Lundi 3 septembre 2007

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Je me suis un peu éloignée du rivage ces  trois derniers jours...
J'ai laché le blog, mais pas l'écriture. Une pause machine, j'en éprouvais vraiment le besoin. J'ai donc fait ma vagabonde, sur d'autres lieux.
Ma journée de vendredi tout d'abord. Je l'ai offerte à mon petit fils. Il a fait sa première rentrée de classe. Sa maman étant au travail pour la journée, j'ai un peu pris sa place. Elle ne l'a accompagné que le matin. Elle était angoissée pour lui. Mais lorsqu'elle a vu qu'il ne lui a même pas dit au revoir, une fois dans la classe, cela l'a rassurée. Juste un peu...
Lorsque je suis retournée le chercher à midi de cette première matinée, il a fallu que je lui explique que sa matresse devait dejeuner elle aussi, pour qu'il consente à quitter sa classe. Il n'a  plus voulu manquer au rendez vous école depuis...
Mon après midi je l'ai passé à aller de rues en rues, puisque ma fille est allée chercher son petit à 16h30.
Je me suis glissée jusqu'au port de Roanne. Très peu de promeneurs de ce côté là. Il faisait doux, j'ai donc prolongé ma balade. Ensuite retour pour m'occuper de mon petit indien puisque sa maman reprenait son travail en soirée. Mon samedi et dimanche je les aussi passé chez elle, pour la même raison.
J'ai joué et fabriqué des choses avec Aurélien, qui était ravis. Il est infatiguable celui ci.
Tout en ayant un oeil sur lui, j'ai lu et rempli plusieurs pages sur mon cahier. Mais toujours pas envie de venir déposer sur mon blog.
Une grosse paresse, "que ça s'appelle." 
Je n'ai eu qu'envie  de flâner. Et lorsque je me suis un peu connectée, c'est pour faire d'autres choses. Pas pour me fixer spécialement sur un sujet. Juste m'évader...
J'ai regardé pas mal de photos également.
Me laisser porter, sans rien faire. C'est une chose que je fais parfois. D'où l'avantage de ne plus avoir des responsabilités familiales. Je dois reconnaitre que c'est un vrai privilège. Dans mon cas, bien sur...
Ma semaine sera un peu embrouillée encore... car je vais continuer  à faire un peu l'escargot.
Mais pas de panique à bord, je reviendrais avec tous mes écrits... les derniers et les anciens.

Je suppose que vous avez vous aussi vos journées cool ?
Plaisir de prendre !  C'est chouette, n'est ce pas ?

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Mercredi 22 août 2007

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Depuis un bon moment, je regarde les nuages s'éloigner. Ils ont creusé de la distance entre eux.
Le soleil s'est jeté derrière nos montagnes, il y a une demi heure environ. Il met de la couleur sur les masses nuageuses gris bleu. Un moutonnage où le rose et l'or se mélangent sur les mouvements supérieurs des nuages.
Le crépuscule ne tardera plus trop longtemps. Les derniers éclats se dirigent vers la sortie. La nuit va s'imposer.

Ce ciel me rappelle un autre, qui lui ressemblait presque.
J'étais aux alentours de la région lyonnaise mon fils à mes côtés. Nous regardions un ciel identique, où quelques nuages jouaient avec les derniers rayons. Une pause qui nous a permis d'assister à un coucher de soleil où les éclats du rubis avaient embrasé le couchant. L'horizon devenant orange fluorescent, quelques minutes plus tard.
Des minutes silencieuses, car nous n'avions pas de commentaires à fournir sur la beauté de l'instant. Le spectacle était beaucoup trop grandiose pour y mettre des mots. Et puis quels mots ? On peut rester sans voix devant certaines manifstations naturelles.
Nous avons vite quitté les lieux après le coucher de l'astre du jour. Avec nos vélos à nos côtés, le temps de sortir de ce chemin caillouteux.

Au fait, que faisions nous dans ce coin perdu de la nature ? Loin de toute habitation ?

Que je vous raconte !
L'aventure a démarrée le jour où j'ai eu l'idée lumineuse (c'est moi qui le dit), d'essayer un parcours vélo.
Mon fils devait avoir 17 ou 18 ans, je crois. Il sortait de l'une de ses hospitalisations, après quelques mois difficiles.
Il avait besoin d'un dépaysement total. C'est ainsi qu'a germé dans ma tête une évasion vélo. Loin d'un environnement qui ne lui était pas favorable.
Je lui ai soumis mon idée folle. Ce qui l'a enchanté. C'est lui qui a marqué tout l'itinéraire sur la carte, par des chemins détournés, bien sur.
L'autoroute en vélo, ce n'et pas très indiqué avec les embouteillages de juillet et août.
De Roanne à Pierrelatte, environ 400 km par les chemins choisis.
Il s'est entrainé pendant quelques jours avant notre départ, autour de Roanne.
Moi aussi. Dans ma cuisine devant le fourneau. Et dans l'appartement aux tâches ménagères.
On m'avait prédit l'essoufflement total. Et l'abandon de mon tour de France. Cela faisait un peu sourire ma fille, d'une année l'ainée de son frère.
A part nous trois et une amie, personne ne connaissait ce projet un peu fou. Même le reste de ma troupe était tenu hors mon aventureuse escapade. Je voulais d'abord savoir si c'était du domaine du possible.
Les vélos à la révision et de quoi pallier aux crevaisons. Mon fils étant le spécialiste du démonte pneu. Je comptais sur lui.

Le jour "J" arrive !
Le jour ne s'est pas encole levé, lorsque nous chargeons les sacoches de mon vélo. Et que nous attachons un sac sur le porte bagage. Mon fils avait un vélo course. Moi les gros pneus. Il a rempli son sac à dos de ses vêtements, ainsi que de tout son matériel pour diabétique. Sous l'oeil un peu amusé de ma fille ne croyant pas possible un tel voyage, tant mon culot la laissait un peu perplexe.
Pas de tente pour camper. Je n'en avais pas quoiqu'il en soit. L'urgence était de mettre autre chose dans la tête de mon fils. Le côté matériel a si peu d'importance lorsqu'il s'agit d'atteindre un objectif.
C'était vraiment l'aventure.

Le soleil est là depuis peu que nous nous mettons en route. Le dernier regard sur Roanne sera sur celui de ma fille laissée sur un bout de trottoir. Je sens qu'elle se pose des questions.
Nous sommes déjà dans la grande campagne une demi heure plus tard. 
Nous rencontrons des champs de blé et de maïs. Parfois, nous nous raffraichissons sous les grands jets d'eau.
Nous prenons le temps d'observer la nature.
Les forêts, les rivières qui courent, les villages que nous traversons. Nous nous gavons de paysages magnifiques. La France a de la magie dans son coeur vibrant. Elle nous offre les particularités de détails insolites. De coins extraordinnaires. De couleurs et de parfums qui nous emportent.
Nous faisons souvent des haltes pour capter un décor ou une buse prenant son envol à une courte distance de nous. Le vélo a ceci de bon que nous pouvons presque être silencieux.
Nous avons rencontré quelques petits mammifères. Des oiseaux venus d'ailleurs. De petits rapaces...
Des lapins ont bondi devant nous, tant ils furent surpris.
Si nos yeux avaient du tout filmer, je crois bien que nous aurions pu fabriquer un reportage.
Que d'heures inoubliables...
Le premier jour nous n'avons parcouru que 60 kilomètres. Ce qui était largement suffisant pour la débutante que j'étais. Je ne voulais pas épuiser mon guide. C'était lui après tout, qui savait lire la carte et qui était en tête du peloton.
Première  soirée dans un très joli village. Souper dans l'un des deux restaurants des lieux. Le choix fut judicieux. N'ayant pas de tente, il fallait bien que nous dormions quelque part. J'ai osé demandé au restaurateur s'il n'avait pas une tente. Il est allé retrouver son épouse, puis est revenu avec un toit en toile, et des duvets.
Quel endroit pour les piquets ?
La ferme d'accueil proche. Elle possédait un petit bois aménagé pour les voyageurs de passages.
Nous avons un peu prolongé notre soirée puisque la question du logis était assuré. La place du village était très passagère. Il y avait également ceux qui logeaient dans un gite proche.
La douceur de la nuit s'installa peu à peu. C'est sur cette place que nous avons eu la joie d'observer deux colibris allant de fleurs en fleurs. De petites merveilles en arrêt sur vol. C'était fabuleux. Nous n'avons jamais compris pourquoi ils étaient là.
Nous voilà dans notre mini tente.
A quelques mètres, un groupe de jeunes gens se sont installés. Discussions. Rires. Musique et chansonnette.
Les bois craquent autour de nous. La fraicheur gagne les lieux. Mais au bout d'un moment, nous n'entendons plus rien. Le sommeil nous a surpris.
Nous sommes réveillés à l'aube, par les scandaleuses oies et le poulailler. Les vaches se manifestaient également. Le maitre des lieux se levait sans doute pour s'occuper de ses bêtes.
Le coq n'est pas resté muet. Au dessus de nos têtes, les gazouillis allaient bon train...
Que c'est bon de se réveiller dans la nature.
Nous nous rendons au point lavabos pour une toilette sommaire.
Nous plions bagages et allons déposer la tente devant la porte du restaurant, comme convenu. A 6 heures du matin, on n'allait tout de même pas ouvrir la porte pour nous.

Le voyage se poursuit. Avec toujours autant de plaisir. Cette soif de parcourir autant de kilomètres où la nature vient nous souhaiter la bienvenue.
Lever de soleil pour petit dejeuner. Coucher de soleil pour soirée reposante.
La seconde nuit nous sommes dans un village que nous avons réussi à trouver après quelques détours. Nous nous sommes un peu perdu dans la nature.
C'est dans ces alentours que nous avons pu assister à ce fameux coucher de soleil qui nous laissa sans voix.
La nuit est déjà là, lorsque nous débarquons dans cette ville. Les magasins sont fermés. Nous cherchons un bon moment le camping proche. Les rares personnes que nous rencontrons n'ont pas pu nous renseigner.
C'est sur la place du village que nous sommes restés. Très tard d'ailleurs. Nous étions fatigués. Mon fils s'endormait sur un banc public. J'attendais le moment favorable pour parler de la solution à laquelle j'avais pensé. J'avais repéré une petite cité de quelques immeubles. Il fallait que les habitants dorment avant de nous y rendre. L'idée un peu folle ? Nous installer dans une cave. Ce qu'on a fait.  La nuit fut courte puisque je voulais lever le camp avant que l'un des habitants ne se réveille et ne nous trouvent chez eux...
Départ !
C'est en continuant notre route que nous sommes passé devant le camping. Ce qui nous fit rire, car il se trouvait à deux kilomètres du village.

Troisième jour et Valence devant nous. L'une de mes filles ainées habite dans cette ville.
C'est donc chez elle que nous allons toquer à sa porte. Elle et sa petite famille nous invitent à y demeurer pour la nuit. Leur étonnement fut grand, évidemment.
Le lendemain, dernière étape. Pierrelatte se trouve à 110 kilomètres, par des chemins détournés.  Nous les faisons dans la journée. Avec une halte pour le repas du midi.
Après un bout de la région Loire, un morceau de l'Ardèche, puis de la Drôme, et de nouveau une tranche de l'Ardèche, pour éviter au maximum les grandes routes...
La Drôme et ses paysages fleuris. Le parfum de la lavande et des herbes de provence. Ses vergers qui s'offrent en pêches ou en prunes. Ainsi que tous les fruits de la saison. Les champs de tournesol à perte de vue.
La route des vins qui s'échappent à l'horizon courant de vignobles en vignobles, dans les vallées et les côteaux.
Sous un soleil chaud. Généreux. Le chant des cigales qui nous ont accompagnés. Le miaulement de la buse qui nous surprenait. Les trilles et les gazouillis... du sourire plein la tête !

Nous avons rencontré quelques cols. Je n'en ai monté qu'un seul. Les autres  à moitié. Le reste  à pieds.
Mon fils les a tous fait. C'est lui qui m'a piqué le maillot jaune.
Par contre, j'ai détesté les descentes. Une vraie peur. Les freins ont soufferts. J'y étais crispées dessus, tout le temps. Mon fils lui les descendaient à une vitesse incroyable. Ce qui ne me rassurait pas du tout.  Lui il aimait, ça se voyait.
Il attendait patiemment l'escargot resté tout en haut.
Parfois il s'est improvisé raleur. Une roue crevée... la pluie que nous avons rencontré au retour... des petites choses qui n'allaient pas comme il voulait... la fatigue... ses petits malaises diabétiques.
Je souriais interieurement de tous ces petits soucis. Plus d'une fois ses colères m'ont fait rire.
Je l'ai aidé à relativiser.

Arrivée à Pierrelatte le quatième jour. Mon gendre et ma fille nous ont accueillis avec un bel étonnement.
Chez eux nous sommes restés au moins deux semaines, il me semble.
Sur place nous avons fait quelques belles balades dans cette partie de la région Drôme Provençale.
Soirées sympathiques chez eux.

Pour le retour nous avons changé d'itinéraire. D'autres lieux encore à découvrir. Des spectacles merveilleux.
Une buse au milieu du chemin qui a du mal à décoler, tant nous l'avons surprise.
Un renard qui s'échappe au loin.
Cette fois ci nous possédons une tente que mon gendre nous prête. C'est ainsi que le campîng devient plus facile d'accès.
Je me souviens du premier où nous sommes restés deux journées. Il y avait une piscine. Mon fils s'est adonné aux plaisirs de la nage et du bronzage.
De mon côté, j'étais souvent sur mon carnet de bord pour y raconter nos sorties et notre voyage.
A l'une de mes amies roannaise j'envoyais chaque jour un courrier pour détailler notre parcours. Mes ressentis. Les beautés environnantes.

Avec mon fils nous parlions très peu. 
Ce n'était pas le but. Je l'ai laissé s'exprimer lorsqu'il en éprouvait le désir. Ce voyage était pour lui.
Je n'étais que l'observatrice-accompagnatrice.
Moi aussi j'avais besoin de m'échapper dans ma tête...
Quatre journées délicieuses à l'aller.
Quatre journées qui l'étaient tout autant au retour.
Ce n'était même pas un exploit.  Mais un plaisir immense.

J'aurais bien répêté ma petite aventure, mais les préoccupations de la vie, sont de nouveau revenues envahir d'autres tranches de ma vie...

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Vendredi 17 août 2007

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Les oiseaux ont toujours eu un certain ascendant sur moi. Du plus loin que je me souvienne, je les ai regardé avec un oeil plein d'admiration. Je peux à juste titre les appeler le dessert de la nature. C'est ainsi que mentalement je les compare à un gouteux gateau. 

Les observer dans leurs envols. Dans leurs jeux au sol ou dans le ciel. Tout comme les fleurs, ils sont habillés comme des seigneurs. Ils ont l'élégance des parures les plus distinguées. Ils ne manquent pas de charme.
Ni d'humour. Leurs petits yeux éclatent comme les bulles de champagne. Un pétillant aérien, et plein de coquineries. Gracieuses petites bêtes et si oportunistes parfois.
Lorsqu'on est enfant, on leur coure après. Un sentiment de puissance et de liberté. Ils sont proches. Si beaux. Et on veut les cueillir comme on peut le faire pour une fleur. Pour le plaisir de tenir une oeuvre magnifique. Un jouet incomparable...

Mais avec l'adulte, vient s'installer ce besoin tranquile d'observer l'animal au ramage coloré. Mais il n'attire pas à cause de sa robe seulement. Il y a une telle pointe d'intelligence qui se mêle à ce regard qui fixe, qu'on peut penser qu'il y a une possibilité de devenir des amis. De son côté il doit sans doute penser la même chose, car il se laisse approcher. Dresser. Engager dans des rapports particuliers.
Les moineaux sont les plus oseurs d'entre tous. 
Mais la mésange est si curieuse qu'elle se laisse presque toucher. La siffler, en imitant ses trilles, et vous la verrez s'approcher, de branches en branches. Puis elle vous détaillera. Il vous faudra quelques journées, mais elle se laissera apprivoiser.
Le rouge gorge et le rouge queue s'approchent le plus possible de vos pieds, en dehors du moineau, qui n'essait même pas de fuir lui, lorsque vous approchez votre main de lui. Mais attention, il est très intéressé. Quelques graines ou un reste de repas, il ne refuse pas.
La bergeronette grise s'approche en sautillant, mais vous évalue de loin.
Tant d'oiseaux pour rendre votre coeur joyeux...

Lorsque j'étais à Nouméa, les oiseaux étaient partout. Le bengali etant le plus delicat. Si petit. Naïf aussi.
J'ai vu bien des cages-piéges qui les prenaient à l'intérieur de leurs horribles barreaux. Ce mignon et minuscule oiseau, était un commerce habituel, sur le caillou.
Même le père de mes enfants a commencé à se prendre d'amour, au nom du profit,  pour cet oiseau magique.
J'ai horreur de voir un oiseau en cage. Ce que je lui disais. Mais puisqu'il ne voulait pas entendre raison, j'ai contourné l'obstacle. Ils rentraient dans leur prison, et dès que "monsieur" partait travailler, je vidais les deux cages. La première fois ce furent les grands cris ... mais il s'est si vite habitué à mon geste quotidien, si bien qu'il a du renoncer à son commerce peu honorable.
Petit bengali s'envole....
Vole l'oiseau très haut. En liberté...

A Valence, des amis ont eu un jour, la bonne idée d'offrir à mon fils David, après l'un de ses retours de l'hopital, une perruche. Un beau vert comme parure. Et une cage... bien sur ! Mais quelle drôle d'idée !
C'était gentil. Un geste plein de tendresse.
Mais comment faire quand on n'aime pas encager un oiseau ? D'autant plus lorsqu'il arrive d'un pays si éloigné de chez nous, que sur les 10 petits poids plumes, il n'y en a que 3 qui arriveront au but ? C'est à dire, qui resteront vivants...
En plus, ma fille, ainée d'une seule année par rapport à son frère, s'était sentie un peu frustrée. Je l'avais deviné dans son regard. On est donc allé chez un oiseleur pour prendre un compagnon. Bleu cette fois-ci.
Me voilà avec deux oiseaux que je n'aimerais pas voir enfermés.
On a réfléchit ensemble, et on a commencé à mettre en place tout un scénario. Chaque jour, à petites doses, j'ouvrais la cage. Ces petites choses aimaient mettre leur bec au delà de la porte. Ils regardaient, nous regardaient, puis osaient.... pas du premier coup. On leur parlait. On se servait de nos doigts pour leur dire ce qu'il fallait faire ou ne pas faire. Le soir, je les faisais entrer dans leur maison. Je ne voulais pas voir s'éparpiller ces deux voyageurs trop bien habitués à être libres.
Au debut ce n'était pas évident. Il fallait les suivre avec un linge humide pour nettoyer après leur passage. Je les grondais en les menaçant du doigt. Ils ne devaient pas aimer car assez vite, ils sont allés dans leur cage pour ne pas salir le salon, où ils étaient. Quelquefois, ils ne sortaient pas tout de suite de leur cage.
Mais dès qu'ils me voyaient ils demaraient  leur chant particulier, qui prend la tête parfois.
Lorsque je m'asseyais sur le fauteuil pour une pose, la femelle notamment, venait se poser sur le haut du dossier du fauteuil. Cette coquine s'amusait à pincer l'un de mes cheveux entre son bec, et elle tirait... au debut c'était rigolo, mais ensuite je la chassais avec le doigt. On peut dire que ces deux là m'obeissaient au doigt et à l'oeil. Impressionnant.
Mais ce n'est pas tout. Sur l'une des fenêtres on avait fabriqué une petite balançoire qui pouvait bouger, mais à hauteur aussi, de l'extérieur. Nous habitions un rez de chaussée, donc, mes oiseaux  avaient vu sur la rue, et sur le trottoir. Mais de l'extérieur, on voyait  mes accrobates. Car ces deux canailles s'amusaient à faire des jeux sur leur balançoire. Les passants ont peu à peu vu qu'il y avait deux oiseaux colorés faisant leur vie. Car en été, je leur mettais leur piscine. Je ne vous dit pas ce qu'elles faisaient ces deux là... 
Du monde s'arrêtait pour prendre un peu de bonne humeur, sous mes fenêtres. C'était un peu la curiosité du quartier.
Ce que j'ai oublié de vous dire, c'est que lorsque je faisais mes vitres, ou que j'avais decidé de laisser les fenêtres ouvertes, notamment les matins pour faire mon menage, il n'y avait pas de problème. Au debut mes perruches sont un peu parties, mais pour vite revenir. Elles ne se sont jamais échappées, alors qu'elles auraient pu. De toute façon, je ne les aurais pas retenu...
Lorsque nous étions à table, la femelle toujours, depuis la hauteur du buffet, venait faire du rasemotte au dessus de la marmite. Elle était d'une telle curiosité... Que de fois ai-je eu peur qu'elle ne finisse dans la sauce chaude.
Le mâle la regardait faire de loin. Il ne se lançait que si ça marchait pour elle. 
Nous avions un lampadaire à branches, ils s'y accrochaient, et nous regardaient la tête en bas. Parfois, ils lachaient une patte. Ce qui nous faisait beaucoup rire. On aurait dit qu'ils comprenaient car ils nous le faisaient souvent ce numéro.
Si je me mettais sur un coin de table pour écrire ou lire, la femelle venait prêt de moi et tournait la page du livre. C'est du moins l'impression qu'on avait . Certains de mes livres, lorsque je les oubliais dans la pièce, elle faisait des confetis avec les bords.
Mais de tous ses mauvais genres, cette demoiselle avait une habitude d'hôte qui tenait d'une mauvaise education.
Un ami de mon fils venait parfois à la maison, pour passer un peu de temps avec lui, ou pour qu'ils sortent ensemble. Cette folle de perruche, dès qu'elle entendait sa voix, elle partait comme une flèche, et lui fonçait dessus. Âvant même qu'il n'entre à la maison, elle allait lui signifier qu'elle n'était pas ravis par sa visite. Un vrai phénomène. Si l'ami restait dans le salon, il fallait enfermer l'oiseau entreprenant... car elle recommençait ses piquets sur lui.
Le spectacle garanti !
Mes oiseaux en liberté, et moi, l'humeur au rythme de mes deux galopins.
Les enfants en étaient fous.
Mais un jour, le mâle est mort, et la femelle s'est laissé déperir. Le jour où elle aussi sentit sa dernière heure arrivée, elle est venue se poser sur l'une de mes épaules. C'est là qu'elle s'est éteinte.
Et comme entre temps il a fallu acheter un autre mâle à mon fils qui avait été choqué par la mort de son petit oiseau, me voilà donc avec un mâle et sans femelle. Mon gamin a voulu enterrer son compagnon, dans un coin du parc du quartier. 
Il a fallu de nouveau apprendre à nos nouveaux amis, les limites de leur vie d'oiseau dans un appartement.
Ce fut chose faite... Mais le mâle n'a pas duré longtemps. Et la seconde femelle, elle s'était si bien habituée à nous et au faitque nous soyons des géants, amis des oiseaux, un jour ma fille a posé un pied sur elle.  Sans s'en rendre compte.
Ces perruches circulaient dans le salon au pas, sans s'inquieter. 
Je ne vous explique pas la suite....

Plus d'oiseaux après. Mais que de moments inoubliables avec "coco" et "pupuce"...
Les animaux peuvent être des compagnons extraordinnaires. Pourvu qu'on leur laisse la place qui leur revient.
Un oiseau oui, mais à condition qu'il ait sa portion de liberté...
Mes amis se souviennent encore de nos deux curieux compagnons... on en parle parfois lorsque je les rencontre à Valence. On en rit, car c'était vraiment de drôles d'oiseaux...

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Des souvenirs délicieux.

Le premier oiseau la tête en bas, sur la photo, c'est un perroquet.

par sonja publié dans : Tranches de vie
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Dimanche 12 août 2007
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Lorsque je m'attarde sur des photos d'enfants, j'ai toujours des étincelles de souvenirs qui viennent s'imposer.
Cette silhouette je la trouve magnifique. Elle révèle le côté secret qu'il y a en chaque enfant. Elle est aussi l'image de pensées qui s'évadent. Une préoccupation. Un soucis. Des questions... les enfants aussi eprouvent ou rencontrent de telles passages. Les raisons sont nombreuses. 
En chacun de nous, il y a de cette part d'enfance qui nous a portée sur les chemins de nombreuses interrogations.
Alors, forcément, parfois nous faisons des retours en arrière. Sur nos propres enfants.
L'enfance troublée par certains problèmes familiaux...  Il n'en faut pas plus pour qu'une  perturbation mentale s'installe. Elle peut être durable, ou bien oubliée.

Lorsqu'on a une famille nombreuse, il faut de l'énergie à revendre. Il faut aussi paraitre, dans certaines circonstances, pour ne pas toujours montrer ses sentiments. N'est ce pas aux adultes de protéger l'enfance ?
Ce qui n'est pas toujours facile, evidemment. Mais on peut faire ce qu'on peut. Avec ce qu'on a...

L'un de mes garçons, dès sa petite enfance, a eu un diabéte déclaré. Il n'avait pas encore ses quatre ans. Voilà qui a changé le paysage de notre quotidien familial. Il a fallu que j'aprenne à faire l'infirmière.  Ce qui voulait dire, il y a maintenant 25 ans, lui faire ses injections d'insulines. Trois à l'époque. Et par jour. Prendre en charge ses examens sanguins. Veiller à une nourriture équilibrée. Pas toujours évident lorsqu'on a de petits moyens.
Des séjours à l'hopital assez réguliers pour des bilans de santé. Mais des hospitalisation aussi lors de comas. 
Au moins quatre déshydrations. Des pertes de connaissances hypo, auxquelles il fallait faire face. Parfois une baisse de sucre la nuit, lorsqu'il dormait. Ce qui voulait dire qu'aux environs des quatre heures du matin, je devais être en train de veiller à côté de son lit, au cas où cela se produirait. Car ce n'était pas quotidien, heureusement.
Une attention de tous les instants, pendant les premières années de sa vie.

J'ai rencontré l'incomprehension de certains medecins. De certains  enseignants. De personnes de notre entourage. La fuite de son père dès qu'il était en pleine convulsions diabétique...
J'ai essayé de mener ce problème du mieux que j'ai pu. En ayant parfois les reproches de mes autres enfants, aussi. J'ai consacré 50 % de mon temps à un seul de mes enfants. Et les  50 % restant, aux quatre autres. Normal qu'ils ne comprennent pas toujours qu'étant seule devant mon problème, il a fallu que je place mes priorités...

Des années plus tard... il rencontre la drogue à 16 ans. Celle qu'on appelle la douce. Mais pour ceux qui s'y adonnent et au parent qui s'en occupe, la douceur n'est que dans le mot.
Sept années à user de tous mes arguments. De fermeté parfois.
Sous l'effet de son poison, il était méconnaissable. Je l'ai cherché dans les endroits les plus insolites. Auprès de personnes qui n'avaient rien de charmantes. Lorsqu'il m'a demandé de l'aide, j'ai deménagé pour le rejoindre dans la ville où il s'était installé. J'ai tout laissé pour lui. Sans regret. J'ai même menacé certains dylers pour qu'on l'oublie. La derniière hospitalisation a duré trois semaines. Je l'ai vu se tordre de douleur sur son lit d'hopital. D'hurler sa douleur. J'ai passé mes nuits à ses côtés parce qu'il voulait parler. Je ne rentrais dejeuner que si on me remplaçait auprès de lui. Le temps que je rentre faire ma toilette. 
J'ai eu des amis extraordinnaires qui ont fait cela. Ils étaient à ses côtés lorsque je le quittais.
La souffrance de ce fils est à jamais profondemment incrustée sur mon coeur. 
C'est pourtant sur ces semaines et ces mois terribles, que certains de mes enfants se sont éparpillés dans la nature.
Ils n'ont pas tenus compte du contexte dans lequel j'étais engagée.
Ils ont creusé un fossé sur des malentendus. Ils m'ont reproché de ne plus m'occuper d'eux. Pourtant je n'avais plus à faire à des touts petits. Ils étaient mariés... pour certains.

Mais la vie est là, qui reprend le dessus. Il faut continuer.
Ma fille de Pierrelatte et son mari ont été les présents de tous les instants.
J'ai refoulé mes colères et mes larmes, parce que je ne voulais pas decourager mes enfants.
Donner à ses enfants ne se fait pas sans douleurs. Certains comprennent, d'autres ne comprendront peut être jamais.
J'ai su si bien cacher mes sentiments, que l'autre moitié de mes enfants n'a pas compris...
Tant pis... j'avance.
Je n'ai pas perdu mon amour pour les belles choses. Ni pour mon envie de devorer tout ce que la vie me donne.
Même si ce ne sont que de petites tranches.
Je prends du plaisir à tout. Je croque la vie, les choses, mes amies, mes rencontres d'un jour lorsqu'on vient me confier des morceaux de personnalité. Je croque aussi le temps... je le prends comme il vient. Je ne me pose plus de questions sur la réaction des gens. J'en prends certains et j'en laisse d'autres... moi d'abord maintenant.
Les états d'âmes de mes enfants, c'est aussi leur problème. 
Ils devront faire comme moi, assumer tous ce qu'ils ont construit. Le bon, comme le mauvais.
Et je respecte leurs choix...

Mon fils a souffert jusqu'à l'âge de 23 ou 24 ans, mais aujourd'hui il est serein. Tranquile dans sa tête. Loin de la violence d'un certain milieu. Et je suis heureuse de savoir qu'il a eu la volonté de vouloir s'en sortir.
Nous nous voyons très rarement, puisque lui aussi a sa vie. Mais notre aventure à deux, il ne pourra jamais l'oublier... je le sais !

par sonja publié dans : Tranches de vie
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Vendredi 10 août 2007

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Assemblée générale, ou club de rencontre ? Voilà un parc assez accueillant, pour laisser le promeneur s'installer sur sa pelouse fraichement tondue. Il ne faut surtout pas se gêner. Lorsqu'un tel endroit vous tend les bras, il faut y aller. Chaises de camping et pique nique sont necessaires.
Un joli parc ombragé. Des arbres au feuillage goût printemps. Les verts se mélangeant aux verts.
Un ruisseau prêt d'un tapis au confort, testé régulièrement...


Cette jolie scène,  si amusante, me rappelle le parc Jouvet de Valence. Lorsque j'habitais cette ville, les loisirs et les balades de mon équipe, c'était moi qui les organisais. Dans le programme, il y avait parfois ce parc magnifique qui faisait les délices des enfants. Des parterres fleuries, de grands arbres pour parasol, et surtout des magnolias. Ces grosses fleurs crèmes, blanches où parfois se mélangeait un rose tendre, sont le decor le plus parfumé du parc Jouvet.
J'emportais pour l'occasion un pique nique important, pour que mes cinq puissent avoir l'estomac calé pour la journée. Je me souviens de ces sorties qui me prenaient du temps, pour préparer le panier.
Parfois il y avait un poulet roti que je préparais la veille. Salade et fruits s'imposaient. Pour le goûter, un gateau que je fabriquais. C'était des journées qu'ils attendaient avec un réel plaisir.
Lorsquon n'a pas de voiture, il faut bien pique niquer quelque part nous, les citadins. 
Pour deux kilomètres de marche, la récompense. Le tour de petit train. Il faisait un parcours assez important, aux  yeux de jeunes enfants.
Les parties de cache-cache s'organisaient. Les courses et d'autres jeux imaginés aussi. Ils avaient le droit d'investir le parc. Ils ne se faisaient pas prier pour cela. La première fois que je les ai emmené au parc Jouvet, le jeu des bousculades autour du ruisseau au canard, a permis un joli plongeon à l'un de mes garçons. Et ce n'était pas l'été.
Il a laissé une chaussure dans la boue, au fond de l'eau. Mouillé sa culotte. Mouillé le dos. Mouillé sa fierté et vexé partout.
Son petit orgueil de mâle en avait pris un coup. Forcément, toute la colonie est partie à rire. Moi comprise. L'image était trop drole. Il a fallu rentrer, bien sur.
L'heure du repas etait une joyeuse envolée qui réunissait des joues rouges d'avoir trop courues. Quels affamés !
Dans ce parc il y a egalement une aire de jeux avec tobogans et balançoires. Mais aussi un manège.  
A l'ombre des grands arbres les mamans se réunissaient autour des bancs offerts au public.
Le sable pour les touts petits. Les discussions pour les mamans, et les mamies.
Tout en gardant un oeil sur ma tribu, je m'amusais à suivre d'autres jeux. Ceux des grandes personnes.

Les enfants ont toujours eu leur dose de loisirs, de detentes, de sorties. Il vallait mieux les avoir dehors que dedans, mes oiseaux fureteurs. Les chamailles etaient oubliées lorsqu'il y avait de la balade dans l'air. Tous les parcs de Valence nous avons investi. Tout les coins verts nous les connaissons aussi. Il fallait bien occuper ma petite équipe. Rares étaient le samedi ou le dimanche où nous ne sortions pas.

Il m'est même arrivé une année, alors que mes jumelles étaient déjà adolescentes, de faire un long trajet en vélo avec deux de mes enfants. Trois de mes enfants se trouvaient déjà dans un appartement prêté par des amis, dans un village de l'Ardèche. 
L'une de mes jumelles etant en stage dans un salon de coiffure, il a fallu attendre ses vacances, pour qu'on puisse rejoindre le reste de la famille. Mes amis veillaient sur les trois autres.
Un soir donc, après la fermeture du salon de coiffure, avec ma fille ainée et mon dernier, nous avons pris les deux vélos, et direction Joyeuses, un village coquet, de l'Ardèche. Mon fils derrièe moi, sur un siège vélo puisqu'il ne devait pas avoir plus de trois ans. Notre étape de nuit fut faite à Privas. Dur, dur, la côte des Pins. Je ne l'ai pas toute faite sur le vélo, bien sur. Le lendemain, dès 5h heures du matin, en marche pour l'aventure avec ma fille de 16 ans et mon petiot pas plus haut que trois pommes. Les côtes à pieds, et le reste à vélo... ou en voiture.
Oui, parce que à un moment donné, trouvant les montées trops longues, l'idée de faire du stop m'a de nouveau effleurée. Pas question de se séparer bien sur... comment faire, avec en plus, deux vélos ?
Qu'à cela ne tienne, on va faire dans le grand. Du stop caravane. Et ça marche. Avec les etrangers.
Ce furent des Holandais qui s'arrêtèrent. Ce brave couple embarqua donc nos vélos, et nous.
Ils parlaient  à peine quelques mots de français, et moi pas du tout l'anglais. Ils nous lachèrent aux abords de la ville où ils devaient s'arrêter. C'est ainsi que le trajet qui nous restait à parcourir était assez important.
Et puis après Joyeuses, il y avait encore une quinzaine de kilomètres à monter. Mais cette fois-ci, à monter seulement. Un brin de dejeuner à Joyeuses, avant de se decider à aller tout là haut, dans notre petit village d'une trentaine d'habitants.
Courage, c'est le dernier virage avant la grande pause.

Chemin faisant, la fatigue gagnant tout le monde, malgré la beauté des paysages, me revoilà m'essayant au "pouce". Là non plus, pas question de se séparer. 
La première voiture qui s'arrête alors qu'on ne lui demande rien, veut bien sur embarquer ma fille et son vélo.
Pas folle la guêpe ! 
Attente un peu longue, mais la voiture suivante, c'est celle qui nous emmenera jusqu'au bout du voyage. La "deux chevaux" s'arrête, place nos vélo à l'arrière, et nous avec. Ce monsieur était avec son fils, si j'ai bonne mémoire. 
Et ils étaient ... Hollandais ! D'ailleurs, dans l'Ardèche ce sont surtout des Hollandais et des Allemands qui ont élus domicile pour les périodes estivales. Certains même ont acheté des maisons.
Personne ne nous attendait à l'arrivée. Ils ont été assez surpris par notre culot.
Deux semaines à flâner dans le village, où mes enfants s'étaient fait des amis. Il y avait un camping proche. Avec les quelques enfants du village, ils s'étaient organisés des virées du côté du camping. Une attirance pour les activités du camping ?
J'ai aussi passé des soirées à regarder les etoiles et à partager de l'amitié.
Une detente bien méritée.

Avec les enfants, j'ai connu d'autres escapades... que je vous raconterais.
Lorsqu'on est seule pour tout porter, il faut bien s'organiser....
Mais que de souvenirs extraordinnaires. Je pense qu'eux non plus n'ont pas tout oublié...
Je crois bien que j'aurais pu animer une colonie de vacances, avec la panoplie d'idées qu'il a fallu developper...
Deux semaines dans un joli village de l'Ardèche, c'est assez délicieux.
Pour le retour, le couple d'amis par qui nous étions logés, nous ont conduit jusqu'à la ville la plus grande de ce coin de l'Ardèche. Puis le bus jusqu'à Valence. Deux vélo pour six, ce n'était vraiment pas faisable. Sacs et vélos, dans le coffre du bus pour finir les vacances scolaires à la maison.
Voilà d'autres  petites gâteries, assez ponctuelles, que j'ai offert à mes cinq enfants. Je ne leur ai pas donné l'occasion de s'ennuyer. Même lorsqu'ils restaient à la maison.
Ma petite contribution à l'éducation de cinq enfants. De cinq temperaments differents. 

Tantot cocktail... Tantot salade de fruits...

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Le kiosque Peynet de Valence, et Crussol juste en face. Cette montagne que vous apercevez au premier plan.
Prenez un siège, et reposez vous !

par sonja publié dans : Tranches de vie
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