Mon rêve

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  • : Ecrire est mon sport favori. J'aime observer. Voyager dans le monde de l'imaginaire. Je suis une flaneuse. Je marche souvent, et parfois mon vélo me porte au dehors de la ville. J'aime lire. Faire des recherches. Echanger de l'amitié ou de la culture. Je
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Vendredi 4 juillet 2008

Le jour se lève à peine.
Sous le léger battement des feuilles, la forêt accepte la nouvelle journée. Les rayons s'infiltrent à travers les hauts arbres. Le chemin se laisse balayer par une poussière lumineuse, emportant avec lui mes pas feutrés par la verte pelouse. Les feuilles, miroirs opaques, scintillent sous les mouvements changeants.
Petits éventails qui claquent, le feuillage se froisse doucement. Le parfum de la terre humide atteint la prairie proche. Il emplit de ses humeurs le village encore endormi.
Les chemins sont déserts et voilés de leurs rideaux brumeux.
Emporte mon coeur, dans un éloignement de pensées joyeuses. La nature toque à ma porte matinale, pour me bercer dans le délicat paysage.
Tapit à l'ombre de l'herbe haute, un chat semble somnoler. L'oeil se trompe. Il se fond dans le cadre proche, pour tendre vers les murmures et les pas. Seules ses oreilles se dresent comme des tours, pour mieux appeler le bruit le plus léger. Pour le premier bond du jour il se prépare. Les oiseaux le mettent au défi. Leurs allées et venues au dessus de lui, taquinent son immobile patience. Le félin joue l'indifférence.
Depuis la ferme proche de réguliers meuglements et aboiements s'élancent à l'assaut de l'espace environnant. Le coq insiste. Il ne laisse aucun répi aux fragiles oreilles. Il justifie sa présence auprès de sa basse-cour. Maître coq appelle l'activité.
Dans sa forêt, le pic épeiche fait résonner un tronc, occupé d'une vie invisible. Galeries grouillantes de rampants en mouvements. Je le cherche des yeux...
Le sifflet cristallin de certains passereaux se mélange à celui des chanteurs. Modulations et notes pures, s'écoutent dans le plaisir de la fraicheur du sous-bois. Je me laisse porter, au gré des joyeuses mélodies.
La biche solitaire s'éloigne doucement. Elle m'a surprise dans ma contemplation. Ses sabots délicats, l'emporte sur le velours des feuilles éparses. Elle ira plus loin, pour se perdre dans un carré verdoyant. Loin de mon regard qui la gêne. Elle ne cesse de faire des arrêts, pour les bruits surprendre. Elle est sur ses gardes.
Comme elle a raison. La prudence est de mise. Son prédateur étant en liberté, elle reste à distance.
Les rongeurs laissent leurs tanières pour à leur tour prélever leur nourriture.
Dans sa rousse pelisse, le renard se lance à l'assaut des ombres et des reflets. Flamme en fourrure, elle aussi se retourne souvent. Prudent animal sorti pour son premier repas matinal.
Le monde des insectes et des rempants commencent à leur tour, à rythmer leur nouvelle journée. La forêt n'est jamais silencieuse. Elle s'arrête souvent, le temps de l'écoute, puis tout repart, brusquement.  A la manière de vagues montantes et descendantes. Cela me fait sourire.
Les bruits s'imposent de plus en plus, au fur et à mesure que le soleil monte. Ils sont plus net. La nature dit son bonheur pour cette nouvelle fête des couleurs et des sons. Chaque matin elle se prépare et se maquille pour faire sa belle.
Ces heures folles seront une véritable dégustation pour la faune, composant avec son environnement. De quoi avoir envie de prendre sa place, juste une journée.
Les animaux ne font pas de mal à la nature. Ils sont même les habitants les plus respectueux. Ils n'ont pas besoin de "Grenelles" pour savoir ce qu'il y a lieu de faire pour leur habitat. Ils sont même les compositeurs les plus adorables. La trame de la beauté et de la délicatesse. Ils s'improvisent nettoyeurs. Ou bien ils recyclent. Ils embellissent leur lieu d'habitation. Ils composent ou symbiosent.
Ce que fait tout aussi bien la végétation.
Les plus beaux tableaux n'ont pas besoin de la main de l'homme. Et ils nous sont offert chaque jour. Des milliers de palettes pastels. Des couleurs vives, ou qui scintillent.
Le Créateur a eu de bien beaux coups de pinceau. Une maitrise hors norme, de l'art et de l'ingéniosité. Pour ne citer que le domaine de la beauté.
Dans l'art du copiage nous sommes très fort, il faut le reconnaitre, mais cela ne sera que du copiage.
Poétes et artistes ne s'y sont pas trompés, qui ont pris la nature pour support. On peut si facilement la faire parler.
Elle nous donne tant de repères...

Un champ de coquelicot me fait toujours vibrer. Cette fleur éphémère. Qui a si peu de temps pour nous ravir, semble réchauffer l'atmosphère lorsque jaillissent ces corolles vermillons, prenant un champ tout entier.
Un coquelicot en robe blanche qui se fane, c'est qu'il a été pulvérisé d'herbicide.
Mal aimé de l'agriculteur.
Fleur des champs, fleur maudite, fleur peinte, fleur écrite... Cette fleur aime les champs en jachère.
Au lever du soleil, il est encore plus beau. L'avez-vous observé dans un champ, balancé par le vent ? Ils semblent danser dans un seul mouvement. Ou alors ils s'accrochent parfois, pour ensemble tourbillonner. Le rouge semble alors changer. Tantôt vif, tantôt presque grenadine. Symboliquement, selon ce qu'on dit, le coquelicot évoque l'ardeur fragile.
La nature ne dort jamais.... et moi je m'essouffle. En une seule journée je ne peux la cueillir.

Lorsque je regarde ainsi la nature matinale, dès que je m'invite dans ses cours, il m'est tellement facile de la deshabiller, que je peux même découvrir ce qui se cache si bien.
Nature poésie, ou nature chanteuse, l'indifférence m'est impossible...





"Pour le bonheur, il faut parfois arrêter le progrés et le mettre de côté"

"La consommation ne donne pas forcément le même plaisir que celui de partager avec ses amis"

par sonja publié dans : Regards
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Jeudi 19 juin 2008

L'aube vient à peine d'ouvrir ses vannes lumineuses.
La lumière donne libre court à son éclat. C'est en vagues qu'elle monte ou descend dans la vallée. Les ombres elles-mêmes s'éclairent. Elles sortent de leur nuit. On peut s'y cacher avec moins d'appréhension.
Dans la zône rocailleuse proche, on est en attente du soleil. On l'espère. On s'y expose.

En petites touffes sérrées de fleurs blanches et roses au centre, l'orpin blanc semble sourire au matin. Un instant, la fleur frémit d'aise. Peut-être a-t-elle envie de danser, pour sa robe délicate défroisser.
Tout à côté se tient la secrète clairière, dont la fraîcheur bienfaitrice fera le bonheur de ses habitants.
Les cigales, déjà entonnent leur chant oxidé. Ces reines du bruit ondulé portent gros yeux aux quatorze mille facettes. De quoi avoir une vision simultanée à gauche et à droite. Notre méridional insecte démarre son refrain, sur un air ensoleillé. De quoi emplir les têtes de gaieté.

Le serpolet au parfum de thym sauvage chatouille l'odorat vibrant des senteurs de la vallée.
L'épineuse garance accroche son fruit aux pulls et à la laine des moutons. Mais ce sont les enfants qui aiment le plus les retenir, pour de joyeuses batailles colorées.
Les murets réfléchissent les premiers rayons.
Les agneaux sortent de leur cabane de pierres sèches, déjà trop petite pour le troupeau.
Une balade toute faite s'imisce dans un coin de la pensée. Elle vole au devant d'autres offrandes natures.
Elle reconnait les plantations de noyers et les ombres fraiches cotoyant les champs de maïs. Une folle envie de goûter aux cerneaux enrobés de cacao s'empare du contemplateur. Sous son austère apparence la noix offre son fruit généreux. Ne l'emploit-on pas pour en faire de délicieuses patisseries, ou du fromage ? Les chocolatiers se sont pris eux-mêmes de tendresse pour le fruit. Ils nous préparent de fines gourmandises...
Quand aux amateurs d'huiles, ils l'ont adopté à leur tour. Gouteux fruits qui se laissent facilement aimer !

Avec le coeur de ses fleurs bleu vif, la chicorée illumine le chemin emprunté. Un bien joli tapis d'étoiles rieur...
Un sifflement limpide court à travers le rideau de peupliers. C'est de la bonne humeur en ailes.
Le promeneur est en pleine évasion... il n'a pas fini de découvrir.
Le chemin se serre contre l'eau qu'il longe. Les aulnes prêtent leurs racines, pour la berge maintenir. Elle s'entoure d'une foisonnante végétation. Verdoyant abri offert aux oiseaux et petits mammifères.
Les branches s'égouttent au-dessus de l'onde. En perles retombent.

De balcons en points de vue, le paysage se donne aux ailes. Les milans noirs sont en festival. Ils guettent les aloses épuisés, emporté par le courant. Le solitaire faucon crécerelle traverse l'assemblée. Plus prêt des herbes folles, c'est le faucon hobereau qui passe.
En quête d'un frugal repas, ils attendent le bon moment, pour fondre sur la proie.
Depuis la falaise proche, le faucon pélerin observe le ballet des voiliers. Rien ne presse. Son festin est dans les près.
Descendre un sentier pour passer à découvert, et les fossés s'illuminent. le regard rencontre les fougères dans un décoiffé de verts. L'épeire diadème a monté sa grande toile verticale. Sous l'éclat du contre-jour, sa délicate broderie translucide se dévoile.
Bientôt, dans le ciel, les martinets disputeront les nuées au faucon pélerin.
Immobile, le héron semble figé dans le décor. Il guette une proie. Lui aussi est patient.

Le genêt, le chevrefeuille et l'aubépine, sous le taillis ont fleuri. Même la violette fait sa coquette.
Le rouge coquelicot se donne à la brise.
Rayonnante nature qui dès l'aube, emballe la faune.

C'est avec la plume qu'on l'invente en rêves.
On y place des fées et de la poussière d'étoiles.
On la chante parfumée.
Pour une entrainante folie de l'esprit, c'est de rêve qu'on l'habille !

Une sortie nature, un reportage, quelques photos seules suffisent... pour qu'on voyage avec elle.
Ou bien qu'on ouvre nos ailes, pour nous envoler haut dans le ciel !

La magie on peut l'inventer, même assis sur son banc solitaire...



par sonja publié dans : Regards
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Vendredi 30 mai 2008

A quelques pas de moi, le merle élève son chant mélodieux aux modulations claires. Son bec jaune généreusement ouvert  laisse échapper des nôtes. La femelle écarte quelques feuilles éparses sur la pelouse qu'elle piétine.
A deux bancs du mien, une grande flaque d'eau stagne. Sans doute la pluie de ce matin. Deux corneilles atterissent à proximité. Elles plongent leur bec, qu'elles dressent ensuite. Raffraichissante boisson désaltérante !
Les mésanges mélangent leurs sifflements délicats et pointus, à celui du pinson des arbres.
J'ai aperçu un rouge-queue faisant du rasemotte au dessus des pelouses du parc.
L'ambiance est à la chansonnette des poids plumes.

Après une journée très chargée et épuisante, une pause-nature c'est du baume pour le coeur. Et les oiseaux sont particulièrement apaisants, même s'il s'agit de ceux qui nous attirent le moins.
Toutes ces ailes déployées, ou suivant la courbe de leur corps gracieux, c'est du spectacle pour l'observateur.
Si en plus de la couleur vient s'ajouter à leur parure, de jolies formes, l'oeil éprouve un délicieux plaisir.
Leurs ébats de joueurs prêtent à sourire.
Je me délecte vraiment de l'instant qui passe, dans ce parc des Promenades à Roanne.

Après une journée où la pression a été forte, j'ai pu constater combien bénéfique est ce détour nature.
Rien ne saurait être plus délicieusement bon que ce temps qu'on s'accorde dans un tel environnement.
Laisser venir la nature à soi...
Lui donner l'occasion de nous raff'raichir, de nous faire frémir d'aise...
A tire d'ailes s'envolent les soucis.
Il est impératif de prendre un peu du temps nécessaire à notre relaxation mentale. Même si tous le stress ne disparait pas, il peut l'aténuer. Cela peut éviter une accumulation continue.
Il n'y a rien de pire que d'ajouter du stress à celui qu'on n'a pas encore eu le temps d'évacuer. Cet empilement mental génère une pollution qui peut prendre à la longue, des proportions désagréables.

Parfois il est vrai, le temps peut prendre de cour, même celui qui est motivé par les meilleures intentions, pour s'échapper un peu.
Les agressions extérieures sont sans cesse là pour nous rappeler que la réalité est loin d'être aussi idéale qu'on voudrait le croire.
Très peu de choses sont prévisibles. D'où l'importance de se poser pour faire le point.
Une analyse s'impose toujours. Il y a des problèmes passagers, et ceux qui s'installent pour très longtemps, ou à jamais.
C'est alors une question de gestion. Ce qui n'est pas toujours évident, ni simple.
Mais pouvons-nous changer toutes les situations, en s'y arrêtant dessus ? Si cela était, ça se saurait, et la souffrance humaine ne serait pas endémique.

On peut seulement se permettre quelques évasions positives. Mais d'évasions en évasions, on entasse des corbeilles de "sourires".
La nature est l'une des clefs ouvrant la porte à des merveilles, parfois insoupçonnées. En détournant son esprit de ce qui fait mal, on arrive quelquefois à relativiser...
Cela parait simple lorsqu'on le dit ainsi.
Pourtant, même une simple demi-heure par jour, le regard ailleurs, en l'occurence la nature, et on se prend à sourire. Ou même à rire.
La nature est vibrante d'une vie qui peut émoustiller nos pensées. Ses moindre mouvements nous emportent au-delà de notre présent. Elle se donne ouvertement.
De saison en saison, elle s'amuse à nous envoyer des signaux pétillants. Nos yeux sont pris d'assaut, dès que notre regard se pose sur ses milliers de parures colorées et parfumées.
La nature peut être un régulateur de tension nerveuse.
C'est ainsi qu'elle nous offre gratuitement tous les ingrédients dont elle dispose.
Les couleurs, les parfums, les mouvements, les formes, la lumière, la chaleur, la grâce, la beauté...
On lui doit bien le temps de l'observation pour tout ce qu'elle représente.
Il suffit de lui permettre d'être l'alliée de tous les instants de notre vie.

Les photographes et tous les amoureux de la nature en savent quelque chose.
Nature peut rimer avec bonheur, même s'il n'est que momentané.
Pour ceux qui habitent une grande ville, c'est un peu plus compliqué, mais notre imagination est à notre service.
On peut donc user pour trouver des moyens différents, dans notre monde imaginaire, pour partir à l'assaut d'un certain bien-être nature.

La nature, c'est des vacances...

Vive les vacances !


par sonja publié dans : Regards
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Lundi 5 mai 2008

De toutes les couleurs, les prairies éclatent de nuances douces ou soutenues. Notre région a laché son parapluie. La voilà enfin avec ses couleurs printanières. Tous les butineurs sont à la fête. Ils vont et viennent pour de succulentes prises. Leurs petites pailles leur permet d'aller jusqu'au coeur des fleurs ou des plantes, pour en boire son nectar miel. Ils mènent une activité surprenante. Ils travaillent jusqu'à tard le soir. Ces insectes engagent tout leur temps sur les reines des champs et des jardins.
Avec le retour du soleil, je vais oser quelques kilomètres supplémentaires. Je pourrais même sortir des sentiers battus....

Depuis hier, c'est de la haute voltige autour de nos balcons. Les martinets sont de retour. Ces fous de la vitesse
tournoient ou s'élèvent comme pour prouver qu'il n'y a pas plus rapide qu'eux. Ce qui est vrai de toute façon. Parfois, lorsque sur leur chemin ils rencontrent d'autres oiseaux, ceux-la s'écartent très vite pour éviter la collusion. Le martinet lui, ne lache jamais son parcour. Les autres poids plumes doivent le savoir. Je me demande même parfois, comment ils font pour éviter les obstacles à cette vitesse. Leurs petits cris incessants sont une autre particularité de l'oiseau. Voler et siffler en même temps. Quel exploit !

Sur la jardinière pas encore nettoyée, il y règne une véritable petite forêt en fouilli. Les mauvaises herbes font leur fête. Mais il y en a d'autres qui la font aussi. Ce sont les visiteurs de l'endroit. Les moineaux, mesanges, rouge queue, ou rouge gorge... et mêrme les tourterelles viennent y mettre leurs becs. I
ls tirent sur les feuilles ou les tiges de l'herbe. Ils ressemblent à des tricoteurs. Ca se caresse à l'interieur de toute cette végétation, comme s'ils se trouvaient dans un bac rempli d'eau. Ils écartent leurs ailes, les battent... sautillent ou frétillent.

Mes matinales impressions natures, sont juste là devant moi. Je ris toute seule de toute cette agitation. Le ciel se colore à peine d'une lumière timide, que déjà ces envahisseurs débarquent.
Ce matin, il était 5 heures lorsqu'un merle donnait de la voix. Il était posé sur un coin du balcon. Et comme je dors les  volets ouverts, je n'ai pas eu de mal à le repèrer. Il faisait encore sombre, et comme lui l'est tout autant... 
Ses trilles furent du meilleur effet. Un réveil matin délicieux. 
Cet après midi j'irais me balader le long du canal de la Loire. Les photos de Monique (Alrisha) m'ont donné envie de flâner de ce côté là. Puis au retour, je me poserais sur la pelouse, dans un coin du port. J'observerais les glissades des colverts.
Je m'assoupirais sans doute aussi, comme bien souvent, sous les chants des oiseaux au dessus de ma tête. 
C'est tout de même bon de voir le soleil après autant d'absence. 
Ma solitaire montgolfière a de nouveau traversé le ciel roannais. 

Il est temps que je m'avade à mon tour, car là ce n'est plus possible ! 
Les autres volent, voguent, s'évadent... et moi je suis là à les regarder.

Je vous raconterais les prochains épisodes, dès que je les auraient joué...  


par sonja publié dans : Regards
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Mercredi 30 avril 2008

Je me rends compte que je ne cesse de parler de la pluie.
C'est parce que j'aime cette eau que déversent les nuages qui passent. La pluie fine m'amuse, même. Je lui trouve un charme différent, par rapport à un ciel qui éclate de bleus. Ce qui ne m'empêche pas d'appeler l'éclaircie.
Notre paysage roannais baigne dans l'eau.
Depuis ce quatrième étage, au loin je peux apercevoir un morceau de nos montagnes. Elles semblent bien mouillées. Le vert qui les couvre est assez sombre. Les maisons des villages se promenant sur ses flancs sont moins lumineuses. Je crois qu'ils doivent patauger dans la boue dans les campagnes. Il y a tellement de jours que nous avançons sous un ciel couvert. Nous voilà avec un environnement qui sera très vert cette année encore. Je crois même que nous avons dépassé notre cotat d'humidité.

Sur la jardinnière toute proche qui prend une moitié du balcon, les moineaux y viennent gratter je ne sais quelles graines imaginaires. Même la mesange s'est installée un peu de temps pour tirer sur quelques feuilles d'une plante inconnue. Il y a aussi du pissenlit sur cette jardinière un peu abandonnée. J'ai promis à Aurélien qu'on allait embellir son jardin suspendu... dès qu'il fera beau !
Des gouttes s'accrochent résolument aux feuilles qui semblent batifoler sur un coin de terre pas encore remuée. Deux tourterelles à collier se posent par ici, chaque matin, pour caracoler. Elles se picorent tendrement la tête et le cou. Ces deux là doivent être très amoureux.
Les corneilles passent. Heureusement d'ailleurs. Ces oiseaux au plumage noir, je les préfère sur leur arbre ou dans les champs.
Les pigeons ne daignent même pas regarder de ce côté-ci.
D'autres régions sont en soleil et en couleurs. Et c'est tant mieux. Je ne vais pas vous envoyer mes nuages, si vous n'en voulez pas...

Goutte la pluie, derrière la vitre elle est plaisante à regarder. Cela ne m'empêche pas d'être titillée par mon envie de me retrouver dehors. Mon besoin d'évasion est toujours au rendez-vous, quoique que dise la météo.

Les bruits de la ville viennent interrompre ma tranquile reflexion... à votre journée je vous abandonne.


par sonja publié dans : Regards
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Jeudi 24 avril 2008

Dans le ciel roannais, une montgolfière s'y promenait... Je ne sais d'où elle venait, mais elle a traversé notre ville. Sur ses coussins d'air aériens, ce gros ballon nous a régalé de son passage. Il était 8 heures.
C'est d'ailleurs toujours à cette heure ci, que dès qu'il fait beau, d'un village haut perché, les montgolfières font leur tournée nature.
Mais celle-ci était une solitaire ne sortant pas du même endroit. Celles qui partent depuis les hauteurs de notre chaine montagneuse, nous les apercevons surtout le week-end.
Cela ne saurait trop tarder. Si le printemps veut bien s'accrocher à notre azur céleste.
L'homme a toujours cherché à voler. Comme l'oiseau, il voulait monter au dessus des nuages, et voyager loin.
Lorsque je vois le plaisir que j'éprouve rien qu'en observant ce passage lent au dessus de ma tête, je ne lui donne pas tort. La terre, vue de l'espace, doit être un vrai bijou dans son écrin de bleus. Mais déjà, je me contenterais seulement, d'une balade en ballon si je n'avais pas aussi peur.

S'improviser poids plume, juste une journée pour se laisser impressionner. Goûter pleinement aux merveilles avec plus de recul. Une vue d'ensemble sur nos montagnes, nos belles forêts, nos lacs et nos plaines. Comme ce doit être fou, et impressionnant ! Voir même les grands rapaces s'adonnant à de longs orbes, proches de nos yeux. Ou voler prêt des oies sauvages... Ceux qui l'ont fait ont du éprouver des émotions fortes.
Il y a environ six ans je m'y suis essayée à ce vol d'oiseau, avec des ailes motorisées. Mais il a fallu qu'on me redescende sur le parquet des vaches au bout d'une dizaine de minutes. La peur du vide m'avait totalement paniqué. Une frayeur incontrolable. La seule chose que j'ai pu voir, c'est le noir de mes paupières baissées.
Heureusement que la personne conduisant l'engin s'en était rendu compte assez vite.
Parfois, ma curiosité m'a causé quelques frayeurs.
Je continuerais donc, bien sagement, de regarder passer toutes sortes d'oiseau, depuis le sol.

En attendant, j'aimerais assez qu'on nous ouvre la grande porte du printemps. Quelqu'un a du la bloquer, et j'estime que Roanne a eu assez de pluie me semble-t-il.
Ce matin, il fait frais, avec des passages nuageux assez persistants. Notre ciel affiche un joli bleu au milieu de ces trouées. Les passereaux vont et viennent sur le balcon. Une vraie chaine volante.
Je pense que je vais passer la journée à rêvasser avec mon petit indien. On est bien disposés pour cela.
La paresse ça ne s'invente pas. J'y retourne !

par sonja publié dans : Regards
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Mardi 8 avril 2008

A Toulon, la fière mouette traverse les rues sur les passages autorisés. En voilà une qui est respectueuse du code de la route. Elle sait où elle va, et n'a que faire des sourires entendus.
La journée est sympathique, c'est l'heure de la flânerie en ville. Peut-être a t-elle à l'idée de faire du lèche vitrine...
Vous doutez de ce que vous voyez ?
Qu'attendez-vous donc pour aller à Toulon, rue des Mouettes ?




A Menton, elles préfèrent se faire une beauté devant l'une des vitrines du centre ville.
Elles osent vraiment tout ces dames des villes...
Il faut reconnaitre à leur décharge que leur robe est délicate et joliment veloutée. On peut reconnaitre la marque du grand couturier. Il ne manque plus que les chaussures.
Je vous laisse  imaginer bottées notre palmée...



Tiens, que voilà une singulière collaboration ! Il est vrai que les branches les plus hautes sont innaccessibles aux chèvres gourmandes. Un simple saut, et l'ami du dessous se prête bien volontiers aux caprices de l'impatiente chèvre.
Faut avouer qu'un cheval se tenant sous l'arbre convoité, ce n'est pas commun. Aurait-il convenu de ce rendez-vous ?
C'est le photographe de la scène qui a dû ouvrir, grands d'étonnement, ses yeux...
Bravo à celui-ci !
L'humour est dans l'oeil aussi..



Rien ne vaut une petite laine lorsqu'on a froid à ses pattes. Un mouton passe, et on le prend en marche.
Ces deux là doivent être amis depuis un moment déjà.
Les animaux sont joueur et plein d'humour lorsqu'ils se mettent à composer des rôles qu'ils ne prévoient pas toujours.
Ils savent également devenir des amis. Il faut dire qu'on ne sait pas de quelles couleurs ils sont.

Ce n'est pas comme pour nous. On est toujours à chercher de quelle origine on est, ou de quelle couleur nous sommes... Je crois bien que nous souffrons de cecité.

par sonja publié dans : Regards
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Mercredi 26 mars 2008

Mais où sont donc passées toutes les couleurs ? Nous les aurait-on volé ?
Peut-être que d'elles mêmes elles ont décidé une petite évasion...

Même les fées "couleurs" ont froid. Dès le matin, lorsqu'elles aperçoivent ces écrins de neiges éparpillés un peu partout dans nos régions, elles retournent vite se mettre à l'abri. Sans doute leurs manteaux ressemblent en ce moment, à ceux des sommets de nos montagnes. Blancs et scintillants malgré la grisaille des journées qui se succèdent. Ces parures donnent de la gaieté à la nature. Elles lui assure un peu de ce pétillant qui nous manque en ce printemps plutôt raffraichissant.
Nous avons beau parcourir prairies et campagnes, les parterres ne sont pas encore en bouquets. Quelques rares résistances s'installent, mais un patchwork de lumière, voilà qui serait le bienvenu.
Sous les rayons du soleil, la nature serait plus frivole. Elle caresserait le regard avec une plus grande douceur. La douceur, est un met très recherché ces derniers temps.

Même les passereaux s'impatientent devant ce temps qui refuse d'accrocher le printemps. Ils voltigent toujours, sur les balcons et les jardins. Ils recherchent ces graines qui leurs permettent de ne point courir la campagne. Ils ouvrent leur duvet et se blotissent sous leurs plumages gonflés.  Ils ont l'air d'avoir froid aux pattes. Je crois bien que je vais leur tricoter des bottines.
Côté voix, ils n'hésitent pas à nous composer d'interminables concerts cristallins. C'est déjà ça !
Un appel à une température plus clémente sans doute...

Les ciels transportent des tonnes d'eau, qu'ils lachent parfois. A moins qu'ils ne les éparpillent en plumes légères. Ce qu'ils ont fait très souvent ces derniers jours.
Ce fut une cueillette neige plutôt qu'une cueillette oeufs aux chocolats, lors de la fin de la semaine dernière.
Celle qui profite bien, c'est la terre. Les tapis verts se sont étalés nombreux. Un vert fort, et gras. Ce sont les vaches qui sont à la fête. La nature suit un programme qu'elle n'a sans doute pas tellement prévu, mais elle fait ce qu'elle peut.

Alors demoiselles en habits couleurs, à quand votre retour ?
L'impatience nous gagne, d'autant que ces frileuses de fées se terrent en leurs demeures.  Blotties dans leurs gants couleurs neige, elle sont sourdes à nos demandes...
Si cela continue nous seront obligés d'aller chercher le printemps... ou bien sortir nos palettes et nos pinceaux, pour mélanger nos couleurs.
Ces couleurs qui courent dans nos têtes, on les imagine claires et étincellantes.
Qui peut imaginer un monde sans couleurs ?
Si monsieur soleil veut bien se donner la peine d'écarter quelques nuages, il nous aiderait bien celui ci.

Et si je les laissais composer à présent, leurs tableaux couleurs  ?









par sonja publié dans : Regards
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Samedi 8 mars 2008

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Une journée ordinnaire pas ordinnaire
Dès que les rayons du soleil ont commencé à écarter les nuages, j'ai senti cet appel du dehors comme une invitation
Pas une seconde je n'ai hésité
Je me suis chaudement vêtue, puis mes pas ai laissé aller
J'ai flâné le long des trottoirs, tout en me demandant quel chemin emprunter
Je n'ai rien prémédité
J'ai juste continué
En longeant un coin un peu retiré, j'ai repéré un banc solitaire
Il m'invitait déjà à lui tenir compagnie
La place était bonne et la cours fleurie derrière moi était agréable à resentir
Même le vent semblait avoir disparu
Alors qu'à quelques rues plus loin, la ville bruissait, ici il faisait bon se reposer
Un debut d'après midi assez jovial
Les passereaux derrière mon dos donnaient de leurs chansonnettes
Les rares passants semblaient étonnés de trouver le banc occupé
Certains me souriaient
Une belle manière de dire un "bonjour"
Moi, je souriais aussi à la nature
Douceur du temps qui passe
Il emplit ma tête de couleurs et de souvenirs venus à ma rencontre
Je me suis amusée à compter quelques nuages
Parfois ils jouaient avec moi
Ils me dérobaient le soleil
Etrange journée que l'on dit celle de la femme
Je l'ai trouvé si ordinnaire
Combien de femmes ont eu la possibilité de s'évader durant un moment, tout comme j'ai pu le faire ?
Une femme ne se repose jamais
Même lorsqu'elle s'arrête, elle est déjà en train de réfléchir à son programme du lendemain
Sa tête travaille même durant son sommeil
Combien de femmes ont reçu une rose aujourd'hui ?
Courageuses femmes qui donnent sans jamais compter
La nature est bien généreuse
Cette journée ordinnaire, je la cueille en plaisir mental
Même si mes pensées rejoignent celles de beaucoup de femmes
J'aimerais avoir des ailes
Justes le temps de m'envoler vers d'autres femmes
Pour leur dire combien je les trouve merveilleuses, dans leurs taches quotidiennes
Je me suis presque endormie sous la caresse du soleil
Une délicate brise est venue murmurer à mon oreille, que le temps s'en était allé
Voilà donc le moment de plier bagage, pour aller rejoindre mon poste de grand mère
Une soirée ordinnaire, dans une journée pas ordinnaire...
C'est parfois très fatiguant, de ne recevoir qu'une journée "de la femme" !

par sonja publié dans : Regards
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Lundi 18 février 2008

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C'est vrai, je disparais durant plusieurs jours. Je vais m'évader vers d'autres horizons. Je lache ma machine infernale. Une vraie escapade au delà de ce bureau, qui me tient parfois prisonnière de mon blog...
Et puis voilà que je reviens, pour vous offrir tout en vrac. Quel désordre !
Que voulez-vous, j'ai bien du mal à ne pas me sentir un peu aventurière. La clef des champs, ça me connait !
Je n'essaye même pas de changer cette petite chose que je véhicule au rythme de mes coups de coeur...
Les grands espaces pour faire peau neuve, c'est assez délicieux.
Un vrai pied de nez à la routine, et parfois à la nostalgie. La nature répare bien des choses. Notre tête en a parfois besoin.
Etre prisonnière de mon quotidien, j'ai connu. Alors, lorsqu'un jour on goûte enfin à la liberté de se retrouver soi-même, on saute sur l'occasion. Deux fois, plutôt qu'une.
Je n'ai rien inventé, mais je sais que pour beaucoup d'entre nous, des échappées en solitaire peuvent être réparatrices. Ou bien une aide pour faire un petit trie. Ou pour juste se faire un plaisir simple.

J'emporte partout mon cahier et mon stylo,  qui me permettent de faire la photographe, d'une manière différente. Ce qui justifie qu'après un long silence, je peux quelquefois déposer un petit livre d'écriture.
Il faut bien que je conserve quelque part, mes passages et mes flaneries...
Le soleil ces derniers temps est devenu une trop forte tentation. Je réponds très facilement à sa solicitation coquine. Celui-là, il m'a piégé depuis ma naissance...

Dès que je me pose par ici, après mes absences, je cueille avec un plus grand bonheur vos passages réguliers. Ils me disent combien vous apréciez  mes sorties, du côté de dame nature. Mais aussi que vous ne m'en voulez pas d'avoir ainsi déserté cet espace, ou le votre.

Encore des baisers qui s'envolent vers tous ceux qui me lisent...


 

par sonja publié dans : Regards
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