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Une histoire... des histoires...

Vendredi 23 mars 2007 5 23 /03 /2007 15:09

Insolite randonnée de la pensée.
A la rencontre de la sagesse, elle s'en est allée.
Lorsque celle-ci de loin j'ai aperçu, m'informer j'ai voulu.
= Bonjour madame la Sagesse.
   Dites-moi, pourquoi de tant de maux sommes-nous accablés ?
- Peut être me direz-vous quels sont quelques uns de vos désirs ?
= Un monde sans guerre, avant toute chose.
- Je vous accorde cette première exigence.
   L'homme a inventé d'effroyables guerres. L'humanité aspire à un monde qui ne résonnerait plus
   jamais de batailles et de massacres.
   Ce monde paisible, il est devant vous.
   Ne tremblez plus !
= Mais voyez, des humains ont faim...
- Puisque cet aspect vous répugne, alors, pour vous je fais disparaître la famine et la pauvreté, pour
  toujours. Plus aucun enfant ne ressentira les affres de la faim. C'est un monde d'abondance qui va
  remplacer celui-ci.
= Certes, grande est ma satisfaction.
   Mais regardez, la maladie nous entrave.
- Bien. Je vous offre un avenir dans lequel chacun pourrait grandir en parfaite santé. On ne redoutera
  aucune affection.
  Soyez soulagée, pas le moindre rhume en vue.
= Merci, je me sens mieux..
   Je formule ma quatrième exigence. Nous manquons de travail.
- Je prends tout cela en charge. Ce monde idéal doit être composé d'humains ayant un travail
   gratifiant. Avec la justice en prime. Ils ne manqueront pas d'ouvrage.
= Que faites vous de l'injustice et de l'oppression ?
- Disparus aussi. Chacun jouira de la liberté garantie par la loi, avec la justice pour tous.
= Ma sixième exigence est un peu plus difficile à obtenir. Les préjugés et même la persécution de
   minorités mal acceptées sont aujourd'hui encore très courants.
- Qu'à cela ne tienne. Tous les citoyens seront à égalité de chance, quelle que soit leur race ou leur
  nationalité. Chacun aura la possibilité de développer pleinement ses capacités et ses talents. Sans
  être victime de préjugés.
= Très bien. Il y a certains qui s'échinent toute leur vie au travail. Ils n'ont pas le temps de souffler
   un peu.
- Voilà ! Ils auront également le loisir de profiter de ce qu'ils considèrent comme les agréments de
  de la vie. Il y aura des moments de repos et de détente.
  Des divertissements saints viendront combler la vie de tout les jours.
= J'ai une dernière exigence, s'il vous plait...
- Parlez donc !
= Alors, qu'attendez-vous des citoyens qui aspirent à vivre dans de telles conditions ?
- Seulement que l'homme accorde un grand prix aux qualités qui le distingue des créature inférieures.
  Il possède l'intelligence et la créativité. L'humour et l'intégrité. L'amour et la fidélité. Le respect de soi
  et le désintéressement. Le souci de ses semblables.
= C'est l'homme tout cela ?
   Pourtant, aucun chef humain n'a jamais pu instaurer une telle société. A la place ils ont donné une 
   détresse mondiale sans précedent.
  J'aimerais bien vivre avec des personnes qui manifestent de telles qualités...

La Sagesse s'apprêtant à retourner à ses activités, son chemin continua.
Mais vagabonde pensée, pas tout à fait rassasiée, et pas encore satisfaite, hêla la Sagesse.
=Je suis bien triste. Puis je vous interroger une dernière fois ?

La Sagesse se retournant, répliqua :
- Ce sera votre dernière question car on a besoin de moi, pour une autre affaire.
= Si j'ai bien suivi votre idée jusqu'ici... il manque donc à l'homme, la clef qui ouvrira la porte de ce
   monde fabuleux...
   Que doit-il faire ?
- L'homme a tout ce qu'il a besoin.
Alors, à sa mesure, il doit tourner le dos à toutes les violences, et entrer dans un monde magique. Il est une race commune. Il peut donc profiter des merveilles qui l'entoure.
En partage, tous ensembles, avec ses semblables, il doit avoir le regard des enfants émerveillés par les couleurs de la flore et la faune.
Car elles réjouissent le coeur et l'esprit.
Les harmonies et les contrastes colorés, qui flattent l'oeil et élèvent l'esprit, sont partout.
Prenons un exemple :

 



Par sonja - Publié dans : Une histoire... des histoires...
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Vendredi 23 mars 2007 5 23 /03 /2007 17:59

Rien ne séduit peut-être autant l'oeil que les effetts lumineux dus à l'irisation, qui produit les couleurs de l'arc-en-ciel. Ce phénomène est particulièrment  courant chez le colibris.
En décomposant, tel un prisme, la lumière du soleil, le tiers supérieur de leurs plumes produit les couleurs de l'ar-en-ciel. Ce qui rend la livrée de ces joyaux ailés si éblouissants.
Les noms vernaculaires des colibris, tel que rubis, saphir et émeraude, décrivent à merveille les scintillements de rouge, de bleu et de vert leur habit de lumière.
Un artiste humain a-t-il jamais manié une telle palette ? Cet oiseau n'a d'autre fonction que d'éblouir les humains.
Réfléchissez à tout ce qui vous entoure...

Tenez, au pays du soleil levant, la grue japonaise, oiseau magnifique dont la parade nuptiale a la grâce d'un ballet, est depuis longtemps le symbole de l'amour.
Cet oiseau s'accouple pour la vie. Et ils peuvent vivre cinquante ans ou plus.
L'exemple suprême de fidélité conjugale, n'est ce pas ?

Et que dites vous des oiseaux qui offrent à leurs jeunes un abri sous leurs ailes ?
Voilà un rôle fait sur mesure pour l'oiseau de proie. Un aigle excite son nid, plane au dessus de ses oisillons, deploie ses ailes, les prend, les portes sur ses pennes.
Il agit ainsi pour encourager sa progéniture à quitter le nid et à voler.
Parfois, on peut voir des aigles aider leurs petits en les portant sur leurs ailes.
Quelle tendresse !

C'est en observant de plus prêt la nature que vous pourrez relever certains principes révêlateurs.
La variété des oeuvres créatrices sautent aux yeux. Avez vous remarqué la diversité des plantes, des oiseaux, des mamifères et des insectes .
Stupéfiant !
L'originalité, caractéristique prisée par des artistes, est une composante de la nature.

= On dit souvent, que la beauté est dans l'oeil de celui qui la voit.
- Vous avez sans doute raison.
  Toutefois, bien qu'elle soit là, tous ne la remarquent pas. Qu'il soit ou non un artiste, l'homme peut
  apprendre à mieux voir, à remarquer la beauté qui l'entoure.
  Autrement dit, il lui faut sortir et regarder la nature avec un oeil neuf.
  Rien ne remplace le fait de voir par soi-même, de toucher, de sentir, d'écouter les animaux et les
  plantes sous l'action des forces de la nature.
  Où qu'il soit, d'abord regarder, apprécier, puis regarder encore.
= Mais que regarder ?
- Pourquoi ne pas commencer par apprendre à remarquer les quatre éléments essentiels de la
  beauté ?
Les composants de la beauté nous les retrouvons tout d'abord dans les formes et figures.
La nature recèle une multitude de formes. Certaines sont linéaires, telles les colones d'un bouquet de bambous, et d'autres inconstantes comme les nuages. Beaucoup sont attrayantes, telles les courbes d'une orchidée, la spirale d'un coquillage, voire les branches d'un arbre dénudé.
Une forme qui se répête crée parfois une jolie figure. Imaginez un enseimble de troncs dans une forêt. La conjugaison de leurs formes, toutes différentes quoiquoi similaires, produit une figure agréable. Cependant, formes et figures ne peuvent être discernées que s'il y a de la lumière.
L'éclairage confère une qualité particulière aux formes que nous trouvons belles. Il rehausse les détails, colore les textures, crée une ambiance.
La lumière varie selon l'heure, la saison, le temps et le lieu. Les tons subtils des fleurs des champs et des feuilles d'automne ressortent à merveille sous la lumière diffuse qui filtre d'un ciel couvert, mais pics et rochers prennent tout leur relief sous les rayons d'un soleil levant ou couchant.
La lumière douce qui baigne l'hémisphère Nord en hiver donne un cachet romantique aux paysages champêtres, alors que, sous les tropiques, le soleil éclatant transforme les hauts fonds en un paradis pour les plongeurs.

Il manque encore un élément important.
La couleur. C'est elle qui donne vie à tout ce qui nous entoure.
Si la forme d'une chose permet souvent de la distinguer d'une autre, c'est sa couleur qui en fait ressortir le caractère unique.
De plus, la distribution de la couleur en ensemble harmonieux est elle même source de beauté.
Une couleur peut être vive, comme le rouge ou l'orange, ou au contraire, apaisante, tels le bleu ou le vert.
Pouvez-vous imaginer un tapis de fleurs jaunes dans une clairière ? Elles scintillent dans la lumière du matin, tandis que les troncs des arbres, avec leur teinte sombre, forment une toile de fond idéale. Voilà l'image ! Il reste à la cadrer.
Ce qui nous amène à la composition.
Il s'agit ici, de la façon dont se combinent les trois éléments de base : la forme, la couleur, et la lumière. Cela déterminera la composition.
Dans ce domaine, l'observation a un rôle crucial à jouer. Il suffit de se déplacer légèrement pour modifier les éléments ou l'éclairage de l'image. On peut ainsi la recadrer pour n'en retenir que ce que l'oeil souhaite voir.
Souvent, l'observateur se compose automatiquement une image lorsqu'il remarque un joli coin serti dans la végétation.
Mais des spectacles ravissants s'offrent à nous, sur une plus petite échelle. Encore faut-il s'approcher du sol.
Le plaisir augmentera si nous apprenons à voir les détails, car eux aussi se combinent en de beaux ensembles. Ils peuvent ofrmer des tableaux miniatures dans l'immense toile qu'est la nature.
Pour les aprécier, il suffit de se pencher et d'observer attentivement.
Des images dans une image. Fabuleux !
Cela nous procure le plaisir de l'esthétique. Le fait de voir et d'apprécier les oeuvres merveilleuses qui nous entourent élève l'esprit et enrichit la vie.
Que voyez vous dans le monde des humains ?
Voici : les divertissements sont préfabriqués. S'ils pouvaient remarquer la beauté qui les entoure, mais aussi les qualités de l'Artiste qui en est l'auteur, il se sentirait surement poussé à bannir toutes les violences de sa vie....
L'un de leur biologiste écrivit un jour l'éloge de notre planète terre.
"Le plus incroyable et le plus singulier des corsps connus de l'univers, la plus grande de toutes les énigmes de la cosmologie, que l'on s'est vainement efforcé d'élucider, c'est la terre.
Nous commençons seulement à nous rendre compte à quel point elle est étonnante et merveilleuse. Elle nous tupéfie, dans sa bulle atmosphérique bleue, c'est la plus extraordinnaire des planètes, gravitant autour du soleil. Elle fabrique et respire son propre oxygène, fixe dans son sol l'azote de l'aire et forme elle même son climat au dessus de ses forêts tropicales humides. Elle construit sa carapace à partir du vivant : falaises de craie, récifs coralliens, fossiles de formes de vie antérieures, aujourd'hui recouverts de couches de formes de vie récentes intimement liées".

Ce ne sont là que quelques uns des systèmes mis en place pour que la terre reste un merveilleux don à l'humanité. Une demeure pour les hommes et des millions d'autres créatures vivantes.
Au milieu de l'immensité céleste elle est comme une petite perle noyée dans l'obscurité profonde d'une mer de mystère.
L'homme ne sait pas apprécier ce qu'il a. Il ne se rend pas compte de ce qu'il a.
Ils ont un trésor. Au lieu d'en prendre soin, ils le polluent et le saccagent.
Nous pouvons souligner que nous sommes entourés de tout un monde de merveilles qui présentent une infinie variété de formes et de structures d'une complexité stupéfiante.
Les usines de la nature sont en fonction vingt quatre heures sur vingt quatre heures....
Au delà de tout cela, s'il est vrai que les animaux font des choses étonnantes, guidés par leur instinct défini à l'avance et de façon permanente, ils ne peuvent absolument pas rivaliser avec les humains..
Le cerveau, dont la souplesse de celui-ci leur permet de penser, d'agir et de construire continuellement à partir des connaissances acquises.

Un temps de reflexion...
L'homme pense dans l'abstrait, se fixe consciemment des objectifs, fait des plans pour les atteindre, se met à l'oeuvre pour les réaliser et éprouve une profonde satisfaction quand il y parvient.
Créé avec des yeux pour admirer ce qui est beau et des oreilles pour apprécier la musique, ayant le goût des arts, le besoin d'apprendre, une curiosité insatiable, et une imagination inventive et créatrice, l'homme trouve la joie et le contentement dans l'usage de ses dons.

                                                                                                                                        ... / ...

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Vendredi 23 mars 2007 5 23 /03 /2007 19:06

Il rencontre des problèmes, mais il est heureux d'utiliser ses capacités mentales et physiques pour les résoudre.
Il est également doté d'un sens moral qui lui permet de déterminer ce qui est bon ou mauvais, d'une conscience qui le travaille lorsqu'il s'écarte de la voie droite. Il connait le bonheur de donner, celui d'aimer et d'être aimé.
Toutes ces activités augmentent sa joie de vivre et apportent un sens et un but à son existence.

L'homme a conscience de sa petitesse lorsqu'il admire les plantes et les animaux, la majesté des montagnes et des océans ainsi que l'immensité d'un ciel étoilé. L'ordre logique et l'évidente beauté du monde physique nous parle d'intelligence.
A l'image des ruisseaux, des rivières et des fleuves qui alimentent sans arrêt la mer, les souvenirs, les pensées, les images, les sons, et les sentiments prénêtrent constamment l'esprit des humains.
Plus long ils  en savent sur l'univers, plus ils réalisent combien ils en savent peu.
L'homme est doté de l'imagination. En la mettant au service de ses semblables, il détient le secret de faire disparaitre tout ce qui l'accable...

= Alors... ce monde différent, c'était un simple rêve ?
- Pas du tout. Chaque humain doit cultiver son jardin. Veiller à son entretien. Oter les mauvaises herbes.
  Et empêcher les prédateurs de les envahir.
= Quel jardin ? Quel est son nom ? Où est-il ?
- Il se situe dans le siège de ses mobiles. C'est lui qui fait battre sa vie. Qui l'anime. Qui lui donne du
  tonnus. Dans ce coeur là, il y a un merveilleux jardin qui a pour nom : "amour" !
Ce jardin de l'amour a besoin de soins et d'entretien quotidien.
Il faut en arracher les mauvaises herbes qui s'appellent : "violence", "haine", "racisme", "préjugés", "orgueil", "mensonge"... et bien d'autres encore.
Il faut les remplacer par les graines qui ont pour jolis thémes : bonté, paix, douceur, bienveillance, patience...
Les prédateurs eux ont trouvé une entrée facile à pénétrer. Et ils n'hésitent pas à en forcer le blindage le mieux fabriqué, pour peu qu'on laisse cet aspect sans surveillance.
Cette entrée se nomme "l'esprit" !
Avez-vous remarqué combien ces prédateurs sont subtils et malins, losqu'ils se présentent ? De vrais vendeurs de sommeil mental. Rien ne les arrête. Leur cible privilégiée se sont avant tout les jeunes jardins, tout frais plantés. Leur robustesse n'est pas encore au fait de leur maturité. La proie est donc facile à dévorer.
A travers certaines musiques, ou film, de la mode, de préjugés, sans parler de tout ces marchands du plaisir, les hommes ont fort à faire pour donner tout ce qu'ils ont, afin de protéger leurs beaux jardins.
Une très grande poignée parmi eux y arrivent.
Alors, qu'attendez-vous pour aller suggérer aux autres de faire comme vous ?

= Entendu ! Je vais me mettre en route pour leur dire qu'ils partent à votre recherche.

Maître Sagesse et Pensée solitaire ainsi se quittèrent-elles en de bons termes. Heureuses l'une et l'autre. La Sagesse parce qu'une fois de plus elle a trouvé la possibilité de donner, et la pensée, celle de se laisser corriger.

Par sonja - Publié dans : Une histoire... des histoires...
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Lundi 9 juillet 2007 1 09 /07 /2007 05:54
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Après midi détente. Après midi reflexion. Après midi impression....
L'heure de la sieste s'est éloignée, le temps de la pétanque est arrivé. C'est dans un cadre sympathique que ces messieurs vont passer aux choses sérieuses. 

Traversons quelques rues, pour rejoindre le lieu d'un rendez vous particulier. Nous y voilà. Un petit attroupement est déjà sur place. Une petite salutation à la ronde... on forme les équipes.
Le cadre est assez étonnant. Notre regard exploitera les lieux. C'est ici une place très spacieuse, à proximité d'un chantier.  Une terre battue que ces hommes ont un peu retourné et sur laquelle ils ont fait quelques travaux pour rendre le terrain plus egal. Il vaut mieux s'imposer en travaux qui feront la différence, pour ces heures passées à concourir. Un terrain de jeu pour pétanqueurs.

Une mosquée s'élève, proche. Mais au delà, côté sud, s'étend un champ de blé doré.  Coupé par l'autoroute, il laisse place au delà, à du vert intense. Ce sont les courbes d'une montagne qui s'éloigne. La forêt qui la recouvre pose sont cadre. 
Côté nord ouest une partie de la ville s'étend, et découvre quelques locaux commerciaux.
En est, il y a l'espace occupé par le siège d'une administration.
C'est au centre de tout cela que le terrain vague appartient désormais à ces sympathiques joueurs.
Où sommes nous au fait ?
Je ne vous l'ai pas encore dit ?
Mais à Bouira bien sur !
Vous ne connaissez pas Bouira ?
Venez... une petite visite...

Ce qui frappe dès qu'on met ses pas dans la ville, c'est la foule nombreuse. Une foule qui ne semble jamais vouloir rentrer chez elle. C'est un foisonnement humain. Il n'y a que le vendredi que tout semble s'arrêter de vivre.
Magasins, terrasses de café, parc, tout est sujet à rencontres. Circuler dans cette ville souriante c'est du soleil pour votre journée. C'est déjà une grande ville. Universitaire. Spacieuse, qui a elle aussi sa cité d'immeubles qui se succèdent. La visiter demande un peu de temps.
Devant elle se dresse l'une des faces du Djurdjura. Une montagne fantastique. Impressionnante. Imposante. Parfois, telle une mariée, une traine enneigée recouvre son sommet. Une verdoyante vallée s'étalle à ses pieds. Des champs à perte de vue.  Des petits villages courent tout autour. Ou s'accrochent à flan de montagnes qui entourent cet environnement délicat. Une terre qui accroche le regard.
Lorsque vous vous mêlez aux habitants des lieux c'est déjà l'envoutement. Un réel plaisir d'observer et de se fondre dans la foule. La place centrale de la ville nous offre ses deux terrasses de cafés des deux côtés de la rue. Vous pourrez aussi rentrer dans sa petite bibliothèque-librairie. 
Mais aussi dans quelques commerces qui aura attiré votre attention. Si vous suivez l'une de ces rues, vous rencontrerez quelques patisseries qui vous feront un peu saliver. Elles offrent une variété de petits gateaux aux gouts miel. D'autres aux goûts amandes ou noisettes.
Des salons de thé, avec du vrai thé à la menthe. De petits restaurants sans grande prétention, mais un accueil généreux en sourires. Tout est à découvrir dans cette ville. Elle mérite le détour.

J'ai un peu oublié les joueurs de pétanque... tien, les voilà avec autour de la partie déjà bien commencée, une petite foule qui s'impose observatrice. A Bouira, on a le temps d'observer. Tout son temps... et puis en cette période de vacances, la vie simple de tous les jours, regroupe ainsi les flâneries des uns et des autres.
Le ciel bleu témoigne de l'heure paisible. Les boules claquent parfois. Elles glissent. S'approchent du but. On va vite regarder qui a pris le point. Des sourires et de grandes discussions. Un après midi comme un autre.
Les hommes s'occupent. Une vie simple, pour ces hommes qui ont pris des habitudes.

Ces rencontres m'ont été racontées hier encore, par un ami qui me parle de son quotidien, très régulièrement. Des discussions délicieuses sur sa ville ou ses environs. Ou des discussions tout court.
C'est ainsi que je me suis accrochée à cette histoire qui me permet d'imaginer ces rencontres dans un cadre que j'ai connu, lors de mon séjour en Algerie. Seul ce lieu je ne l'ai pas repèré, puisque ces jeux de pétanque n'ont commencé, qu'il y a peu de mois. Mais c'est un sujet qui me fait sourire lorsque j'interroge mon ami Rachid sur ces rencontres.
Mon séjour en Algerie a décidemment laissé en moi un souvenir marquant. Tout ce qui s'y passe m'interpelle.
Même ces petites choses qui font parties du quotidien de ses habitants.

J'aime, car mon monde imaginaire se met en place dès qu'on me raconte...

Bon, je m'éloigne lentement... pour ne pas perturber cette interessante partie.
Mais si un jour vous allez du côté de Bouira, et que vous rencontrez ces joueurs du dimanche, saluez les pour moi. Dites leur que mes pensées sont toujours dans leur ville accueillante...

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Par sonja - Publié dans : Une histoire... des histoires...
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Dimanche 5 août 2007 7 05 /08 /2007 14:44

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                    Le soleil vient de s'écraser à l'horizon. Il a laché des éclats flamboyants, en rayons corolles. 
C'est étonnant ce que la couleur peut produire comme plaisir sur l'iris de notre oeil. C'est un réel bien être. Il soulève notre mental. Il le stimule. Les dégradés d'un coucher ou d'un lever s'installent graduellement dans un ciel qui semble se rapprocher de nous. C'est fabuleux. 
J'ai regardé un bon moment toutes ces couleurs vives, ou fluorescentes. Depuis le quatrième étage de chez ma fille la vue sur la couronne de montagnes que nous avons, est assez sympathique. 
Voilà, il est l'heure de tenir ma promesse. Je vais sortir ce soir, avec Aurélien. Sa maman est invitée à un anniversaire, la soirée nous appartient. Il en trépigne de bonheur.
Main dans la main, nous commençons à arpenter les trottoirs. On traverse le Parc des Promenades. Les bancs sont presque tous occupés. On discute. On partage. Il commence à faire frais, l'endroit est agréable.
Une petite brise secoue le feuillage qui ne se fait pas prier. Deux chiens sautillent. 
Me voilà face au Mac'Donald. Il me réclame des frites... à pareille heure. Après son repas pas question.
Nous prenons l'une des routes piétonnières pour flâner jusqu'au bout. Le temps pour Aurélien de sauter, grimper, se poser. 
Il y a du monde sur les terrasses de cafés.
Nous dépassons la Taverner Alsacienne qui est pleine. Pas une seule place. Cela sent encore la cuisine.
Ca cause... Ca rit... Ca plaisante... 
Direction le Théatre pour la pause. Les chaises d'un autre café juste devant le Théatre. Aurélien s'installe sur l'une d'elles. Il m'y invite. Je lui ai expliqué que je n'avais pas l'intention de consommer. C'est sur l'une des marches que je m'asseois et prend un peu de cet air frais qui circule entre les rues.
Mon petit indien d'Aurélien commence sa petite course de marches en marches. Des va et vient à n'en plus finir. Quelle énergie ! 
Le crépuscule assoupie peu à peu la ville. Enfin Aurélien s'est posé sur l'une des marches devant moi. Il s'allonge et commence à débaler son sac à questions. Je ne sais si j'ai bien répondu à toutes. Ensuite il a voulu jouer au jeu des voeux. Des souhaits. Des "souhaites", comme il dit. Car un peu plus tôt nous avons parlé des étoiles filantes. 
Il en avait des voeux à formuler. Il m'a demandé quels étaient les miens. Pas l'habitude d'en avoir. Mais il n'en demordait pas. Il a fallu que je lui en sorte deux ou trois.
Et puis il est reparti dans ses courses. Quel souffle !
Les roannais du soir circulent... ils ont laissé leurs voitures pour investir les trottoirs. Le fond de l'air est calme. La ville est en somnolence. Et moi en vacances. Du moins j'essaie, avec ce petit indien à mes côtés. Juste pour cette soirée...
Vingt deux heures sonnent, il est l'heure du retour. Il est fatigué il me dit. 
Je lui montre Venus dans la constellation du Cocher, pour ce soir. Les étoiles etincellent. Les unes après les autres s'allument. Un ciel complètement degagé. Les amoureux des étoiles vont se régaler...
Retour donc, avec un Aurélien qui me reproche de ne pas avoir pris la poussette. Monsieur est fatigué. Il aurait voulu que je lui mette les quatre roues sous lui.  Le petit "ronchon" s'asseoit tout les vingt mètres.
De rues en rues, nous voilà de nouveau à traverser le parc. Il fait nuit à présent, mais il y a bien du monde ici. Les gazouillis des oiseaux sont remplacés par des discussions interminables.
Il est l'heure d'aller au lit pour mon drole d'oiseau.
Ouf ! je suis arrivée

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Vendredi 10 août 2007 5 10 /08 /2007 08:25
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Le soleil vient de s'éteindre. Ses flammes il vient de lacher. Elles lèchent l'horizon, se noient dans la mer. Sa lumière il vient de cacher. On ne peut que regarder, longuement... l'émotion s'installe dans nos entrailles. On en pleurerais tellement c'est beau. Retenir ces dernières flammes. On ne le peut...
Mais on sait une chose, qu'avec la régularité qui lui est coutumière, l'astre du jour sera encore là demain.
Il s'amuse à revenir, pour réchauffer nos coeurs. Il sait qu'il nous fait du bien...

Un jour il est parti. Son éclat s'est éteint à son tour. Des couleurs chaudes il a laissé derrière lui. Je les revois encore, lorsque ma mémoire les appelle. J'en souris, car il avait dans les yeux, le pétillant d'une malice d'enfant.
Le rire et l'humour faisaient partis de son temperament. Seul son regard s'évadait parfois, lorsqu'il ne se sentait pas observé. Vers des horizons qui lui appartenaient, il s'éloignait...
Il n'a pas fait comme le soleil. Lui, il n'est plus revenu...

Je le revois encore sur une chaise, ses lunettes posées sur son nez. Il lit comme on est affamé. Chaque page il investi. Il ne laisse rien au hasard. Il aime savoir. Il s'interesse à l'actualité. Il la commente...
Le ciel et les étoiles, dans un coin de sa tête il les a encore. Il m'en parle avec toujours cette passion que je lui reconnais. Il me dit leur place. Leur évolution. La nature en révolution, il m'en dit les causes.
Les nouvelles scientifiques n'ont même pas de secrets pour lui. Il ose en débattre même avec ceux qui en savent plus que lui. Parfois, il met en demeure son interlocuteur d'apporter des arguments fiables. Mais il connait déjà les réponses. Je me suis souvent demandé comment dans sa tête il pouvait tenir autant d'informations...
Il a aussi des petits trucs pour rendre plus pratique notre environnement. Notre quotidien, il l'explique de façon à ce qu'il nous simplifie la vie. Il n'est jamais pressé. Ni même en colère. Mais comment il fait ?
Il aime la nature. Il m'a toujours dit qu'il ne fallait pas lui faire de mal. De la respecter. De la soutenir. De ne pas l'envahir. Même une fleur, ne pas cueillir...

Je le revois encore sur une chaise, les coudes sur un coin de table. Une plaque de bois installée devant lui. Avec sa lame il creuse, fait des courbes, des traits, pour suivre le dessin qu'il a déjà tracé. Il invente un paysage, ou une idée sur son tableau. Lorsqu'il sort ses peintures, pour donner de la couleur à sa nature, ou à ses personnages, c'est de la magie qu'il dépose sur son morceau de bois. Il exprime son monde interieur. C'est ainsi que j'ai découvert qu'il a aussi des cauchemars en lui. De la colère jamais exprimée. De l'amour accrochée dans un coin de coeur.

Je le revois encore sur une chaise, un peu penché, pour me raconter...
Son enfance... sa jeunesse gachée par la guerre. Sa fuite de son pays pour gagner la frontière en douce.
L'Espagne ne voulait plus de lui. La France terre d'accueil, pour fuir l'horreur. Du moins c'est ce qu'il croyait. Mais ce n'était pas l'époque où on s'embarrassait de sentiments. La France l'a envoyé dans un camp de concentration, quelque part du côté de la frontière. Il ne voulait pas se battre, son refus n'était pas acceptable. 
Il ne serait libre qu'à condition de rejoindre les rangs. La France réclamait sa participation à l'effort de guerre s'il voulait échapper à la machine à broyer les hommes. Quelle drole de liberté ! Il a du s'enroler contraint et forcé... comme beaucoup d'espagnols, à l'époque.
Il a même du signer pour sept années dans la légion étrangère. Avec une préparation d'évasion qui lui a couté très cher. "Maudite guerre" disait-il !
Il n'a rien oubié. Il en parle avec degout. Une souffrance dans les yeux. De la haine pour tout ce qui porte pour nom "guerre". Cette seconde sâle guerre il l'a faite. Il revient souvent là dessus. Comme pour eloigner de lui le cauchemar qui le poursuit depuis toutes ces années. Il a vu la mort à côté de lui. Et la violence des gradés sur ses compagnons et sur lui même. Un traitement qu'on ne voudrait même pas pour son chien. Des humiliations à répétitions. Il m'a raconté toutes les cruautés auxquelles un humain peut toucher lorsque le mot "guerre" est ecrit en lettres de feu. Il m'a dit les mensonges et l'hypocrisie de l'administration d'un gouvernement sans etat d'âme, quand il fait passer ses interêts avant celui de l'être humain. La guerre deshumanise me disait-il. Elle n'a rien de propre. Les causes qu'elle defend ne se justifient jamais. Ce sont les soldats qui donnent de leur chair, et les gouvernements qui récoltent le bien être matériel. Tous ces soldats furent oubliés après cette guerre.
Il a du se battre à l'heure de la retraite, pour faire reconnaitre sa participation à la defense de la nation française. Par obligation. Le petit revenu qu'on lui devait, il a du l'arracher à l'administration... tout comme sa retraite alors qu'il a travaillé plus de 40 années. Une retraite sociale... parce que l'administration a perdu, ou semble avoir perdu certains documents anciens... mais ceci est une autre histoire.
Au Maroc, puis en Algerie, il a travaillé dur. Il a même travaillé pour la gloire parfois... car certaines entreprises ne le payaient pas toujours. Mais il n'était pas le seul dans ce cas. Des entreprises dont j'ai vu qu'elles portaient encore leur nom, lorsque je suis allée en Algerie. Ces gens qui s'enrichissent sur des hommes qui n'ont aucun recourt judiciaire. Car c'est toujours celui qui est lésé, qui doit prouver qu'il a bien travaillé pour telle entreprise.
Je l'ai toujours connu sur les chantiers. Et à l'époque on ne donnait pas 35 heures au patron.
Ces entreprises qui ont toujours pignon sur rue, ont brisé bien des hommes et des familles...
Il me parle aussi de ça, quelquefois.

Je le revois encore sur une chaise, pour me raconter des blagues. Des histoires invraisemblables qui font sourire. Aux enfants, il montre ses tours de magicien. Aux dames, il les charme... mais oui, encore. Son humour faisait craquer ces dames. Un humour delicat. Il aime qu'on l'écoute. Qu'on le prenne au sérieux.
Il aime la vie je crois. Quand l'ai-je vu se plaindre ? Je n'ai aucun souvenir à ce propos...
Il ne laisse pas de place à l'ennui. Il s'occupe toujours.
Je le surprend parfois sur le fauteuil, s'assoupissant. Un repos bien mérité. Le sommeil de l'enfant, où tout les cauchemars ont disparu. Il semble appaisé. Il retrouve la paix dans cette fatigue qui lui a fait fermé les yeux.
Je le regarde un peu, puis je m'éloigne sur la pointe des pieds.

Il n'est plus là aujourd'hui, mais je le regarde toujours comme il était. Plein de sourires dans les yeux. En quête d'une nouvelle sottise enfantine ? C'était un grand farceur... il aimait taquiner aussi.

Mon père s'en est allé comme il est venu. En silence. Sans bruit. Sans gêner son entourage. Il n'a jamais voulu prendre une grande place.
Mais son eclat, tel le coucher du soleil, va encore longtemps irradier nos mémoires. 
Il ne reviendra plus lui...


Par sonja - Publié dans : Une histoire... des histoires...
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Lundi 13 août 2007 1 13 /08 /2007 15:36

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Beau. Racé. De la fierté dans la grâce. L'allure élégante, à petite foulée ou à l'arrêt. 
Musculature puissante dans le mouvement. Delicate silhouette. Sa robe lumineuse pour parure. 
Sous un regard curieux, de la tendresse plein le temperament.

La plus belle conquète de l'homme. Son plus ancien compagnon. Il l'a suivi dans bien des batailles. A tiré sa charrue. A porté ses corvées. L'a fait voyager à l'étranger... L'a servi dans bien des domaines. 
Lorsqu'on regarde un cheval dans les yeux, ce sont des vagues d'émotions. Il semble vouloir nous dire bien des secrets. Un langage muet qui attire l'homme. Une douceur qui nous porte à vouloir le caresser. A lui dire des mots. 
Tendre animal, tout en force.
Il incarne la liberté. C'est sans doute pour cela que l'homme a privilégié ce besoin de conquérir l'animal...
Au trot il est magique. Leurs jeux sont de la couleur pour celui qui observe ses ébats.
Courant sur un tapis vert, ou sur le sable au bord de  la mer, c'est du plaisir plein les yeux.

Moi aussi j'aime cet animal. Il me parle d'espace. D'échappées. De balades. De découvertes.
J'aurais aimé cotoyer cette bête magnifique. L'avoir prêt de ma porte, et chaque matin plonger mon regard dans le sien. Un bonjour amical, pour un compagnon différent.
Ne jamais le monter. C'est une chose que je n'ai jamais faite. Je n'ai jamais pu, une seule seconde, songer à peser sur le dos de l'animal. 
Ma tête m'a toujours dit qu'il était né pour être libre. Complètement libre. 
Tel l'aigle qui s'élève sans entrave, le cheval je l'ai toujours vu s'échappant au grè de ses envies. Courant et jouant avec ses compagnons, sans aucune barrière. 
Il est fait pour être caressé. Regardé à notre guise. Le suivre dans ses sorties. Sourire de ses sauts gracieux.
Il est appaisant à regarder.

Parfois je vais à sa rencontre dans son enclos, aux alentours de Roanne. Il y a deux harras proches de notre ville.
Lorsqu'ils sont en liberté derrière le fil qui defini les limites de son paturage, je m'approche pour une cour silencieuse. Lorsqu'ils sont plusieurs, ils s'approchent curieux. Viennent évaluer l'humain qui se tient devant eux.
Ils me font les yeux doux. Cherchent le geste affectueux. Parfois, un seul reste là, devant moi, pour continuer sa jolie discussion. 

Un jour j'ai fait la connaissance d'un cheval que je rejoignais régulièrement, lorsque je partais en vélo du côté de la campagne. Une petite demi heure avec lui, avant de m'éloigner. Au retour je lui donnais de nouveau de mon temps. J'ai fait cela durant plus de trois années. Il me voyait de loin et venait à ma rencontre au trot. Mais s'il avait le dos tourné, ou était occupé sur son carré d'herbe, alors, je le sifflais. Il levait sa tête et arrivait sans tarder.
Il avait fini par reconnaitre mon coup de sifflet. Quel plaisir que d'aller le retrouver au moins une fois par semaine.
Je l'ai présenté à deux de mes amies, qui ne voulaient pas croire qu'il venait en courant, dès que je l'appelais ou qu'il m'apercevait de loin....
Mais je pense que nous pouvons lier de tels amitiés. Et avec n'importe quel animal. Ce qui m'est aussi arrivé avec des oiseaux. Je vous raconterais cet autre épisode, un autre jour. 

Un cheval c'est assez extraordinnaire comme amitié.
Si vous en possédez un, sans doute savez vous de quoi je parle...

Mon ami le cheval, un jour il a disparu. Je ne l'ai plus revu...

Par sonja - Publié dans : Une histoire... des histoires...
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Mercredi 29 août 2007 3 29 /08 /2007 10:57
Un jour, je me suis amusée à demarrer un carnet de bord sur Aurélien. Ce petit indien de petit fils...
Des pages au fil de mes contacts avec lui. Mais que j'ai un peu rendu "bonne humeur".
Je fais parler Aurélien... du moins, mon imagination s'amuse parfois à faire réagir des personnages.
Fictifs ou pas.
Voici des extraits...

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On m'appelle Aurélien.
Non ! Je suis Aurélien. Il a fallu que je m'habitue à mon prénom. Mais cela ne s'est pas fait tout seul. Et bien oui, c'est qu'on ne m'a pas tout de suite dit que c'est ainsi que je me nommais. Les adultes sont incorrigibles. Je suis passé de "titou" à "grenouille", et puis "gratounet" sans oublier "pitchoun". Je sais bien qu'ils ne s'arrêteront pas là... Ils vont tout oser.
Ils en profitent parce que je suis un bébé et que je ne maitrise pas encore leur langage. D'ailleurs, parfois je trouve leur langue d'un barbare... Ils ne se rendent pas compte que je ne comprends pas encore ce qu'ils me disent. J'ai ma petite vengeance. Eux non plus n'arrivent pas à saisir ce que je veux dire. J'embrouille leurs idées, ainsi que leur faculté de compréhension. Pour la toute petite chose que je suis, je suis fort.
Il ne faut surtout pas qu'ils s'imaginent que je lacherais prise sans me battre...

Comment ai-je démarré dans la vie ? Cela a été un peu difficile, croyez-moi.
On voulait absolument que je sorte du ventre de ma mère. La dernière demi-heure fut terrible. En plus de cela, il y avait foule dans la salle de "travail", comme ils disent. Au départ il n'y avait que la sage femme et ma grand-mère. Puis une infirmière est venue s'ajouter. Elle  voulait assister à l'accouchement. A mon arrivée quoi !
Un interne est venu lorsque la sage femme a commencé à paniquer. J'étais pourtant bien dans le ventre de ma maman, moi... C'est alors qu'ont débarqué deux artistes de la maternité, qui se sont mis à hurler des ordres. A la sage femme, qui, soit dit en passant était outrée par le manque de précaution évidente du medecin qui n'avait pas mis les gants chirurgicaux. Ce que lui a fait remarquer la sage femme. Venir me chercher sans gants, quelle drole d'idée. Quand à l'autre accoucheur, il croyait qu'en hurlant et en appuyant sur le ventre de ma maman cela allait changer quelque chose. De vrais sauvages ces deux là...
On a même demandé à ma grand mère de quitter la salle. Mais elle a fait sa forte tête. Elle voulait savoir ce qu'ils allaient faire.
Ces droles de medecins n'ont pas été les seuls à s'emporter. Je ne vous dis pas après ma naissance, les reflexions qui ont été faites à ma maman.
Bon, j'en ai eu marre de tout ce tintamarre, alors j'ai fait une sortie très apréciée par maman et mamie.
J'ai senti leur soulagement. Je crois bien que mamie avait envie de frapper quelqu'un vu le regard noir qu'elle a jeté aux deux medecins. Je n'ai pas trop compris pourquoi... Avec les adultes c'est toujours comme ça.
On ne comprend pas tout. Mais vous croyez qu'ils  vous expliquent ?
Non, pas du tout. Ils ont pleins de secrets. Et nous on attend, on allonge nos oreilles, on veut comprendre.
Mais on est trop petits, jusqu'à longtemps...
Ce que j'ai trouvé génial à l'hopital, c'est d'être couché à côté de maman. J'entendais sa voix toute la journée. Elle riait aussi, beaucoup, avec sa  voisine de chambrée.
Je n'avais jamais reçu autant de calins avant de naitre. C'est bon d'être dans les bras de maman. Elle me disait des choses extraordinnaires. Mais je ne les répêterais pas. C'est notre secret !
Et puis j'ai reçu des visites. Beaucoup de visites, pendant cette semaine là. Ils croyaient que je dormais, mais j'entendais tout ce qu'ils disaient.
Ce que j'ai préféré dans ces allées et venues ? Les cadeaux, bien sur !
C'est là également que j'ai fais la connaissance avec tati Séverine. Elle est très jolie. Sa voix est douce.
Mes cousins ont de bonnes bouilles. Ils me font bien rire. J'aime les avoir autour de moi. Ils me disent énormément de choses. lls veulent aussi jouer avec moi. Heureusement, les grandes personnes leurs demandent d'être patients. Ouf !
Mais vous verrez mes cocos, dès que je pourrais courir...

Ah ! on quitte l'hopital pour aller habiter chez ma grand-mère. C'est sympa chez elle. Un peu trop petit peut-être. Bon, je ne vais pas commencer à avoir des exigences. J'attendrais quelques mois...
Je suis bien dans mon couffin tout blanc. Avec de la dentelle partout.
Ici c'est la sécurité et il y a moins de bruit qu'à la maternité. C'est un autre train de vie. Je me laisse couler au rythme de mes biberons et de mes nuits.
Maman n'est pas encore rassurée lorsqu'elle me déshabille, ou qu'elle me change. Quand à la séance baignoire, cela a été affreux au debut. J'ai un peu bu la tasse quelquefois. Pourtant, maman avait des gestes doux et pas très energiques. Mamie elle, c'était tout le contraire. Ca ne trainait pas. Ca ne rigolait pas. Il fallait que cela tourne rapidement. Moi je préférais le calme de ma maman. Mais comme on ne me demandait jamais mon avis...
J'ai été très admiré. Il parait que je suis le plus beau. Je pense qu'ils ont raison car ils n'arrêtent pas de me le répêter. Je crois que je fatigue beaucoup maman. C'est qu'au fur et à mesure j'ai grossi, j'ai grandi... et mes exigences se sont faites plus tendencieuses.
C'est chouette lorsque maman me prend dans ses  bras et qu' elle me console de mon chagrin. Maman et grand-mère s'imaginent que je suis devenu un excellent comédien. Porutant, c'est vrai qu'il m'est arrivé d'avoir mal au ventre ou à la tête. 
J'étais toujours propre, mais on peut aussi pleurer parce qu'on a envie de  bisous. Vous ne croyez pas ?
Est-ce qu'on m'a dit que c'était interdit ?

Tiens, aujourd'hui on m'a apporté un grand lit. Il y a des  barreaux partout. J'ai cru un instant qu'on m'avait mis en cage. Il parait que j'ai encore pris des centimètres. Je me sens bien et le matelas est génial. On m'a calé entre ses deux bosses. J'ai quelques animaux comme copains pour mes jours et  mes nuits. 
Je ne bouge pas trop encore, mais je regarde et j'attends de pouvoir jeter mes jouets parterre. Il parait que les grandes personnes aiment ramasser et  ranger les jouets de leurs enfants.
Parfois on me demande de sourire ou d'attraper des choses. On vient aussi fouiller dans ma bouche pour savoir si j'ai une dent. On veut que je m'assois, que je me tienne debout. Dans mon  bain on voudrait que je fasse déjà des vagues. Ils ne sont pas possibles. Encore un peu et ils vont me demander de parler "anglais".
Je veux bien sourire, si ça leur fait plaisir... Je sais très bien pleurer. Alors, c'est ce que je vais faire le plus. Ils seront ravis. Là je suis imbattable.
Il m'arrive de rejeter mon  biberon en pleine nuit. Ce n'est pas rigolo car maman est obligée de me déshabiller et de me baigner. Ce qui m'amuse par la suite, c'est qu'elle se met à faire le ménage du lit, et du sol. A des heures qui dépassent l'entendement. Grand-mère et moi on la regarde, en attendant que mon lit soit propre. C'est du sérieux croyez-moi cette demi-heure là ! Ensuite, maman doit me bercer ou chanter quelque chose pour m'endormir. Quelle pause agréable. Je peux voir maman à toute heure du jour et de la nuit. C'est d'un chic ! Mais je ne vous dit pas la tête de maman...

Avec maman, nous allons régulièrement chez les cousins. C'est ma balade préférée. Tout le monde s'occupe de moi. La première fois que j'ai entendu la voix de tonton Patrice, j'ai eu un peu peur. Pourtant, j'aime cette voix. Mes trois tontons ont eu un peu la crainte de me tenir entre leurs bras, les première fois.
Moi, j'étais bien. Ils sont forts, et j'ai confiance.
Il y a aussi Léo chez tati Séverine et tonton Patrice. C'est ce chien un peu rasemotte qui aime donner des coups de langue. J'ai envie de le caresser, mais les adultes ne m'y autorisent pas encore. Je ne sais pas pourquoi. Il me fait rire Léo, surtout lorsqu'il se met à courir derrière Clément ou Corentin, mes cousins.
C'est une concurrence serrée entre mes trois cousins. Surtout lorsque Camille me garde sur lui. Ils veulent tous me prendre dans leurs bras. J'ai un succès fou. Ma tati Séverine m'endort quelquefois, tout contre elle. Elle sent bon, et c'est chouette. 
Chez ma tati et mon tonton, je ne m'ennuie jamais. C'est que mes cousins en mettent de l'ambiance. J'ai hâte de pouvoir courir avec eux.
Tonton David je le vois bien moins, mais il est très sympa avec moi. Il me parle beaucoup, mais je ne peux toujours pas parler. Tout juste gazouiller... comme ils disent. Lorsqu'il debarque avec tati Sara, elle aussi voudrait que je lui parle.
Croyez moi, des fois c'est fatiguant, tous ces gens qui vous admirent...
Tien, on dirait que tonton David voudrait avoir un bébé à lui, depuis un certain temps. J'espère qu'il y réfléchira à deux fois... moi je veux rester l'unique dernier pendant encore très longtemps !
Oui, vous comprenez, ensuite, tous les sourires ne seront pas que pour moi. 
Ce serait trop injuste !

Le temps passe très vite. Maman et grand-mère semblent très fatiguées. Ce n'est pas à cause de moi evidemment. Sinon, elle ne me ferait pas autant de sourires. Elles ne m'emmèneraient pas en promenade, ou chez les cousins.
Elles ont tout de même mauvaise mine. Elles devraient se reposer un peu plus au lieu de s'agiter autant, autour de moi. Je n'en demandais pas tant... 
Lorsque je pleure ou que je grogne, c'est à cause de mes futures dents, ou parce qu'on ne réchauffe pas assez vite mes repas. Depuis que je mange à la cuillère, je trouve que le service laisse à désirer. Il y a des choses que je n'aime pas particulièrement. Alors, quand on insiste, forcement, je finis par faire des  bulles.
Maman se met un peu en colère. Je me demande bien pourquoi ?

Aujourd'hui on va faire une très grande promenade.
Depuis hier soir maman n'arrête pas de remplir des sacs de voyage. De préparer des tas d'affaires. Quel bazard !
J'aime faire de grands tours en voiture. Le problème c'est que je n'ai pas tellement le temps d'observer la nature. Je m'endors très vite dès que l'on roule.
Tonton vient d'arriver. Oh ! il demonte mon lit. C'est donc qu'on deménage. J'étais pourtant très bien dans cette maison. Bon, je ne vais pas discuter avec les adultes. Ils ont de drôles de réactions si on n'y prend garde.
Tout le monde a pris son repas. Prêt pour le voyage !
Tonton Marc a bourré sa voiture. Je me demande bien où est-ce qu'ils vont pouvoir me ranger à mon tour...
Je m'attends à tout, surtout lorsqu'ils ne demandent pas mon avis...
Ma mamie semble très contente de me voir partir. Elle n'arrêtait pas de me faire des  bisous. Mais moi j'en avais assez. Trop c'est trop !
Et voilà, je me suis endormi. Je suis deçu.
On m'a amené dans une autre maison.
Oh ! Super ! Elle est très grande. C'est la classe ! 
Quel accueil ! Tati Cécilia, mes cousines Manon et Amandine m'attendaient. Fin de la promenade et je suis en pleine forme. Tien, ce n'est pas le cas de maman et de tonton Marc.
Moi je suis très satisfait de faire une halte ici à Pierrelatte. Il parait que c'est loin de Roanne.
Tonton est en train de monter mon lit. C'est dans cette chambre que je dormirais ce soir. Maman ne cesse  pas de parler avec sa soeur. Une vraie pie. Tata Cécilia est ravie de nous avoir. Cela se voit.
Grand-mère vient de téléphoner pour savoir si on est bien arrivés. On me la passe. Ils sont bien gentils, mais je ne sais pas ce que je pourrais lui dire. J'entends sa voix. Elle me dit plein de choses.
Silence... j'attendrais mon retour pour lui raconter notre fugue de la journée.
Les jours passent et j'ai comme l'impression que nous allons definitivement nous installer ici. C'est trop cool !
Ma cousine Manon est sans cesse autour de moi. Tati aussi d'ailleurs.
Tonton m'a semblé un peu timide au debut... mais c'est lui qui m'amuse le plus. Je crois  bien qu'il dit aussi des  bétises. Des petites, bien sur. Il me promène également dans ma chaise haute. Certains soirs, il m'endort. Il me fait rire avec sa voix. Il m'a présenté "Mistigri", la minette de la maison.
Dans cette maison, ma chaise va jusqu'au bout du couloir, les chambres, la salle de bain, et même sur la terrasse. Un vrai palace ! 
Je suis dans une chambre avec maman. C'es Manon qui nous a prêté la sienne. Elle nous a fait egalement une place dans son armoire. Je sens que je vais vraiment me plaire ici.
C'est vrai que ma mamie m'a un peu manqué, mais maintenant je me suis habitué. Et puis, tous les samedis et dimanche on lui téléphone. Je n'ai pas envie de lui parler, mais j'aime bien lorsqu'on me donne le téléphone. Je joue avec les boutons. Et je fais disparaitre la voix de mamie... c'est trop marrant !
C'est ici que j'ai fait mes autres dents. Je suis arrivé avec deux.
Je n'ai pas changé. Ici aussi je fais des cauchemars. Je réveille la maisonnée lorsque tout le monde dort profondemment. Pas de quoi s'affoler.
Dans la journée je suis très exigeant disent-ils.
Moi je ne trouve pas. Si je ne suis pas content, je le manifeste. Et puis c'est ma maman à moi. Je n'aime pas trop lorsqu'elle passe plus de temps avec les autres qu'avec moi. Elle s'ennuit de toute façon, si je ne lui donne pas autant de travail et d'occupations. Lorsqu'elle est au téléphone, là aussi je ne suis pas son unique attention. Ca m'énerve ! Donc, je le lui dis.
Je suis capricieux ? Chacun son tour...
On m'en a appris des tours ici. J'ai eu droit à des gentillesses de toutes sortes. Manon aide maman lorsqu'elle doit s'occuper de moi. Cette cousine, elle me faisait rire aux éclats.
Un jour, j'ai même pris mon bain avec elle. On a mouillé presque toute la salle de bain.
Maman et tati Cécilia riaient. On nous a pris en photo. J'espère que les éclaboussures d'eau se verront sur la photo.
Maintenant, dès que je suis dans la baignoire, je me mets sur le ventre et je nage. Le seul problème c'est que l'eau ne me recouvre même pas les fesses.
Comment voulez vous que j'apprenne à faire le crowl ? Voilà bien une idée d'adulte.

Maintenant on veut que je marche.
Lorsque je suis arrivé ici, on m'a introduit dans ce qu'ils appellent, un "youpala".
J'en ai fait des courses. C'était génial. Mais un jour j'ai cassé la belle plante de tati et on a commencé à avoir peur que je ne démolisse la maison et ma tête. Qui a dit que je voulais faire ça ?
Je refuse de faire mes premiers pas. Cela leur apprendra à me priver de mon jouer préféré.
Sur le sol, lorsqu'on me pose sur la couverture, ils s'imaginaient que j'allais rester prisonnier de cette petite surface. Moi, j'ai besoin d'espace.
Voici qu'il y a plein de choses à decouvrir dans ce salon. Sous le bureau de tonton, il y a des CD, des tiroirs, des boutons, des fils... et puis ma tante range des journeaux et des livres dans un meuble qui s'ouvre facilement. Sous la télé, il y a de chouettes petits objets garnitures. Puis encore des portes et des tiroirs partout. 
Ils ne  veulent pas que j'explore... Je ne comprends pas cet entêtement de leur part.
Il m'arrive de danser si on met une musique entrainante.
Ils aiment que je fasse des grimaces. Là, je leur fait plaisir.
Maintenant, ils voudraient que je dise des mots. Il me faut le temps de la reflexion. Je voudrais tout de même choisir ma langue. On ne peut pas ? Tant pis !
Il n'empêche qu'il me faut du temps. Là j'emmagasine. Mon ordinnateur mental tourne plein pot.
Je ne suis né qu'il y a 11 mois. Mais croyez moi, je vais un jour, vous etonner.

Cela bouge de nouveau, depuis quelques jours, côté bagage. Je crois qu'on se prépare à une autre évasion.
C'est le branle bas de combat. Encore les sacs de voyage...
J'étais très bien ici, et il faut qu'on reparte. C'est une vraie manie. On devrait acheter une roulotte, ce serait plus pratique. On ne serait pas obligé de vider et de remplir les armoires et les placards.
Les adultes ne font pas dans le simple...
Je me demande  bien chez qui nous allons cette fois-ci.

Me voici de retour dans ma maison de poupée, après un long parcours en voiture.
J'ai un peu fait ma comédie en cours de route. Je voulais faire une pause. Tonton s'est donc arrêté. Maman s'est occupée de moi. Ce qui n'était pas désagréable.
Je me suis réveillé sous le balcon de notre petite maison. Quel depaysement ! J'ai ouvert mes yeux dès les portes de la voiture ouvertes. Maman m'a planté trois brins d'une fleur à clochettes, blanches. Pas tout à fait réveillé, mais j'ai consenti à les donner à mamie qui nous attendait sur le pas de la porte. J'ai un peu résisté pour les lui remettre. Je croyais que la fleur du premier mai m'appartenait.
Ce n'est pas grave, mamie nous a accueilli avec un grand sourire. Aussitôt j'ai changé de bras. Je lui ai offert mon sourire le plus enjoleur.
Normal, elle me passe presque tous mes caprices. Il faut que je la ménage.
Nous voilà donc installés dans nos habitudes. Nous sommes un peu à l'etroit, mais on se marre  bien.
Mamie me permet des tas de coquineries. Surtout lorsque maman a le dos tourné.
Tonton David  est très gentil. Ils nous a offert un ordinnateur sur lequel maman joue avec des boules lumineuses, qui montent et descendent. Il y a aussi un joli dessin animé que parfois maman me laisse regarder. C'est que mamie n'a pas de télé.

Vous ne pouvez pas vous imaginer combien le temps est long dans une seule journée. Les adultes ne se rendent pas compte des difficultés que nous avons à essayer de meubler notre espace, nous les bébés. C'est vrai quoi !
Maman s'amuse beaucoup avec moi, dans la journée. Et même les nuits d'ailleurs. Elle se réveille en même temps que moi. Je me demande même si elle dort, car dès que j'ouvre mes yeux, même si c'est à deux heures du matin, elle est là. Des fois, elle râle, mais aussitôt elle s'occupe de moi. 
Jouer après minuit, c'est le top ! Vous devriez essayer
Mon premier repas debute autour des 7 heures. Le temps de digérer les bulles qui se posent dans mon estomac, et c'est le grand plongeon dans la baignoire. Maman aimerait bien que je m'endorme après le petit dejeuner, mais je résiste. Moi, je veux qu'on s'interesse à moi. 
Mais c'est fatiguant d'occuper les adultes. Sans moi, maman s'ennuirait.
Elle s'occupe de me préparer mes repas. Fait la lessive. Un peu de ménage.
L'etendage est toujours plein. Elles doivent énormément se salir, elle et mamie.
L'heure de la sieste, c'est terrible. Je n'aime pas trop. Avec un peu de bonne volonté, je m'y plie. A condition qu'on me balade sur ma chaise à roulettes. On arrive à m'avoir avec cette méthode particulière. Je dois avouer que c'est délicieux.

Un jour, on m'a offert un parc. Tout autour il y a un filet. Je me sens un peu à l'étroit. On m'y met dedans, et puis debrouille toi. C'est pas toujours cool. Malgré tout j'ai appris à courir, à me tenir debout, sans m'agripper autour du parc.
Il  m'arrive de tomber lourdement sur la plateforme, de ce parc à bestiaux comme le dit grand-mère.
Je me demande bien ce qu'elle veut dire...
On me met plein de jouets, que j'envois aussitot au sol. Avec le peu de place que j'ai, voilà qu'on y ajoute des choses. Je fais des courses mémorables, qui me font énormément rire. C'est tout de même petit.
J'y vais de mes larmes, lorsqu'on oublie que j'existe. Mamie ne me laisse pas très longtemps avec mon chagrin. Elle compatit. J'en abuse, bien sur. Mais je ne vais pas le lui dire. 
On peut tout faire croire aux mamies.
Maman se fache lorsqu'elle cède trop facilement à mes demandes...
C'est à désespérer des adultes.

Bon, je crois  bien que vous n'en saurez pas plus sur la suite. 
J'ai quatre ans maintenant, et toute mon histoire jusqu'ici, elle est bien gardé sur le cahier de mamie.
Mais peut être qu'un jour, elle vous racontera la suite...

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En confidence... les photos, ce n'est pas moi. Mamie, elle triche des fois...

Par sonja - Publié dans : Une histoire... des histoires...
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Mercredi 30 juillet 2008 3 30 /07 /2008 12:32

A l'heure où la journée vient de s'installer, "Lune de miel", auprès de sa mère déjeunant d'herbe grasse, renifle le sol, puis se désaltère.
Le soleil commence à grimper dans le firmament. Il illumine les prairies et offre ses rayons aux feuillages de la pature proche.
La douceur du ruisseau ombragé raffraichit nos deux sabottés.
Collé à sa mère la petite jument se laisse caliner.
La nature a fêté son arrivée, il y a très peu de temps.

Lune de miel se souvient que l'odeur humaine se mélangeait à celle de sa mère. Ils étaient là à aider la Rouquine. De leurs mains expertes, ils l'extirpèrent avec douceur, des entrailles de sa mère. C'est ainsi que Lune de Miel entra dans la vie. 
Aussitôt, elle se leva. Fragile et encore gauche sur ses pattes longilignes, elle dû trouver son équilibre.
Avec quelle douceur sa mère fit sa première toilette...
Tout lui paru démesuré. Mais très vite elle voulu découvrir son horizon. La paille sur laquelle elle piétinait commençait à lui sembler bien étroite dans cette étable.
Elle sentait cet air délicat venant du dehors. Le bout de ciel qu'elle voyait lui parut si beau. Elle apercevait aussi l'espace si grand, au delà de la cour.
Oh ! comme Lune de miel était impatiente de s'éloigner un peu !
Elle fit quelques écarts,  la projetant parfois au sol.
Difficile que ces pas que l'on arrache à ses petites forces.

Enfin, le jour vint où on ouvrit la porte devant elle. Elle ecarquilla si grand ses yeux, qu'un insecte malicieux se logea dans l'un d'eux. Elle secoua sa noble tête. Fit une embardée gracieuse, sur le sol de la ferme. Une poule s'enfuit en criant toute sa peur.

"Doucement belle Lune de Miel. Rien ne presse. Ton paturage est spacieux, et tellement vert. Tu pourra courir tout ton soul !"
D'un bond elle se retourna, et vit à quelques pieds de sabots d'elle, ce qui lui semblait être son jumeau.
"Qui es-tu, et comment sais-tu tout cela ?"
"On m'appelle Flamme. Et je ne suis né que quatre jours avant toi"
"Sommes nous frères ?"
"Bien sur que non. Ma mère et mon père habitent de l'autre côté de la ferme. J'attends ta sortie depuis quelques jours. Voilà pourquoi je me trouve ici devant"
"Tu m'attendais ?"
"Oui ! Aux alentours on ne cesse de parler de toi. J'étais curieux de savoir si tu étais aussi magique que ce qu'on dit"
"Oh !"
"Allez, avance ! Nous allons rejoindre ensemble, si tu le veux bien, l'espace qui nous est réservé"

D'un pas tranquile, ils écrasèrent très vite l'herbe d'un vert profond. Leur mères les attendaient au bout de l'enclot. Aussitôt, ils prirent d'assaut les mamans, pas très consentante pour une autre tétée. Ces goinfres n'en finissaient plus de boire le délicieux breuvage. Donnant même de petites poussées avec leur front.
Laissant là les juments, nos deux amis se mirent à courir dans tous les sens. Ils se poursuivaient. Saccrochaient. Semblant quelquefois tomber. Un seul petit caillou, et il semblaient vouloir se retenir dans l'espace.
Queue au vent, leurs galops retentissaient dans la beauté du paysage.
Fières de leur progéniture, les mères les cueillaient avec tendresse. Leurs regards le disaient sans réserve.
Voilà que nos deux polissons s'arrête pour observer le papillon allant de fleur en fleur. Les narines prêt des jaunes et des blancs, ils semblent à présent très en curiosité pour une butineuse abeille. Attention aux piqures !
Un bourdon voyage à leurs oreilles. Ils secouent vigoureusement leur tête, pour faire disparaitre ce bruit si désagréable. Un oiseau voltige de branche en branche. Ils le suivent en penchant un tout petit peu leur tête gracieuse.
Que de choses à découvrir. Mais d'où vient toute cette magie ?
Allez on se raconte des secrets. On se laisse porter par le temps. On s'ébat pour donner de la puissance aux sabots. On écoute la brise dans les feuilles. On hûme la terre et le ciel.
Tout leur parait si grandiose. Par où continuer le jeu de la découverte ?

Décidement, il y a vraiment trop de choses à voir et à faire...

"Tu as raison Flamme, il ne faut pas essayer de tout vouloir faire en un seul jour. C'est trop fatiguant !"
"Alors, pose ta jolie robe sur l'herbe haute, et reposons nous"

Sur ces pensées reposante, Lune de Miel et Flamme sur leurs pattes pliées se posent.
Ils s'en vont très vite dans un doux sommeil, entrecoupé par les danseurs de la nature.

Rassurées à leur tour, les mamans peuvent enfin compter avec un repos qu'elles ont bien mérité.
Baissant leur tête, elles arrachent à l'ombre, la fraicheur de la nourriture.

C'est à tout cela que Lune de Miel songe, collée tout contre le flanc de sa mère.
Elle attend son ami Flamme, pour d'autres aventures...




Par sonja - Publié dans : Une histoire... des histoires...
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Lundi 4 août 2008 1 04 /08 /2008 16:06

Lune de Miel écarquille ses grands yeux sombres. A une distance de son nez se tient un petit animal au museau pointu. Dans sa rousse pelisse, et à la queue interminable, le curieux quatre pattes ne la quitte pas du regard.
Surprise mais point effrayée, elle se demande d'où il a pu arriver. Elle ne l'avait même pas entendu approcher.
Elle qui d'habitude saisissait le moindre froissement de la nature... voilà qu'elle se faisait piéger.
Toute à sa tâche, elle avait un peu oublié son environnement.
Pour sur, c'était la faute aux fourmis. Un simple village de fourmis allant et venant l'avait totalement emportée en d'autres lieux.

"Qui es-tu ? D'où viens-tu ? Aurais-tu des ailes ? Où habites-tu ? Pourquoi.... "
"Hola ! combien de questions ! Comme tu y vas dis donc..."
"Pardon. Tu as raison. Je ralentis..." dit-elle d'un air enjoué.
"Bon. Monsieur de la Fontaine il lui a plu de dire que j'étais Maître Renard. Toutefois, on me nomme : Petit Malin. Et je viens de la forêt proche"
"Quel drôle de nom !"
"Ensuite, sache qu'un renard n'a pas d'ailes, mais qu'il peut faire pattes de velours lui aussi. Je n'ai pas de sabots moi. Vos balades dans notre forêt, ou vos galops, secouent drolement nos terriers. Pour sur qu'on ne vous apprend pas à être silencieux."
"Que fais-tu à cette heure si matinale, et par ici ? Le soleil ne s'est même pas levé."
"Je ne viens que pour faire une visite de politesse aux animaux de la ferme."
"Comme tu es gentil Petit Malin !"
"Ce n'est pas tout ! Encore faut-il que j'y aille. Je ne vais pas attendre que le fermier se réveille. Il est un peu faché avec nous les renards. Nous discuterons un autre jour. Salut !"
"Chez qui vas-tu en premier ?"
"Au poulailler ! Surtout, ne bouge pas d'ici. Il ne faut pas que tu réveilles la ferme. Je veux faire une surprise à ces dames poules."

Sans se presser, Petit Malin s'éloigne, rasant presque, l'herbe. Lune de Miel l'aperçoit encore un peu. Puis il disparait dans le décor. Elle se dit qu'il sait bien se cacher, malgré son éclatante fourure.
Elle se détourne enfin, pour guetter d'autres bruits.
Curieuse de tout elle n'hésite pas à laisser sa mère et sa paille, pour prendre sa journée avant le premier éclat lumineux.
Qu'il fait bon renifler l'aube et tous ses arômes.
L'oeil effronté et l'oreille dréssée, elle suit chaque jour les jeux des insectes, des rongeurs et des oiseaux. Il lui arrive de ne plus savoir où donner de la tête, tant elle fait de découvertes.
Tout d'un coup, elle se fait plus attentive. Voilà que les poules font un chahut impressionnant. Ces piqueuses, comme elle les appelle, semblent être à la fête.
Puis... plus rien. Le calme s'installe de nouveau.

Le rouge-gorge se pose sur une branche basse. Quelques couplets s'envolent légers.
Ses notes s'élèvent... Se posent... Lune de Miel se trouve détournée de ses pensées par le bel oiseau. Ce n'est pas la première fois  qu'elle surprend l'oiseau à la gorge couleur feu. Il aime vagabonder d'un lieu à l'autre.
Déjà le soleil s'insinue au coeur de la végétation. Sous ses pieds, l'herbe se laisse doucement caresser. Autour de ses sabots s'agitent les rempants. Plus nombreux encore, papillons et passereaux sont toujours à froler sa robe soyeuse, ou bien se posent sans sa permission.

"Bonjour Monsieur le Rouge-Gorge !"
"Bonjour Lune de Miel. Tu es aussi matinale que les oiseaux. Dommage pourtant que tu sois confinée dans un si petit espace. Si tu avais des ailes, tu serais libre d'aller où bon te semble."
"Rien ne me manque ici."
"Sauf la liberté !"
"Qu'est-ce que j'en ferais ?"
"Tu pourrais faire de grands voyages. Ou bien rendre visite à tes voisins. Tiens, tu arriverais même à te rendre sur les hauteurs de nos forêts. Là où tes cousins sillonnent la région, sans avoir besoin de retourner auprès de leurs maîtres humains. Ils n'ont ni heure, ni limite. Il leur arrive même de changer de région. Pendant plusieurs semaines ils s'en vont ailleurs."
"Oh ! Comme ce doit être passionnant ! Sont-ils nombreux ?"
"Au printemps, ils reviennent dans la plaine, de l'autre côté  de la chaine montagneuse. Celle qui est en face de nous, là ! Ce sont des troupeaux entiers. Les pouliches viennent mettre bas par ici. Les poulains des années précédentes chahutent et mettent une ambiance folle dans la vallée. Galopades et joyeux hennissements s'entendent à des kilomètres."
"... ..."
"Dans une semaine ils sont de retour. Tu pourra les entendre. A plus tard petite curieuse..."

Lune de Miel, toute à son voyage mental, oublie de saluer son ami le chanteur. Elle arrive même à s'imaginer un instant, rejoignant ses cousins les "sauvages". Elle galope aux côtés de... la "Liberté". L'herbe haute n'arrive même pas à l'effleurer. Elle sait qu'elle joue aves ses cousins...

"Salut Lune de Miel ! On dirait que ta tête est loin d'ici."
"Bonjour Flamme. Oui, j'étais au delà de mon enclos"
"Tu es toujours la première à t'installer par ici. Tu es la plus matinale de nous. Voilà pourquoi tu as tant de temps pour rêver. Tu vois passer tellement plus de monde que nous..."
"C'est vrai ! Justement, aujourd'hui, un visiteur qui m'était inconnu est passé par là, et il m'a causé."
"Je sais, ma mère me l'a dit. Elle l'a entendu lorsqu'il est ressorti du poulailler. Ce sera la seconde fois cette semaine."
"Quel singulier animal ! Il m'a dit qu'il était venu voir ses amies les poules. Il doit beaucoup les aimer pour ainsi faire un détour depuis sa forêt."

Flamme fit une joyeuse embardée. Pris de fourire, il avait du mal à s'arrêter.
"Pour sur qu'il les aime. Il est même parti avec l'une d'elle"

Lune de Miel  ne comprenait pas. Qu'y avait-il de si rigolo ? Elle n'osa toutefois pas poser de questions à Flamme. Plus tard, elle demanderait à sa mère.
Que de choses en si peu de temps... et qui lui échappaient.

"Tu viens Lune de Miel ? On va faire une course jusqu'à la cloture du cabanon !"
Il ne lui en fallut pas plus pour revenir à ses jeux.

Tout de même... elle se sentait intriguée.




Par sonja - Publié dans : Une histoire... des histoires...
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