
LE RENAISON A ROANNE
ROANNEMAVILLE
Insolite randonnée de la pensée.
A la rencontre de la sagesse, elle s'en est allée.
Lorsque celle-ci de loin j'ai aperçu, m'informer j'ai voulu.
= Bonjour madame la Sagesse.
Dites-moi, pourquoi de tant de maux sommes-nous accablés ?
- Peut être me direz-vous quels sont quelques uns de vos désirs ?
= Un monde sans guerre, avant toute chose.
- Je vous accorde cette première exigence.
L'homme a inventé d'effroyables guerres. L'humanité aspire à un monde qui ne résonnerait plus
jamais de batailles et de massacres.
Ce monde paisible, il est devant vous.
Ne tremblez plus !
= Mais voyez, des humains ont faim...
- Puisque cet aspect vous répugne, alors, pour vous je fais disparaître la famine et la pauvreté, pour
toujours. Plus aucun enfant ne ressentira les affres de la faim. C'est un monde d'abondance qui va
remplacer celui-ci.
= Certes, grande est ma satisfaction.
Mais regardez, la maladie nous entrave.
- Bien. Je vous offre un avenir dans lequel chacun pourrait grandir en parfaite santé. On ne redoutera
aucune affection.
Soyez soulagée, pas le moindre rhume en vue.
= Merci, je me sens mieux..
Je formule ma quatrième exigence. Nous manquons de travail.
- Je prends tout cela en charge. Ce monde idéal doit être composé d'humains ayant un travail
gratifiant. Avec la justice en prime. Ils ne manqueront pas d'ouvrage.
= Que faites vous de l'injustice et de l'oppression ?
- Disparus aussi. Chacun jouira de la liberté garantie par la loi, avec la justice pour tous.
= Ma sixième exigence est un peu plus difficile à obtenir. Les préjugés et même la persécution de
minorités mal acceptées sont aujourd'hui encore très courants.
- Qu'à cela ne tienne. Tous les citoyens seront à égalité de chance, quelle que soit leur race ou leur
nationalité. Chacun aura la possibilité de développer pleinement ses capacités et ses talents. Sans
être victime de préjugés.
= Très bien. Il y a certains qui s'échinent toute leur vie au travail. Ils n'ont pas le temps de souffler
un peu.
- Voilà ! Ils auront également le loisir de profiter de ce qu'ils considèrent comme les agréments de
de la vie. Il y aura des moments de repos et de détente.
Des divertissements saints viendront combler la vie de tout les jours.
= J'ai une dernière exigence, s'il vous plait...
- Parlez donc !
= Alors, qu'attendez-vous des citoyens qui aspirent à vivre dans de telles conditions ?
- Seulement que l'homme accorde un grand prix aux qualités qui le distingue des créature inférieures.
Il possède l'intelligence et la créativité. L'humour et l'intégrité. L'amour et la fidélité. Le respect de soi
et le désintéressement. Le souci de ses semblables.
= C'est l'homme tout cela ?
Pourtant, aucun chef humain n'a jamais pu instaurer une telle société. A la place ils ont donné une
détresse mondiale sans précedent.
J'aimerais bien vivre avec des personnes qui manifestent de telles qualités...
La Sagesse s'apprêtant à retourner à ses activités, son chemin continua.
Mais vagabonde pensée, pas tout à fait rassasiée, et pas encore satisfaite, hêla la Sagesse.
=Je suis bien triste. Puis je vous interroger une dernière fois ?
La Sagesse se retournant, répliqua :
- Ce sera votre dernière question car on a besoin de moi, pour une autre affaire.
= Si j'ai bien suivi votre idée jusqu'ici... il manque donc à l'homme, la clef qui ouvrira la porte de ce
monde fabuleux...
Que doit-il faire ?
- L'homme a tout ce qu'il a besoin.
Alors, à sa mesure, il doit tourner le dos à toutes les violences, et entrer dans un monde magique. Il est une race commune. Il peut donc profiter des merveilles qui l'entoure.
En partage, tous ensembles, avec ses semblables, il doit avoir le regard des enfants émerveillés par les couleurs de la flore et la faune.
Car elles réjouissent le coeur et l'esprit.
Les harmonies et les contrastes colorés, qui flattent l'oeil et élèvent l'esprit, sont partout.
Prenons un exemple :
Rien ne séduit peut-être autant l'oeil que les effetts lumineux dus à l'irisation, qui produit les couleurs de l'arc-en-ciel. Ce phénomène est particulièrment courant chez le colibris.
En décomposant, tel un prisme, la lumière du soleil, le tiers supérieur de leurs plumes produit les couleurs de l'ar-en-ciel. Ce qui rend la livrée de ces joyaux ailés si éblouissants.
Les noms vernaculaires des colibris, tel que rubis, saphir et émeraude, décrivent à merveille les scintillements de rouge, de bleu et de vert leur habit de lumière.
Un artiste humain a-t-il jamais manié une telle palette ? Cet oiseau n'a d'autre fonction que d'éblouir les humains.
Réfléchissez à tout ce qui vous entoure...
Tenez, au pays du soleil levant, la grue japonaise, oiseau magnifique dont la parade nuptiale a la grâce d'un ballet, est depuis longtemps le symbole de l'amour.
Cet oiseau s'accouple pour la vie. Et ils peuvent vivre cinquante ans ou plus.
L'exemple suprême de fidélité conjugale, n'est ce pas ?
Et que dites vous des oiseaux qui offrent à leurs jeunes un abri sous leurs ailes ?
Voilà un rôle fait sur mesure pour l'oiseau de proie. Un aigle excite son nid, plane au dessus de ses oisillons, deploie ses ailes, les prend, les portes sur ses pennes.
Il agit ainsi pour encourager sa progéniture à quitter le nid et à voler.
Parfois, on peut voir des aigles aider leurs petits en les portant sur leurs ailes.
Quelle tendresse !
C'est en observant de plus prêt la nature que vous pourrez relever certains principes révêlateurs.
La variété des oeuvres créatrices sautent aux yeux. Avez vous remarqué la diversité des plantes, des oiseaux, des mamifères et des insectes .
Stupéfiant !
L'originalité, caractéristique prisée par des artistes, est une composante de la nature.
= On dit souvent, que la beauté est dans l'oeil de celui qui la voit.
- Vous avez sans doute raison.
Toutefois, bien qu'elle soit là, tous ne la remarquent pas. Qu'il soit ou non un artiste, l'homme peut
apprendre à mieux voir, à remarquer la beauté qui l'entoure.
Autrement dit, il lui faut sortir et regarder la nature avec un oeil neuf.
Rien ne remplace le fait de voir par soi-même, de toucher, de sentir, d'écouter les animaux et les
plantes sous l'action des forces de la nature.
Où qu'il soit, d'abord regarder, apprécier, puis regarder encore.
= Mais que regarder ?
- Pourquoi ne pas commencer par apprendre à remarquer les quatre éléments essentiels de la
beauté ?
Les composants de la beauté nous les retrouvons tout d'abord dans les formes et figures.
La nature recèle une multitude de formes. Certaines sont linéaires, telles les colones d'un bouquet de bambous, et d'autres inconstantes comme les nuages. Beaucoup sont attrayantes, telles les courbes d'une orchidée, la spirale d'un coquillage, voire les branches d'un arbre dénudé.
Une forme qui se répête crée parfois une jolie figure. Imaginez un enseimble de troncs dans une forêt. La conjugaison de leurs formes, toutes différentes quoiquoi similaires, produit une figure agréable. Cependant, formes et figures ne peuvent être discernées que s'il y a de la lumière.
L'éclairage confère une qualité particulière aux formes que nous trouvons belles. Il rehausse les détails, colore les textures, crée une ambiance.
La lumière varie selon l'heure, la saison, le temps et le lieu. Les tons subtils des fleurs des champs et des feuilles d'automne ressortent à merveille sous la lumière diffuse qui filtre d'un ciel couvert, mais pics et rochers prennent tout leur relief sous les rayons d'un soleil levant ou couchant.
La lumière douce qui baigne l'hémisphère Nord en hiver donne un cachet romantique aux paysages champêtres, alors que, sous les tropiques, le soleil éclatant transforme les hauts fonds en un paradis pour les plongeurs.
Il manque encore un élément important.
La couleur. C'est elle qui donne vie à tout ce qui nous entoure.
Si la forme d'une chose permet souvent de la distinguer d'une autre, c'est sa couleur qui en fait ressortir le caractère unique.
De plus, la distribution de la couleur en ensemble harmonieux est elle même source de beauté.
Une couleur peut être vive, comme le rouge ou l'orange, ou au contraire, apaisante, tels le bleu ou le vert.
Pouvez-vous imaginer un tapis de fleurs jaunes dans une clairière ? Elles scintillent dans la lumière du matin, tandis que les troncs des arbres, avec leur teinte sombre, forment une toile de fond idéale. Voilà l'image ! Il reste à la cadrer.
Ce qui nous amène à la composition.
Il s'agit ici, de la façon dont se combinent les trois éléments de base : la forme, la couleur, et la lumière. Cela déterminera la composition.
Dans ce domaine, l'observation a un rôle crucial à jouer. Il suffit de se déplacer légèrement pour modifier les éléments ou l'éclairage de l'image. On peut ainsi la recadrer pour n'en retenir que ce que l'oeil souhaite voir.
Souvent, l'observateur se compose automatiquement une image lorsqu'il remarque un joli coin serti dans la végétation.
Mais des spectacles ravissants s'offrent à nous, sur une plus petite échelle. Encore faut-il s'approcher du sol.
Le plaisir augmentera si nous apprenons à voir les détails, car eux aussi se combinent en de beaux ensembles. Ils peuvent ofrmer des tableaux miniatures dans l'immense toile qu'est la nature.
Pour les aprécier, il suffit de se pencher et d'observer attentivement.
Des images dans une image. Fabuleux !
Cela nous procure le plaisir de l'esthétique. Le fait de voir et d'apprécier les oeuvres merveilleuses qui nous entourent élève l'esprit et enrichit la vie.
Que voyez vous dans le monde des humains ?
Voici : les divertissements sont préfabriqués. S'ils pouvaient remarquer la beauté qui les entoure, mais aussi les qualités de l'Artiste qui en est l'auteur, il se sentirait surement poussé à bannir toutes les violences de sa vie....
L'un de leur biologiste écrivit un jour l'éloge de notre planète terre.
"Le plus incroyable et le plus singulier des corsps connus de l'univers, la plus grande de toutes les énigmes de la cosmologie, que l'on s'est vainement efforcé d'élucider, c'est la terre.
Nous commençons seulement à nous rendre compte à quel point elle est étonnante et merveilleuse. Elle nous tupéfie, dans sa bulle atmosphérique bleue, c'est la plus extraordinnaire des planètes, gravitant autour du soleil. Elle fabrique et respire son propre oxygène, fixe dans son sol l'azote de l'aire et forme elle même son climat au dessus de ses forêts tropicales humides. Elle construit sa carapace à partir du vivant : falaises de craie, récifs coralliens, fossiles de formes de vie antérieures, aujourd'hui recouverts de couches de formes de vie récentes intimement liées".
Ce ne sont là que quelques uns des systèmes mis en place pour que la terre reste un merveilleux don à l'humanité. Une demeure pour les hommes et des millions d'autres créatures vivantes.
Au milieu de l'immensité céleste elle est comme une petite perle noyée dans l'obscurité profonde d'une mer de mystère.
L'homme ne sait pas apprécier ce qu'il a. Il ne se rend pas compte de ce qu'il a.
Ils ont un trésor. Au lieu d'en prendre soin, ils le polluent et le saccagent.
Nous pouvons souligner que nous sommes entourés de tout un monde de merveilles qui présentent une infinie variété de formes et de structures d'une complexité stupéfiante.
Les usines de la nature sont en fonction vingt quatre heures sur vingt quatre heures....
Au delà de tout cela, s'il est vrai que les animaux font des choses étonnantes, guidés par leur instinct défini à l'avance et de façon permanente, ils ne peuvent absolument pas rivaliser avec les humains..
Le cerveau, dont la souplesse de celui-ci leur permet de penser, d'agir et de construire continuellement à partir des connaissances acquises.
Un temps de reflexion...
L'homme pense dans l'abstrait, se fixe consciemment des objectifs, fait des plans pour les atteindre, se met à l'oeuvre pour les réaliser et éprouve une profonde satisfaction quand il y parvient.
Créé avec des yeux pour admirer ce qui est beau et des oreilles pour apprécier la musique, ayant le goût des arts, le besoin d'apprendre, une curiosité insatiable, et une imagination inventive et créatrice, l'homme trouve la joie et le contentement dans l'usage de ses dons.
... / ...
Il rencontre des problèmes, mais il est heureux d'utiliser ses capacités mentales et physiques pour les résoudre.
Il est également doté d'un sens moral qui lui permet de déterminer ce qui est bon ou mauvais, d'une conscience qui le travaille lorsqu'il s'écarte de la voie droite. Il connait le bonheur de
donner, celui d'aimer et d'être aimé.
Toutes ces activités augmentent sa joie de vivre et apportent un sens et un but à son existence.
L'homme a conscience de sa petitesse lorsqu'il admire les plantes et les animaux, la majesté des montagnes et des océans ainsi que l'immensité d'un ciel étoilé. L'ordre logique et l'évidente
beauté du monde physique nous parle d'intelligence.
A l'image des ruisseaux, des rivières et des fleuves qui alimentent sans arrêt la mer, les souvenirs, les pensées, les images, les sons, et les sentiments prénêtrent constamment l'esprit des
humains.
Plus long ils en savent sur l'univers, plus ils réalisent combien ils en savent peu.
L'homme est doté de l'imagination. En la mettant au service de ses semblables, il détient le secret de faire disparaitre tout ce qui l'accable...
= Alors... ce monde différent, c'était un simple rêve ?
- Pas du tout. Chaque humain doit cultiver son jardin. Veiller à son entretien. Oter les mauvaises herbes.
Et empêcher les prédateurs de les envahir.
= Quel jardin ? Quel est son nom ? Où est-il ?
- Il se situe dans le siège de ses mobiles. C'est lui qui fait battre sa vie. Qui l'anime. Qui lui donne du
tonnus. Dans ce coeur là, il y a un merveilleux jardin qui a pour nom : "amour" !
Ce jardin de l'amour a besoin de soins et d'entretien quotidien.
Il faut en arracher les mauvaises herbes qui s'appellent : "violence", "haine", "racisme", "préjugés", "orgueil", "mensonge"... et bien d'autres encore.
Il faut les remplacer par les graines qui ont pour jolis thémes : bonté, paix, douceur, bienveillance, patience...
Les prédateurs eux ont trouvé une entrée facile à pénétrer. Et ils n'hésitent pas à en forcer le blindage le mieux fabriqué, pour peu qu'on laisse cet aspect sans surveillance.
Cette entrée se nomme "l'esprit" !
Avez-vous remarqué combien ces prédateurs sont subtils et malins, losqu'ils se présentent ? De vrais vendeurs de sommeil mental. Rien ne les arrête. Leur cible privilégiée se sont avant tout les
jeunes jardins, tout frais plantés. Leur robustesse n'est pas encore au fait de leur maturité. La proie est donc facile à dévorer.
A travers certaines musiques, ou film, de la mode, de préjugés, sans parler de tout ces marchands du plaisir, les hommes ont fort à faire pour donner tout ce qu'ils ont, afin de protéger leurs
beaux jardins.
Une très grande poignée parmi eux y arrivent.
Alors, qu'attendez-vous pour aller suggérer aux autres de faire comme vous ?
= Entendu ! Je vais me mettre en route pour leur dire qu'ils partent à votre recherche.
Maître Sagesse et Pensée solitaire ainsi se quittèrent-elles en de bons termes. Heureuses l'une et l'autre. La Sagesse parce qu'une fois de plus elle a trouvé la possibilité de donner, et la pensée, celle de se laisser corriger.
Le soleil vient de s'écraser à l'horizon. Il a laché des
éclats flamboyants, en rayons corolles.
C'est étonnant ce que la couleur peut produire comme plaisir sur l'iris de notre oeil. C'est un réel bien être. Il soulève notre mental. Il le stimule. Les dégradés d'un coucher ou d'un
lever s'installent graduellement dans un ciel qui semble se rapprocher de nous. C'est fabuleux.
J'ai regardé un bon moment toutes ces couleurs vives, ou fluorescentes. Depuis le quatrième étage de chez ma fille la vue sur la couronne de montagnes que nous avons, est assez
sympathique.
Voilà, il est l'heure de tenir ma promesse. Je vais sortir ce soir, avec Aurélien. Sa maman est invitée à un anniversaire, la soirée nous appartient. Il en trépigne de bonheur.
Main dans la main, nous commençons à arpenter les trottoirs. On traverse le Parc des Promenades. Les bancs sont presque tous occupés. On discute. On partage. Il commence à faire frais, l'endroit
est agréable.
Une petite brise secoue le feuillage qui ne se fait pas prier. Deux chiens sautillent.
Me voilà face au Mac'Donald. Il me réclame des frites... à pareille heure. Après son repas pas question.
Nous prenons l'une des routes piétonnières pour flâner jusqu'au bout. Le temps pour Aurélien de sauter, grimper, se poser.
Il y a du monde sur les terrasses de cafés.
Nous dépassons la Taverner Alsacienne qui est pleine. Pas une seule place. Cela sent encore la cuisine.
Ca cause... Ca rit... Ca plaisante...
Direction le Théatre pour la pause. Les chaises d'un autre café juste devant le Théatre. Aurélien s'installe sur l'une d'elles. Il m'y invite. Je lui ai expliqué que je n'avais pas l'intention de
consommer. C'est sur l'une des marches que je m'asseois et prend un peu de cet air frais qui circule entre les rues.
Mon petit indien d'Aurélien commence sa petite course de marches en marches. Des va et vient à n'en plus finir. Quelle énergie !
Le crépuscule assoupie peu à peu la ville. Enfin Aurélien s'est posé sur l'une des marches devant moi. Il s'allonge et commence à débaler son sac à questions. Je ne sais si j'ai bien répondu
à toutes. Ensuite il a voulu jouer au jeu des voeux. Des souhaits. Des "souhaites", comme il dit. Car un peu plus tôt nous avons parlé des étoiles filantes.
Il en avait des voeux à formuler. Il m'a demandé quels étaient les miens. Pas l'habitude d'en avoir. Mais il n'en demordait pas. Il a fallu que je lui en sorte deux ou trois.
Et puis il est reparti dans ses courses. Quel souffle !
Les roannais du soir circulent... ils ont laissé leurs voitures pour investir les trottoirs. Le fond de l'air est calme. La ville est en somnolence. Et moi en vacances. Du moins j'essaie, avec ce
petit indien à mes côtés. Juste pour cette soirée...
Vingt deux heures sonnent, il est l'heure du retour. Il est fatigué il me dit.
Je lui montre Venus dans la constellation du Cocher, pour ce soir. Les étoiles etincellent. Les unes après les autres s'allument. Un ciel complètement degagé. Les amoureux des étoiles vont se
régaler...
Retour donc, avec un Aurélien qui me reproche de ne pas avoir pris la poussette. Monsieur est fatigué. Il aurait voulu que je lui mette les quatre roues sous lui. Le petit "ronchon"
s'asseoit tout les vingt mètres.
De rues en rues, nous voilà de nouveau à traverser le parc. Il fait nuit à présent, mais il y a bien du monde ici. Les gazouillis des oiseaux sont remplacés par des discussions interminables.
Il est l'heure d'aller au lit pour mon drole d'oiseau.
Ouf ! je suis arrivée
Beau. Racé. De la fierté dans la grâce. L'allure élégante, à petite foulée ou à l'arrêt.
Musculature puissante dans le mouvement. Delicate silhouette. Sa robe lumineuse pour parure.
Sous un regard curieux, de la tendresse plein le temperament.
La plus belle conquète de l'homme. Son plus ancien compagnon. Il l'a suivi dans bien des batailles. A tiré sa charrue. A porté ses corvées. L'a fait voyager à l'étranger... L'a servi dans bien
des domaines.
Lorsqu'on regarde un cheval dans les yeux, ce sont des vagues d'émotions. Il semble vouloir nous dire bien des secrets. Un langage muet qui attire l'homme. Une douceur qui nous porte à vouloir le
caresser. A lui dire des mots.
Tendre animal, tout en force.
Il incarne la liberté. C'est sans doute pour cela que l'homme a privilégié ce besoin de conquérir l'animal...
Au trot il est magique. Leurs jeux sont de la couleur pour celui qui observe ses ébats.
Courant sur un tapis vert, ou sur le sable au bord de la mer, c'est du plaisir plein les yeux.
Moi aussi j'aime cet animal. Il me parle d'espace. D'échappées. De balades. De découvertes.
J'aurais aimé cotoyer cette bête magnifique. L'avoir prêt de ma porte, et chaque matin plonger mon regard dans le sien. Un bonjour amical, pour un compagnon différent.
Ne jamais le monter. C'est une chose que je n'ai jamais faite. Je n'ai jamais pu, une seule seconde, songer à peser sur le dos de l'animal.
Ma tête m'a toujours dit qu'il était né pour être libre. Complètement libre.
Tel l'aigle qui s'élève sans entrave, le cheval je l'ai toujours vu s'échappant au grè de ses envies. Courant et jouant avec ses compagnons, sans aucune barrière.
Il est fait pour être caressé. Regardé à notre guise. Le suivre dans ses sorties. Sourire de ses sauts gracieux.
Il est appaisant à regarder.
Parfois je vais à sa rencontre dans son enclos, aux alentours de Roanne. Il y a deux harras proches de notre ville.
Lorsqu'ils sont en liberté derrière le fil qui defini les limites de son paturage, je m'approche pour une cour silencieuse. Lorsqu'ils sont plusieurs, ils s'approchent curieux. Viennent évaluer
l'humain qui se tient devant eux.
Ils me font les yeux doux. Cherchent le geste affectueux. Parfois, un seul reste là, devant moi, pour continuer sa jolie discussion.
Un jour j'ai fait la connaissance d'un cheval que je rejoignais régulièrement, lorsque je partais en vélo du côté de la campagne. Une petite demi heure avec lui, avant de m'éloigner. Au retour je
lui donnais de nouveau de mon temps. J'ai fait cela durant plus de trois années. Il me voyait de loin et venait à ma rencontre au trot. Mais s'il avait le dos tourné, ou était occupé sur son
carré d'herbe, alors, je le sifflais. Il levait sa tête et arrivait sans tarder.
Il avait fini par reconnaitre mon coup de sifflet. Quel plaisir que d'aller le retrouver au moins une fois par semaine.
Je l'ai présenté à deux de mes amies, qui ne voulaient pas croire qu'il venait en courant, dès que je l'appelais ou qu'il m'apercevait de loin....
Mais je pense que nous pouvons lier de tels amitiés. Et avec n'importe quel animal. Ce qui m'est aussi arrivé avec des oiseaux. Je vous raconterais cet autre épisode, un autre jour.
Un cheval c'est assez extraordinnaire comme amitié.
Si vous en possédez un, sans doute savez vous de quoi je parle...
Mon ami le cheval, un jour il a disparu. Je ne l'ai plus revu...
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