
LE RENAISON A ROANNE
ROANNEMAVILLE
Aire de jeux, au sein du parc des Promenades.
Un petit garçon, en solitaire s'amuse. Ses exclamations joyeuses s'apparentent à de la découverte. Pourtant, ici, ce n'est pas la première fois qu'il se pose. Toutes les balançoires à ressort, il met en mouvement. De petites courses d'un point à un autre. Le voici à présent sur celle à cordes. Il les pousse. Le cheval de bois s'agitte sous sa poussée. Avec quelle rapidité à présent, sur le tobogan, il a grimpé. D'un oeil tendre, sa grand-mère observe cette si grande agitation. Elle répond à ses interpellations. Cet enfant c'est de l'électricité en constante connexion. Son regard, vers le ciel s'est positionné... "la lune" a-t-il crié ! Puis ses yeux, la grande grue, ont rencontré. Un petit discours il a improvisé.
Pigeons et corneilles voyagent au dessus du cadre apaisant. Ils plongent dans le feuillage dense des grands arbres. Quelques merles s'improvisent piqueurs de pelouse. Les chardonnerets enchantent l'ouie qui les écoute. Le soleil généreux,, avec son amie la brise se sont invités à la partie joyeuse. La nature chante, même dans un tel lieu où l'espace on a réduit.
Mais avec l'enfant aux sons du bonheur, tout est devenu merveilleux.
L'imagination peut scruter la magie des instants qui s'écoulent avec parcimonie. Images légères qui appelent au renoncement total des tensions extérieures. Se laisser aller. S'oublier dans la simple observation des choses et du monde des vivants. L'esprit aime à se nourrir de tendresse et de beauté. Le coeur se soulève par autant de paix. Un doux frémissement l'agite. Le tourbillon de la vie n'y résiste pas.
Les pensées s'échappent dans un voyage irrésistible... vers le renoncement de soi. On s'oublie. Car si le corps est présent, les idées s'échappent vers des ailleurs lointains. Magiques échappées auxquelles il est difficile de renoncer. S'y essayer, ajoute la délicatesse des mots, pour une envolée au pays du rêve...
Pourquoi ne pas faire une halte sur le nuage de l'oubli, pour un peu de plaisir y cueillir ? Seulement avec son regard, la permission de s'évader...
Et les problèmes de la vie, pour un peu de temps, dans un tiroir les coucher !
Petite souris volante, à vous poursuivre vous vous amusez... Vous vous séparez. Pour vous réunir de nouveau. Leurs battements d'ailes n'ont pas de bruit, à l'heure du crépuscule. Ce silence dans le mouvement est presque surprenant. Vous tournoyez autour des lampadaires, pour aller froler les balcons, les toits, le sapin de l'autre côté de la rue. Vous vous régalez de ces insectes nocturnes, volants. Vous suivre est un jeu pour l'oeil observateur. J'ai presque envie de leur dire de venir se poser sur mon balcon, lorsqu'elles me frolent sans bruit. Elles s'élèvent ou descendent. Parfois elles rasent le sol. Elles mettent de la folie dans les colonies de moustiques. Dès les ombres de la nuit venues, elles se mettent à filer en élargissant leurs rondes, pour les resserrer un peu plus loin. Je m'amuse à suivre leurs rapides passages, sachant éviter tous les obstacles.
Mais la nuit est riche en visiteurs d'un autre genre Une faune nombreuse vit, de jour comme de nuit. Chacun dans sa condition de choix, prévue à l'avance. Superbe organisatiion qui fait les délices de mes heures privilégiées. Se lever tôt, ou se coucher tard lorsque le sommeil fuit, voilà qui me permet d'avoir à disposition un large éventail d'heures riches, généreuses. La tête tournée du côté d'une variété d'instants nature... et ce soir, mes yeux baignent dans l'étrange de ces animaux qui m'interpellent. Un vrai cadeau du ciel. De la tendresse aussi, pour qui sait composer avec son environnement. Je ne me lasse d'observer mes petits voltigeurs. Je ne cesse de m'étonner ou d'être surprise.
Laisser la nature venir à soi est un ravissement, du contentement, et du bonheur.
Ouvrez la porte de votre coeur, puis écoutez... elle vous parlera d'amour. Cela ne vaut-il pas toutes les guerres ?
Il y a de la beauté partout, où que nous posions le regard. L'ordre et la précision nous entoure. La générosité. L'humour. Et vous voulez me faire croire que l'artiste qui a fait tout cela, est aussi celui qui agit injustement en laissant se commettre tant d'horreurs ?
Regardons nous, puis regardons la nature. Puis regardons nous de nouveau. Avec un esprit critique et objectif. Alors seulement, posons nous les vraies questions. De celles qui fachent. De celles qui nous font trembler à l'intérieur. Celles qui nous mettent à nus...
Lorsque vous retournerez à la nature, vous comprendrez peut-être, que l'aménagement de notre planète fut pensé et réalisé, pour le bien être de ses futurs habitants.
On a oublié de dire "merci" ! Parce que nous ne savons pas prendre le temps de l'observation, puis de la réflexion. On ne sait plus analyser. Parce que nous laissons nos émotions prendre le pas sur notre capacité de réflexion. On ne sait plus aimer. Parce que nous sommes préoccupés par notre intérêt personnel !
Et nous tournoyons. Toujours dans le même sens. Dans le silence de l'indifférence. Nous ne supportons pas la lumière. Nous sommes dans la nuit la plus profonde. Nous évitons les obstacles, chacun de nous, individuellement, par instinct de conservation.
Nous sommes des chauves souris qui ne s'arrêtent jamais... Car aveugles sommes nous. Nous suivons les tracés renvoyés par la reflexion des ultras sons que sont les maïtres de ce monde.
Posez-vous, et donnez vous la possibilité de sortir des ténébres. Nous faisons parti du monde des vivants. Contrairement aux animaux, notre cerveau est l'organe le plus extraordinnaire qui soit. Avec une capacité incroyable de données, et de matière à produire... sans limite. Seul le temps nous vole tout ce que nous serions capables d'encore donner en produits...
L'animal tue par nécéssité.
L'homme tue pour le plaisir.
L'homme pourra-t-il un jour devenir aussi doux qu'un agneau ? La réponse est à sa portée... seul le désir de s'investir lui manque.
Alors, chauve souris il restera !
Sur l'autoroute du ciel, les corneilles brailleuses passent en groupes. Elles se dépêchent de rejoindre leur lieu de rencontre quotidien. L'aube
les voient s'extirper de leurs chambres intérieures. Leur passage matinal s'étalera sur les vingt minutes qui suivront. Les retardataires feront le voyage en solitaire, avant de rejoindre le
groupe. Par vagues, les étourneaux partent eux aussi du côté de la campagne, après une nuit passée à l'abri des grands arbres de la ville. Leurs ailes déployées, à grands battements continus, ils
s'échappent rapidement. Le souffle de leur passage est repérable. Quelques canards se dirigent en direction de la Loire. Ils prennent le temps de glisser sur l'air qui les porte.Ne fait-il pas bon vivre là, tout de suite ?
Se laisser aller... porter... par une langueur tenace. Une douce paresse servie à travers le moment qui passe, qui roule, qui s'étale, qui saisit.
Ah ! légère évasion mentale...
Le soleil réchauffe le coeur, le corps... Il donne de l'ampleur à l'imagination. Il conduit au rêve, à la poursuite du beau, de l'agréable, du paisible. Un octobre comme on l'attend chaque année. Lumineux et haut en couleurs.
S'asseoir en un lieu, n'importe lequel, et commencer la lente dégustation de la tranquile possibilité d'habiter un pays encore en paix.
La paix ! Voilà bien la recherche la plus intense à laquelle l'humanité aspire. Fuir le désordre et la guerre est ce qui tient le plus à coeur l'humain. Y parvenir n'est pas chose simple. Et l'obtenir appelle à une vraie renonciatin du "moi d'abord". On désire mais on n'obtient pas. Le but manque de vraie poursuite vers cet objectif tant clamé dans toutes les langues.
Qu'il est doux cet environnement de paix. Qu'il est bon de pouvoir profiter de ces heures qui s'égrènent lentement...
Paix où es-tu ? La grande majorité des humains t'ont égaré. Un pays après l'autre t'a vu le quitter. On ne sait plus à quel moment tu y retourneras. Tu leur a occasionné une grande perte. Ils se retrouvent livrés entre des mains destructrices. Leurs enfants sont prélevés aussi régulièrement que le soleil apparait chaque matin. Ils ont perdu confiance. Leur espérance s'est envolée.
Combien délicieuse est cette paix qui étreint. La rejeter est pure folie. N'est ce pas ce à quoi certains s'attelent ? Fabriquer de la guerre leur semble plus judicieux. Plus payant aussi. La loi du pouvoir et du profit est le maitre d'armes. Qui peut résister à ce pressant appel, dissimulé derrière une belle parure de priorités ? Les mots, les idées se chargent de donner l'apparence recherchée. Elle est modulable à l'envie.
Madame la paix et monsieur la guerre ne s'épouseront jamais! Irréelle espérance pour un tel mariage. Fabriquer des armes tout en nous contant la paix... quelle hypocrisie ! Mais n'est-elle pas l'invitée de tous les congrés celle là ?
Allez, venez goûter au bon pays, où l'abondance de paix s'est attardée ! Refusez tous les compromis, tous les préjugés et d'ennemie ne vous trompez point.
Celui-ci, vous le reconnaitrez très rapidement, bien qu'il se cache sous différents manteaux. Il a la couleur de l'égoïsme. De la haine. Du désordre. Du mensonge. De la méchanceté. De l'égocentrisme... Et tu peux y ajouter ceux de ta liste.
Mais toi, moi... individuellement, on peut bâtir l'édifice de l'unité. Au prix fort de l'intérêt personnel de ton voisin. Eteint tout les incendies qui pourraient t'élever en guerrier du désordre. Appelle la paix dans ta maison et jamais elle ne te fuira. Tant qu'elle dépendra de toi, de moi, elle enfantera une descendance.
La colombe n'est qu'une image... un mirage...
Les actes sont plus forts que les mots.
Les symboles s'apparentent aux représentations. Ils sont aussi efficaces que l'oiseau qui s'envole... que les paroles qu'on a oublié... et les textes qui ont valeur de promesses, signés avec de l'encre invisible, deviennent des contrats illisibles.
Si tous les hommes de la planète voulaient bien refuser la guerre... c'est de paix qu'ils construiraient leur maisonnée.
(A Roanne, octobre 2005)
La banquise décroche des pans de glace qui dérivent lentement et disparaissent sous le réchauffement graduel de notre planète. Les ours blancs ont du mal à survivre, les températures douces qui durent sont leur pire ennemi.
ZONE SENSIBLE !
Les forêts tropicales se réduisent peu à peu. Sa faune le devient d'autant plus...
ZONE SENSIBLE !
Les océans subissent une surpêche et un tourisme sans égard pour la beauté de ses profondeurs. L'avenir des générations à venir n'est pas le soucis immédiat.
ZONE SENSIBLE !
La flore subit un pillage déraisonnable. Chaque parcelle du patrimoine nature est devenue malade de ne plus avoir le temps de se réparer.
ZONNE SENSIBLE !
Nos campagnes et nos villes sont atteintes d'un cancer qui a pour nom : Pollution ! Certaines nations achètent leur droit d'étendre celle ci.
ZONE SENSIBLE !
Pourtant... des cris s'élèvent nuit et jour, depuis plusieurs années, pour mettre en garde les joueurs équilibristes de ces zones fragiles. Des excuses ils se sont trouvés. Imparables sont leurs arguments. Ils réclament du temps au temps. Leur plan comptable est faussé. Ils sont déjà dans le négatif... depuis longtemps.
Une ville dans la ville. Une cité monstrueuse dans la ville. Des architectes les ont pensé, les décideurs ont accordé leur caution. Nos capitales s'en sont habillées. Des humains on y a parqué. Image dérangeante de la civilisation.
Alors, venez et entrons dans l'un de ces quartiers que vous avez mentionné "zone sensible" !
Sans caméra ! A la manière de tout ces anonymes qui y vivent. Laissez vos habits rutilants de préjugés et d'à prioris aux portes de la cité.
Attention !
ZONE SENSIBLE !
Au pieds de ses tours, un peu regarder vers le haut, et c'est déjà le vertige. Un numéro au dessus de l'entrée. Laissez vous porter, c'est l'invitation assurée.
Dans le porche, parfois, de la jeunesse vous y attend. Une bienvenue où la curiosité s'éaccroche à votre regard. Mais si d'un sourire ou d'une salutation, vous n'êtes avare, alors, c'est un accueil coloré que vous aurez. La méfiance vous aurez un peu levé.
Si courageux vous devenez, laissez vous glisser sur les premières marches. Du côté des étages vous poursuivez. Ce monde qui vous est inconnu, votre esprit il interpellera...
Des familles essaient, avec des moyens qui leurs sont propres, de vivre leur nouvelle journée. Si à côté d'une porte vous attendez, leur vie vous sera dévoilée. Les murs si peu épais vous livrent tout les secrets. Leur intimité de voisinage s'échange d'appartement en appartement...
ZONE SENSIBLE !
Efants et parents s'interpellent... Leur espace vital s'est trouvé réduit progressivement, à la même vitesse que leurs moyens financiers. De travail, la majorité en est privée. Les adolescents, leur place ils n'ont pas trouvé puisque le contexte ne plaide pas en leur faveur. Ils veulent s'exprimer, mais si d'écoute vous les privez, à des problèmes vous les exposerez. La rue n'est pas la meilleure des pédagogue. Et si certains, à la dérive sont partis, les parents ne sont pas toujours les responsables, ou les seuls... Les marchants de sommeil mental et d'offres publicitaire ne sont pas de doux agneaux...
Emprisonner dans de telles tours des milliers d'êtres humains défie l'entendement. Et si certains arrivent à s'échapper de ces cités, ils ne sont pas la majorité.
Qui a dit que nous étions égaux devant les difficultés ? Devant le chomage ? Devant les agressions de la vie ?
ZONE SENSIBLE !
Une politique après l'autre on renouvelle les mêmes erreurs. Un changement après l'autre, tout est à l'identique.
Le regard détaché de celui qui ne fait que passer ou observer les banlieues depuis son écran de télévision, et voilà que des déductions vont très vite s'imposer à lui...
ZONE SENSIBLE !
Les événements de ces derniers jours n'étaient ils pas prévisibles ? Ne met-on pas en place, dans un pays après l'autre l'incroyable machine à broyer les plus fragiles ?
Pays pauvres, en les rendant dépendants car privés de tout. Mais aussi de l'essentiel...
Pays riches, en développant un esprit de concurence, de gaspillage, de voyeurisme, et de mise à l'écart de certaines minorités .
ZONE SENSIBLE !
La violence sous toutes ses formes est inexcusable, où qu'elle se trouve... même lorsque sournoise elle est distribuée par ceux qui possèdent du pouvoir. Ne jamais la cautionner est un devoir. Mais ne pas essayer de comprendre ce qui fait la révolte de ceux qui souffrent, s'est s'exposer à des déviances bien plus graves.
Qui sommes nous pour juger, devant l'ignorance d'une situation donnée ? Les états d'urgence n'ont jamais solutionnés en profondeur, les malaises des humains en souffrance, dans les banlieues.
Si à la racine du mal on ne s'attaque, nous serons de nouveau rattrapés par l'injustice de certaines situations.
On ne demandera pas aux accusés de se lever, ils sont trop nombreux. Les coupables ne se comptent même plus...
Mais si de vraies solutions vous proposez, c'est autour d'une table qu'il faut se retrouver, et le dialogue engager... et les promesses tenir !
Vous avez dit...
ZONE SENSIBLE ?
(Roanne novembre 2005)
Les belles journées se succèdent. Nous voilà donc plus souvent à l'exterieur.
Roannais en balades ou en flâneries. C'est dans les rues de Roanne que je les retrouve.
L'hibernation vient de se terminer. On s'éparpille dans la ville. Les occupés se depêchent de courir vers leur lieux de travail. Mais il y a tous les autres, comme moi, qui devenons des vagabonds.
Nous disposons de plus de temps, on peut donc se permettre de suivre du regard ceux que l'on croise. Ou ceux que, de loin, on reconnait, parce qu'habitant la même ville.
De plus en plus souvent, je rencontre ma vieille dame. Celle qui a composé avec sa solitude.
Plus jamais je ne l'ai revue au Mac'Donald où j'étais sa voisine de tablée, et vers qui j'avais osé une approche.
Elle a toujours ce regard plongé dans un lointain, où l'observateur est absent.
Elle vient de rentrer au Monoprix, après s'être arrêtée devant la vitrine où de jolies robes s'offrent aux passantes. Un arrêt qui s'est prolongé pour le plaisir d'une robe à bretelles. Rouge. Une coupe classique.
Je peux imaginer le cheminement de ses pensées.
S'attarder. S'autoriser le souvenir d'un temps où elle portait ce delicat vêtement frais. Je suppose qu'elle sourit à cette mémoire qui lui renvoit une époque pas si éloignée que cela. Une promenade sur les routes de la pensée. La distance en années semble si lointaine... il suffit pourtant de faire un retour en arrière, pour qu'aussitôt, tout soit réduit à un "hier". Des images doivent se superposer depuis cet "antan" presque palpable.
Un joli retour, où la jeunesse était son alliée. Sa beauté de jeune femme, cet avantage qu'elle pensait durable. Lorsqu'on est jeune, on ne songe pas qu'un jour les rides seront notre nouvelle identité. Et les douleurs de la vieillesse, notre compagnon de tous les jours.
Devant cette robe, elle a du ouvrir une fenêtre donnant sur une cour, dans lequelle s'impose son jardin secret.
Elle a dû toujours être menue. L'oeil vif. Avec la volonté de vouloir croquer la vie. N'ayant pas menagé son énergie.
La voilà à présent dans cette robe qui lui sied si bien. Elle épouse son joli corps de jeune fille.
Une robe qui lui permet de traverser la ville avec un rien de fierté. Passer devant une vitrine, et elle s'attarde sur sa silhouette qui lui renvoie une gracieuse jeune femme. D'un pas nonchalant elle circule, un sourire confiant au coin des lèvres. Ses longs cheveux bruns ondulés, lachés en cascade sur ses frêles épaules.
Petite dame menue, comme vous étiez belle, en robe de jeunesse. Vous courriez dans un champ de jolies fleurs, dont vous étiez l'une d'elle.
Vous souvenez vous combien le chant de l'oiseau, le bleu du ciel, les étoiles, le soleil, pour vous composaient la beauté ?
Votre jeunesse qui fit entrer en emoi votre coeur, pour les beaux yeux d'un jeune homme...
Vertige de la jeunesse. Jeunesse qui demarre l'école de l'expérience. Jeunesse qui ne s'inquiète de la vieillesse qui l'entoure. Jeunesse pétillante et gentille.
La vieille dame éprouve à présent une petite pointe de regret, pour ce temps qui s'est envolé. Qui n'a pas su demeurer... Sur son visage et son corps, il a ajouté beaucoup trop d'années.
En solitaire elle continue ses marches quotidiennes. Son interêt pour les autres n'est toujours pas sa préoccupation. Depuis si longtemps elle est absente. Elle ne veut plus de nous dans sa vie. Elle ne desire même pas qu'on pénêtre dans son monde. Elle a pris l'habitude de ne pas avoir besoin des autres.
Comme toutes les fois que je l'aperçois, j'éprouve un certain plaisir. Elle m'est devenue familière. Comment ne pas sourire lors de ces rencontres ?
Demain, je serais elle !
Je me détache d'elle pour suivre d'autres personnes. D'autres vies. D'autres idées. D'autres pensées...
Des échappées qui me conduisent au seuil de l'imaginaire.
Je rencontrerais encore la vieille dame. Elle m'emènera au grè de ses pas, pour un autre voyage. Au coeur d'une vie passée, que je devine...
Et je vous raconterais...
Comme très souvent,
mon week end s'est joliment installé. Ma muse est venue me visiter. Je l'ai laissé m'emporter, au delà des vallées et des monts. La mer j'ai même traversé. Du côté du Canada j'ai un peu voyagé. A
deux, nous avons échaffaudé des escapades incroyables. Par la main j'ai été tirée. Des craintes un peu ressenti, devant l'inconnu des grands espaces. Mais la beauté est venue tout corriger.
Certains rêvent d'aller aux Etat Unis. D'autres au Canada. C'est du côté de Montréal que j'ai été conduite.
L'imagination, devant ma porte s'est installée.
Pour quelques heures, mon guide, une tendre flânerie m'a fait entrevoir. Delices du rêve qu'on peut faire les yeux ouverts. Dans le pétillant de son regard j'ai cueilli l'éclat des étoiles. Un
doux vertige s'est emparé de moi. Comme par enchantement, je me suis mise à inventer des images.
Magie de la présence de "maitre muse" !
Lorsqu'on s'interroge sur le monde imaginaire de celui qui donne de la vie à sa plume, cherchons sa muse. Proche de lui, elle se trouve. Elle devient le compagnon de tous les instants.
Celui qui ouvre le chemin de toutes les couleurs. Et qui donne de l'élan à son coeur. Comme il est facile de se laisser porter. Le contexte, en puzzle est décomposé. Mais dès les premières pièces
trouvées, le cadre est posé. Il n'y a plus qu'à se laisser bercer.
C'est en poésie que je viendrais encore vous raconter...
Dimanche matin.
Je suis déjà sur le balcon à cueilir les premières impressions matinales. A éprouver la température de ce début de journée. Au delà des toits, au dessus de leur arbre, les corneilles commencent à
s'agiter. C'est la folie du nombre. Leurs cris couvrent celui des gazouillis et des bruits légers de l'aube. Je me demande comment ils font pour éviter le téléscopage. Ils tournoient et se
croisent. Leurs noirs habits les détache du cadre. Je suis durant un bon moment, leurs amusantes envolées.
Puis je me détache d'eux, pour m'éloigner à l'horizon.
La chaine montagneuse culmine sous un ciel azur. Elle se détache en dentelles et coure autour de Roanne.
Depuis mon quatrième étage je peux observer le détail des habitations. Des villages éparpillés, qui nous regardent dans la cuvette de notre position. Le grand Roanne, à leurs pieds étalé. Je
voudrais être à leur place pour avoir plus d'espace. D'observation.
Un avion trace sa queue blanche.
Avec le lever du soleil qui approche, l'espace a pris les tons d'une aquarelle. Il fait doux de plonger son regard dans les profondeurs de cet océan qui irradie. Je me laisse amuser. Puis
détourner de la réalité. Je m'accroche à ma montagne. Je souris. Mes pensées se font vagabondes.
Soudain, un premier ballon se décroche. Puis un second... suivront les autres. Tels des lampions lumineux, ils se sont mis à glisser dans les hauteurs. Pareils à des bulles savoneuses ils se sont
projetés au dessus de l'horizon. J'ai suivi leur lente avancée au dessus de la ville.
Régulièrement, dès que la météo leur est favorable, les montgolfières du roannais prennent d'assaut l'espace. Pour la plus grande joie des observateurs.
Samedi soir, les dernières sont rentrées après 21 heures. En ce dimanche, je ne les ai pas vu revenir. Il faut dire que l'orage menaçait. Elles ont du emprunter une autre voie, ou bien sont
restées sur place.
Ces amoureux du ballon gonflable se changent en oiseau, le temps d'un week end.
De là haut, les paysages sont de pures merveilles. Le regard est différent, parce que le cadre est différent.
La distance est une formation de detachements délicats. Des coupures nettes, dans les couleurs et les dégradés. De la douceur en tranches.
Je n'ai pas vu le lever de notre astre du jour, mais l'éclat de ses rayons a couvert la ville. Tout est devenu plus lumineux. Je suis restée encore un peu... les martinets étaient déjà là. Ces
avions tout en plumes tournoyaient sans s'inquièter du temps qui passe. Les bruits de la ville ont commencé à tout brouiller.
La nature est délicate, même dans les sons qu'elle envoie.
Me voici réveillée. Je vais rejoindre la réalité. Mon petit fils dort encore, mais il ne va pas tarder à m'inviter à le suivre dans son monde à lui. Comme chaque week end, c'est chez lui que je
vis. Il agrémente mes journées par sa présence bien personnalisée. Ce petit indien est sans cesse à l'affut d'une nouveauté.
Bon, je file préparer mon programme avec lui...
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