
LE RENAISON A ROANNE
ROANNEMAVILLE
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
Quelques mois en atelier d'Ecriture avec Anne Poiré écrivaine passionnée et tendre...
Je vous livre la soirée qui traitait du thème "Ecole"... pour ce qui est de mes seuls textes, bien sur.
Une autre manière de s'amuser, pour le plaisir des mots et des phrases.
Mais aussi pour partager des pensées, des souvenirs... ou parfois des cauchemars.
C'était avant la rentrée...
Voilà plusieurs jours qu'à la maison il n'était question que de mon entrée à l'école. Mes parents faisaient état des bienfaits de la scolarisation. On me prédisait un bien être hors norme. L'école était l'étape obligée qui me permettrait de grandir. Le sens donné à l'idée m'échappait encore. Peu importe, il était évident que j'allais prendre des centimètres supplémentaires. On me répétait que cela m'ouvrirait bien des portes. De quelles portes s'agissait-il ? Qu'à cela ne tienne. L'objectif me semblait plaisant. Les enseignants avaient la gentillesse accrochée au coeur. C'était rassurant. Il y avait même la récompense : de nombreux camarades avec lesquels partager tout mes jeux de récréation. Mon imagination commençait à mettre des scenarios en place. J'avais le coeur léger. La cantine ajoutait sa nôte particulière. Ce serait le plus, qui allait améliorer notre quotidien alimentaire.
On m'a fait rêver l'école. On m'a fait espérer l'école. A ce mot magique mon impatience s'est faite vive.
Enfin, le jour tant attendu est arrivé.
Immense cour pour la petite que j'étais... c'est en son centre que je m'y suis retrouvée, avec ma mère. C'est elle qui m'accompagna à l'école.
L'école ! Un tout petit batiment, sans étage, et aux vitres grandes ouvertes. "Des camarades" jouent un peu partout, dans cette cour. Un petit groupe se positionne autour de nous. Ils ricannent, tout en se bousculants. Le directeur et enseignant vient à notre rencontre. Il use de sa voix pour éparpiller les grands, comme il les appelait.
Ce jour là j'ai éprouvé la plus belle trouille de ma vie.
A cet instant même, mon édifice si joyeusement élaboré, venait de s'effondre.
Par la suite, mes appréhensions au seul mot "Ecole", se sont avérées justes. Et justifiées !
Le cours de récréation...
Prise de départ à l'école.
Pas du tout glorieux ce départ. La tendresse n'était pas au rendez-vous.
Des le CP, mes souvenirs de récréations sont peuplés de désagréments. Je n'étais pas timide. Je ne craignais pas plus, mes "camarades". Il n'empêche que les récréations sont à marquer à l'encre rouge. Négative approche.
Dès le premier jour on a éprouvé une vraie détestation à mon égard. Les brimades. Les bousculades. Celle à qui on tirait les cheveux, qu'on poussait dans les rangs, c'était moi !
Sortir pour la récréation était le suprême suplice. Comment expliquer cela au corps enseignant de l'époque, qui n'autorisait aucune possibilité d'expression ? Peut être aux parents ? Ils étaient partie prenante avec l'autorité enseignante.
Les préjugés avaient eux aussi une place prépondérante. Par contre, j'ai appris une chose essentielle lors de ces récréations un peu particulières... La course d'endurance. Pour échapper à ces petits tortionnaires, il fallait courir vite, et longtemps. Avec bien sur, une horde de joueurs derrière moi. Car ces joyeusetées, vues de loin, laissaient paraitre une forme d'amusement collectif..
Pourquoi ne pas se défendre alors ? J'ai essayé, parfois... Mais le nombre ne me donna jamais le choix. Et quand par hasard je faisais mal, en cas de défense, j'avais droit à un supplément de représailles. L'instituteur veillait à l'ordre établi. J'étais doublement punie.
J'ai tout de même retenu le côté positif de ces récréations... La meilleure en course d'endurance, c'était moi !
Merci aux cours de récréations !
Voilà une objection que ne m'a jamais interpellée. J'avais le recul de ceux qui observaient en silence.
Le premier de la classe. Le dernier de la classe. Entendre parleur d'eux faisait partie du quotidien scolaire. Pour ces deux genres il y avait une certaine détestation. Ou bien de l'admiration.
Le cancre avait à la limite ses nombreux fans. C'était celui qui osait afficher sa tendance à refuser tout compromis intellectuel. Une sorte de jeu personnel. Une force dans le refus de s'alligner à la norme. A l'intellectuellement correct.
Dans les deux cas les avis étaient toujours partagés.
Même le premier avait un certain interêt pour ceux qui l'entourait. Par orgueil. Ou bien pour la recherche d'une aide dans les devoirs. Ce qui me faisait sourire. Où va se nicher notre vanité d'humain...
En tout les cas, cela faisait beaucoup parler. Même certains enseignants y allaient de leurs commentaires.
Pourquoi étaient-ils les vedettes de la classe ? Je ne l'ai jamais compris, je crois.
Ma préoccupation se situait dans ce que moi je pouvais être. Et ce n'est qu'aujourd'ui que je peux comprendre que j'ai une certaine valeur, moi aussi.
Que sont devenus ces premiers de la classe ? Ou tous ces derniers ? Je l'ignore...
Mais ce qui est certain, c'est que de leurs choix de vie, leur place a subi des variantes.
Cartable en main,
c'est en chanson que j'emprunte le chemin.
Deux kilomètres dans les mollets,
pour l'école rejoindre.
Des oiseaux plein la tête...
De la couleur plein les yeux...
Des rires plein le coeur...
C'est en classe que les règles commencent.
Avec prudence,
l'un des grands,
la bouteille d'encre soulève.
Le service fini,
c'est le plumier qui interrompt le silence.
Quelques coups de plume.
Une page blanche s'illumine.
Nos têtes,
sur elle se penchent.
Tandis qu'au tableau noir,
La craie arrache ses cris de désespoir.
Le cours vient de commencer.
C'est ici que fini la flânerie...
Splendeur d'automne, rouille et or. A la flânerie tu nous invites. Sous bois généreux. Un rayon filtrant frappe le tronc de l'arbre, pour aller se partager en
plusieurs faisceaux. Couleurs et reflets jouent parmi le feuillage.
Matin indien, au dessus d'un horizon mouvant. Une dentelle de montagnes sort de sa pénombre. Elle s'egaie de dégradés tendres. Les couleurs s"installent. Les perles matinales effleurent l'herbe
haute. Une toile d'araignée accroche sa parure de diamant. La rosée vient de donner le ton.
Au loin, le cheval offre son élégante slhouette. Une chevrette se fond dans le pré. Elle tressaille. Puis disparait...
Magie de l'hiver sous son manteau blanc. Les sapins se sont alourdis sous la neige généreuse. Clarté aveuglante qui s'échappe dans la distance. Le silence s'est emparé des lieux. L'air vif est un
plaisir pour les joues. Le temps est comme en suspension.
Un lièvre bondit. Il a oublié de se cacher...
En blanc, rose ou mauve, le printemps s'éclate d'arbres en arbres. Composition forale, pour le plaisir des yeux. Douce domination des couleurs. Le vert et l'azur illuminent. Des fragrances
voyagent. Des trilles élèvent le coeur. Prenants gazouillis qui enchantent.
Sur le lac, le canard file sur l'eau. Il se cache sous l'ombre de la végétation, qu'il a rejoint...
Bonheur de l'été retrouvé. Une arcade de feuiles coure en profondeur. Belles tranches de verts tendres, retombant en cascade. Allée merveilleuse qui invite à une échappée. Sérénité de l'instant
qui passe. Le coquelicot rougit au dessus de l'herbe étouffée. Vague rougeoyante qui se laisse aller sous la caresse de la brise. Les chemins du ciel affichent la profondeur du turquoise. Le
petit pont de bois, pour un ruisseau que l'on franchi. Sur la chaleur de la journée, le feuillu raffraichissant étale son ombre.
Une buse prend de la hauteur. Ses longs orbes l'éloigne.
Au grè des saisons, formes et mouvements se complaisent devant nos yeux...
Terre généreuse. Richesse de tes abondances. Ton grand age est une marque de qualité. A un concours de beauté tu as été conviée. C'est le prix d'excellence que tu as remporté.
Locataires privilégiés de "Planéte Bleue" ! Aurons nous à coeur de te rendre tes lettres de noblesse ? Te permettrons nous un second souffle ? Cesserons nous de te piller ? Te redonnerons nous la
liberté ? Arrêterons nous de te faire la guerre ?
Nous n'avons pas respecté tes lois... aujourd'hui tu nous les imposes !
Etes vous étonnés gens de peu de conscience ?
Alors, prenez le temps de la reflexion, et vous comprendrez !
L'attente d'une nouvelle naissance. Du jour sur celle de la nuit. Chaque jour, l'horizon se teinte peu à peu. Le rose et le mauve s'amusent. Puis c'est le premier éclat. Précieux. Le scintillement du rubis. Le soleil s'élève. Et une nouvelle journée commencer.
Sur l'herbe rase, des perles de rosée s'accrochent avec délicatesse. Sous les rayons du soleil, elles renvoient leurs gouttes de lumière, tel le diamant que l'on surprend sous ses différentes facettes. Prisme lumineux qui tient l'oeil captif.
Une forêt dense s'éleve en vert sombre, et dansant sous les coups de griffes d'une brise tendre.
Les premiers passereaux quittent leurs chambres intérieures. Une buse dessine de lents et longs orbes, afin de gagner les hauteurs célestes.
L'espace s'est habillé d'un azur transparent. Les chemins du ciel sont empruntés par les maitres de l'espace. La gent ailée glisse et se croise.
Une chaine montagneuse s'accroche en dentelles. Cadre majestueux. Puissant dans sa parure. Paysage unique et changeant. La nature change de vêtement chaque jour. Il n'y a qu'à la regarder pour se rendre compte qu'elle tient la garde robe la mieux fournie. Elle sait marier les formes et les couleurs. Le spectacle est jour après jour, grandiose ! La délicatesse et la grâce sont une présence constante.
Mère nature est le cadeau quotidien. On ne peut le refuser.
Bienvenue dans la vie, avec elle pour compagnie !
Mon insouciant tempérament d'alors, ne m'a pas permis de réaliser ma maternité.
La naissance de mes filles fut une véritable découverte. J'ai vite compris que j'étais attachée à mes deux petites têtes brunes. Une vraie composition de fraicheur et de beauté, comme seuls les bébés savent l'être. Leurs regards, tout en s'habittuant à ma présence, réfléchissaient des notes de curiosité. Petites perles sombres et scintillantes. Leurs grands yeux me donnaient le sentiment d'être avalée par eux. Mes moindres déplacements elles suivaient. D'une pièce à une autre, lorsque je m'adonnais aux taches ménagères, le transport en commun suivait. Elles semblaient applaudir à chacun de mes mouvements. C'était pourtant la cuisine qui leur semblait la pièce la plus interessante. Elles gigottaient. Riaient. Gazouillaient. Me rappelaient à l'ordre si je leur tournait le dos pour retirer du placard une boite, ou une casserole. Il ne fallait pas que je me dérobe à leurs yeux.
Les parfums et les arômes s'emparaient d'elles. Parfois, entre deux occupations, je me positionnais à leur niveau pour leurs jolis minois caresser. Ce qui semblait les ravir. Et si par hasard leurs petites mains joufflues s'accrochaient à mes cheveux longs, elles s'y agripaient de toutes leurs petites forces.
Un instant de récréation.
Plus un seul bruit. Le silence à tous les étages. Leurs paupières trop lourdes avaient eu raison d'elles. On dormait... Un double bisou, juste pour surprendre ce léger sourire qui se dessinait sur leur visage paisible. Pour le plaisir de faire vibrer mon coeur.
D'ailleurs, le moment de leur sieste de l'après midi, était sujet à déposer tout l'amour que je pouvais, sur elles. Je les observais, pour guetter leurs sourires. Ou leurs légers tressaillements. Un bonheur qui fait réagir. De la douceur pour le mental. Alors, il m'arrivait de prendre un ouvrage, pour m'asseoir à leur côté. C'était ma pause.
Et si parfois elles sont venues troubler mes nuits... quel délice que de pouvoir les toucher encore. Leur parler. Les calmer. Leur raconter.
Rien que leur odeur de bébé était toute une poésie.
Je les ai vu s'épanouir. Grandir. Vasciller sur leurs petites jambes. Prendre de l'assurance dans leurs bétises d'enfants. Et surtout, me faire rêver...
Ce jour là, j'ai su vraiment que j'étais mère...
Quel jour ?
Je crois bien que ce furent tous les jours !
Commentaires Récents