Ce qui m'a frappé en salle de classe...

Publié le par sonja

Mes deux premières années de classe furent suffisamment humiliantes, pour que j'éprouve une certaine détestation pour le corps enseignant.
A la maison j'avais appris la pudeur. Mais c'est en classe que j'ai découvert que la moralité des enseignants laissait à désirer. Eux qui étaient investis de règles et d'enseignements rigides, ils se permettaient le baissé de culottes pour distribuer la fessée. Aux filles à main nue. Au garçon, avec une fine baguette qui laissait des marques. Baguette traditionnelle qui faisait souffrir sciemment.
Etant tous réunis dans la même salle, depuis la plus petite classe, au CM2, l'humiliation n'en devenait que plus vive.
Violence gratuite et autorisée.
Qui aurait osé parler de sa douleur physique, quand moralement nous la subissions plus cinglante ?
Très peu d'entre nous se laissait aller aux larmes. Question d'honneur !
Le bonnet d'âne venait agrémenter parfois ces punitions d'un autre temps. Et le cahier accroché au dos venait parfaire le tableau, pour dénoncer le mauvais élève...
Ces enseignants malades, ne lésinaient pas non plus sur les coups de baguettes sur nos petits doigts fragiles.
Lorsqu'on nous tirait l'oreille on ressentait le goût amer de la douleur violente.
Nos visages rougissaient facilement. C'était nous qui avions honte de la situation vécue.
Humiliation.... Humiliation quand tu nous tiens...
Je me souviens de ce jour où une petite fille fit une tâche d'encre sur sa page blanche. Elle reçu une giffle magistrale. Cinq doigts sur sa joue meurtrie. Elle ne pleura même pas.
L'instituteur posa l'une de ses mains sur un coin de son pupitre, afin de prendre appui. Juste le temps de l'invective qui devait suivre... Elle eu une réaction qui traumatisa toute la classe. Elle enfonça profondemment sa plume dans la main de l'homme.
Je n'oublierais jamais le regard de haine de la petite fille...

Publié dans Atelier d'Ecriture

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