Porte ouverte sur Grignan

Publié le par sonja



Elle laisse une porte ouverte. Pour le plaisir du courant d'air. Pour celui de s'interroger sur l'aperçu, au-delà. Des deux côtés de la porte on peut avancer son pas.
Je l'emprunte et entre dans les ombres. J'avance un peu et me retourne. Le soleil s'arrête ici. J'observe cette lumière qui danse sur la pierre. Il s'en dégage une telle chaleur. Il court sur le balcon improvisé. Un escalier se coule sur ses côtés, qui nous jette sur la chaussée et les jardins en contrebas. C'est sur le champ nu et les tapis verts que s'arrête mon regard.
Des peintres viennent ici pour fixer sur leurs toiles les plus belles couleurs de la Provence.
Cette ouverture s'offre aux couleurs de la lavande lorsque celle-ci fleurit et fome ses vagues mauves
Des touffes d'arbres au loin s'éloignent. Elles vont rejoindre l'horizon montagneux.
J'entends le chant de la cigale et le miaulement de la buse qui tournoie au-dessus de la forêt. Elle inspecte son vaste territoire.
Cette porte parle de nature et attire les regards. On se perd volontiers dans cette nature habillant les pieds de la ville. Même si je recherche l'ombre en ce mois de juillet, j'aime à plonger dans la quiétude de ces heures languissantes qui passent.
Je laisse derrière moi la porte ouverte, pour grimper à l'assaut des ombres. Pavés et pierres accompagnent mes pas. La ville somnole en cette heure de l'après-midi. J'en profite pour trainer mes pieds dans ses ruelles ressérées.
J'aime ces portes qui défilent de chaque côté. Ces vieux murs qui nous parlent du passé. On accroche parfois quelques fleurs pour y apporter un semblant de nature. Vain essai dans un cadre aussi généreux en verdure, dès que l'on franchit la seconde porte.
On les laisse ouvertes pour que le vent puisse s'amuser un peu.
Lorsque le Mistral se met à se frotter aux murs, les courants d'air d'hiver n'augurent rien de bon. En été il est un peu capricieux. Il se fait rare.
Qu'on me laisse les portes ouvertes. Dès que j'aurais fini mes flâneries, je reviendrais sur mes pas, et sur mon balcon ensoleillé me poserais, pour un autre regard.

Grignan, c'était il y a quelques mois, mais la mémoire vagabonde en arrière. Elle marche en sens contraire, pour aller rejoindre le souvenir d'heures lumineuses.
Je me coule dans les paysages, lorsque se réveillent les images...


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Renard 11/08/2009 03:41

Un rêve entre ombre et lumière, soleil et mistral, rue étroite et portes ouvertes...Très romantique ce parcoursMerci pour ces instants tranquilles.Bises du mardi à toi 

gene 11/08/2009 02:03

une porte ouverte sur une balade , une rencontre, une rue ensoleillée , c'est quelque chose qui me plait beaucoup, mais j'ai pas ton talent pour le raconter!

Alrisha 10/08/2009 19:09

Je viens de lire le com de Hugues et je pense comme lui. Si tu ne sais agrandir tes caractères, je pourrai te montrer.Nadia m'a suggéré de te dorloter, de prendre bien soin de toi, de te gêter même si tu ne veux pas!!! Je crois qu'elle a tout à fait raison!!!j'attends de tes nouvelles par mail si c'est plus simple pour toi!!!Mille bisous amicaux en attendant de te les faire en vrai!!! Bonne soirée et bonne nuit Sonia et à demain !!!!

Hugues 10/08/2009 17:41

Bonjour Sonja.  Je continue à explorer votre imposant blog, très riche en récits de toutes sortes, tous très intéressants. Je vais juste me permettre une petite critique : les caractères que vous utilisez sont un peu petits, ce qui rend la lecture plus difficile, d'autant plus que vos textes sont souvent assez longs. Sinon ce que vous proposez est d'excellente qualité, à tous points de vue. Merci pour tout, et à bientôt.  Hugues

Quichottine 10/08/2009 12:42

Je ne suis jamais allée là-bas... mais j'aime bien la façon dont tu décris son athmosphère.Tu sais, je pense à ce que tu dis des retours en arrière... je fais souvent ça aussi quand je trie mes images. C'est agréable.Bonne journée, Sonja, et merci pour tout.