Toujours à la lecture raffraichissante de mon journal préféré, je poursuis ma balade en Terre Sauvage, tel qu'il voit les péripéties de la nature...
Tôt le matin et tard le soir : ce sont les maîtres mots de ceux qui veulent partir à la rencontre de la nature au mois de juillet. Entre les deux on peut envisager des siestes paresseuses,
imitant en cela bon nombre d'animaux, mammifères et oiseaux surtout, peu désireux d'affronter les rayons ardents.
Affectionnant les régions à hiver doux et la mi-ombre, l'osmonde royale, fougère de la famille des osmondacées, se plaît dans les lieux à sols pauvres et acides où l'eau suinte, sur les bords des
ruisseaux et des fossés, dans les marais tourbeux. Cette grande fougère, pouvant atteindre deux mètre de hauteur, est vivace. Sur une forte souche apparaissent en touffe des frondes pétiolées,
divisées en folioles sessiles glabres. Certaines frondes sont totalement stériles, d'autres seulement à la base puis fertiles en partie supérieure avec, entre mai et juillet, des sporanges groupés,
de couleur brune. Commune dans l'ouest et le sud-ouest ainsi qu'en Sologne, l'osmonde est plus rare dans le reste de la France. Sa racine possède des propriétés utilisées en pharmacopée
traditonnnelle.
Fluidité, souplesse, ondoiements : des termes qui rendent bien compte des évolutions de la loutre et de ses loutrons, occupés à parcourir leur domaine aquatique. Juillet n'est pas un mois plus
indiqué qu'un autre pour ces expéditions familiales, la loutre pouvant mettre bas à tout moment de l'année. Mais il fait beau et chaud, le niveau de la rivière a baissé et les poissons sont plus
faciles à capturer ! Sevrés, les loutrons ne s'écartent guère de leur mère. Qu'ils en profitent, dans quelques mois, ils seront fermement invités à aller voir ailleurs si le poisson est meilleur
!
Je vais essayer d'en rencontrer dans les jours à venir. Nous en avons au bord de la Loire et points d'eau écartés du fleuve. J'espère ramener des photos de l'une de mes balades
matinales.
Les animaux ne sont pas égaux face aux fortes chaleurs. En gros, ceux à température corporelle constante ont quelques problèmes à résoudre quand le mercure grimpe, tandis que ceux à température
variable s'en accommodent bien mieux, au point d'en tirer avantage. Pour les premiers, c'est la course au rafraîchissement ! Les astuces, heureusement, ne manquent pas. Tout d'abord, rechercher
l'ombre bienfaissante. Ensuite, tirer la langue et haleter pour les mammifères, ouvrir le bec pour les oiseaux -y compris en vol !-, voire faire vibrer la peau nue de la gorge : autant de
façons de profiter de l'"effet radiateur" par ventilation, résultat auquel parviennent les cigognes en... fientant sur les pattes. Et puis se baigner et boire pour la plupart des uns et des
autres.
Les insectes, eux, à l'image des cigales stridulant gaiement par 30°C à l'ombre, captent la chaleur, source d'énergie. Idem pour les reptiles. Lézards et serpents apprécient pierres et sols
brûlants, les prmiers se contentant de lever les pattes par moments pour éviter la surchauffe. Et si le bain de soleil risque de tourner à la pierrade, la retraite est toujours possible vers un
endroit moins exposé aux rayons du soleil.
Mais où donc sont passés les rougegorges ? Au printemps, ils étaient partout, à s'égosiller, à se disputer les territoires, à traquer l'insecte sans relâche. Depuis quelque temps, c'est la grande
discrétion, le silence. Tout au plus peut-on en apercevoir un au jardin se faufiler dans l'ombre des buissons ou sautiller fugacement sur une allée au petit matin. C'est que, après la corvée des
nids, il faut souffler un peu et se consacrer à la mue pour affronter l'automne avec un plumage tou neuf. les jeunes ont cessé de pépier pour quémander et, eux aussi, sont occupés à remplacer peu à
peu leur tenue mouchetée juvénile par un ensemble tablier/masque orangé.
Encore un peu de patience !
En voilà un qui semble avoir perdu son énergie, en perdant son plumage. On le croirait tombé d'un nid le drôle.
Voir...
Les forficules se dissimuler au coeur des corolles, ne laissant appraître, au bout de leur abdomen la couleur d'ambre, que les pinces qui leur ont valu leur nom de perce-oreilles et la mauvaise
réputation qui va avec. Ces végétariens à six pattes sont pourtant bien pacifiques !
Ecouter...
Chanter l'engoulevent, le crépuscule venu. Son curieux ronronnement cliquetant anime les landes à bruyères dominées de pins épars ou les clairières embroussaillées. Il faudra souvent se contenter
de la voix de ce visiteur estival, à moins qu'il ne se profile furtivement sur le ciel bleu nuit.
Goûter...
Les délicieuses feuilles et fleurs de l'origan sauvage, finement hachées pour en parsemer une salade de tomates ou une pizza. On prendra soin de bien les secouer avant utilisation, afin de les
débarrasser des petits insectes qui, eux aussi, les trouvent à leur goût !
Sentir...
Le parfum à la fois mentholé et musqué des feuilles de sauge froissées entre les doigts. L'odeur, toujours agréable, varie d'une espèce à l'autre. Délicate, chez la sauge des prés ou la sauge
sauvage, elle est particulièrement puissante chez la sauge verticillée, venue de l'Europe méridionale.
Toucher...
La douceur veloutée des feuilles vert cendré du bouillon blanc dont la haute tige, piquée de petites fleurs jaune citron, se dresse fiièrement au-dessus des friches et des herbages délaissés. En
femant les yeux, ne jurerait-on pas que l'on a sous les doits, des oreilles de lapin ?
La nature est un régal quotidien, et où que nous posions notre regard, il y a tant à faire pour découvrir et s'impégner des beautés qui s'en dégage...
P.S : Les photos des carnet de saison ne sont pas miennes.
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