Lundi 29 juin 2009
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Avec Terre Sauvage on se laisse toujours emporter dans son sillage où les couleurs et les mouvements sortent des paysages.
La nature est encore prodigue de mille trésors qui ne demandent qu'à être découverts. Dans les pas de l'été, juin et juillet nous offrent la beauté sous toutes ses coutures.
Et comme toujours... Pas d'été sans tabac. Dans la trouée forestière tapissée de ronciers baignés de lumière, en voilà un enfin ! Le premier tabac d'Espagne virevoltant provoque toujours une petite
émotion, que l'on soit entomologiste ou non. Le mâle surtout, aux larges ailes d'un bel orange ponctué de noir velouté, force l'admiration. L'envers du décor, avec son mariage de vert tilleul et de
blanc argenté, vaut l'endroit, même s'il est moins spectaculaire et souvent difficile à voir tant que le papillon n'a pas consenti à se poser un bref instant. Quant au vol, véloce et maîtrisé, bien
qu'il rende fréquemment l'observation frustrante, il vaut d'être suivi un moment pour être pleinement apprécié. S'il s'éclipse trop vite, pas d'inquiétude, le tabac vole jusqu'en août.
Les amoureux du papillon cueillent de beaux spécimens ces jours ci avec leur appareil. Les blogs se sont habillés d'ailes ouvertes peintes de bien jolies manières.
Dans le fouillis rosé des tamaris ourlant les marais salants, le beau chant inventif de la gorgebleue a de nouveau retenti, après une période de relatif silence, signe que la première nichée est
arrivée à son terme. Les adultes les plus dynamiques, à peine libérés des contraintes parentales, en redemandent. Un nouveau nid, bien caché au sol ou à faible hauteur, élaboré par la femelle,
accueille les oeufs et la couveuse. D'ici un petit mois, les jeunes sortiront de leur berceau, encore incapables de voler. Cela ne les empêchera pas d'être fin prêts pour la migration avant la fin
de l'été...
Il a beau faire l'intéressant, voler joliment au ralenti comme un oiseau mécanique en s'égosillant consciencieusement, le serin cini a du mal à ne pas passer inaperçu. D'accord, il est loin d'être
présent partout et n'est jamais abondant mais enfin, il a élu domicile dans suffisamment de squares, de parcs urbains et de cimetières pour qu'on le remarque ! S'il était un peu plus gros, si sa
voix, au lieu de n'être qu'un grésillement métallique, était un peu plus forte et mélodieuse, alors peut-être... C'est bien dommage car le serin, dans son joli costume jaune acide, vaut mieux que
l'anonymat.
En ce moment, les jeunes sortis du nid obligent les adultes à se montrer davantage : une aubaine !
La superbe digitale pourpre, dont les hautes tiges se dressent fièrement dans les sous-bois, est familière à beaucoup d'entre nous, de même qu'est connu le danger qu'elle représente en raison des
terribles substances toxiques qu'elle contient. Moins réputée est sa cousine, la digitale à grandes fleurs. Un peu plus discrète avec ses calices jaune pâle, cette adepte des terrains granitiques
cache également de redoutables capacités d'empoisonneuse. Indifférents à la présence de poison, les insectes affluent vers les fleurs profondes, étagées en épi, qu'ils visitent sans relâche, en
quête de nectar énergétique.
Voir...
Au petit matin, les toiles d'araignée emperlées de rosée. Les centaines de gouttes qui les alourdissent et font ployer les entretoises des rayons ne risquent pas de les détériorer. Dès que le
soleil se montre, la rosée s'évapore, rendant aux pièges leur fonction première.
Ecouter...
Les piaillements des jeunes passereaux dissimulés dans les haies et les buissons. Souvent assez aigus, volontiers répétitifs, parfois lancinants, ils s'accélèrent au moment du nourrissage, sous
l'effet de l'excitation. Après un court répit, ils reprennent sur le même rythme...
Goûter...
A la fin du mois les premiers petits fruits du merisier (ou cerisier), à grappes. Mêlant délicieusement le sucré et une pointe d'acidité, les merises réveillent les papilles et tachent les
doigts ! Le noyau craché donnera peut-être naissance à un beau merisier.
Sentir...
Le parfum suave des fleurs d'églantier défroissées, le long d'une haie ou au hasard d'un pré retourné à la friche. Pour accentuer l'agréable perception olfactive, on ferme les yeux et on s'amuse à
progresser lentement jusqu'au moment où le parfum sollicite les narines.
Toucher...
Du bout de l'ongle les dents minuscules qui courent tout autour de la feuille du charme. Elles permettent de se souvenir plus facilement de l'identité de l'arbre, en évitant de le confondre avec le
hêtre dont les feuilles, de forme analogue, montrent un bord sagement uni.
Il se murmure... en juin, trop de pluie, et le grenier vide s'ennuie.
La nature nous fait tourner la tête dès qu'on se coule entre ses bras généreux.
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