
ILE DES PINS EN NOUVELLE CALEDONIE
ROANNEMAVILLE
Lentement ils avancent.
A cette distance on les prendrait presque pour de grands corbeaux.
Seulement, rares sont leurs grands déplacements, et par ici, point de ces grands oiseaux.
Les voilà qui approchent. Ils sont cinq. Puis en arrivent d'autres. Et encore bien d'autres. Entre eux quelques mètres de séparation.
Ces oiseaux là glissent sans se presser. A peine de rare coups d'ailes qui redonnent du mouvement au groupe.
Je souris de l'étrange poussée en avant. Le ciel me semble joliement garni en ce debut de matinée.
Au dessus de ma tête, j'observe mieux le dessin de la silhouette, de la queue.
Plus de doute, ces majestueux princes des airs sont des buses. Gracieuse coulée s'adonnant au plaisir du portage aérien.
L'envergure des ailes me parait presque démesurée. Couleur sombre et claire se mélangent. Quelle splendide vision que ces rapaces qui s'installent au dessus des toits.
Une belle assemblée perçant le bleu du ciel en ce jour.
Puis c'est la halte dans les hauteurs. Enfin, lorsque je pense arrêt ou pose, cela veut surtout dire que la tête de la troupe observe un mouvement circulatoire. Entre dans la ronde deux, puis
trois et jusqu'à plus de six. De longs orbes se dessinent, pour s'élargir au fur et à mesure.
Une petite interrogation mentale, avant que je ne comprenne ce qui se passe... parce qu'ils étaient vraiment décidés à continuer leur route.
Tout en commençant mon comptage, je me rends compte qu'à la queue.. le.. le... il y a des retardataires. Certains sont à peine visibles.
Ce petit jeu qui dure m'amuse.
Ici bas, sur mon bout de troittoir j'ai l'air de sourire aux anges. Les gens sont si peu curieux, qu'ils ne se donnent même pas la peine de suivre mon regard. J'ai presque envie de leur
suggérer de lever leurs yeux vers le ciel.
Ils doivent sans doute se méprendre sur mon comportement. Tant pis, je ris intérieurement de cet étonnement.
C'est ainsi qu'une quinzaine de buses entrent dans la danse là, sous mes yeux. Puis, la file indienne s'étoffe. Il y a de quoi se laisser aller au plaisir des yeux.
Surtout n'allez pas croire que je marche la tête en l'air (même si parfois je l'ai vraiment), car nos jolis trottoirs par chez nous aussi, il vaut mieux ne pas les quitter du regard.
Mais là, je n'ai pu faire autrement qu'arrêter ma propre marche pour accompagner mes magnifiques oiseaux dans leurs réunions.
Que faisaient-ils ?
Ils attendaient tout simplement les retardataires. Du moins est-ce l'impression qu'ils m'ont laissé...
Ma pause a duré une vingtaine de minutes. C'était vraiment un régal mental. Une dégustation en hauteur...
Plus d'une quinzaine de buses plus tard, dès la dernière récupérée, elles ont continué leur avancée.
Etonnant comportement. Les animaux ont parfois des gestes qui donnent à réfléchir sur leur vie sociale.
Ils n'ont pas laché le groupe, ni perdu sur les lignes aériennes, ceux qui étaient à la traine.
Le temps qu'on peut accorder à la nature peut nous valoir des surprises fabuleuses.
Nous nous trouvons dans une région giboyeuse. Des buses on en rencontre régulièrement dès qu'on s'éloigne un peu dans la campagne. Ou même au dessus de la Loire. Elles sont pratiquement tout le
temps à deux, trois ou cinq.
Mais un tel déplacement, c'est bien la première fois que je peux le suivre.
Nos lapins, lièvres et autres rongeurs n'ont qu'à bien se tenir...
Je n'avais pas mon appareil photo pour les prendre. Je revenais des courses, vous pensez bien que je ne l'emmène pas avec moi...
Et bien j'ai eu tort !
L'oeil sombre
Fixant son espace de chasse
Dans sa magnifique robe où coule des reflets
La buse s'offre poitrine claire
Délicatement dentelle sur les ailes
Doucement se laisse porter dans l'espace
Grâcieux oiseaux
Aux miaulements discrets
Posant leur fierté de rapace
Son terrain de chasse
Observe sans relache
Mon bel oiseau
Ton envolée j'attends !
Pour tes mouvements surprendre
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