Une journée sous le signe de l'amitié est toujours un facteur de surprises en chaîne. Se laisser surprendre par l'évènement... c'est à dire ces heures que l'on brasse avec des ingrédients où le
coeur se laisse porter dans les douceurs de l'instant. Il n'y a rien de tel pour cimenter l'amitié.
Une amitié durable se compose de pincées de matériaux solides. Au final, on sent que l'on a construit sur du fiable et non sur du sable.
L'amitié n'a pas besoin de grandes choses. Ni d'une apparence toute de clinquants dont on ne saurait que faire.
Ou de ces éléments qui ont du coffre, mais qui à l'intérieur sonnent creux.
Car il suffit d'une seule vague pour que s'emporte l'édifice.
Il est des amitiés comme de l'amour. Le superficiel est souvent au rendez-vous.
Qu'est-ce qui fait qu'au bout du chemin on puisse trouver la déception ?
Que peut-il donc manquer d'essentiel pour que de bons rapports s'installent à long terme ?
Vous est-il arrivé d'observer une personne qui essaie d'apprivoiser un animal sauvage ?
Contrairement au domptage qui a pour but de dominer ou de soumettre, apprivoiser c'est surtout rendre plus sociable notre petit animal. C'est une affaire entre lui et l'autre. Contrairement à ce
qu'on pourrait supposer, c'est relativement facile.
En fait que sera l'essentiel, ou le trait d'union qui portera la future amitié ?
Tout simplement le respect de la liberté de l'autre.
Lorsqu'on commence à vouloir que l'autre pense comme nous. Qu'il aime "tout" ce que nous aimons. Qu'on a des exigences selon nos propres critères, voilà que s'installent les premiers
malentendus.
De la même manière qu'un animal sauvage ne doit pas subir un enfermement pour le seul plaisir de celui qui l'a capturé, ainsi en est-il pour un être humain.
Le dompteur n'a qu'une seule idée en tête : que l'animal sauvage devienne sa chose.
L'homme se montre puissant de par ce qu'il considère comme une réussite. Une sorte de trophée.
Il a tellement étendu cette façon de voir les choses, que même avec son semblable il a une vision réduite de ses rapports avec l'autre.
Forcèment en amour, ou en amitié, il ne peut que se planter s'il oublie que l'autre a sa propre personnalité. Pour un meilleur résultat, il doit apprivoiser seulement.
Un amour, ou une amitié à sens unique, voilà qui pose problème également.
Mais comme on s'interroge rarement, certaines amitiés finissent par devenir pesantes ou virent à la haine.
Que nous manque-t-il alors ?
Le temps mental de permettre à l'autre d'être lui-même. Ce qui est valable dans les deux sens, évidemment.
L'amitié ça se conduit à deux. Si un seul tire, tracte, ou pousse, on peut imaginer la force qu'il lui faudre, sans oublier que cela occasionnera une fatigue à long terme.
Une telle amitié est vouée à l'échec.
L'amitié est un échange. De la même manière que lorsqu'on apprivoise un animal, il se passe des choses.
Si un animal est sensible aux sentiments qu'on lui porte, à plus forte raison un être humain.
Echanger des mots, des lettes, ou des sourires... ce ne sera que du plaisir renouvelé.
Compliquer une amitié c'est quand on commence à priver l'autre de sa liberté. De son espace. Des choses qu'il aime. Ou en faisant fi de ses limites qui ne sautent pas forcément aux yeux.
Aimer ce n'est pas toujours penser que ce que nous pouvons supporter, il n'y a aucune raison pour que l'autre le supporte aussi. Cela, c'est plus une vision réductrice de ce qu'est l'amitié.
Il ne faut pas s'étonner ensuite que certaines amitiés se fassent la mâle...
Aujourd'hui, même l'amitié peut devenir une denrée "non périssable".
Pas besoin pour cela possèder des diplômes ou un intellectuel dépassant la moyenne. Ca, c'est un simple détail.
Je me laisse toujours surprendre par tout ce que m'offrent mes amies.
Il m'arrive de m'asseoir, tout comme je le fais ce soir, devant ma page blanche, pour que je commence à voyager. Une cueillette par ci, une cueillette par là...
Et puis voilà que je m'embarque sur un tempérament. C'est ainsi que défile sa personnalité particulière. Son caractère, ses passions, ses envies, ses manies, ses actes... Ces petites choses
prennent vie devant moi. Les souvenirs abondent. Que ce soit ceux d'hier ou d'aujourd'hui.
A chacune de mes rencontres avec mes amies je comptabilise de nouvelles pages "tendresses".
Parfois, des semaines, ou des mois s'écoulent avant que je ne vois l'une ou l'autre. On n'habite pas forcément dans la même ville. Ou bien, c'est nos vies en parallèles qui fait passer le temps qui
nous est imparti, très vite.
Ce soir, c'est l'une de mes amies fidèles qui est venue m'interpeller dans la quiètude de mon "palace".
Faire un retour en arrière lorsqu'on a pour compagnie sa solitude, ce n'est que normal.
Je me suis revue en debut d'après-midi, à la médiathèque. Je m'y suis posée à partir de treize heures. Je savais que Zoulikha allait se pointer pour son heure de cours "informatique". je l'ai donc
attendue tout en piochant dans un livre quelques recherches. C'est ainsi qu'elle m'a surprise avant de rejoindre sa machine, à l'étage.
Comme d'habitude, avec elle, les blagues ont une place privillègiée. Elle sait si bien rire même d'elle-même, et apporter une bonne dose d'humour.
Elle lit énormément elle aussi. Ce point commun nous permet d'agrémenter nos conversations sous ce rapport.
Et nos points de vues différents s'il y en a ne sont pas une barrière à notre fringale de partager.
Après son cours, nous nous sommes retrouvées. Elle m'a invité à partager son souper. Je n'ai pas hésité une seule seconde. Le bus nous a mené dans sa sité, assez éloignée du centre ville.
Parler de choses et d'autres avec elle, puis revenir aux livres, fait partie de cette cueillette à deux.
Si le dernier bus n'avait pas pour horaire un peu après 19 heures, pour sûr que je ne l'aurais pas quitté aussi tôt.
Nos interminables discussions nous semblent toujours trop courtes.
En plus de ça, j'apprends beaucoup avec elle, sur son beau pays.
Ces heures là sont autant de petites pierres précieuses dans le jardin de l'amitié.
L'amitié ne doit pas être un terrain de tensions et de bras de fer. Rien que d'y penser je me sens déjà épuisée.
Cela doit venir de mon tempérament "paresseux".
Une amitié où il y de la guerre, il vaut mieux quitter le pays.
Même lorsqu'on ferme la porte derrière soi, après une journée bien remplie, on doit toujours la laisser ouverte pour l'ami (e) de coeur. Nos pensées doivent continuer de l'accueillir. Même si nous
nous trouvons dans notre cuisine, notre salon, ou les coudes sur un coin de bureau.
C'est ainsi que ma soirée a eu pour prénom : Zoulikha...
Mais à mes amies qui se reconnaitront, j'en profite pour leur envoyer une pluie de baisers amicaux....
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