L'agonie de l'idéologie néolibérale (Marianne)

Publié le par sonja



Faire un petit retour en arrière nous permet de constater, malheureusement, que le terrorisme intellectuel régnait en maître.
A propos de quel sujet ?
Celui qui s'est installé depuis de nombreux jours dans bien des esprits...

Surtout, ne pas avoir l'audace de souligner que le règne absolu de l'argent, seule valeur universelle, était une violence.

A les entendre, s'opposer au néolibéralisme, c'était haïr l'Amérique. Comment survivre à pareil procès ?
Aujourd'hui encore, au coeur de la tempête économique, financière, politique, sociale, morale qui broie le monde occidental, l'éditorialiste du "Figaro" affirme, sans susciter la moindre émotion, la moindre réplique, que l'Etat, en France, se permet à nouveau d'intervenir sur le marché signe de la "destructuration morale du pays".
Ces gens là ont perdu la boussole.

Pas d'erreur, c'est en s'appuyant sur un triomphe idéologique sans équivalent depuis la domination du marxisme, que des banquiers astucieux mais véreux, des traders ingénieux mais pourris, des financiers imaginatifs mais corrompus, ont construit une économie casino, un système en carton-pâte, animé d'un seul et unique objectif :
leur enrichissement personnel.

Ces gens là savaient que tôt ou tard, le système néo-libéral, cette construction dépourvue de toute base solide, s'effondrerait. Ils s'en fichaient éperdument puisqu'ils étaient immensément riches, riches à en crever.
Ce qu'ils n'avaient pas prévu, c'est que ce système, leur chef-d'oeuvre, s'effondrerait en quelques mois. L'administration de Bush a senti pointer la révolte du peuple américain soudain conscient que ces banquiers là, ces traders-là, ces financiers là, s'étaient joué de lui, de sa crédibilité, de ses économies.

Hier encore, le Président minaudait à évoquer sa "passion" américaine, cette relation décomplexée à l'argent, à la réussite, au bonheur. L'américanisation de la société française, c'était sa véritable ambition politique.
Elles s'est fracassée contre la folie des traders, contre la perversité des financiers et de leur économie de pacotille. Tout autre chef d'Etat aurait eu un instant, rien qu'un instant, de doute.
Angela Merkel se fait discrète, secrète, puisque ses certitudes se sont effondrées. Elle observe, guette, attend.
Que fait notre président ?
Il a enlevé l'ancien costume pour le remplacer par un autre. Place au colbertiste, l'étatiste, qui fait la leçon (et sur quel ton) aux maîtres du marché.
Que ne s'est-il pas réveillé avant la débacle ?
Il bouge. On se trémousse. La politique gouvernementale conduite depuis dix huit mois vient d'être balayée sans la moindre annonce officielle.
Lutte contre les déficits, baisse d'impots, renforcement du pouvoir d'achat.
En quelques mots : lessivé, oublié.
La grande crise autorise tous les retournements, y compris les plus invraisemblables.
Pour fournir du crédit aux PME, les excédents du livret A seront mis à contribution.
C'est que les épargnants, eux savent, que depuis quelques mois déjà, que la grande crise menace. Ils ont donc précautionneusement déposé vers l'Ecureuil et la Poste 12 milliards d'euros de plus qu'en 2007.
"C'est de l'argent qui dort tranche le Président. On va l'utiliser". L'étatisme est de retour.
Mais les français se méfient du changement stratégique. Ils se méfient parce qu'au coeur de cette crise effroyable ils cherchent désespérement un début de cohérence. Et la cohérence c'est une notion étrangère à notre Président.

Mais savez-vous que pendant la crise, le pillage continue ?
Au moment même où le gouvernement américain et les parlementaires se débattent vaille que vaille, les banquiers et financiers de Wall Street rôdent déjà autour des milliards sur le point d'être débloqués. Et ceux qui l'ont déjà été...
Ils entendent bien mettre le grappin sur une bonne partie de cette masse d'argent que les contribuables américains vont sortir de leur poche.
Comment vous demandez-vous ?
Le plus simplement possible :
- Ne conserver que les affaires sûres et fourguer toute leur camelotte avariée à l'Etat. Les banquiers
  d'investissement proposent leurs services pour gérer ces montagnes de capitaux "d'Etat", moyennant de
   confortables commissions et bonus.
Ils n'ont rien appris...

L'argent octroyé au traitement de la maladie, les financiers responsables du cyclone sont déjà à l'oeuvre pour se le partager et s'acheter de nouveaux yachts.
On a du mal à croire à ces allégations si elles ne s'étalaient pas à la première page des principaux journaux américains.
On aurait pu espérer que le drame les avait calmé, ne serait-ce qu'une courte période.
Ils sont incorrigibles, et ce pour une raison évidente : prendre l'argent en otage, le rançonner, est devenu leur seule raison d'être.
Quand on sait que ce même argent constitue le sang vital de l'économie, qu'il est la vie et la mort des individus dans nos sociétés intégralement commercialisées, on mesure l'ampleur du désastre et la dimension du crime.

Et l'Europe ?
Toute l'économie repose sur la mondialisation.
Un seul battement d'ailes et un chateau de carte peut s'effondrer...
On vient juste de souffler sur notre château de cartes économique. On ne pourra que le regarder s'effondrer jusqu'à sa base.
Quel que soit le plan de sauvetage, rien n'y fera car ils voudront spéculer jusqu'au bout.
L'argent n'a pour seul fin que de produire plus d'argent. Toujours plus.
Voilà plus de 10 ans que le bout de nez de l'explosion du capitalisme était dénoncé. Un journal n'a cessé de marteler cette évidence.
Rien que d'y faire allusion était ringard. Ou alarmiste.
Nous avons oublié que le système financier est une économie virtuelle planétaire sans régulateur.

Et on continue de rassurer le peuple !

Les menteurs :
Ils ont imposé l'idéologie unique.

Les profiteurs :
Ils ont accumulé des gains démentiels.

Les vicitimes :
Elles paieront l'additiion.

Tout un programme !




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Alrisha 12/10/2008 22:39

Dire que c'est l'argent des petits épargnants qui va remplir les caisses! Tout cela à cause de la mauvaise gestion des banquiers ! Plus personne ne va pouvoir emprunter, l'économie va s'affaiblir et les petites entreprises vont payer les pots cassés. Le petit peuple va se retouver sans le sou.Je viens de lire tes nombreux coms toujours aussi gentils et qui me rassurent sur ton sort à part que ta cheville te fait toujours souffrir. Je sais comment se déroule ta semaine et comprends mieux ton silence. Je n'ai pas reçu ton mail.Jeudi je suis allée avec Odile à Paris au cimetière du Père Lachaise et à Montmartre et hier et aujourd'hui, nous étions en expo avec notre asso. Plus de 200 photos exposées ! Je n'ai plus beaucoup de temps pour répondre aux coms et écrire mes articles.Voilà ma petite soeur de coeur, je pense beaucoup à toi et aimerais être à tes côtés pour découvrir toutes les beautés de l'automne. Je t'embrasse très fort. Monique

al 12/10/2008 15:28

Bonjour chère amie,A Marianne, on raconte n'importe quoi et depuis toujours d'ailleurs. c'est un magazine qui affiche ses Unes selon l'actualité. M.Kahn, ex patron mais néamoins maître à penser de ce magazine vient de rejoindre un parti libéral, ce qui ne l'mpêchera pas de nous chanter dans quelques années, quand le vent tournera, les bienfaits de l'anarchisme ou de je ne sais quoi... Bon bref, Bisous à toi et bon Diamanche. 

sonja 12/10/2008 16:07


Ce n'est pas JFK qui écrit tous les articles, et je retiens sur ce journal mes propres réflexions.
Et cet article relate tout simplement ce qu'on peut constater de visu depuis de nombreuses années, par nous même. Ainsi que l'actualité d'aujourd'hui qui nous interpelle.
On ne peut que faire un constat individuel de l'état des choses. Là, pas besoin d'un journal pour réaliser... quand aux détails, il n'y a aucune raison pour qu'on les taise...
Bon dimanche à toi aussi
Bises