Au bout du voyage l'amitié (2)

Publié le par sonja


Voilà une photo qui convient tout à fait aux souvenirs que nous avons avec Monique. C'est aux alentours de Chateau Thierry que j'ai cueilli ce petit immeuble de balles, empilées les unes sur les autres.
Le paysan qui a fait cela a beaucoup d'imagination. Ou bien alors, il savait que je passerai par là.
J'ai rit de cet assemblage, que même Monique n'a pas encore vu. Cela risque de beaucoup l'amuser. A moins qu'elle ne soit passée avant moi devant ce décor...
C'est ainsi que j'ouvre ma rencontre avec Monique.

Où en étais-je ?
Ah, oui ! Je descend donc à Vilport après une traversée en dehors de Paris.
Soixante dix kilomètres plus loin, Monique m'attend déjà sur le quai. Je prends tout mon temps, comme d'habitude, de mon pas du promeneur.
Si bien que durant quelques secondes, ne voyant personne arriver après tous les voyageurs venant à sa rencontre, elle a pensé que j'avais loupé le train. C'est une Monique un peu étonnée que j'ai découvert au sortir du tunnel me menant jusqu'au batiment de la gare. Quelle joie que de nous découvrir...
Mon carosse étant avancé, nous n'avons pas trainé devant la gare. Nous avions quelques kilomètres à parcourir pour arriver dans son petit village. Ce qui ne nous a pas empêché de discuter. Bon, c'est vrai, je parlais un peu plus qu'elle... mais quel plaisir de nous savoir comme nous nous connaissions derrière l'écran !
Même le virtuel peut nous faire découvrir de belles personnalités. Mais oui !

J'ai traversé son village de 200 âmes, très rapidement.
Très peu de maisons. Très peu d'habitants. Mais beaucoup de jolis coins. Je les ai déjà repéré. J'ai même cherché du regard ce délicieux chemin formant un tunnel ombragé qu'elle nous a permis de connaitre sur son blog. C'est à partir de chez elle qu'il se perd dans la nature.
La gardienne de la maison attendait notre arrivée devant la niche. Après une brève caresse et des léchouilles, j'ai pu prendre place dans la chambre d'amie, avec un coin bureau que mon amie m'avait réservé. Dont j'ai largement profité lors de mes matinales levées.
J'ai pu faire la connaissance du reste de la maisonnée. De la gentillesse et de la générosité plein le coeur.
Père et fils m'ont souhaité la bienvenue. Puis ils nous ont discrètement laissé entre femme. Nous avions des kilomètres de discussions en retard... durant ces journées à deux. Un vrai régal !

Le lendemain, assez tôt, nous avons parcouru la campagne environnante. Monique m'a servi de guide sur tous ces petits sentiers qu'elle parcourt régulièrement pour ses captures photos. Bottées comme le chat, la rosée était devant nous pour notre échappée nature.
Un papillon par ci. Un insecte dont j'ignorais le nom, par là. Des sauterelles sautant devant nous. Des oiseaux déplaçant le feuillage au dessous de leurs pattes. Le cri d'un rapace au delà d'un bois. Et le ciel dégagé, ou un peu moutonneux dans les hauteurs infinis.
Des champs à perte de vue. Couleur sable, jaune ou vert. Que d'espace....
Sous le feuillu d'un bois nous avons fait une cueillette de formes et de mouvements. L'enchanteur de ces îlots de forêts nous a offert un joli concert de sons et de chants. Même la grive musicienne a imposé ses notes particulières. Un monde magique où le temps n'existe plus. Ni même l'espace d'ailleurs. On ne mesure plus rien lorsque la nature prend le pas sur tout le reste.
La veille déjà, nous avions rejoins le terrain si tranquile de l'étang. Là où le mari, ou le fils de Monique ont disposé quelques bancs pour les visiteurs. Ou les curieuse comme moi.
L'endroit idéal pour y rêver tout son saoul.
Monique a fait une jolie cueillette de fleurs, d'herbes et de libellules. Avec son appareil, bien sur.
Je me voyais déjà pique-niquant sur cette herbe rase que venait de tondre le fils de mon amie.
Ca sent rudument bon la campagne. Ma tête subissait le tourbillon des merveilles ainsi déballées, devant mes yeux et mon odorat.

Ensuite, direction Chateau-Thierry. Une ville de 21 000 habitants, si ma mémoire n'a pas laissé s'envoler le chiffre.
Nous avons un peu longé le fleuve qui partage la ville. Il faisait doux. Le soleil ne nous a pas quitté. J'aime bien cette ville. Elle a un certain charme.
Un rat a traversé notre champ de vision. Durant quelques minutes voilà que cette bête s'est mise à renifler le chemin... nous sur ses pas. Monique a très peur de cet animal, mais elle n'a pas hésité à le flascher. Ce qui m'a intérieurement beaucoup amusé. Quand à notre rongeur, il faisait sa balade tout comme nous. Il gambadait allègrement et sans retenue. Rien ne l'a dérangé.
C'est dans un restaurant que nous nous sommes retrouvées pour partager une belle assiette, bien copieuse.
Monique m'a fait découvrir des endroits où je retournerais sans doute, si un jour je repasse dans les villes où elle m'a promené.
Après la ville de Monsieur Jean de la Fontaine... je flânerai demain, dans une ville bien plus grande.

C'est ainsi que nous voguons sur les bulles de champagne. La région si belle de la champagne est là, très proche.
Je plonge donc dans une grosse brassée de la ville de Reims.
Là je ne sais plus combien il y a d'habitants.
C'est à pieds que de loin nous apercevons la cathédrale, au beau milieu de l'avenue que nous longeons. Ce batiment est impressionnant. Un petit tour à l'extérieur-interieur, puis nous continuons notre visite pour nous rendre au centre.
La place d'Erlon est devant nous, ainsi que son jet d'eau assez amusant. Une grosse boule de fraicheur dont s'échappe des épines d'eau en forme de herisson. Quatre voies départagent des rues quittant ce point d'eau argenté. Des terrasses de café-restaurant jusqu'au bout de l'avenue. Avec le grand manège dans l'une de ces rues.
C'est chic. C'est classe. C'est tendance. Ou bien décontracté. Nous avons opté pour un restaurant où on sert des salades. Envie de nous raffraichir.
La pause fut un régal. La bonne humeur garantie. Et l'oeil fureteur...
Retour plaisir, en faisant une pause très agréable dans le jardin de l'ancien chateau, de Chateau-Thierry.
Monique cherchait des lézards. Elle a trouvé des lézards.
Il y avait beaucoup de jeunesse dans ce parc avons nous remarqué. Sous les arbres il faisait bon.
Avant de rentrer à Brumetz, une halte dans un supermarché s'imposait. Nous avons parlé Algerie, et bien sur, le "couscous" s'est imposé. J'ai donc fabriqué mon couscous maison, pour Monique et son gentil mari. En plus, maintenant elle sait le faire, puisque je lui ai révélé tous mes secrets.
Avec la recette que lui a envoyé Jacqueline, elle n'aura pas de mal à recommencer la préparation, au cas où elle oublie la mienne.

Ce qui m'a le plus frappé dans la région où habite Monique ce sont les grands espaces. A perte de vue ce ne sont que des champs de cérales. De betteraves aussi. C'est ainsi que je me suis toujours imaginé le grenier de la France. Un horizon qui ne semble pas finir.
Les verts m'ont également interpellés. Intenses, profonds, ou doux, ce ne sont que des dégradés. En plus, ils donnent une dimension joyeuse partout où ils colorent. On se laisse facilement prendre au piège du tranquile mouvement. C'est ce qui m'est arrivé lors d'une balade d'après midi, à l'intérieur même du village.
Bruissements et éclats baignaient les bois. Les rouges queues, les mesanges, les chardonnerets, les merles et autres poids plumes ont fêté notre avancée. J'avais l'impression de boire tous ces verts tant je les sentais me toucher intérieurement.
Le ciel était notre complice, car il a fait beau durant toutes ces journées. Avec un rien de vent pour venir attenuer la chaleur des rayons.
Il y aurait encore tant d'autres coins à visiter dans cette ville et ses environs, j'en suis sure. Ce sera sans doute pour une autre fois. Mais déjà, dans mon bagage mental j'ai emporté une belle brassée de souvenirs.
Dont ces joyeux chants déposés sous la fenêtre de ma chambre, dès l'aube. J'ai été réveillée, chaque matin, par tous les oiseaux du jardin. Ainsi que par les moutons proches. Le calme de cet environnement est le plus délicat des somnifères pour les nuits douceurs. J'en ai pleinement profité...

La terre est rude, mais la travailler apporte bien de la satisfaction... si j'ai bien saisi ce qu'en pense les paysans du coin. Ils travaillent dur, mais on dirait qu'ils prennent du plaisir à l'ouvrage. Le grand air et l'espace y sont sans doute pour beaucoup.
Au milieu de ce paysage que je découvre, j'ai souvent pensé à l'histoire du "Laboureur et ses enfants".
La terre est vraiment un trésor. Et ceux qui vivent d'elle éprouvent une certaine satisfaction.
Dans nos grandes villes, le plaisir au travail est bien moins visible. Là, je l'ai ressenti. Il était palpable...

Merci Monique !




                                                                                   REIMS



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nadia-vraie 20/07/2008 05:45

C'est vraiment relaxant de te lire Sonia et vraiment beau de voir votre amitié.Tout ce que tu écris est vraiment naturel.Bon dimanche et Amitié.

cath 19/07/2008 21:42

Quel magnifique "reportage"!! Merci de nous avoir entraînés sur vos pas les "blogueuses"...

eolina 19/07/2008 11:26

Je viens juste te faire un petit coucou... A quelqu'un que j'apprécie, au merveilleux talent d'écrivain... Bonne journée. Je te donne l'adresse de mon autre blog d'écriture, si tu as le temps...: http://l-ecume-des-jours.over-blog.com/

Quichottine :0010: 18/07/2008 22:36

Je me mets à votre place... pour l'avoir vécu. Le retour est difficile lorsqu'on a passé de merveilleux moments d'échange intense.Alors, je suis sûre que vous vous reverrez, il ne faut pas trop attendre...Gros bisous à vous deux !

canelle56 18/07/2008 22:21

tres belle rencontre et belle amitie bises et bonnesoiree sonia