
Quelque part en Vendée,. Mais ce pourrait être n'importe où dans l'Ouest de la France. Et même ailleurs, car le ragondin est désormais chez lui partout, sauf en montagne, sauf où il n'y a pas assez
d'eau pour lui. Disons-le sans acrimonie : ce personnage est un envahisseur.
Au départ, l'animal vivait -et continue de vivre- en Amérique du Sud. Et puis on décida de l'élever pour sa fourrure. Mais certains captifs de chez nous, qu'on ne saurait blâmer, préférèrent le
chemin de la liberté. La belle, quoi.
Le résultat est moins joli à voir, car le ragondin, strictement herbivore, fait désormais concurrence à d'autres espèces et détériore, par ses galeries, les rives et les champs, lorsque des
solutions adéquates ne sont pas mises en oeuvre. Même chose pour le rat musqué, lui aussi venu de l'Amérique latine, lui aussi bagnard évadé. Et lui aussi, de moins en moins bien supporté. Mais
comment faire pour juguler ce grand mouvement d'animaux et de plantes qui accompagne la mondialisation des échanges ?
Et s'il n'y avait que les naimaux ! Chez les plantes, c'est encore pire, avec, croit-on, 500 espèces introduites en France, soit tout de même 11 % de la totalité de notre flore. Certaines servent
de décoration dans les pots de fleurs, mais d'autres prolifèrent et menacent des écosystèmes entiers. C'est le cas des jussies et de la myriophylle du Brésil. Toutes les deux -quelle manie !"
viennent d'Amérique du Sud et avaient, au départ, été choisies pour agrémenter les bassins et les aquariums. Eh bien, c'est réussi !
Elles se sont échappées, elles aussi, et quand elles trouvent des conditions favorables, au bord des lacs et des marais, elles forment des herbiers denses qui empêchent les autres espèces de vivre.
Des herbiers qui, en se décomposant, privent l'eau d'un oxygène pourtant indispensable.
Mulots des villes et rats des champs
Si la myriophylle reste relativement confinée à l'ouest de la France, les jussies se rencontrent, elles, partout. La loi existe, et elle est même européenne depuis la directive Habitats de 1992.
Elle demande aux Etats membres de veiller à ce que "lintroduction intentionnnelle d'une espèce non indigène à leur territoire soit réglementée de manière à ne porter aucun préjudice aux habitat
naturels, à la faune et à la flore sauvages indigènes, et, s'ils le jugent nécessaire, interdisent une telle introduction".
Sans vouloir se moquer de l'Europe, disons que les contrevenants sont nombreux.
Oh, il existe bien quelques réussites, mais très limitées, comme vous allez juger par vous-même. On ne présente plus le surmulot, notre rat d'égout. Sur les îles, il est encore plus ennuyeux que
dans nos caves. Rappelons qu'il peut percer une dalle de béton de 15 centimètres d'épaisseur.
En 2003, une grande opération a été tentée sur l'île Tomé, au large de Perros-Guirec (Côtes-d'Armor) : 620 stations de piégeage ont été installées sur les 35 hectares de Tomé, et plus de 600 rats
finalement éliminés. Pour les biologistes, telle était la condition pour espérer voir revenir deux oiseaux rares, le puffin des Anglais et l'océanite tempête, dont les oeufs et les jeunes sont
régulièrement dévorés par les rats.
Seulement, voilà : toujours rien en vue.
Ah ! cette nature qui demande de si grands soins après que l'homme ait mis sa patte de mauvais génie dans la sauce de l'impensable...
Lorsque j'habitais Pierrelatte, je courais les rivières et tous les points humides pour observer ce fameux ragondin.
Timide, mais il s'habitue très vite aux regards. D'autant si au bout d'un moment, il ressent la présence habituelle de son observateur. Que de fois me suis-je assise à proximité d'un point d'eau
pour les suivre dans leur quotidien.
Ils mesurent entre 70 centimètres à un mètre. Et pèsent 6 kilos. Un rongeur tout de même impressionnant.
Ces grosse bêtes s'arrêtent, parfois, et t'observent à leur tour, les yeux droit dans les tiens.
Un régal mental !
Et mon grand tour dans la magie des reportages de "Terre Sauvage" s'achève ici, pour cette fois-ci !
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