Le petit peuple de Paris

Publié le par sonja


L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Même en ville. A 7 heures, il n'y a pas encore grand monde dans les rues. C'est donc le moment ou jamais de faire des rencontres. Avec un faucon crécerelle, par exemple, chassant le moineau sur les quais. A Paris, le rapace a été observé, dès 1840, sous les gargouilles de Notre-Dame. Il y est toujours, après avoir été redécouvert, en 1980, par de patients ornithologues. Et il est aussi à l'Arc de triomphe, à Saint-Eustache, au Petit Palais. Entre autres, car la capitale compterait une cinquantaine de couples.

Une grande ville abrite fatalement la vie des autres. Prenez l'exemple du bois de Boulogne, qui fait partie, quoi qu'on en dise, de la capitale. Malgré les décimations du passé, le bois cache -bien- des insectes aussi prodigieux que le lucane cert-volant, la détoine érugineuse, le grand capricorne ou la petite biche. Des oiseaux comme l'épervier, l'hypolaïs poliglotte, le loriot. Des chauves-souris, comme le vespertilion de Daubenton.
Mais aussi une population mélanique -c'est à dire noire- de... campagnols roussâtres. Même l'intérieur de Paris recèle des secrets naturalistes, tout comme Lyon, Lille, Rennes ou Marseille. Pour la raison que les villes comptent des espaces que personne ne réclame plus, au moins provisoirement. Tel est le cas, à Paris toujours, de la Petite Ceinture. Il s'agit d'une ligne de chemin de fer de 34 kilomètres, achevée en 1859, et qui transporta des millions de tonnes de marchandises intra-muros jusqu'en 1934. Sa plus grande partie, qui forme comme un cercle aux frontières de la capitale, est devenue une friche.

L'histoire incroyable d'une belle fougère.
Côté plantes, c'est inoui. Pas moins de 460 espèces ont été recensées, parmi lesquelles l'orobanche du trèfle ou la renoncule à fleurs jaunes. Côté animaux, ce n'est pas mal non plus. Citons, en vrac, le hérisson, la fouine, neuf espèces de mollusques, dont l'escargot velu, et la colonie de pipistrelles -une chauve-souris- la plus imposante de toute l'Ile-de-France. Voilà bien ce qu'on peut appeler un refuge biologique. Pourvu que cela dure !

Un petit coup de pouce du destin peut aider, comme nous allons voir avec le polypode du calcaire, une belle fougère. Observée une première fois par un monsieur Leprieur en 1822, dans le bois de Boulogne, elle est repérée, en 1839, rue de Passy. Puis signalée dans un inventaire de 1861. Ensuite, long silence de cent vingt ans, rompu par Marcel Bounérias en 1980, qui la retrouve sur les murs du Muséum national d'histoire naturelle, dans le Ve arrondissemnt. Où elle disparaît avant d'être aperçue, en 2000, aux abords des arènes de Lutèce, dans le Ve toujours. De malencontreux travaux détruisent la satation des arènes, et on estime alors que la belle plante a disparu de l'Ile-de-France. Ils ont tort, heureusement.
En avril 2004, deux d'entre eux tombent sur quelques pies installés sur les quais de la Seine. Toujours et encore dans le Ve. L'explication la plus vraisemblable, c'est que le polypode a réussi à s'échapper du Jardin des Plantes voisin ou des collections du Muséum.
Une mention singulière pour le rat musqué, originaire d'Amérique. Elevé en France pour sa fourrure, il s'est échappé et a proliféré au point qu'on le trouve partout. Même le long du canal Saint-Martin, à quelques encablures de la place de la République.

Dans Paris se cache de petits trésors encore inconnus... des parisiens.



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béa kimcat 16/06/2008 19:47

belle dame de fer dont on ne se lasse pasbéa

Alrisha 30/05/2008 19:17

Comme tu le dis si bien, il faut se lever tôt pour apercevoir tous ces trésors. Heureusement qu'il y a encore des coins retirés pour permettre à toute cette petite population de continuer à vivre.Bisous tous doux ma Sonia !

nadia-vraie 20/05/2008 21:36

je ne suis pas surprise que des faucons se cachent dans Paris car le faucon je crois est plus petit que les autres rapaces.Cet hiver dans une tempête,il en est venu un en arrière de la cour,je l'ai photographié mais les photos sont flous car trop loin et poudrerie de neige mais avec la loupe de l'ordi,j'ai bien reconnu son bec.Je l'avais vu dans la neige et il tenait quelque chose dans ses griffes et beccotait,j,ai passé à une souris.byebye

oursonne libre 20/05/2008 07:35

super sonja, tu es vraiment incroyable, il est superbe ton articlealors je vais le continuer, dans ma ville à Bagnolet nous avons des faucons qui vivent pres de notre parc. Les parisiens viennent les observer, et avant de partir, j'ai croisé un renard dans ma rue et j'ai crue que j'avais rever, mais non un motard m'a demande si j'avais bien vupour terminer, j'ai une fouine qui vient la nuit dans mon jardingrosses bises

cath 19/05/2008 20:09

Certes...Je confirme:    -nous courrons bcp    -rats musqués le long du canal Saint-martin (mon quartier)