Je me rends compte que je ne cesse de parler de la pluie.
C'est parce que j'aime cette eau que déversent les nuages qui passent. La pluie fine m'amuse, même. Je lui trouve un charme différent, par rapport à un ciel qui éclate de bleus. Ce qui ne m'empêche
pas d'appeler l'éclaircie.
Notre paysage roannais baigne dans l'eau.
Depuis ce quatrième étage, au loin je peux apercevoir un morceau de nos montagnes. Elles semblent bien mouillées. Le vert qui les couvre est assez sombre. Les maisons des villages se promenant sur
ses flancs sont moins lumineuses. Je crois qu'ils doivent patauger dans la boue dans les campagnes. Il y a tellement de jours que nous avançons sous un ciel couvert. Nous voilà avec un
environnement qui sera très vert cette année encore. Je crois même que nous avons dépassé notre cotat d'humidité.
Sur la jardinnière toute proche qui prend une moitié du balcon, les moineaux y viennent gratter je ne sais quelles graines imaginaires. Même la mesange s'est installée un peu de temps pour tirer
sur quelques feuilles d'une plante inconnue. Il y a aussi du pissenlit sur cette jardinière un peu abandonnée. J'ai promis à Aurélien qu'on allait embellir son jardin suspendu... dès qu'il
fera beau !
Des gouttes s'accrochent résolument aux feuilles qui semblent batifoler sur un coin de terre pas encore remuée. Deux tourterelles à collier se posent par ici, chaque matin, pour caracoler. Elles se
picorent tendrement la tête et le cou. Ces deux là doivent être très amoureux.
Les corneilles passent. Heureusement d'ailleurs. Ces oiseaux au plumage noir, je les préfère sur leur arbre ou dans les champs.
Les pigeons ne daignent même pas regarder de ce côté-ci.
D'autres régions sont en soleil et en couleurs. Et c'est tant mieux. Je ne vais pas vous envoyer mes nuages, si vous n'en voulez pas...
Goutte la pluie, derrière la vitre elle est plaisante à regarder. Cela ne m'empêche pas d'être titillée par mon envie de me retrouver dehors. Mon besoin d'évasion est toujours au rendez-vous,
quoique que dise la météo.
Les bruits de la ville viennent interrompre ma tranquile reflexion... à votre journée je vous abandonne.
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