Le printemps se fait désirer

Publié le par sonja

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Le carnet de saison nous parle du mois de mars.
Il se murmure ainsi vu par "Terre Sauvage" :

"Regardez ! Les bourgeons ont quitté Morphée et les papillons ont revêtu leurs manteaux dorés.
  Ecoutez ! Les crapauds chantent la liberté et les oiseaux, la félicité.
  Mars, au doux sourire, qui met des couleurs même sur nos chagrins, ses larmes de nues nous font rêver à
  un printemps ininterrompu".
Ne dit-on pas encore que "si mars commence en courroux, il finira tout doux, tout doux..."

Voir...
... sur les arbres et arbustes, les bourgeons qui éclatent : on dit qu'ils débourrent. En grossissant, ils ont fini par écarter les écailles qui les protégeaient durant la dormance hivernale. On voit alors poindre de minuscules feuilles qui vont rapidement se développer.

Ecouter...
... la grive musicienne qui chante dès la fin de l'hiver, tôt le matin jusqu'en fin de soirée. Sa voix puissante et mélodieuse en fait l'un des oiseaux les plus agréables à entendre. Aucune grive ne chante comme sa voisine et, de plus, elle est capable d'imiter d'autres espèces.

Goûter...
... les jeunes feuilles de pissenlit avant floraison. Disposées en rosette radicale, elles sont facilement reconnaissables à leur large dentelure recourbée vers l'arrière. Lavez-les soigneusement et mangez-les en salade avec lardons, oeufs durs, et une vinaigrette relevée d'ail.

Le temps d'un rendez-vous...
Amoureux de tous poils, méfiez-vous de mars ! Ce mois est un satané coquin qui aime jouer des farces. Serait-il jaloux pour gâcher ainsi vos rendez-vous ? A peine avez-vous commencé de chanter pour votre fiancée que le ciel s'emplit de nuées. Lors, la douce rosée se trouve vite remplacée par la giboulée qui vient tout chambouler. Mais celle-ci n'est pas méchante fée et a vite fait de s'éclipser. La pluie aussîtôt partie, le soleil, à nouveau, luit. Et le temps devient alors complice des amants.

Une étoile est née
Fille des fossés, sauvageonne des bois, la ficaire n'a vraiment l'air de rien pour certains. Ils n'ont d'yeux que pour les princesses du cortège de Flore ! Ont-ils jamais bien regardé dans les sous-bois humides ou au bord des ruisseaux, quand la petite renoncule ouvre son coeur d'or ? La discrète se révèle alors étoile, et c'est un soleil qui fait sourire le printemps.
Comme Brassens avec Hélène, d'aucuns ont su voir en l'humble fleurette une reine. Qui ?
Le poète anglais William Wordsworth, par exemple, qui offrit des vers à la ficaire et, excusez du peu, la revendiqua sienne.

Et comme toujours...
Le papillon citron
La bulle de l'hiver a enfin éclaté. Affranchis, les esclaves des frimas prennent aussitôt la clé des champs. Ivres de liberté, ils valsent en tous sens sur la rose des vents. Pour les consoler de ces jours passés en exil de grésil, le Printemps, prince des temps nouveaux, les a faits chevaliers. Eternellement reconnaissants, les loyaux lurons caracolent en son escorte. Parmi ces fougueux hérauts, on reconnait le citron, un papillon aux ailes acidulées. Toujours pressé, bien sûr, le citron va et vient, de broussailes en jardins. Dans son costume d'agrume, le mâle piaffe d'impatience car il lui manque une chose pour parfaire son bonheur : l'amour. Par chance, deux ailes couleur vert d'eau lui feront bientôt ce tendre cadeau.

J'en pince pour lui
Je suis fan du pinson. Il faut dire qu'il est mignon avec son pourpoint empourpré et son casque bleuté. Et quand revient sa chonsonnette, c'est chouette ! Même si elle est encore un peu hésitante, c'est du concentré de gaieté, du bonheur en notes, de l'euphorisant 100% naturel !
Au fil des jours, la voix se fait plus sûre, et celui qui s'était risqué à siffloter en premier est bientôt accompagné par tous les pinsons du quartier.
Un individu chante toujours la même ritournelle, mais celle-ci peut différer d'un oiseau à l'autre, et d'une région à une autre. Une histoire d'accent, en somme. Ce qui ne change pas, c'est la constance du pinson pour répéter son phrasé : au moins cent fois par heure quand le petit bonhomme est en forme.

Un amour plein de mordant
Alors que les bonnes gens dorment, rêvant que tout est calme, il s'en passe de belles dans la campagne.
D'une garenne oubliée des lapins, un joli mammifère pointe son museau. Fourrure brune, longue queue et face masquée : holà, messire putois ! Qu'est-il en train de mijoter ? Une visite au poulailler ? Une escapade à la mare ? 
Le mustélidé n'a pas la tête à une ventrée. Il est plus en recherche de galante compagnie. Si une femelle passe à sa portée, que voilà l'entreprenant... mais si la belle n'est pas réceptive, elle renvoie fissa le prétendant dans ses appartements.

Le noisetier
Qui remarque, en février-mars, les petits bourgeons discrets, presque insignifiants, verdâtres, surmontés d'un petit plumet rougâtre, sur les rameaux des noisetiers encore dépouillés de leurs feuilles ? Et surtout, quelle relation avec les noisettes qui seront récoltées à la fin de l'été ? Cette petite chose est, tout simplement, la fleur femelle, dont les styles rouges attendent le pollen issu des chatons jaunâtres qui pendent, installés sur une autre partie du rameau.
Comme d'autres arbres et arbrisseaux du bocage et de nos forêts, Corylus avellana, de la famille des corylacées, possède, sur le même pied, des fleurs dont les unes sont mâles, les autres, femelles.
Préférant l'ombre ou la demi-ombre des haies ou des bois frais, cet arbrisseau est commun partout en France, sauf en région méditerranéenne.

Le triangle du printemps...
Il ne s'agit pas d'un instrument de musique inventé par Vivaldi, mais d'un astérisme (un groupement d'étoiles), bien visible en cette saison.
Pour le repérer, il faut prolonger l'arc de cercle que forme la queue de la casserole de la Grande Ourse. Cela nous conduit à la première étoile du triangle : Arcturus, la plus brillante de la constellation du Bouvier.
En continuant ce prolongement, on arrive à la seconde étoile : Spica, de la constellation de la Vierge.
La troisième est Dénébola, de la constellation du Lion, qui se trouve à l'ouest de celle de la Vierge.
Ces étoiles sont visibles à l'oeil nu... si votre ciel n'a pas de nuages, vous pourrez saluer leurs scintillantes beautés.

La mi-mars amène les cigognes et deux semaines plus tard vide leurs nids...

La nature va commencer à se découvrir !


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nadia-vraie 18/03/2008 04:40

je suis revenue lire ce beau texte.je le trouve vraiment extraordinaire.Aussi,je voulais te dire un beau bonjourpour mardi matin.Amitiés et A+

fatna 13/03/2008 17:16

bonjour, c'est magnifique, le printemps est ma saison préféree car tout s'éveille, c'est splendide, on a l'impression de revivre..bisous

Claude B 13/03/2008 10:59

ces cygognes sont superbes, je ne savait pas qu'elles restaient si peu de temps, je n'en ai jamais vu en "vrai":0010::0014:

Claude B 12/03/2008 09:43

ce matin, pas de pluie, ouff pourvu que ça dure !!:0010::0014:

béa kimcat 11/03/2008 19:34

coucou sonja, vive le printemps !!! la nature est si belle lorsqu'elle se réveille !bises de béa