Un mélange d'imaginaire et de souvenirs

Publié le par sonja

                          Notre soirée "Atelier d'Ecriture" d'il y a une semaine nous avait de nouveau réunis autour d'Anne, notre chère écrivaine. Elle bricolait sur son cahier quelques textes ou des pensées qu'elle fixait sur sa page, pour ne pas les oublier. C'est du moins ce que je me suis dit, lorsque je l'ai surprise ainsi assise à sa place habituelle, autour de cette grande table, dans l'une des salles de la médiathèque.
Anne la pétillante qui communique facilement sa bonne humeur naturelle. Débordante de douceur et d'une force interieure qui nous permet d'avoir une approche assez particulière avec elle. Une belle fusion de temperament autour d'elle. Un plaisir immense dans les échanges.
J'aime son écriture. Ses livres sont à son image. On la retrouve vraiment à travers eux. Il faudra que je vous parle de ses livres une prochaine fois.

Nous n'étions que cinq cette fois ci, dont une nouvelle, autour d'Anne.
Robert avec sa joie intérieure qu'il ne cesse de nous projeter. Mais aussi avec sa belle écriture. Ses poesies sont merveilleuses. Un descriptrif magique.
Un prochain jour je déposerais l'une d'elle sur mon blog... 
Ce furent deux heures trente à déposer des jets de pensées ou de souvenirs sur notre cahier. 
Anne nous donnait un mot, une phrase, une image, puis notre plume faisait le reste.
Notre monde imaginaire, ou des faits réels parcouraient la page blanche. 

Ce que j'aime le plus ensuite, c'est qu'à tour de rôle, nous lisons l'écriture des uns et des autres. Chaque texte à cet avantage unique de rêvéler des petits morceaux de vie, ou de pensées.
Voici donc que je vous livre quelques uns de mes textes.

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Si, si, je vous le jure, je l'ai vu...

L'ours descendait de son rocher, dissimulé dans un coin de la forêt. Nos regards se sont accrochés durant quelques secondes qui m'ont semblé interminables.
Je ne savais comment réagir. Quand à cette masse de fourure brune, elle devait surement être aussi surprise que moi.
J'ai attendu que mon bel ours bouge pour sortir de ma torpeur. C'est alors que j'ai pris conscience de la situation. Seule dans les profondeurs du sous-bois, mais qu'est ce que j'allais bien pouvoir faire ? Il devait courir plus vite que moi. Où me cacher ? Monter ou descendre ? Ne pas paniquer surtout. Cela empêche de réfléchir.
C'est alors que l'animal s'est dressé sur ses pattes qui ressemblaient plus à des raquettes. Sa taille m'a paru démesurée par rapport à mon mètre soixante.
Il m'a regardé une dernière fois, puis lentement, il s'est dirigé vers les hauteurs. Je n'ai plus observé que son dos habillé d'un poil soyeux, long et brillant. Sous les rayons faisant leur chemin entre deux tronc d'arbres, les reflet de la lumière l'ont suivi.
Il a soudain disparu.
Mon soulagement se mélangeait à mon regret de ne pas avoir été plus proche. 
A celui de n'avoir pas pu prolonger la magie...

(Ceci était mon seul texte imaginaire)


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J'avais onze ans...

Je me souviens avoir été ballotée entre deux tantes. Toutes deux m'aiment très fort, je n'avais aucun mal à jouer de leurs sentiments.
Mes parents m'avaient laissé en dépôt chez elles durant deux années. La raison je l'ignore toujours...

Mais ce que je sais, c'est que je devais me partager.
Une semaine chez l'une. Ensuite chez l'autre.
Je préférais bien sur être à la Vallée des Jardins, chez tante Angèle. Chez elle, presque tout était permis.
Le grand jardin avec ses fleurs magnifiques, que l'on vendait sur le marché ou à domicile, était mon terrain de jeux. 
Je me perdais volontiers du côté des arbres fruitiers lorsque c'était la saison. C'est chez elle aussi qu'il y avait le grenier, et que je pouvais me salir.
Mais j'aimais tout autant aller chez tante Marie. Avec elle c'était la "classe". Etant couturière, j'avais de beaux habits. Je deveniais une petite fille modèle. Elle fabriquait aussi, de delicieux gateaux. Il y avait du chocolat. Elle m'emmenait parfois au cinéma. Ou bien nous allions dans un salon de thé. Une vie de fille sage quoi...
Lorsqu'elle m'autorisait à jouer dans la cour de la cité, elle m'appelait souvent, pour savoir où j'étais.
Une surveillance de tous les instants, moi qui aimais l'espace.

Retourner chez tante Angèle, cela voulait dire une plus grande liberté, et une surveillance quasi inexistante. En plus, il y avait mon cousin, compagnon de jeux et de toutes les bétises. Il m'embarquait à la piscine ou dans des sorties entre garçons. Je devais être un peu garçon à ce moment là...

Avec tante Marie il ne fallait pas profiter des bonnes choses, de façon démesurée me disait-elle.
Qu'importe, chez tante Angèle, je pouvais allez chez les voisins qui possédaient des vaches. Pour les taquiner. Ou me salir, tout simplement.
J'avais onze ans !

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Réaction... Se retrouver... Oublier...

Comme la vie est curieuse. Ou bien c'est moi qui ai de drôles de manières.
Il m'est arrivé d'oublier durant de longues années des passages de ma vie.
Ou bien les ai-je volontairement enfouis dans les tiroirs de ma mémoire ?

Bien des enfants auraient été heureux de retrouver leurs parents après une très longue absence...
Pourtant, ma réaction lorsqu'on est revenu me chercher chez  mes tantes, ce fut de la colère. Une grande colère retenue. 
De celle qui aimerait exprimer qu'on fait mal. Qu'on détruit une partie de soi. 
Dire que je n'étais pas à la disposition des grandes personnes... que j'existais et que j'aurais aimé comprendre.
Une frustration telle, que mes repères à cette époque là, ont vascillé durant un temps assez long.

Un enfant n'a pas à dire ce qu'il aime ou ce qu'il n'aime pas. Il n'a pas à connaitre les secrets de famille. Il se pose, et il garde le silence. Une pratique toujours en cours, même aujourd'hui...

Cette obligation de devoir quitter ma cour de récréation représentée par la maison de mes grands parents, était une déchirure. Une perte énorme pour l'enfant que j'étais. Bien plus grande que la première, lorsqu'un jour on m'a laissé chez mes tantes...
Je n'ai jamais accepté cette seconde action, même si pour les adultes elle se justifiait

Avec leur secret, ils sont tous partis...


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                                  Nous avions 9 textes à travailler... même si je n'en dépose que très peu. 
Un atelier d'écriture déroule de belles brassées de souvenirs. Parfois, certains sont un peu difficile à déposer... mais dès que notre plume a emprunté tous ces chemins dérobés, il va de soi qu'on a du mal à s'arrêter d'ecrire. Ca coule comme une source. 
Il suffit juste d'ouvrir à peine, le couvercle qui cache le grand grenier de nos pensées, pour que l'on découvre mille trésors entreposés.
C'est ainsi que je vois mes souvenirs. Posés dans un grenier. Tout en vrac. Ou bien dans des tiroirs. Bien rangés. Un mélange des genres qui me surprenent  moi aussi.
Un atelier d'écriture c'est un échange assez magique.

J'aime !

Publié dans Atelier d'Ecriture

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Alrisha 23/02/2008 12:25

Je ne sais pouquoi, mais je ne vois aucune photo depuis le début de mon parcours chez toi.Ton épisode chez tes deux tantes est poignant. Pour un enfant c'est dur de comprendre les raisons des adultes.Gros bisous ma chère Sonia

fatna 20/02/2008 10:35

j'ai envie de plaurer tellement les images sont belles, ça fait tellement rêver et ça repose l'esprit de voir de telles photos, merci beaucoup pour toutes ses merveilles que tu nous fait découvrir...bisous