Dehors, à travers mon voisinage

Publié le par sonja

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Lorsqu'on est obligé de garder les murs de sa maison. Ou de son palace, comme le mien, on y trouve un peu d'embarras. D'autant plus si on n'a pas l'habitude de rester longtemps chez soi. Des journées sans sortir de son cadre quotidien, voilà qui peut ressembler à de gros nuages gris, prêt à foncer sur un parterre tranquille et coloré.
C'est un sentiment que j'ai ressenti les premiers jours de mon inaction obligée. Mon besoin de m'envoler était tenace, bien qu'occupée à lire ou à écrire. 
On sait qu'on ne doit pas bouger, mais l'esprit lui, voit la chose autrement. Dès qu'il le peut, le voilà galoppant par monts et par vaux. Il file à la campagne, sur les chemins et les routes, sans pouvoir se restreindre. Coquines pensées qui ne pensent qu'à "évasions". Tirer sur les rennes de l'impatience, voilà qui demande bien de la force. Et comme j'aime gambader, je me sentais un peu comme "en cage".
La mer démontée n'est rien à côté de mon besoin de trotter hors ma cité.

Puis peu à peu, les journées m'ont semblées moins longues devant mon besoin d'écrire. Entre mes pauses thés, et mes pauses curiosités, le temps est passé comme il lui a plu.
Mes curiosités ne dépassaient pas ce que je voyais depuis mon balcon. Sans avoir conscience de mon oeil, j'ai observé mes voisins de cité, allant et venant. 
S'arrêtant sur un bout de trottoir pour des discussions intempestives qui me révélaient un morceau de vies qui ne m'appartenaient pas. Mais que voulez-vous, la discrétion on l'oublie très souvent, sur un bout de chemin, entre le Leclerc et sa maison.

Tôt le matin, mes deux habituées du quartier, se faisaient promener par leur petit toutou. Elles en robes de chambres, et eux, en tuniques de grands froids. Couverts sur le dos et le ventre, et complètement à nu aux extrémités. Ces manteaux inventés par des commerçants inquiets pour leurs bourses... pardon, pour les toutous, rendent ces petites bêtes amusantes à regarder.

Le grand père sur son vélo, comme de coutume, muni de son courage, prenait l'air du temps comme si de rien n'était. Je le voyais revenir plus de deux heures après. Sans doute allait-il se réchauffer au café du coin.

La dame qui claxonne même tôt le matin, n'a pas failli à ses habitudes. Elle ne prend jamais la peine de venir jusqu'à l'interphone pour donner un coup de sonnette. Ce devait être fatiguant. Deux coups de semonces de la voiture, et on réveille tout le quartier. Ca met de l'ambiance dès 8h10. 
Elle doit sans doute emmener à un rendez-vous précis, deux fois dans la semaine, ma voisine du quatrième.

Immanquablement, parfois, un retardataire fait signe au chauffeur du bus, pour qu'il ne démarre pas sans lui.
Ce qui m'amuse, car le chauffeur a la complaisance de s'arrêter de nouveau, pour prendre notre coureur de fond. 

L'heure des écoliers, qui se font accompagner par leurs mamans, s'impose. Ils ont bien souvent l'air endormi. Madame Télévision doit y être pour quelque chose. On n'arrête pas le progrès.

Et puis, c'est le calme sous mes fenêtres, à part les rares voitures qui empruntent les rues du quartier.
Le facteur passe après 11 heures, et c'est de nouveau l'effervescence. La sortie de l'école. Le retour des commissions ou du marché. La sortie de certains toutous. Parfois une maman qui s'énerve après son enfant terrible. Ou d'autres discussions animées sous mon balcon.
Le quotidien quoi...

Oh ! je ne suis pas tout le temps à regarder dehors, car je reconnais la plupart du temps, sans les voir, mes très actifs voisins. Qui plus est, mon bureau est tout contre ma baie vitrée qui donne sur la rue.
Et si je m'assois sur mon fauteuil pour lire, je suis juste en face du balcon. Donc, vue sur l'extérieur.
Mais le plus amusant est que je peux voir sans qu'on le sache. Mon balcon est habillé de plexiglass teinté, sous le rebord de pierre qui le prolonge.
Même les oiseaux ne savent pas que je suis là, lorsqu'en été ils viennent se poser sur le rebord du balcon. 
C'est ainsi qu'ils ont la surprise de rencontrer mon regard de très près, si je suis installée sur une chaise basse.

Pour la petite histoire, je ne me suis pas impatienté au delà de trois journées. Bien vite j'ai trouvé amusant de raconter ce qui caractérise la vie de mon voisinage. J'ai pioché bien d'autres droleries, et lorsque j'aurais affiné toutes mes notes, je pense que je vous ferais profiter de mes coups de rires en solitaire...
Ce qui ne veut pas dire que je resterais prisonnière de mon palace, si je n'ai rien à y faire.
Je préfère bouger, tant que je le peux. Car je n'oublie pas pour autant que bien des personnes gardent pour décor leur maison, par obligation.
Leur rage légitime de se trouver dans une telle obligation est compréhensible.
Même si elle ne le manisfeste pas toujours...

Des vacances maisons, qui m'ont permis de voyager differemment....

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Publié dans Tranches de vie

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nadia-vraie 02/04/2008 20:09

Tu décris très bien la vie quotidienne d'un quartier.On s'y croirait.Bonne soirée sonia et A+

fatna 04/02/2008 12:30

c'est tellement beau que je ne trouve pas les mots pour décrire mes impressions

Alrisha 23/01/2008 09:52

Ah, j'adore la description de ces moments de vie ! J'ai l'impression d'être chez toi. Si tu savais comme j'aime, moi aussi, regarder la vie autour de moi en me faisant oublier. Voir sans être vue, c'est un régal. Rien à voir avec le voyeurisme qui, lui, est déplacé et mal sain.Bises et bonne journée Sonia !