Jour de marché pour Pépito

Publié le par sonja

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Pepito est heureux aujourd'hui. C'est jour de marché dans la ville voisine. 
Avec sa maman, une fois par mois, ils ont l'habitude d'y aller faire provision de légumes et de fruits. Mais ce sera aussi une journée où ils déhambuleront dans les ruelles de la grande ville. A l'heure du repas ils se poseront dans un bar-restaurant pour y déjeuner. 
C'est le jour des rencontres aussi. 
La tête en ébulition, il se dépêche de faire sa toilette pour vite courir dans le jardin, et dire bonjour aux oiseaux venus chanter leurs premiers couplets. Une fois dehors, il a un regard douceur, pour la nature généreuse autour de lui. 
Il se plante sous son arbre d'où s'échappent les premières trilles . Quelques moineaux s'envolent, surpris par une si grande animosité matinale. Mais bien vite, l'arbre est le refuge des passereaux qui savent que leur fougueux ami ne sait pas être discret. Quelques uns parmi eux, s'approchent au plus près.  Les miettes et graines qu'il apporte, ne sont jamais de trop. 
Et puis, cet enfant bavard leur raconte des histoires qui se mélangent. Ils ne se lassent de son babillage.
Les premiers rayons se sont déjà bien accrochés à la végétation. Au dessus de la forêt deux rapaces sont à l'affut, se laissant parfois glisser, façon  planeur. Ils semblent jouer avec la brise venu de la mer. 

Ses amis sont eux aussi réveillés, ils doivent surement chasser, dissimulés entre fourrés et feuillages. Il peut aussi deviner l'âne paissant dans le champ voisin. Il ne pourra pas aller à leur rencontre en cette journée particulière. 
Il aperçoit la mer si tranquille, qui scintille sous un soleil qui ne manquera pas d'être chaud d'ici peu. 
Il promène son regard sur les fleurs et les plantes qui l'entourent. Sa mère prend grand soin de son jardin. Les parfums qui s'en dégagent viennent un peu chatouiller son odorat. Des insectes bourdonnent au dessus des corolles ouvertes. Ces premiers avions à pattes semblent hesiter entre une fleur ou une autre. Certains s'engouffrent parfois, dans les coeurs colorés.
Son village est presque en somnolence à cette heure ci. Seuls les plus agés vaquent déjà à leurs occupations. Certaines voisines lancent un premier regard sur leurs potagers ou sur la rue qui descend ou monte. 

Dans peu de temps, ces messieurs d'un autre age se réuniront sur la place du village, autour de la fontaine. Ils s'emploieront à partager des discussions qui ne semblent jamais finir.
Pepito sourit à cette seule évocation, car il les compare à ses oiseaux, qui ont l'air eux aussi d'avoir toujours quelque chose à dire.
Ce sera l'heure où quelques enfants iront chez le boulanger pour acheter le pain de la journée.
D'autres, tout comme Pépito, seront à l'arrêt de bus, attendant le car qui les conduira à la ville.
Ce jour là, la place du village ressemble à une vraie ruche. Les gens peu matinaux d'ordinnaire, seront presque tous à occuper leurs premières heures. Il faut dire qu'on ne va pas tous les jours au marché, ni dans la grande ville.

Dans le bus qui les emportent, Pépito et d'autres enfants, s'amusent et pépient joyeusement. Les arrêts sont nombreux, même s'il n'y a qu'une vingtaine de kilomètres qui les séparent de la grande ville. Les places sont toutes prises à présent. On se serre même un peu. On pose son panier là où on peut. Les enfants manquent un peu plus d'espace, mais qu'importe, l'essentiel sera d'arriver au but.
Tout le monde descend. On est arrivé.
Pépito et sa maman s'enfonce dans les rues encore bien solitaires. D'ailleurs, tous les marchands n'ont pas  étalé leurs produits. 
Le café quand à lui, accueille déjà tous ceux qui aiment à se réunir autour d'une table. A l'extérieur, on parle entre amis. La terrasse est déjà installée pour le repas du midi.
On se croirait un jour de fête, tant l'animation est importante dans ce coin de rue, qui n'est tout de même pas au maximum passants. 
On salut une connaissance. Une amie. Des voisins.  Des minutes prises au temps, pour échanger des souvenirs ou les dernières nouvelles de quartier.
Pépito goûte à toutes ces poses. Puis on continue la visite de magasins en magasins. Un vrai plaisir pour sa mère qui semble toujours découvrir les belles choses qu'on offre aux regards des passants. Vitrines qui débordantes de produits. Pour Pépito c'est aussi un plaisir que ces balades d'un autre genre. Il ne sait plus où poser ses yeux tant il y a à voir.

Les voilà de retour au marché, à présent envahi par les ménagères, les couples, les jeunes, les enfants... une masse encore fluide, mais qui ne cesse de prendre d'assaut les étals. On parle fort et haut. On crit son produit frais. La bonne humeur voyage entre tout ce monde venus pour acheter, ou se balader seulement.
Sa mère lui fait ses dernières recommendations avant que Pépito n'aille rejoindre d'autres enfants.
Ils se tiennent devant deux portes de maison, là où ils ont de la place. Ils jouent ou discutent. Voilà Pépito qui se mélange à eux. Il reçoit un accueil chaleureux. La joie générale impose des rires et des petites bousculades d'enfants joueurs.
Ils en oublient même l'heure, tant il fait bon se retrouver ensemble. 
Et puis peu à peu, chacun d'entre eux s'échappent avec leurs parents. Il est déjà plus de 13 heures.
Avec sa maman, voilà Pépito installé sur la terrasse du bar-restaurant. Il n'est pas le seul enfant, ce qui met de l'animation enfantine, de tables en tables. Certains se rejoignent pour une nouvelle discussion. Intarissables enfants qui aiment à se retrouver.
Un repas assez mouvementé le jour de marché, car même les adultes ressemblent à des enfants. 
Deux bonnes heures à table, avant de reprendre le bus.
On quitte ceux qui rentrent en voiture, ou qui habitent ailleurs. Mais on retrouve tous ceux qui s'embarqueront sur le même navire.

C'est une belle journée pense Pépito. Arrivé sur la place de son village, il a l'impression que tous ceux qu'il a laissé le matin même autour de la fontaine, et sur le pas des portes, n'ont pas bougé.  On s'apostrophe. On interroge. Les gens d'ici veulent toujours savoir ce qui se passe dans la grande ville. Les papies plaisantent là dessus. Leurs regards pétillent de malice, à la seule évocation de ce qu'ils appellent "la capitale"...
C'est sur un dernier rire qu'avec sa mère, Pépito remonte jusqu'à sa petite maison, haut perchée.
Revenir chez lui est toujours un plaisir intérieur. Il aime retrouver ses repères. Son banc sous son arbre. Ses amis. 

Il change de vêtement, puis court vite retrouver son ami l'âne pour lui raconter tout ce qu'il a vu. Tout ce qu'il a fait. Tout ce qu'il a entendu.
Son ami, content d'être l'objet de toute son attention et de ses effusions, le laissera parler, sans jamais l'interrompre.  Ils regarderont  ensemble l'horizon, du côté de la mer. Ils écouteront la nature. Se laisseront bercer par leur tendre réunion. Leur yeux brilleront comme les étoiles. 
C'est alors que Pépito demande à son ami s'il peut lui donner un nom avant de le quitter.
C'est ainsi que l'âne devient "Esty". Le corbeau Tomy. Le lapin Cola. La belette Miel et le renard Filou.

Satisfait de sa trouvaille, Pépito caresse une dernière fois Esty, avant de s'éloigner en courant vers sa maison. Il promet à son ami de revenir le lendemain.
L'âne le voit filer vers le village, tout en pensant que voilà une petite comète d'enfant, qui l'amuse beaucoup....

 

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Publié dans Contes... racontes...

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Alrisha 06/01/2008 14:42

Plein de vie et de curiosité, ce Pépito ! A l'aise aussi bien avec les humains qu'avec les animaux. Un petit garçon libre et heureux de l'être.Bisous tout plein ma chère Sonia ! Toute mon amitié