Décembre-Janvier

Publié le par sonja

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Parfois, on me demande d'où je tire mes reportages...
Puisque je n'ai pas de téléviseur, ni même d'un ordinnateur à domicile, ce n'est donc pas d'eux que je tire mes petits brins de reportages. Sauf, exceptionnellement. Mais la majorité ici déposés, je les ai cueillis sur des livres, ou des magasines. Notamment "Terre Sauvage", ou "Ciel et Espace"... mais à la médiathèque je fais parfois de jolies découvertes. Que je ne peux garder pour moi même. 
De toute façon, j'arrive plus facilement à garder en mémoire ce que je lis. En plus, rester figée devant le petit écran, cela m'ennuie, ou m'endort. Quand à l'ordinnateur, je n'y reste pas assez longtemps pour faire de la lecture. 
Dans tous les cas, je préfère avoir le contact du livre. De ses pages. De son velours. Et même l'odeur du papier et de l'encre. Bon, cela n'engage que moi même, vous l'aurez compris.

Et si je vous dévoilais mes dernières petites cueillettes ?
Prêtez-moi votre main, et suivez-moi, nous allons faire une petite balade, de ci, de là...
Je mets mes pas dans les mots, empruntés à ceux qui racontent...

L'hiver est-il un général cruel battant la campagne ou un bonhomme jovial faisant neiger des rêves ?
Question de chance. Le "blanc manteau", aussi usé que la formule, n'efface les différences qu'en apparence. Si certains sont à l'abri, la panse bien remplie, d'autres continuent à errer, affamés et transis.
Voilà l'hiver !

Le 22 décembre, à 6h07 en temps universel, les ténébres régneront...
Mais non, je plaisante !
De la lumière il y en aura encore, mais moins que les autres jours car nous serons au solstice d'hiver : la nuit sera la plus longue de l'année et le soleil s'élèvera moins haut que jamais dans le ciel de midi. Ainsi, à 45° de latitude nord, soit sur une ligne allant de Bordeaux à Chambéry, l'astre doré nous onorera de sa présence moins de neuf heures. Dès le lendemain, les jours reprendront inexorablement leur croissance. Cette année, le 22 décembre sera à marquer d'une pierre blanche. Mars, la Terre, le Soleil, Mercure, Jupiter et Pluton se retrouveront pratiquement tous alignés. De quoi faire trembler les astrologues !
L'alignement cité ci-contre est sans nul doute un très beau spectacle, mais pour l'admirer, il faut se trouver en dehors du système solaire. Sauf si vous avez un engin interstellaire. 
Sinon, vous pourrez assister à une autre jolie scène depuis notre planète.  Dans la nuit du 23 au 24 décembre, la Lune, dans toute sa plénitude, s'en laissera conter par Mars. L'oeil de braise rougeoyante sera, en effet, à un battement de cil de la belle argentée.
Juste une illusion, bien sûr. Car la planète rouge se trouvera toujours à des millions de kilomètres de la Terre et de son satellite. Heureux hasard encore qui fera, cette nuit-là, se mettre sur un même rang le Soleil, la Terre, Mars et la Lune.


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Sur les traces de l'écureuil...
L'écureuil roux d'Europe construit son nid à l'enfourchure d'une ou de plusieurs branches, près du tronc. Il peut se confondre avec un nid d'oiseau, mais il est de forme sphérique, d'un diamètre de 25 à 55 centimètres, avec l'entrée sur le côté. L'écureuil l'obstrue par mauvais temps ou quand il s'absente pour chercher de la nourriture, notamment lors de la période d'élevage des jeunes. L'assise du nid est faite avec des branches de l'arbre, ce qui assure la stabilité, même par grand vent. Les parois sont formées de rameaux entrelacés et d'écorces. Brindilles, herbe séchée et feuillage sec garnissent l'intérieur. On distingue le nid principal dans lequel l'écureuil dort, élève ses petits et s'abrite l'hiver, des nids secondaires, plus petits et de construction grossière, utilisés comme refuges temporaires. L'écureuil peut s'installer aussi dans des trous d'arbres.

Pied de velours...
Même dans les frimas, le feu de la vie reste allumé. Dans le sous-bois, des flammèches orangées se dandinent sur l'écorce brune des vieilles souches de feuillus. Feux follets ? Non, ce ne sont que quelques champignons. Des champis oui, mais des collybies !
Chapeau fauve garni de larges lamelles crème, et surtout, pour l'espèce qui nous intéresse, un fin pied velouté. Ah ! il l'aime, sa souche ! De la fin de l'automne jusqu'au printemps naissant, il n'en décolle pas.Froid, lui ? Jamais ! Son secret ? Le mucilage qui le recouvre, lui donnant une allure visqueuse, le protège du gel. Question dégustation, c'est pas le pied, lequel, d'ailleurs, ne se mange pas.

Il s'en va quand elle vient...
Pattes dans l'eau et bec au vent, des goélands se laissent bercer par l'océan, comme endormis dans un rêve sans fin. Sur la plage, les bécasseaux saderling, en costume gris et blanc, sont eux, bien éveillés. Ils s'amusent avec la mer qui joue de ses vagues comme une séductrice de ses falbalas, menant les oiseaux d'eau par le bout du bec. Regardez-là donc jeter ses festons d'écume sur la plage ! 
Tous affolés, les bécasseaux remontent en courant si vite sur leurs petites pattes noires qu'ils semblent rouler. Auraient-ils peur de se mouiller ? Ils semblent hésiter, lorsque l'onde amène ramène lentement ses dentelles de sirène. C'est alors que les petits échassiers se précipitent pour planter leur sombre bec dans le sable humide et... manger !

L'ajonc européen...
Symboles des terres acides pauvres et des landes parcourues par les vents, plusieurs espèces d'ajonc se rencontrent dans les régions atlantiques et du centre de la France.
La plus commune et la plus grande est l'ajonc européen, de la famille des Fabacées, anciennement Papilionacées. Cet arbrisseau, qui peut atteindre trois à quatre mètres de haut, est surtout caractérisé par l'absence de feuilles et la présence de nombreuses et puissantes épines longues et réparties sur tous les rameaux. La floraison qui dure d'octobre à juin, attire le regard grâce aux fleurs jaune d'or qui apparaissent, seules ou par deux ou quatre, sur des rameaux courts. Les abeilles ne sont pas non plus insensibles aux qualités de la fleur ! 
Les fruits sont, en fait, des gousses avec des graines toxiques. L'ajonc fut longtemps employé, après broyage,  comme plante fourragère.

Joli petit tarin...
La saison qu'on dit mauvaise a tout de même du bon. Ainsi, si vous avez la chance d'avoir un jardin, invitez-y les passereaux en installant une mangeoire bien garnie. Rouges-gorges, mésanges et pinsons vous offriront alors une charmante ronde de pépiements et de plumes ébouriffées.
Une danse dans laquelle ne manquera pas d'entrer un petit oiseau pétillant de jaune et de vert. Un beau zeste qui réveillera vos pupilles engourdies. Cet éclat de soleil coiffé d'une larme de nuit est un tarin des aulnes, ainsi nommé car il raffole des graines de cet arbre. Minuscules, celles ci semblent difficiles à saisir. Pas pour le tarin qui, contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, est doté d'un bec très fin. Un outil bien adapté également pour attraper les graines de bouleaux et de mélèze.

Chants d'hiver...
Deux heures du matin, une nuit bien fraiche, et pourtant un agréable chanté flûté s'élève au-dessus de la ville endormie. On le remarque d'autant mieux qu'il est le seul. Le merle noir s'est lancé dans un concert improvisé, assez surprenant en cette saison : le printemps est pourtant encore loin ! A y regarder de plus près, ces vocalises hivernales et nocturnes ne sont pas si étonnantes. Deux raisons les expliquent. La ville, la nuit, n'est jamais totalement sombre et se trouve même parfois violemment éclairée. S'il fait froid en ville, la température y est malgré tout, d'ordinaire, plus élevéee qu'à la campagne. Lumière et chaleur, voilà donc les clés de cette énigme urbaine.

Le lot de la lote...
Je suis de la même famille que la morue. Je ne vis pas dans la mer mais dans les rivières claires ou les lacs de montagne. J'ai deux barbillons sur les narines et un sous le menton. Je suis ? La lote de rivière ! D'ordinnaire plutôt nocture et solitaire, l'hiver me réserve un tout autre sort. L'instinct et la faible température de l'eau nous poussent, moi et mes congénères, à nous rassembler en pleine journée sur les fonds graveleux. Quel est donc l'objet de ce colloque de lotes ? Discuter pollution des eaux ou changements climatiques ? C'est peu probable, mais la raison concerne aussi le devenir de l'espèce et tient en un mot : reproduction. Et que font deux lotes qui se bottent ? Elles s'enlacent comme des anguilles. Puis les oeufs fécondés, de même densité que l'eau, filent au gré des courants.

Osez l'argousier !...
Quelles mignonnes menottes ont décoré l'argousier ? Pas plus de quatre mètres de haut, mais alentour, on n'a d'yeux que pour lui et sa houppelande de perles orangées. Il y en a tant que l'on distingue à peine l'écorce et les redoutables épines de l'argousier qui lui valent le surnom de saule épineux. Elles n'effraient nullement merles et grives qui se gobergent des baies de l'argousier. Mais gare aux doigts du bipède qui tente de les cueillir ! Pourtant, ces petits fruits, acides comme des citrons, en valent la peine. Ce sont de vrais cocktails de vitamines : B1, B2, B6, E, sans parler de la C, dont la teneur est 30 fois supérieure à celle de l'orange. Attendez les gelées pour les consommer, crues avec du sucre, en compote ou encore en sirop. Effet antirhume et antigrippe assuré !

Gros plan sur ... les mousses...
Qui ne les a jamais foulées ? Parfois, on s'assied, voire on se couche dessus. Comment, vous n'avez jamais essayé ? C'est ainsi qu'on peut aprécier leur confort, mais savez-vous ce qui se cache dans ce moelleux tapis vert ? L'hiver est la bonne période pour aller à la découverte des mousses, qui profitent abondamment de l'humidité ambiante pour se gorger d'eau et se développer. De plus, le manque de végétation permet de repérer plus aisément ces discrètes, au vert plus vif que jamais.
Ces plantes, qui n'ont l'air de rien aux yeux du premier quidam venu, sont tout de même les premières à avoir colonisé les milieux terrestres, il y a environ 400 millions d'années, dit-on. Contrairement aux plantes, les mousses n'ont pas de véritables vaisseaux pour conduire la sève. Résultat : elles sont restées toutes petites alors que les fougères et les plantes à fleurs et à graines ont pu grandir, donnant parfois des espèces de plusieurs dizaines de mètres de haut.
Penchez-vous muni d'une loupe éventuellement, et vous constaterez que les mousses possèdent bien des feuilles mais que celles-ci sont peu développées. Autre particularité : elles n'ont pas de racines. Juste un fin filaments, les rhizoïdes, qui les maintiennent à peine au sol et sont insuffisants pour aller puiser les éléments nutritifs dans la terre.
Les mousses vivent en fait de l'eau, chargée en éléments minéraux, présente à la surface du sol. Elle monte par capillarité à l'extérieur de la tige feuillée, puis pénètre dans les tissus par la surface très perméable des tiges et des petites feuilles. Cependant, en cas de sécheresse, la perméabilité joue en sens inverse ; l'eau des tissus se vaporise alors rapidement dans l'air. certaines espèces sont douées de reviviscence ; elles sont capables de supporter une déshydratation presque totale, d'entrer en vie ralentie, puis de retrouver une existence active à la faveur d'une pluie.
Toutefois, beaucoup de mousses n'ont pas cette capacité et doivent donc vivre das des lieux humides.

Emois d'hiver !
... enfin humain, oisif, sans flèche ni cible. Corps simple, esprit vide, espace libre. Juste nomade, pas même chaman. Désarmé devant les ramures. Laissant le pas au renard, à la harde et la parole au rossignol ou au harle. S'abandonner au tourbillon des flocons. Aucun signe, sinon quelques traces dans la neige. S'effacer à fleur de brume. De passage aussi...

La pleine lune nous l'aurons le 24 pour décembre et le 22 pour janvier... j'aime aussi cette saison qui arrive.
La nature nous offre de magnifiques palettes, telles celles relatées sur ces clins d'oeil de "Terre Sauvage", mais d'autres encore que vous pourrez découvrir dans vos propres régions...

Lorsqu'on invite la nature à sa fête... c'est du bonheur plein le coeur, même avec cette saison que l'on appelle morte. L'hiver n'est pas si endormi que cela. Alors, munis de vos appareils photos ou de vos yeux, cherchez la petite chose qui vous fera sourire... elle est là, elle vous attend.


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eolina 12/12/2007 19:14

Les coms  ne passaient pas cet après midi. Ça a l'air d'aller mieux... Tu es un vrai puits de sciences.. en plus d'être une vraie poétesse. Mais si tu n'as pas d'ordi, tu fais comment pour ton blog? Tu vas dans un centre multimedia?Bonne fin de journée.

oursonne libre 11/12/2007 22:08

bonsoir sonja, la télé, j'ai pas été habituée alors je ne la regarde presque pas, ou alors je lis lorsque les autres la regarde et de temps en temps je dis qu'est ce qui se passe et cela les fait hurler. l'ordi j'aime, mais parce que je vais sur internet à la recherche du temps non pas perdu , mais passé ou a venir. C'est une tres bonne idée la mediatheque, c'est tellement plus convivial et puis c'est la possivbilité d'y faire des trouvailles en matiere d'auteurs et de livres.Je comprend mieux ta passion de l'ecriture.bises

Alrisha 11/12/2007 21:43

ça fait un moment que j'attends un peu de soleil et du temps plus sec pour aller par mon petit chemin à la découverte de la nature en ce mois de décembre; mais pour l'instant c'est dur avec la pluie et le vent. On annonce du frois pour ces jours-ci; alors un espoir pour sortir.La télé dont tu parles au début, je la regarde de moins en moins; il n'y a rien de bien. Quant à l'ordi, je ne peux plus m'en passer. Quelle trouvaille !Bonne fin de soirée Sonia !

nadia-vraie 11/12/2007 16:41

Bonjour sonia,j'ai lu ce beau texte divers et très intéressant.Le tarin,il faut que je cherche cet oiseau.Ta photo d'hiver est belle car j'adore les photos avec de la neige et montagnes blanches aussi.Je suis surprise que tu n'aies pas de TV ni d'ordinateur,es-tu une ermite ou une soeur clariste.......hihihi.Bonne journée sonia et amitiés sincères A+

sonja 11/12/2007 17:00

Ta réflexion est trop marrante. Je ris de ton amusante pensée.Je ne suis ni une ermite, ni une religieuse clariste. Je n'aime tout simplement pas la télé, car il n'y a que des sottises la plupart du temps. Ou de l'immoralité.Quand aux reportages, c'est bien souvent le soir... et la télé a à ce moment là, un effet dopant sur moi. Je m'endors devant. Dans la journée je ne suis jamais chez moi, que ferais je donc avec un téléviseur ?Mais la première raison, c'est celle que j'ai écrite au début.Je suis une solitaire il est vrai, mais j'aime aussi aller vers les autres. Donc, il m'arrive de me retrouver en compagnie d'autres humains... et  bien sur, la nature est bien plus vivante qu'une télévision.Quand à être soeur clariste... lorsqu'on me connait, voilà qui ferait rire, rien que d'y penser.En plus, la religion et moi, on a bien peu d'affinités...Bises pleins Nadia