

Chers ami(e)s
visiteurs,
en panne d'ordinateur depuis de nombreuses semaines,
c'est depuis le cyber-café que je viens déposer des articles de temps en temps.
Je m'excuse de cette absence bien involontaire sur vos blogs et vous remercie pour vos passages et vos commentaires.


Seul sur sa dune, un peu à l'écart de la plage, Pépito regarde les nuages qui marchent. Ils ne semblent pas préssés de quitter la ville.
En voilà un qui ricane dans sa grosse tête de hérisson. Une soucoupe volante la suit. Toute blanche. Cotoneuse. Pépito rit. Le défilé continu tout là haut dans le ciel. Une baleine pousse un
chat... il est tellement à son jeu d'images, qu'il n'entend pas son ami s'approcher de lui. C'est sa respiration tout contre son cou qui le fait se retourner brusquement.
- Que fais-tu Pépito ?
- Je regarde passer de drôles d'animaux, et de choses, répond-il à l'âne. Les nuages s'amusent à déssiner
des formes.
- Vraiment ? Tu as des visions mon pauvre ami...
- Bien sur que non ! C'est toi qui a besoin de laver tes yeux. Tu verrais de jolies choses si tu levais ton nez, au
lieu de l'avoir toujours à regarder ton herbe.
Vexé, l'âne tourne le dos et regagne d'un sabot rapide, sa forêt aux reflets colorés.
Boudeur, Pépito observe ces bateaux qui s'éloignent vers le large. Il les suit, tout en se disant qu'après tout, c'est l'âne qui était de mauvaise hmeur. Il essaie de s'échapper avec sa tête,
mais ses pensées le ramène toujours vers cette stupide querelle. Il constate que sa journée a mal commencé par la faute de son ami.
Les nuages continuent de se dérouler. Le soleil caresse le sable doux. La mer scintille sous les rayons ardents de ce mois d'août. Son village semble endormi sous le couvert de son drap blanc
éclatant.
Derrière lui il sent la fraicheur de la forêt si proche. Il devine ses ombres et ses reflets.
Il soupire profondemment en pensant que la vie est belle lorsqu'on ne la gache pas avec des disputes inutiles. Il se demande comment faire pour effacer les instants précédents.
C'est alors qu'un renard s'installe auprès de lui. Suivi de peu par la belette. Ils le sentent tendu et un peu triste. Ils l'interrogent, quand tout à coup se pose le corbeau. Il leur
raconte sa mésaventure, avec un brin de mauvaise foi dans le ton.
Ils l'écoutent sans l'interrompre. Arrive alors leur ami lapin qui veut tout savoir lui aussi. On répéte la mésaventure. On s'anime. On s'embrouille dans l'explication. Enfin, on arrive au bout
de l'histoire.
Ils savent que l'âne est têtu, que de simples excuses ne suffiront pas. Pépito quand à lui, ce petit d'homme, son orgueil le retient encore. Il fallait donc trouver une astuce.
Nos quatre animaux réfléchissent...
- Et si on faisait un jeu leur dit le corbeau ?
- Sans Pépito, ni notre compagnon l'âne, demande l'un d'eux ?
- Bien sûr que non ! On va inventer un jeu qui apportera une solution à leur problème. On les fait jouer
séparement, afin qu'ils se retrouvent pour l'accolade de l'amitié.
Ils se tournent vers Pépito toujours dans ses pensées, pour lui expliquer les règles du jeu. Ils s'enfoncent ensemble, pour retrouver leur compagnon. Le voilà entre deux arbres, broutant avec
gourmandise quelques herbes bien grasses. Il ne lève même pas la tête lorsque les pas de ses amis approchent.
Pépito se tient à distance. Il préfère observer de loin. Il garde le silence.
- Bon, dit la Belette, nous avons un jeu amusant en tête.
Pépito et toi aurez bien à faire à regarder autour de vous, pendant que nous irons à la chasse aux lettres
magiques que nous devrons rapporter.
- Vous resterez donc ensemble dans un endroit que vous aurez choisi continue le renard.
- Chacun de vous se tournera le dos, fini le lapin... afin de cueillir des images différentes.
Il nous en faut quatre. Deux chacun !
Les voilà donc partis, laissant nos deux boudeurs à leurs recherches d'images natures.
Ils s'éparpillent dans une dernière bousculade joueuse. Ces coquins s'évadent en plumes ou en poils.
Ils soulèvent des pierres, fouillent l'herbe haute, écartent un tronc gênant... il faudra faire le ménage de la forêt après leur passage, si ça continue...
Pépito et son ami, songeurs, regardent autour d'eux, car ils aiment jouer. C'est plus fort qu'eux.
Entre deux feuilles frémissantes, un rayon a tracé son éclat diamant. Il bouge un peu, lorsque la lumière se déporte légèrement. Des facettes cristal bougent et se dessinent. L'âne y voit les
yeux de Pépito qui pétillent , lorsqu'il rit.
Une coccinelle se pose sur la main de Pépito. Elle marche avec une gracieuse délicatesse. Elle ouvre ses ailes qu'elle semble secouer. Il y voit deux oreilles. Une amusante impression lui vient à
l'esprit. Son ami baissant sa tête, pour venir lui caresser le ventre, avec ses longues oreilles.
Tel un cerf volant, un hibou pénétre sous les grands arbres, avant de s'installer sur sa branche. L'âne voit sont ami Pépito venant à sa rencontre, les bras écartés, pour l'embrasser sur son
front poilu.
Tendre geste du petit garçon, pour qui il s'est pris d'affection.
Prêt de lui, un tronc creux se met à bouger. Pépito se demande quel animal va en sortir. Tout d'abord, il ne distingue pas ce qu'il y a sous cette boule de peluche rousse. Puis, un tout petit
animal, à l'oeil vif, poussant du museau une noisette aussi grosse qu'une bille, le regarde avec curiosité. L'écureuil reprend sa course.
Pépito semble y voir son ami, donnant des coups de museau sur son ballon, lorsqu'il joue avec lui. Que de jeux partagent-il...
Tout deux de demandent pourquoi ils se sont fachés. Se souviennent-ils même de la raison du différent ?
Ils se retournent en même temps... prêt à s'interroger. C'est le moment que choisissent le corbeau, le lapin, la belette et le renard, pour entrer dans la danse. Tout contre eux ils serrent une
lettre de l'alphabet.
Timidement, Pépito et son ami, s'approchent du groupe. Nos deux fachés plus très fachés, tirent les deux lettres qu'ils devront retourner et rassembler, après qu'ils auront raconté les images
recueillies autour d'eux.
Ils se racontent, avec une certaine émotion dans la voix. Chacun revit les instants de ces souvenirs que la nature leur a projeté.
Ils s'approchent encore plus prêt, pour coucher sur le sol, les lettres qu'ils tiennent contre eux. Les retournent, puis les mettent dans le bon ordre. Le mot "PAIX" se dessine. Ils se
regardent et se sourient.
Ils n'ont pas besoin de phrases pour s'étreindre du regard.
Ils pensent qu'ils ont été bien sots de s'être emballés pour une petite chose.
Aucune guerre n'est profitable, ni même morale, pour qu'on soit dans l'obligation de la commencer, pensent-ils.
La fureur et la haine rendent laid. En plus, elle sépare même les amis de toujours...
Rien ne vaut un tel sacrifice.
Ils se promettent de ne plus faire leur mauvaise tête.
Nos cinq amis ont décidé de porter un nom, afin que Pépito puisse les nommer. Ils lui soumettent l'idée. Accord sur toute la ligne. Ce nouveau pacte signé sur leur coeur "amitié", ils se
quittent sur un dernier regard chaleureux.
Pépito doit rentrer, mais il leur promet de revenir le lendemain.
Commentaires Récents