Pepito et ses amis

Publié le par sonja

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Pepito a fini son petit déjeuner.
Il n'a qu'une hâte. Sortir à la rencontre de ses amis.
Sous l'oeil amusé de sa maman, il dévale la pente de la rue. 
Le soleil est déjà haut dans le ciel. 
Depuis la hauteur de ses sept ans, il file aussi vite qu'il le peut. Les ruelles ressérées de son village semblent s'écarter sur son passage. Le voilà sur la place où se retrouvent Paquito et Juan discutant allègrement des dernières nouvelles. Le boucher, depuis le pas de porte de son magasin, interpelle ses amis qu'il invite au café. Autour du jet d'eau, sur la murette qui l'entoure, les vieux tiennent conférence. Ils rient de leurs plaisanteries. Pépito est heureux. Il aime sa petite ville où tout le monde se connait.
L'arôme du café se propage de rues en rues. Il faut dire que de ce côté ci du pays, on ne se lève pas très tôt. Les habitants font ce qu'ils peuvent. Car ils aiment vivre tard dans la nuit. Forcèment, on commence à bouger assez loin après le lever du soleil. Mais les couchers de soleil, on y assiste volontier...

Voilà notre Pépito trottinant du côté des dunes. 
La mer s'étale nonchalante. Paresseuse. Elle s'est vêtue de turquoise et de tranquilité.
Aujourd'hui, Pépito a en tête le jeu que ses amis lui ont promis. Comme il est pressé de savoir ce qu'ils ont inventé. Il contourne le terrain où se réunissent les grands et file jusqu'à la forêt proche. De là, lorsqu'il se retourne il peut observer son village resplendissant de blancheur. Il sourit de ce clin d'oeil rapide...
Il s'enfonce plus en avant. Le voilà dans le pré où se trouve l'âne son ami. Celui-ci lève légèrement sa tête. Il laisse son repas pour accueillir Pépito qui, de ses deux petites mains entoure le cou de son ami.  Avec complaisance, l'âne se laisse conter l'affection du petit garçon.

-  J'ai cru que tu ne viendrais plus ce matin.

-  Tu sais bien que nous avions rendez-vous, répond Pépito. Et je me suis dépêché !
    Les autres ne sont pas encore arrivés ?

-  Tiens, quand on parle du loup... on voit la queue du renard.

-   Hola ! vous deux !

Notre gracieux renard, parure rousse au vent, fier et beau, se pose devant les pattes hautes.
Aussitôt, on entend le froissement du feuillage des feuillus les plus bas. Un fin museau sort de la profondeur verdoyante. Deux petits yeux malins se fixent sur nos quatre compères. Dame belette est prête pour une conversation animée, que la voilà interrompue par un croassement. A tire d'ailes, maître corbeau s'équilibre sur sa branche dénudée. Il salut bien bas la compagnie.
Un véritable jacassement fuse, dans un vrai désordre. C'est à celui qui prend la parole le premier.
Voilà que tout à coup, sous leurs pattes, chacun perçoit des coups sourds et répétés.
Comme un seul homme... enfin... presque... d'un seul mouvement, les voilà cherchant le trouble fête.
Ce n'était que l'ami lapin, que tout le monde avait oublié dans la confusion générale.
Quelle grande assemblée ! Les voilà tous réunis.
C'est notre corbeau qui prend la parole. Mais bien vite, maître renard lui demande de faire silence.
Ces deux là, depuis que monsieur de la Fontaine les as surpris jouant au plus malin, ils ont toujours une manière bien à eux de s'interpeler. 
L'ordre ayant été rétabli, sur leurs arrières trains accroupis, ils font connaitre les règles du jeu à Pépito.

C'est notre âne qui en explique les grandes lignes.
Chacun d'entre eux doit aller à la recherche d'une lettre perdue dans la forêt. Pas n'importe laquelle bien sur.
Cinq lettres qui écriront un mot.
Mais avant, Pépito devra penser à un voeu qu'il voudrait réaliser. C'est donc lui qui détient la clef du mot. La combinaison sera donc apportée par nos amis les animaux. Et le petit garçon ne pourra ouvrir la porte d'accès à son voeu, qu'avec cette combinaison.

-  Pendant que nous irons à l'assaut de chaque recoin de notre forêt, tu te postera sur l'une des dunes. Sur le 
   sable tu disposera le dessin de ton désir le plus cher. 

Nos cinq amis s'enfoncent dans la forêt dense, à la recherche de leurs lettres. Puis ils se séparent et usent de leurs flairs ou de leurs oreilles pour retrouver les éclats de leur futur trésor.
On fouille dans les fourrés, on écarte des branches, on soulève délicatement un buisson de ronces. 
Ils ont l'air de vouloir déménager la forêt. Ailes déployées le corbeau observe depuis les hauteurs, les espaces oubliés.

Pendant ce temps, Pépito assemble ses mottes de sable. Il dessine les continents. Avec des brindilles qu'il a trouvé autour de lui, il commence à délimiter les pays. Les terres lointaines commencent à prendre forme. Même son pays, il l'entoure par les frontières qui le sépare d'autres terres. Que de limites... Il a peut être même oublié quelques pays. Tant pis, il ne connait pas toute la géographie encore. Et sa mémoire n'est pas aussi vaste qu'on pourrait le penser. D'ailleurs, il a un peu de mal à imaginer que de l'autre côté de la terre, d'autres enfants y vivent. Mais il voudrait bien les connaitre.

Voilà que maître corbeau s'approche avec dans son bec une jolie lettre "or". Dame belette fonce comme un lezard. Entre ses dents emprisonne son "e", couleur ciel. L'âne trotteur, le renard, le lapin, tout essoufflés, rejoignent l'équipe des chercheurs. Vert, rouge, blanc... en couleurs, les lettres s'invitent sur le sable. Il faut composer ce mot qui permettra le temps du jeu, de matérialiser le rêve de Pépito.
Les lumineuses lettres, sur ses continents il doit les déposer.
Un large sourire prend son visage, puis son regard. La signification, il la connait déjà...
En coeur, ses amis lui demandent de matérialiser son voeu, sur son dessin. Ses cartes alors, perdent ses frontières, car il ote peu à peu chaque batonnet.
Un seul  mot peut faire disparaitre miraculeusement les frontières. Il lui saute aux yeux. Il étale les lettres qui se suivent, les faisant chevaucher sur tous les continents.
Ils sont heureux du résultat.
Alors l'âne, le renard, la belette, le corbeau et le lapin, exécutent un pas de danse très amusant. Ils invitent Pépito à entrer dans le cercle joyeux. Au centre du mouvement formé, la carte du monde s'étale à leurs pattes... et pieds. Un mot allume le sable chaud, qu'ils invitent à la fête. Il se nomme : "AIMER".

Partout, les enfants du monde rêvent de réaliser l'un de leur joli secret. 
Quel est le tien ?
En confidence... dit le à Pépito et à ses cinq amis. Pour toi, ils iront chercher les lettres qui t'ouvriront les portes de leur forêt magique.



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Publié dans Contes... racontes...

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Commenter cet article

Alrisha 06/12/2007 11:01

Quelle connivence entre Pepito et ses amis animaux ! "AIMER" peut faire disparaître miraculeusement les frontières !3Aimons-nous les uns les autres! ": c'est peut-être cela qu'on pourrait écrire sur le fronton de nos mairies  et que nos dirigeants devraient divulguer à la face du monde !Merci pour ta réponse par mail ! Je t'embrasse bien fort Sonia !