Visa pour l'Andalousie

Publié le par sonja

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Ce matin j'étais partie pour observer un petit moment l'horizon du côté de l'est.. L'aube était propice à l'accueil d'un croissant de lune accompagné de Vénus. Mon petit plan matinal a été contrarié par un brouillard très épais, au dessus de Roanne. D'ailleurs, notre ville est restée sous cette épaisse nappe jusqu'aux environs de 10 heures. Pas de ciel donc...
Bon, je vous emporte tout de même avec moi, pour un voyage vers un lieu pas aussi éloigné que celle entre la lune et la terre. Juste chez nos voisins espagnols... Mais vous devrez  plonger  jusqu'au Sud du pays.
La magique Andalousie vous attend. Ce Sud qui ressemble tellement à celui de l'Afrique du Nord, nos autres voisins si proches...

Au Sud de l'Espagne, l'Andalousie, que certains parmi vous connaissent déjà. 
De ce côté là, l'automne prolonge la douceur de ses températures. Quand au printemps andalou,  lui, n'attend même pas la fin de l'hiver pour se manifester. Il suffit d'un simple souffle tiède venu du Sahara, pour que les amendiers fleurissent les collines.
Des neiges de la Sierra Nevada aux canyons dénudés du désert de Tabernas, prés d'Alméria, de la source du Guadalquivir, dans les forêts de la Sierra de Cazorla jusqu'à l'Océan. D'ici, l'Afrique n'est qu'à quelques battements d'ailes. Au delà des portes de Grenade se profilent  les sommets arrondis de la Sierra Nevada. 
Au sommet du mont le plus élevé d'Espagne, le Mulhacèn (plus de 3400 m) reposerait Muley Hassan, avant dernier roi Maure de Genade. Cette Andalousie là n'a pas oublié qu'aux confins de l'Europe s'ouvrent les chemins de l'Afrique.
Dans les vallées, en contrebas, à perte de vue oliviers ou figuiers, des chênes rouvres, des peupliers, des chataigniers et des pins.
En février, une neige particulière s'épanouit : celle des amandiers en fleur dans les vallées du Sud de la Sierra Nevada. Leur origine remonde à la conquète Maure, dit une légende. Il semblerait qu'une princesse berbère se languissait des hivers enneigés de son Haut Atlas natal. Pour la consoler, son époux fit planter des kyrielles d'amandiers aux fleurs d'un blanc éblouissant.
Dès la fin de l'hiver, leur parfum doux amer flotte sur la vallée des Alpujarras.

Aux portes d'Alméria commence une Andalousie africaine. Dans le désert de Tabernas, le soleil darde ses rayons sur les paysages les plus désertiques d'Europe. Canyons aux parois déchiquetées, rios qui l'été, se limitent à une étendue caillouteuse, évoquant un oued saharien arpenté par les caméléons venus du Maghreb, dit-on. Contre toute attente, lauriers roses et genêts s'obstinent sur ces sols pelés.
Le pays d'Alméria évoque à s'y méprendre l'Afrique toute proche. Même villages blancs écrasés par le soleil, mêmes ruelles étroites et ombragées disposées comme un échiquier. Ces villes côtières se précipitent dans les eaux turquoise. Sur leurs flancs tièdes s'agrippent plantes grasses, figuiers de barbarie et palmitos, l'unique palmier européen.
Cette Andalousie brulante est un pont lancé entre l'Europe et l'Afrique.
La côte d'Alméria, al pariya, "miroir de la mer", en arabe, mérite surement son nom.
Sans le Guadalquivir, l'Andalousie ne serait rien qu'une Sierra rétive. Du long de ses 680 km il irrigue près des deux tiers de la province.
Pour comprendre l'attachement des andalous à celui que les arabes ont nommé "wadi el kebir" (le grand fleuve) il convient de se rendre dans la sierra de Vazorla, à l'extrême nord-est de l'Andalousie. Un labyrinthe de hautes vallées tapissées de pivoines, d'orchidées ou d'églantiers, de sommets aux pentes conquises par les pins. Partout, de profondes forêts à l'ombre dense et odorante.
Discrets, les faucons, hibous communs, rares aigles royaux et vautours fauves règnent sur l'une des forêts les plus vastes d'Espagne. Aujourd'hui espace protégé. Magnifique réserve en communion avec les plus de 80 000 habitants de cette zone.
Dans ce parc naturel une flore riche et unique y habite. Sur les 1300 espèces repérées 24 sont exclusivement territoriale. Comme par exemple la violette de Cazorla et la plante carnivore.
Le Guadalquivir peut se réjouir de voir le jour dans une nature si jalousement préservée.
Le fleuve musarde entre les lauriers roses qui lui font une haie d'honneur jusqu'à Séville et son arrivée tranquile à l'Océan.

Mais que serait l'Andalousie sans le détour obligé jusqu'à Grenade ?
C'est là que vous aurez tout de suite la merveilleuse vision de l'un des monuments majeurs de l'architecture islamique. L'Alhambra ! C'est avec la grande Mosquée de Cordoue le plus prestigieux témoin de la présence musulmane en Espagne.
Le nom Alhambra provient de l'arabe "Al hamra", "le rouge", en raison de la couleur que prennent les murs du monument au coucher du soleil. C'est assez magique.
Vous voilà donc en présence d'un ensemble fortifié de batiments situé sur la colline de la Sabika, dominant la plaine de Grenade. Parmi ces batiments se trouvent le palais mauresque.
Si la colline de la Sabika est aménagée dès 1237 sous la direction de l'Almohade Al-Ahmar, l'origine de l'Alhambra remonte à 1238 avec l'entrée à Grenande du premier souverain nasride, Mohamed Ben Nazar.
Le style nasride atteint son apogée au XIVe siècle sous les rois Youssouf 1er et Mohamed V Al-Ghani, qui font édifier les parties les plus prestiieuses entre 1333 et 1354.
Chaque souverain reprenait le palais de son prédécesseur et en édifiait de nouvelles parties. Le modifiant à sa guise. On parle donc de palais Nasrides, au pluriel, pour cet ensemble.
Palais que l'on admire aujourd'hui encore...
La gazelle est le symbole de l'Alhambra.
On peut parler autant de ces lieux, d'un décor que d'une architecture. La décoration interieure est foisonnante, à base des trois composantes des arts d'Islam : la calligraphie, la décoration florale stylisée, les arabesques et motifs géométriques. Une pure merveille !
Du côté du palais d'été des princes, on peut se raffraichir dans les ombrages, près des bassins d'eau. Précieux jardins. Et merveille de l'architecture que l'Alhambra.


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Il y aurait encore tellement à dire. En l'occurence sur les jardins du partal. Sur la Medina. Où règne un dépaysement total.  Sur les tours d'enceinte et le palais de Charles Quint. Mais rien ne vaut une visite réelle sur les splendeurs d'un passé historique encore bien conservée. Mais qui a aussi laissé ses marques en Espagne. De nombreux poétes ont chanté ou écrit  l'Andalousie. Leur coeur a du chavirer plus d'une fois...

Je ne suis pas du tout étonnée que mon père m'ait parlé avec une certaine fierté de son Andalousie.
Il m'a même dit un jour... que les arabes, hormis leur sciences, avaient laissé aux andalous, les plus belles femmes du monde. Aux yeux velours et à la chevelure aussi noire et brillante qu'un ciel nuit...

Je me demande bien si c'était vraiment de son Andalousie qu'il était amoureux...



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nadia-vraie 08/11/2007 05:41

Muad,en lisant ton article,tu as remémoreré mes souvenirs de ce voyage merveilleux que j'ai fait .J'ai visité l'Alhambra et la Mosqué de Cordoue qui sont des merveilles.merci et A+

Alrisha 05/11/2007 21:59

A te lire, l'Andalousie doit être une région d'Espagne fort remarquable. Ce sont les yeux de ton père qui t'ont appris à l'aimer.Bisous tout plein, Sonia !