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Vendredi 17 août 2007

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Les oiseaux ont toujours eu un certain ascendant sur moi. Du plus loin que je me souvienne, je les ai regardé avec un oeil plein d'admiration. Je peux à juste titre les appeler le dessert de la nature. C'est ainsi que mentalement je les compare à un gouteux gateau. 

Les observer dans leurs envols. Dans leurs jeux au sol ou dans le ciel. Tout comme les fleurs, ils sont habillés comme des seigneurs. Ils ont l'élégance des parures les plus distinguées. Ils ne manquent pas de charme.
Ni d'humour. Leurs petits yeux éclatent comme les bulles de champagne. Un pétillant aérien, et plein de coquineries. Gracieuses petites bêtes et si oportunistes parfois.
Lorsqu'on est enfant, on leur coure après. Un sentiment de puissance et de liberté. Ils sont proches. Si beaux. Et on veut les cueillir comme on peut le faire pour une fleur. Pour le plaisir de tenir une oeuvre magnifique. Un jouet incomparable...

Mais avec l'adulte, vient s'installer ce besoin tranquile d'observer l'animal au ramage coloré. Mais il n'attire pas à cause de sa robe seulement. Il y a une telle pointe d'intelligence qui se mêle à ce regard qui fixe, qu'on peut penser qu'il y a une possibilité de devenir des amis. De son côté il doit sans doute penser la même chose, car il se laisse approcher. Dresser. Engager dans des rapports particuliers.
Les moineaux sont les plus oseurs d'entre tous. 
Mais la mésange est si curieuse qu'elle se laisse presque toucher. La siffler, en imitant ses trilles, et vous la verrez s'approcher, de branches en branches. Puis elle vous détaillera. Il vous faudra quelques journées, mais elle se laissera apprivoiser.
Le rouge gorge et le rouge queue s'approchent le plus possible de vos pieds, en dehors du moineau, qui n'essait même pas de fuir lui, lorsque vous approchez votre main de lui. Mais attention, il est très intéressé. Quelques graines ou un reste de repas, il ne refuse pas.
La bergeronette grise s'approche en sautillant, mais vous évalue de loin.
Tant d'oiseaux pour rendre votre coeur joyeux...

Lorsque j'étais à Nouméa, les oiseaux étaient partout. Le bengali etant le plus delicat. Si petit. Naïf aussi.
J'ai vu bien des cages-piéges qui les prenaient à l'intérieur de leurs horribles barreaux. Ce mignon et minuscule oiseau, était un commerce habituel, sur le caillou.
Même le père de mes enfants a commencé à se prendre d'amour, au nom du profit,  pour cet oiseau magique.
J'ai horreur de voir un oiseau en cage. Ce que je lui disais. Mais puisqu'il ne voulait pas entendre raison, j'ai contourné l'obstacle. Ils rentraient dans leur prison, et dès que "monsieur" partait travailler, je vidais les deux cages. La première fois ce furent les grands cris ... mais il s'est si vite habitué à mon geste quotidien, si bien qu'il a du renoncer à son commerce peu honorable.
Petit bengali s'envole....
Vole l'oiseau très haut. En liberté...

A Valence, des amis ont eu un jour, la bonne idée d'offrir à mon fils David, après l'un de ses retours de l'hopital, une perruche. Un beau vert comme parure. Et une cage... bien sur ! Mais quelle drôle d'idée !
C'était gentil. Un geste plein de tendresse.
Mais comment faire quand on n'aime pas encager un oiseau ? D'autant plus lorsqu'il arrive d'un pays si éloigné de chez nous, que sur les 10 petits poids plumes, il n'y en a que 3 qui arriveront au but ? C'est à dire, qui resteront vivants...
En plus, ma fille, ainée d'une seule année par rapport à son frère, s'était sentie un peu frustrée. Je l'avais deviné dans son regard. On est donc allé chez un oiseleur pour prendre un compagnon. Bleu cette fois-ci.
Me voilà avec deux oiseaux que je n'aimerais pas voir enfermés.
On a réfléchit ensemble, et on a commencé à mettre en place tout un scénario. Chaque jour, à petites doses, j'ouvrais la cage. Ces petites choses aimaient mettre leur bec au delà de la porte. Ils regardaient, nous regardaient, puis osaient.... pas du premier coup. On leur parlait. On se servait de nos doigts pour leur dire ce qu'il fallait faire ou ne pas faire. Le soir, je les faisais entrer dans leur maison. Je ne voulais pas voir s'éparpiller ces deux voyageurs trop bien habitués à être libres.
Au debut ce n'était pas évident. Il fallait les suivre avec un linge humide pour nettoyer après leur passage. Je les grondais en les menaçant du doigt. Ils ne devaient pas aimer car assez vite, ils sont allés dans leur cage pour ne pas salir le salon, où ils étaient. Quelquefois, ils ne sortaient pas tout de suite de leur cage.
Mais dès qu'ils me voyaient ils demaraient  leur chant particulier, qui prend la tête parfois.
Lorsque je m'asseyais sur le fauteuil pour une pose, la femelle notamment, venait se poser sur le haut du dossier du fauteuil. Cette coquine s'amusait à pincer l'un de mes cheveux entre son bec, et elle tirait... au debut c'était rigolo, mais ensuite je la chassais avec le doigt. On peut dire que ces deux là m'obeissaient au doigt et à l'oeil. Impressionnant.
Mais ce n'est pas tout. Sur l'une des fenêtres on avait fabriqué une petite balançoire qui pouvait bouger, mais à hauteur aussi, de l'extérieur. Nous habitions un rez de chaussée, donc, mes oiseaux  avaient vu sur la rue, et sur le trottoir. Mais de l'extérieur, on voyait  mes accrobates. Car ces deux canailles s'amusaient à faire des jeux sur leur balançoire. Les passants ont peu à peu vu qu'il y avait deux oiseaux colorés faisant leur vie. Car en été, je leur mettais leur piscine. Je ne vous dit pas ce qu'elles faisaient ces deux là... 
Du monde s'arrêtait pour prendre un peu de bonne humeur, sous mes fenêtres. C'était un peu la curiosité du quartier.
Ce que j'ai oublié de vous dire, c'est que lorsque je faisais mes vitres, ou que j'avais decidé de laisser les fenêtres ouvertes, notamment les matins pour faire mon menage, il n'y avait pas de problème. Au debut mes perruches sont un peu parties, mais pour vite revenir. Elles ne se sont jamais échappées, alors qu'elles auraient pu. De toute façon, je ne les aurais pas retenu...
Lorsque nous étions à table, la femelle toujours, depuis la hauteur du buffet, venait faire du rasemotte au dessus de la marmite. Elle était d'une telle curiosité... Que de fois ai-je eu peur qu'elle ne finisse dans la sauce chaude.
Le mâle la regardait faire de loin. Il ne se lançait que si ça marchait pour elle. 
Nous avions un lampadaire à branches, ils s'y accrochaient, et nous regardaient la tête en bas. Parfois, ils lachaient une patte. Ce qui nous faisait beaucoup rire. On aurait dit qu'ils comprenaient car ils nous le faisaient souvent ce numéro.
Si je me mettais sur un coin de table pour écrire ou lire, la femelle venait prêt de moi et tournait la page du livre. C'est du moins l'impression qu'on avait . Certains de mes livres, lorsque je les oubliais dans la pièce, elle faisait des confetis avec les bords.
Mais de tous ses mauvais genres, cette demoiselle avait une habitude d'hôte qui tenait d'une mauvaise education.
Un ami de mon fils venait parfois à la maison, pour passer un peu de temps avec lui, ou pour qu'ils sortent ensemble. Cette folle de perruche, dès qu'elle entendait sa voix, elle partait comme une flèche, et lui fonçait dessus. Âvant même qu'il n'entre à la maison, elle allait lui signifier qu'elle n'était pas ravis par sa visite. Un vrai phénomène. Si l'ami restait dans le salon, il fallait enfermer l'oiseau entreprenant... car elle recommençait ses piquets sur lui.
Le spectacle garanti !
Mes oiseaux en liberté, et moi, l'humeur au rythme de mes deux galopins.
Les enfants en étaient fous.
Mais un jour, le mâle est mort, et la femelle s'est laissé déperir. Le jour où elle aussi sentit sa dernière heure arrivée, elle est venue se poser sur l'une de mes épaules. C'est là qu'elle s'est éteinte.
Et comme entre temps il a fallu acheter un autre mâle à mon fils qui avait été choqué par la mort de son petit oiseau, me voilà donc avec un mâle et sans femelle. Mon gamin a voulu enterrer son compagnon, dans un coin du parc du quartier. 
Il a fallu de nouveau apprendre à nos nouveaux amis, les limites de leur vie d'oiseau dans un appartement.
Ce fut chose faite... Mais le mâle n'a pas duré longtemps. Et la seconde femelle, elle s'était si bien habituée à nous et au faitque nous soyons des géants, amis des oiseaux, un jour ma fille a posé un pied sur elle.  Sans s'en rendre compte.
Ces perruches circulaient dans le salon au pas, sans s'inquieter. 
Je ne vous explique pas la suite....

Plus d'oiseaux après. Mais que de moments inoubliables avec "coco" et "pupuce"...
Les animaux peuvent être des compagnons extraordinnaires. Pourvu qu'on leur laisse la place qui leur revient.
Un oiseau oui, mais à condition qu'il ait sa portion de liberté...
Mes amis se souviennent encore de nos deux curieux compagnons... on en parle parfois lorsque je les rencontre à Valence. On en rit, car c'était vraiment de drôles d'oiseaux...

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Des souvenirs délicieux.

Le premier oiseau la tête en bas, sur la photo, c'est un perroquet.

par sonja publié dans : Tranches de vie
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Commentaires

Tenace vis-à-vis du père de tes enfants et tu as eu le dessus !!!!

"Coco" et "Pupuce", les perruches de Sonia et ses enfants! Toute cette petite vie colorée et trépidente dans la maison qui obéit au doigt et à l'oeil. Finalement, ça ne m'étonne pas du tout.

Beau récit, plein d'émotion, tout à l'honneur de ces oiseaux si captivants!

Bisous, Sonia
commentaire n° : 1 posté par : Alrisha (site web) le: 18/08/2007 15:19:22

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