Il s'appelle "Papa" !

Publié le par sonja

Juste une pause au Parc des Promenades. A l'ombre, près de l'aire de jeux, je me suis installée. Les pelouses et les bancs sont généreusement occupés. Le kiosque à musique est en "hip-hop". Quelques jeunes dansent. 
Les verts sont vêtus de lumière. Les rayons de soleil balaient généreusement chaque parcelle.
Je ne suis venue que pour regarder. Je n'avais pas prémédité d'ouvrir une page blanche.
Mais je viens d'assister à une scène qui m'a laissé un goût de nausée. Les images sont encore là. 
L'aire de jeux, et tous ces petits qui sont venus pour se défouler. Ils jouent. Ils crient. Ils débordent. Ils s'amusent. C'est magnifique à regarder.
Et puis voilà que deux frères se chamaillent. Le plus grand doit taquiner son cadet, qui pousse des cris à crever les tympans. Ce n'est qu'un caprice d'enfant. Le plus grand a sans doute 5 ou 6 ans. L'autre une année ou deux, de moins. Le papa demande au plus grand de cesser ses piques. L'enfant ne cède pas...
Il ne faut pas plus de deux minutes au papa pour commencer à s'énerver. Il hurle pour demander du silence.
Tout à coup, l'enfant se met à courir, le papa à sa poursuite. Depuis ma place, je n'ai pas compris ce qui s'est passé. J'ai seulement vu ce papa qui a rattrapé son fils et que la giffle qu'il lui a donné,  l'a projeté au sol. Le petit n'a même pas pleuré. N'a-t-il plus de larmes, ou bien ne sait-il plus les verser ?
Il est vrai que l'enfance a changé. Nos enfants sont plus durs. Plus difficiles. Mais cela justifie-t-il pour autant une telle violence ?
La force est démesurée. Le géant contre le Petit Poucet. Si au moins le monsieur s'était arrêté sur ce mouvement d'humeur... et bien non. Un langage ordurier il a déversé sur son garçon. Une violence verbale dont il doit être coutumier.
Quels futurs adultes produisons-nous ?
On veut des enfants bien élevés, mais les mots sâles on ne craint pas de les jeter à leurs visages.
On veut qu'ils soient gentils, mais on ne leur donne pas le meilleur des exemples. Quel modèle sommes-nous ?
Combien de temps leur accordons-nous ? Les premières années de leur vie, c'est de tout notre temps qu'ils ont besoin. Parce qu'il faut qu'on leur explique les choses de la vie. Et pas qu'une fois seulement. La répétition est requise.
Ensuite, à partir du moment où ils sont en CP, le temps, on l'amènagera différemment. Nous pourrons alors prendre un peu de notre espace.
Ce ne sera ni facile, ni gagné d'avance. Qui a dit le contraire ?
Ce qu'il faudra retenir, c'est qu'une jeune pousse a besoin d'un tuteur, plus que d'un censeur.
Il peut arriver que nous soyons épuisés, avec une forte envie de tout abandonner. C'est humainement compréhensible. Seulement, rien ne justifie qu'on n'apprenne pas la patience avec nos petits.
La discipline est parfois nécessaire, mais la sauvage violence, jamais !
Celle verbale est une porte ouverte à l'autre.
Comment peut-on tenir des propos aussi orduriers à nos enfants ? 
Decidemment, je ne m'y habituerais jamais.
Comment peut-on manquer d'arguments devant un enfant ?
L'insulte pour seule réponse à sa turbulence ?
Ensuite c'est à lui qu'on réclamera une excellente conduite. C'est lui qu'on met à la place de l'adulte, et l'adulte qui se comporte comme un animal imature ? Et dire qu'il n'en a même pas conscience...
Ce monsieur au geste vif a surpris mon regard sur lui.
D'ailleurs, je l'ai suivi alors qu'il sortait peu à peu avec ses enfants, et son épouse. J'ai cru un moment qu'il allait déverser sa grande colère sur moi. Mon insistance à le suivre a dû le deranger. Mais pas dans le bon sens.
Plus loin, en montant les marches qui nous sortent du parc, il a de nouveau bousculé le petit.
Cet enfant est allé se protéger contre sa maman qui lui a répondu, lorsqu'ils sont passés en face de moi, "tu n'as qu'à obeir". Une voix douce de femme. C'est à ce moment là que ce petit garçon a versé ses larmes.
Cette scène m'a bouleversé.
La laideur se mélange parfois à la beauté.
Les enfants ont  besoin de temps... combien leur en accordons nous ?
Passent-ils après le feuilleton, ou l'intenet ?
Leur expliquer les choses de la vie, ne doit pas se faire entre deux fessées. Ni à l'heure de l'apéritif lorsque des invités sont là.
Le film du soir prend-il la place de l'histoire qui le fera rentrer dans un sommeil paisible ?
Pourquoi se priver d'un tel trésor, en espace ? L'heure de l'enfance est magique. Lorsqu'ils seront adultes, ils n'oublieront pas. Mais si certains effacent de leur mémoire, tous ces manèges enchantés, cela ne doit pas rendre facultatifs tous ces gestes d'amour, qui incombent aux parents...
Nos enfants sont agaçants parfois. C'est vrai !
Mais nous aussi !

A l'école de la sagesse, c'est tous les jours qu'on apprend. 
Nous n'avons pas de baguette magique comme dans les contes de fées. Alors, pas de miracle pour qu'il devienne sage. Nous devrons lui donner notre propre héritage. Quel qu'il soit. Mais au moins offrons à notre enfant un peu, si nous n'avons pas beaucoup. D'autant plus aux jours de sa plus tendre enfance...

Vous n'étiez pas un Monsieur respectable, "papa", lorsque mon regard a pesé sur vous. Vous l'avez compris. D'où cette fureur dans votre propre regard...
Tant pis !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

cath 06/08/2007 16:36

voila qui est trés intéressant à lire et qui donne à réfléchir;ce n'est certes pas la violence qui peut aider un enfant à ne pas devenir violent lui-même;il a besoin d'un adulte-exemple,un adulte capable de se controler et d'expliquer , pour arriver peu à peu à grandir et accéder à un bon systéme relationnel avec les autres.de par mon métier,éducatrice de jeunes enfants, je suis amenée à être jour aprés jour auprés d'enfants de 3 mois à 3ans passés et de leurs parents.patience,écoute,dialogue,réconfort,soutien...les parents st svt débordés,fatigués;nous parlons,des messages importants passent.on aide et encourage petits et grands,on donne notre temps,on est ds l'empathie et on essaye d'avancer...à pas de fourmi avec certains parents ,mais c'est tjs ça!et quand je rentre chez moi, voila le mien de 9 ans qui me saute dessus!! je lui donne ce que je peux et quand je ne peux pas je lui explique pourquoi;il comprend que j'ai besoin de temps pour moi afin de me ressourcer et d'être plus disponible pou lui par la suite;je me trouve plus patiente avec lui que je ne l'ai été avec ses deux grandes soeurs,26 et 24 ans (et oui il est arrivé alors que j'avais 46ans..).elles s'occupaient bcp ensemble,il faut dire;ou alors c'est mon "grand âge" qui me permet d'être plus présente à lui? en tout cas envers les enfants : respect et encore respect, douceur et patience; ce qui ne veut pas dire manque de fermeté,pose des limites avec la bonne explication et non la punition qui révolte..bon j'arrête,il y a tellement à dire! je prépare le gouter(chocolat chaud et petits beurre,miam..) et on joue un peu aux cartes ts les deux; il adore!

Alrisha 02/08/2007 17:14

Dans certaines familles, les adultes, les parents ne sont plus des référents. Les enfants vivent sans modèles: plus de politesse, de respect, de tendresse, d'amour, d'éducation, de dialogues,...Certains jeunes ados ne se rendent même plus compte de la différence entre le bien et le mal.Je crois que les parents de ces enfants ont été des abandonnés de l'école, de la société et de leurs propres parents. AIDER, AIDER, ENCADRER dès leur plus jeune âge, tous ces "paumés" de la vie. Là, il y a des emplois à créer. Des structures existent déjà; il faut les multiplier. Il ne faut pas que ce soit de l'assistanat. Il faut aussi que ces gens soient "ACTEURS" de leur progression dans leur vie.Ah, Sonia, que de "choses" à faire pour AMELIORER tout ça!!!!Bisous !!!!! :0010: