D'Alger à Tizi-Ouzou... une escapade !

Publié le par sonja

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Voilà ! Lorsque je pense à l'Algerie à présent, c'est ainsi que dans ma tête se présente ce coin de terre.
Comme l'éclat d'un beau coucher de soleil. Un apaisement du à l'instant de la journée finissante. Un brin de calme mental. Une pause reposante. Et de la couleur plein le coeur. Une luminosité intense qui va finissant vers un repos bien mérité. 
Mon esprit galoppe de lieux en lieux. Un réveil du souvenir qui me porte à sourire, même lorsque je me trouve devant ma page blanche. Sourire de tendresse. Mais sourire d'amusement aussi. Ces plongées régulières dans mes pensées, me font dire que j'étais bien bougeante durant mes années Algerie.

Un autre souvenir me porte à sortir de ma mémoire une drole d'anecdote.
C'est autour des religieuses que j'ai aussi un peu fureté. Lorsque pour finir mes études je me suis retrouvée dans l'une de leur école privée... mais ici, il s'agit d'une association de la jeunesse ouvrière catholique.
Je ne sais comment j'ai aussi atteri chez eux. Toujours est-il que je n'ai qu'un seul passage dans ma vie de cet organisme. Mais je pense que je sais pourquoi...

C'était le temps où on faisait des camps pour la jeunesse. Afin de les occuper, ou pour les tenir sagement en semi bride...
Nous voilà donc partis avec un groupe pour faire du camping. Filles et garçons. Nous étions bien encadrés. Je crois même qu'il y avait des religieuses et un prètre au moins. Je pense que je devais avoir autour des 15 ans. Je revois les tentes dressées et le rangement de la vaisselle, et d'autres bricoles. A charge pour nous la jeunesse, de ranger notre petit coin nuit. 
Les soirs de veillées c'était chanson et guitare à volonté. Au milieu d'un nature luxuriante, parfumée, colorée. Comme nous étions proche d'un ruisseau, la nuit, clapotis continu en descente. Grillons et cris de certains petits animaux nocturnes garantis. Froissement, ou glissement à peine perceptible lorsque nous étions dans nos tentes. Grandes discussions dès que nous nous posions sur nos couvertures. Et rires aussi entre fille de même chambrée, sous la toile.
Les taches étaient équitablement partagées. C'est ainsi que la corvée de vaisselle, ou du rangement autour des tentes en incombait aux invitées que nous étions. Les garçons n'étaient pas oubliés.
Nous coulions des journées sympathiques, mais surement trop tranquiles à mon goût.
Et puis les corvées, je ne devais pas tellement aprécier.
C'est ainsi qu'une idée germa dans mon esprit.
Et que je soumis à mes deux plus proches amies. Si au départ l'idée n'emballa pas mes compagnes, elle fit son petit bout de chemin dans leur tête. 
Je leur avais proposé de visiter les villages et les villes alentours, pour mettre de la couleur dans nos journées... en auto-stop ! J'avais tout planifié. Jusqu'au moindre détail. Avec nous, nous emmenerions un garçon. Pas n'importe lequel... l'un des moniteurs. A tant que faire.
C'est lors de nos corvées au bord de la rivière qu'on en parla à ce jeune homme qui accepta... je me demande encore aujourd'hui pourquoi il a sauté les deux pieds joints dans notre délire.
Avec peu de bagage, et sans argent, nous voilà sur le bord de la route, un certain jour, à arrêter les voitures.
Qui le firent, avec beaucoup de complaisance. 
Nous choisissions des personnes seules, puisque nous étions tout de même assez nombreux pour une seule voiture. Car pas question de nous séparer. Et encore moins de couper en deux, le seul garçon que nous avions, pour nous protéger...
Nous avons beaucoup marché aussi.
Mais le but était de visiter. De prendre le temps de regarder notre environnement. De cueillir le plaisir d'une nature délicate ou sauvage. Avec des paysages à couper le souffle. Sans oublier que le premier objectif c'était Tizi-Ouzou. Nous ne devions donc pas être si loin que cela de cette ville. 
Sans argent, comment faire une fois sur place ? Qu'à cela ne tienne... j'avais pensé proposer au restaurateur de faire sa vaisselle du midi. Ce que j'ai fait après avoir choisi le pigeon idéal. J'avais du voir cela dans un film comique... Premier repas donc, avec cette méthode assez cocasse, car le restaurateur n'a même pas voulu que nous soyions de corvée. Mais il doit en rire encore...
C'était après l'indépendance, je dois le préciser.
Toujours est-il que mon escapade a un peu effrayé les personnes du camp, ainsi que mes parents.
Mais eux, ils étaient habitués à certaines de mes frasques. Ils ont donc attendu mon retour pour sevir par la suite. Pas d'avis de recherche. 
De villes en villes nous avons fait notre petite virée nature, car je dois reconnaitre que le cadre etait délicieux. Et les gens généreux. 

Je crois bien que je n'ai jamais eu conscience d'aucun danger. D'ailleurs, même après l'indépendance, il n'y avait pas de quoi avoir peur de la population, en général. Ils n'ont jamais changé à notre égard. Je veux dire envers notre famille et moi même. Je ne sais pas pourquoi, mais à aucun moment nous avons ressenti de l'hostilité. 
Il y a eu quelques petits malentendus, mais vu mon état d'esprit très aventurier, il était évident que parfois de petites confrontations pouvaient survenir...
Mais j'ai aimés ces années là, même si je n'en ai jamais parlé jusqu'ici.
Encore et toujours ce besoin de bouger, d'espace... quel bonheur que d'avoir pu le faire. D'avoir osé le faire... Alors oui, ces plongées dans ce pays merveilleux, c'est du bonheur cueilli...


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J'aime ces rues... ces gens généreux... ces villes au regard différent...

 















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... et des paysages fabuleux... délicieux...

Publié dans Voyages

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Commenter cet article

hamid 25/07/2007 21:24

ohhhhh la kabylie !!!!!!!!mais sonia tu devras choisirles photos de la kabylie , car ici seules trois photos qui sont de la kabylie.....lolll

sonja 26/07/2007 00:32

Bonjour Hamid,Les photos que j'ai choisi sont de différents endroits, car ils vont avec mes deux petits textes sur les côtés des photos, et non par rapport à tout le grand texte.  Ils ont une autre raison d'être... sinon, pourquoi est ce que je n'aurais pas mis une photo d'Alger, puisque je parle d'Alger ?Bonne journée...

Michka :0014::0010: 23/07/2007 16:12

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Alrisha 22/07/2007 10:20

Quitter le camping, faire de l'auto-stop pour aller voir ailleurs: une jolie tranche de vie d'adolescente!Le bonheur, il faut oser aller le chercher.Comme tes écrits sont apaisants!Bises et bon dimanche, Sonia!Monique