
BALADE LE LONG DE LA LOIRE
ROANNEMAVILLE
| Mai 2012 | ||||||||||
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Cartable en main,
c'est en chanson que j'emprunte le chemin.
Deux kilomètres dans les mollets,
pour l'école rejoindre.
Des oiseaux plein la tête...
De la couleur plein les yeux...
Des rires plein le coeur...
C'est en classe que les règles commencent.
Avec prudence,
l'un des grands,
la bouteille d'encre soulève.
Le service fini,
c'est le plumier qui interrompt le silence.
Quelques coups de plume.
Une page blanche s'illumine.
Nos têtes,
sur elle se penchent.
Tandis qu'au tableau noir,
La craie arrache ses cris de désespoir.
Le cours vient de commencer.
C'est ici que fini la flânerie...
Voilà une objection que ne m'a jamais interpellée. J'avais le recul de ceux qui observaient en silence.
Le premier de la classe. Le dernier de la classe. Entendre parleur d'eux faisait partie du quotidien scolaire. Pour ces deux genres il y avait une certaine détestation. Ou bien de l'admiration.
Le cancre avait à la limite ses nombreux fans. C'était celui qui osait afficher sa tendance à refuser tout compromis intellectuel. Une sorte de jeu personnel. Une force dans le refus de s'alligner à la norme. A l'intellectuellement correct.
Dans les deux cas les avis étaient toujours partagés.
Même le premier avait un certain interêt pour ceux qui l'entourait. Par orgueil. Ou bien pour la recherche d'une aide dans les devoirs. Ce qui me faisait sourire. Où va se nicher notre vanité d'humain...
En tout les cas, cela faisait beaucoup parler. Même certains enseignants y allaient de leurs commentaires.
Pourquoi étaient-ils les vedettes de la classe ? Je ne l'ai jamais compris, je crois.
Ma préoccupation se situait dans ce que moi je pouvais être. Et ce n'est qu'aujourd'ui que je peux comprendre que j'ai une certaine valeur, moi aussi.
Que sont devenus ces premiers de la classe ? Ou tous ces derniers ? Je l'ignore...
Mais ce qui est certain, c'est que de leurs choix de vie, leur place a subi des variantes.
Le cours de récréation...
Prise de départ à l'école.
Pas du tout glorieux ce départ. La tendresse n'était pas au rendez-vous.
Des le CP, mes souvenirs de récréations sont peuplés de désagréments. Je n'étais pas timide. Je ne craignais pas plus, mes "camarades". Il n'empêche que les récréations sont à marquer à l'encre rouge. Négative approche.
Dès le premier jour on a éprouvé une vraie détestation à mon égard. Les brimades. Les bousculades. Celle à qui on tirait les cheveux, qu'on poussait dans les rangs, c'était moi !
Sortir pour la récréation était le suprême suplice. Comment expliquer cela au corps enseignant de l'époque, qui n'autorisait aucune possibilité d'expression ? Peut être aux parents ? Ils étaient partie prenante avec l'autorité enseignante.
Les préjugés avaient eux aussi une place prépondérante. Par contre, j'ai appris une chose essentielle lors de ces récréations un peu particulières... La course d'endurance. Pour échapper à ces petits tortionnaires, il fallait courir vite, et longtemps. Avec bien sur, une horde de joueurs derrière moi. Car ces joyeusetées, vues de loin, laissaient paraitre une forme d'amusement collectif..
Pourquoi ne pas se défendre alors ? J'ai essayé, parfois... Mais le nombre ne me donna jamais le choix. Et quand par hasard je faisais mal, en cas de défense, j'avais droit à un supplément de représailles. L'instituteur veillait à l'ordre établi. J'étais doublement punie.
J'ai tout de même retenu le côté positif de ces récréations... La meilleure en course d'endurance, c'était moi !
Merci aux cours de récréations !
Quelques mois en atelier d'Ecriture avec Anne Poiré écrivaine passionnée et tendre...
Je vous livre la soirée qui traitait du thème "Ecole"... pour ce qui est de mes seuls textes, bien sur.
Une autre manière de s'amuser, pour le plaisir des mots et des phrases.
Mais aussi pour partager des pensées, des souvenirs... ou parfois des cauchemars.
C'était avant la rentrée...
Voilà plusieurs jours qu'à la maison il n'était question que de mon entrée à l'école. Mes parents faisaient état des bienfaits de la scolarisation. On me prédisait un bien être hors norme. L'école était l'étape obligée qui me permettrait de grandir. Le sens donné à l'idée m'échappait encore. Peu importe, il était évident que j'allais prendre des centimètres supplémentaires. On me répétait que cela m'ouvrirait bien des portes. De quelles portes s'agissait-il ? Qu'à cela ne tienne. L'objectif me semblait plaisant. Les enseignants avaient la gentillesse accrochée au coeur. C'était rassurant. Il y avait même la récompense : de nombreux camarades avec lesquels partager tout mes jeux de récréation. Mon imagination commençait à mettre des scenarios en place. J'avais le coeur léger. La cantine ajoutait sa nôte particulière. Ce serait le plus, qui allait améliorer notre quotidien alimentaire.
On m'a fait rêver l'école. On m'a fait espérer l'école. A ce mot magique mon impatience s'est faite vive.
Enfin, le jour tant attendu est arrivé.
Immense cour pour la petite que j'étais... c'est en son centre que je m'y suis retrouvée, avec ma mère. C'est elle qui m'accompagna à l'école.
L'école ! Un tout petit batiment, sans étage, et aux vitres grandes ouvertes. "Des camarades" jouent un peu partout, dans cette cour. Un petit groupe se positionne autour de nous. Ils ricannent, tout en se bousculants. Le directeur et enseignant vient à notre rencontre. Il use de sa voix pour éparpiller les grands, comme il les appelait.
Ce jour là j'ai éprouvé la plus belle trouille de ma vie.
A cet instant même, mon édifice si joyeusement élaboré, venait de s'effondre.
Par la suite, mes appréhensions au seul mot "Ecole", se sont avérées justes. Et justifiées !
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