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Lundi 19 mars 2007 1 19 /03 /Mars /2007 18:01
Elle est toute menue. Elle semble fragile. Prête à verser une larme. Ses cheveux blancs mi longs, tombent sur ses épaules. Elle n'est pas soucieuse de son aspect. Derrière ses larges lunettes, de petits yeux, ouverts sur des pensées lointaines. On peut y lire la souffrance d'un passé qu'elle ne peut oublier. D'un revers de la main, elle dégage son front d'une longue mèche qui gêne. Un geste qui demeure gracieux, malgré le temps qui est passé sur elle. Les agressions du temps ont sillonné ses joues et son front. De longues rides courent sur son visage. Un sourire figé qui ne trompe pas, accentue toute la tristesse qui l'habite.
Son corps décharné s'est habillé de sombre.
Elle s'est emparé d'un stylo pour des mots aligner sur une petite feuille. De quoi occupe-t-elle sa vie, depuis si longtemps en solitaire ? Elle ne semble plus s'inquiéter de ce qui l'entoure. L'histoire de ce monde n'est sans doute plus son problème.  Comment peut-on reprocher à la vieille dame ce réflexe, alors que nous l'avons abandonné à sa solitude ?
Elle possède la beauté intérieure, restée impregnée sur les traits de son visage.
D'elle j'ai voulu m'approcher, pour son age cueillir. Elle avait presque oublié ses 79 ans. Non ! je crois bien que je l'ai un peu effrayée. Depuis si longtemps dans sa vie remplie de silences, mon geste amical a du la surprendre. Sa confiance, depuis tant de temps sur les routes du quotidien, elle a perdu.
Petite dame fragile, aux gestes délicats, vous m'avez touchée...
Votre départ précipité me permet de mesurer votre grande souffrance. Elle n'est pas timide... non, seulement sur ses gardes devant l'inconnu. Depuis trop longtemps plus personne ne s'est inquiété de son sort. Comment peut-elle imaginer que cela pourrait changer, là, tout de suite ?
Son regard sur les choses et les gens, c'est en elle même qu'elle va les chercher. Ses souvenirs s'imposent tout au long de ses journées. Elle a tout son temps... Elle ne craint plus rien. Ses pensées sont sans cesse alimentées par le monde qu'elle s'est construit au fil des années.
Elle s'est forgée une carapace protectrice.
Elle affiche une vieillesse paisible. Bien que possédant des tourments dissimulés. Elle est toute de pudeur rentrée.
Je l'ai laissée partir, car j'ai ressenti sa crainte d'être interrogée.
Etant une habituée de ce lieu public,  je sais que nous serons de nouveau amenées à nous rencontrer.
Et mon regard s'attardera encore une fois, sur la vieille dame qui parle avec son corps et son visage.
J'irais cueillir sur ses traits, le message de la vieillesse. Ne jamais oublier ces années qui se succèdent. Avoir l'oeil généreux pour ceux qui s'éloignent dans la vieillesse...
Pour ne pas partir dans la solitude que l'on n'a pas choisi.
La vieille dame on a oublié...
Sa barque s'est éloignée du rivage. Sans doute ne pourra-t-elle plus revenir. Et très vite, de nos pensées elle sera effacée.
Elle me rappelle que dans notre pays, c'est dans une maison de retraite qu'on l'y dépossera...
Par sonja - Publié dans : Le temps de la reflexion
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Lundi 19 mars 2007 1 19 /03 /Mars /2007 15:53

Cartable en main,
c'est en chanson que j'emprunte le chemin.
Deux kilomètres dans les mollets,
pour l'école rejoindre.
Des oiseaux plein la tête...
De la couleur plein les yeux...
Des rires plein le coeur...
C'est en classe que les règles commencent.
Avec prudence,
l'un des grands,
la bouteille d'encre soulève.
Le service fini,
c'est le plumier qui interrompt le silence.
Quelques coups de plume.
Une page blanche s'illumine.
Nos têtes,
sur elle se penchent.
Tandis qu'au tableau noir,
La craie arrache ses cris de désespoir.
Le cours vient de commencer.
C'est ici que fini la flânerie...

Par sonja - Publié dans : Atelier d'Ecriture
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Lundi 19 mars 2007 1 19 /03 /Mars /2007 15:42
Il y a de  bons souvenirs, oui ! Et ils se résument aux heures que je passais dans les deux seules matières qui avaient le privilège d'attirer mon attention.
Le cours de français était l'instant le plus attrayant à mes yeux. C'était l'heure où mon mental était mis à contribution, pour un voyage en mots et en phrases. Chemins de l'évasion. Le monde de l'imaginaire avait trouvé ses lettres de noblesse. Expression écrite, qui s'intallait facilement dans ses positions.
Les professeurs aimaient à me lire. Parfois ils en faisaient profiter la classe.
Mes rédactions étaient des permis de s'évader. J'étais souvent en errance. Ou bien dans un monde de rêve.
Le dessin et la peinture furent la découverte du plaisir des couleurs. Large éventail dans ce domaine. Les dégradés les plus doux ou les plus forts, s'installaient sur le papier dessin. Au grè de ma vision. J'aimais jouer avec les tons, les lignes, les formes et les mouvements... Je maniais le pinceau comme je maniais la plume, avec délectation. Ce cours chantait et s'animait devant mes yeux.
Au même titre que le français, il faisait les délices de mon esprit en éveil.
Les notes suivaient, et mes professeurs étaient satisfaits. Mais ma satisfaction personnelle allait au plaisir retiré de ces heures particulières. Des épousailles plaisantes, pour des découvertes uniques. Celle de savoir bien utiliser la matière première...
Les autres matières je les ai généreusement occultées.
Ma paresse était largement reconnue.
Par sonja - Publié dans : Atelier d'Ecriture
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Lundi 19 mars 2007 1 19 /03 /Mars /2007 15:15
Je ne parlais que l'espagnol et l'arabe. Deux langues apprises dès mes premiers pas.
L'une, au sein de ma famille.
L'autre, dans mon environnement. Le  Maroc.
L'école a démarrée pour moi, un peu tard dans l'apprentissage de ma troisième langue.
C'est à partir de mes sept ans que je me glisse dans le vêtement de l'écolière. Apprendre à lire et à compter fur relativement simple. Ma grande soif de curiosité m'a permis de progresser vers de nouvelles connaissances.
Mais c'est le français dans ses subtilités et la beauté de ses mots qui m'a conquise dès le cours moyen. Que de possibilités dans l'avancée de la belle lettre. J'ai vite saisi la richesse de cette langue, et me la suis appropriée. C'était cela ma porte ouverte aux nombreuses facettes. Régal absolu pour l'imaginaire, que de poser des fondations sur mes acquis en la matiére.
Mes notes étant une récompense, le français fut une belle perspective dans l'art de manier les mots.
Le français ma matière première et celle qui est restée ma préférée, durant tout mon parcours scolaire.
Rédactions, traitements de texte, reflexions sur mes lectures, des moyens délicieux qui ont fortement motivé mon mental.
Captive je l'ai été dès la première heure.
Captive je le suis restée pour toute la beauté qu'elle me permet d'exprimer, sur les choses et les gens...
Par sonja - Publié dans : Atelier d'Ecriture
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Lundi 19 mars 2007 1 19 /03 /Mars /2007 14:50

Voilà une objection que ne m'a jamais interpellée. J'avais le recul de ceux qui observaient en silence.
Le premier de la classe. Le dernier de la classe. Entendre parleur d'eux faisait partie du quotidien scolaire. Pour ces deux genres il y avait une certaine détestation. Ou bien de l'admiration.
Le cancre avait à la limite ses nombreux fans. C'était celui qui osait afficher sa tendance à refuser tout compromis intellectuel. Une sorte de jeu personnel. Une force dans le refus de s'alligner à la norme. A l'intellectuellement correct.
Dans les deux cas les avis étaient toujours partagés.
Même le premier avait un certain interêt pour ceux qui l'entourait. Par orgueil. Ou bien pour la recherche d'une aide dans les devoirs. Ce qui me faisait sourire. Où va se nicher notre vanité d'humain...
En tout les cas, cela faisait beaucoup parler. Même certains enseignants y allaient de leurs commentaires.
Pourquoi étaient-ils les vedettes de la classe ? Je ne l'ai jamais compris, je crois.
Ma préoccupation se situait dans ce que moi je pouvais être. Et ce n'est qu'aujourd'ui que je peux comprendre que j'ai une certaine valeur, moi aussi.
Que sont devenus  ces premiers de la classe ? Ou tous ces derniers ? Je l'ignore...
Mais ce qui est certain, c'est que de leurs choix de vie, leur place a subi des variantes.

Par sonja - Publié dans : Atelier d'Ecriture
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Lundi 19 mars 2007 1 19 /03 /Mars /2007 14:35
Mes deux premières années de classe furent suffisamment humiliantes, pour que j'éprouve une certaine détestation pour le corps enseignant.
A la maison j'avais appris la pudeur. Mais c'est en classe que j'ai découvert que la moralité des enseignants laissait à désirer. Eux qui étaient investis de règles et d'enseignements rigides, ils se permettaient le baissé de culottes pour distribuer la fessée. Aux filles à main nue. Au garçon, avec une fine baguette qui laissait des marques. Baguette traditionnelle qui faisait souffrir sciemment.
Etant tous réunis dans la même salle, depuis la plus petite classe, au CM2, l'humiliation n'en devenait que plus vive.
Violence gratuite et autorisée.
Qui aurait osé parler de sa douleur physique, quand moralement nous la subissions plus cinglante ?
Très peu d'entre nous se laissait aller aux larmes. Question d'honneur !
Le bonnet d'âne venait agrémenter parfois ces punitions d'un autre temps. Et le cahier accroché au dos venait parfaire le tableau, pour dénoncer le mauvais élève...
Ces enseignants malades, ne lésinaient pas non plus sur les coups de baguettes sur nos petits doigts fragiles.
Lorsqu'on nous tirait l'oreille on ressentait le goût amer de la douleur violente.
Nos visages rougissaient facilement. C'était nous qui avions honte de la situation vécue.
Humiliation.... Humiliation quand tu nous tiens...
Je me souviens de ce jour où une petite fille fit une tâche d'encre sur sa page blanche. Elle reçu une giffle magistrale. Cinq doigts sur sa joue meurtrie. Elle ne pleura même pas.
L'instituteur posa l'une de ses mains sur un coin de son pupitre, afin de prendre appui. Juste le temps de l'invective qui devait suivre... Elle eu une réaction qui traumatisa toute la classe. Elle enfonça profondemment sa plume dans la main de l'homme.
Je n'oublierais jamais le regard de haine de la petite fille...
Par sonja - Publié dans : Atelier d'Ecriture
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Lundi 19 mars 2007 1 19 /03 /Mars /2007 14:22

                  Le cours de récréation...

Prise de départ à l'école.
Pas du tout glorieux ce départ. La tendresse n'était pas au rendez-vous.
Des le CP, mes souvenirs de récréations sont peuplés de désagréments. Je n'étais pas timide. Je ne craignais pas plus, mes "camarades". Il n'empêche que les récréations sont à marquer à l'encre rouge. Négative approche.
Dès le premier jour on a éprouvé une vraie détestation à mon égard. Les brimades. Les bousculades. Celle à qui on tirait les cheveux, qu'on poussait dans les rangs, c'était moi !
Sortir pour la récréation était le suprême suplice. Comment expliquer cela au corps enseignant de l'époque, qui n'autorisait aucune possibilité d'expression ? Peut être aux parents ? Ils étaient partie prenante avec l'autorité enseignante.
Les préjugés avaient eux aussi une place prépondérante. Par contre, j'ai appris une chose essentielle lors de ces récréations un peu particulières... La course d'endurance. Pour échapper à ces petits tortionnaires, il fallait courir vite, et longtemps. Avec bien sur, une horde de joueurs derrière moi. Car ces joyeusetées, vues de loin, laissaient paraitre une forme d'amusement collectif..
Pourquoi ne pas se défendre alors ? J'ai essayé, parfois... Mais le nombre ne me donna jamais le choix. Et quand par hasard je faisais mal, en cas de défense, j'avais droit à un supplément de représailles. L'instituteur veillait à l'ordre établi. J'étais doublement punie.
J'ai tout de même retenu le côté positif de ces récréations... La meilleure en course d'endurance, c'était moi !
Merci aux cours de récréations !

Par sonja - Publié dans : Atelier d'Ecriture
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Lundi 19 mars 2007 1 19 /03 /Mars /2007 13:51

Quelques mois en atelier d'Ecriture avec Anne Poiré écrivaine passionnée et tendre...
Je vous livre la soirée qui traitait du thème "Ecole"... pour ce qui est de mes seuls textes, bien sur.
Une autre manière de s'amuser, pour le plaisir des mots et des phrases.
Mais aussi pour partager des pensées, des souvenirs... ou parfois des cauchemars.

                      C'était avant la rentrée...

Voilà plusieurs jours qu'à la maison il n'était question que de mon entrée à l'école. Mes parents faisaient état des bienfaits de la scolarisation. On me prédisait un bien être hors norme. L'école était l'étape obligée qui me permettrait de grandir. Le sens donné à l'idée m'échappait encore. Peu importe, il était évident que j'allais prendre des centimètres supplémentaires. On me répétait que cela m'ouvrirait bien des portes. De quelles portes s'agissait-il ? Qu'à cela ne tienne. L'objectif me semblait plaisant. Les enseignants avaient la gentillesse accrochée au coeur. C'était rassurant. Il y avait même la récompense : de nombreux camarades avec lesquels partager tout mes jeux de récréation. Mon imagination commençait à mettre des scenarios en place. J'avais le coeur léger. La cantine ajoutait sa nôte particulière. Ce serait le plus, qui allait améliorer notre quotidien alimentaire.
On m'a fait rêver l'école. On m'a fait espérer l'école. A ce mot magique mon impatience s'est faite vive.
Enfin, le jour tant attendu est arrivé.
Immense cour pour la petite que j'étais... c'est en son centre que je m'y suis retrouvée, avec ma mère. C'est elle qui m'accompagna à l'école.
L'école ! Un tout petit batiment, sans étage, et aux vitres grandes ouvertes. "Des camarades" jouent un peu partout, dans cette cour. Un petit groupe se positionne autour de nous. Ils ricannent, tout en se bousculants. Le directeur et enseignant vient à notre rencontre. Il use de sa voix pour éparpiller les grands, comme il les appelait.
Ce jour là j'ai éprouvé la plus belle trouille de ma vie.
A cet instant même, mon édifice si joyeusement élaboré, venait de s'effondre.
Par la suite, mes appréhensions au seul mot "Ecole", se sont avérées justes. Et justifiées !

 

 

Par sonja - Publié dans : Atelier d'Ecriture
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