Le mois d'avril est haut en couleurs lui aussi. Même si certaines régions drainent encore de la grisaille, il n'empêche que de jolies surprises nous attendent au detour des chemins...
Cette fois ci encore j'ai suivi l'accueillant reportage "Nature Sauvage", à travers leur carnet de saison. Je vous révèle donc leurs nombreux commentaires...
Une belle échappée du côté des régions volcaniques.
On nous rappelle qu'il faut savoir composer avec les volcans.
Que leur colère explose en nuées ardentes ou que leur coeur s'embrase en fleurs de feu, la vie attend. Et lorsque le sang de la Terre filant des bouches enflammées a figé, elle reprend ses
droits.
Le jardin secret...
Les sommets vocaniques des Petites Antilles réservent quelques surprises.
Qui a le courage de chatouiller la tête de ces géants assoupis y découvre un drôle de jardin qui ne regorge ni de parfums ni de couleurs. Les conditions de vie y sont rudes : il tombe plus de 10
mètres d'eau par an et la température peut descendre jusqu'à 8°C. Des végétaux se sont pourtant adaptés, formant une savane de haute montagne. D'un épais tapis de mousses et lycopodes émergent de
petites fleurs. Pointent aussi les longues tiges de l'ananas sauvage montagne, aux inflorescences en flammes. Dans l'incertitude de la brume, elles ressemblent à des lances forgées par Vulcain,
dressées en rempart contre les intrus.
Colibri...
Tel un ogre cuvant son rhum, la montagne Pelée roupille, la tête sur un coussin de nuages, depuis des années. Une éternité pour le feu follet bleuté qui s'agite sur les flancs du monstre. Papillon
? Non !
Ce sylphe au manteau brodé de turquoise et lapis-lazuli est un colibri à tête bleue. Une espèce endémique de la Martinique et la Dominique. Comme son hôte cyclopéen, l'oiseau-mouche alterne des
phases d'acitivté et de torpeur, mais le pas de temps est différent. Déjà plus de soixante-quinze ans que la montagne n'a pas éructé ses cendres. Le colibri lui, est pris de torpeur chaque nuit :
sa température diminue et son coeur ralentit. Il économise de l'énergie, qu'il dépensera ensuite dans la journée à papillonner de fleur en fleur.
Sur les traces du phaéton...
Présent dans les Petites Antilles et les îles Vierges, le phaéton à bec rouge, ou grand phaéton, est un oiseau pélagique. Des longues plumes caudales lui valent son autre nom de paille-en-queue. Il
se reproduit sur les îlots à substrat volcanique, dans de grands trous, des crevasses ou sous des blocs de pierre. Si l'entrée du site de nidification, située à même le sol, n'est généralement pas
facile à déceler, quelques traînées de fientes peuvent être un bon indice. Ces traces se retrouvent aussi sous des arbustes situés à proximité du nid que l'oiseau utilise comme reposoir
d'attente.
L'herbier...
Une fois refroidies en surface, les laves accueillent une multitude de micro-organismes. Prennent possession de ces lieux vierges lichens, mousses et fougères, dont les lycocpodes, genre réparti
dans les deux hémisphères, avec plus de 120 espèces répertoriées.
Lycopodium clavatum var. borbonicum, fougère indigène des îles de la Réunion et de Maurice, fait partie de ces plantes pionnières qui peuvent se développer sur des champs de laves ou de pierrailles
presque stériles, secs ou humides. Plante pérenne, elle est dotée d'une longue tige rampante où apparaissent les rameaux feuillés dressé, ramifiés en Y, avec des feuilles très étroites et courtes
et des épis sporangifères.
En France aussi nous avons nos volcans... et pas si loin de Roanne, la région de Clermont Ferrand est riche en autant de surprises...
Noir sur noir...
Quand le rougequeue noir, sur fond de basalte noir, lance son chant crissant du haut de la cathédrale de Saint-Flour, dans le Cantal il est amusant de penser que ce perchoir colossal lui a été
fourni par l'activité volcanique. La pierre sombre de l'austère édifice provient en effet de la planèze de Saint-Flour, plateau basaltique entaillé de vallées et correspondant à une coulée de lave
issue du massif volcanique du Cantal. Ces imposantes coulées, ont contribué à donner au paysage son caractère original. Autant dire que le basalte a eu le temps de refroidir avant que le rougequeue
n'y pose les pattes pour dominer la cité auvergnate !
La rupestre attitude...
La voilà, elle est là ! L"hirondelle de rocher est revenue de son méditerranéen séjour pour s'installer, entre autres, dans le sud du Massif Central. Elle nidifie notamment sur les falaises
basaltiques d'Arlempdes dans les gorges de l'Allier, où elle forme de petites colonies qui voisinent avec celles de sa cousine, la gracieuse hirondelle de fenêtre. Entre les épisodes de
construction du nid en boue, l'hirondelle de rocher monte et descend le long des parois ensoleillées, surfant littéralement sur les vagues d'air chaud pour pêcher le moucheron. Un véritable plaisir
des yeux que ces rondes d'arondes dans les cieux.
Les mouflets sont là...
Aujourd'hui, c'est la belle saison, l'ambiance est plus calme et prend des allures alpines lorsque fleurissent le trèfle des Alpes et la gentiane printanière. On croise même des marmottes et des
chamois, introduits par l'homme qui amena aussi un autre mammifère : le mouflon. Les premières mises bas ont lieu en avril. Quelques heures à peine après leur naissance, les petits ongulés,
couverts de laine, suivent déjà leurs mères.
Fleur de Pâques...
En Auvergne, cela fait belle lurette que l'oeil de braise des volcans ne pleure plus. Pourtant, quand au printemps éclosent les pulsatilles rouges, on croit voir, dans les prés et les landes,
perler des petites larmes de lave. Le coeur d'étamines dorées brûlant dans le calice pourpré des pétales veloutés donne à la belle renonculacée un je-ne-sais-quoi d'incandescent. Une flamboyance
qui n'a d'égal que la toxicité de la plante, surnommée "fleur de Pâques".
Dangereuse lorsqu'elle est fraiche, car, séchée, la larme florale a des vertus diurétiques et calmantes.
Un proverbe auvergnat dit :
"Quand le plomb du Cantal met son chapeau, le berger met son manteau".
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