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Mais il y a aussi l'autre face de la médaille. Celle plus derangeante. Les algeriens souffent du froid parfois. La plupart des habitations ne sont pas fournies en gaz. Ils subissent des coupures
d'eau. Elle est rarement courante, au robinet. Ici ou là, la misère est palpable. L'hygiène est un casse tête national. Pourtant, dans les foyers, les femmes sont d'une propreté exemplaire,
malgré des moyens réduits. Elles prennent soin de leur famille, de façon admirable. Individuellement, ces femmes, ces hommes apportent un changement à leur niveau. D'où l'importance de tenir
compte de l'aspect humain dans nos rapports avec le pays. Les personnes ne sont-elles pas plus importantes que tout ce qui peut ressortir de négatif de l'Algerie, ou de tous les pays où nous
seront accueillis ?
Il nous échappe sans doute une évidence de taille, sinon, le Parlement français n'aurait pas voté le 23 fevrier 2005, une loi qui reconnait le role positif de la colonisation. Il
suffit tout simplement de comparer l'Algerie d'avant 1830, avec celle laissée par la France en 1962...
Appronfondir ses informations est une obligation. (La nuit coloniale - R. Julliard, Paris)
L'Algerie était alors, un état avec ses limites géographiques actuelles qui remontent à 1515. Son commerce était développé. Il fut même évalué à dix millions or. Il exportait du blé, de l'orge,
du bétail, des chevaux, des tapis, des fruits et légumes. La langue officielle était l'arabe. Plus de deux mille écoles et cinq universités dispensaient l'enseignement. Le Général Valaze, en 1834
reconnait que presque tous les arabes savent lire et écrire.
Le savant De Paradis dira : "Alger donne son nom à toute la Régence. Elle est le siège du gouvernement et le centre des forces de l'état. Il n'a jamais existé d'Etat plus économe des Fonds
Publics que le gouvernement d'Alger. Le Trésor de l'Etat est ménagé avec un scrupule inconcevable". L'artisanat etait très avancé. Le Maréchal Bugeaud lui même écrira : "L'existence de cette
nation vigoureuse, si bien préparée pour la guerre, si supérieure à ce point de vue aux masses européennes que nous pourrions introduire dans le pays, nous impose l'obligation absolue d'établir
devant elle, à côté d'elle, la population la plus vigoureuse possible".
Les intellectuels de l'époque reconnaissent eux-mêmes, l'existence d'un Etat et d'une nation algeriens souverains, civilisés, organisés, développés et d'une grande personnalité. En 1794, le Dey
d'Alger va voler au secours des révolutionnaires français en les autorisant à s'approvisonner en Algerie. C'était au temps de Robespierre, l'année de la convention. L'Algerie va même au delà...
elle offre au Directoire un prêt sans intérêt, d'un million-or. L'Algerie est devenue le créancier de la France Thermidorienne, bonapartiste, puis royaliste.
La guerre finie, la Restauration refusa de payer sa dette. C'était en 1815. C'est en 1820, que la France commença ses préparatifs pour démarrer sa colonisation. Cela afin d'éviter de payer sa
dette à l'Algerie. Le remplacement d'un peuple par un autre peuple. La violence colonisatrice est ainsi devenue unique dans l'histoire de l'humanité. Celle-ci cautionnée à travers deux
déclarations, de deux pouvoirs. La première se situant au début de la colonisation, la seconde en 1954.
Voici celle de Bugeaud, mai 1844 : "Plus de cinquante beaux villages, batis en pierres et couvert de tuiles ont été pillés et détruits. Nos soldats y ont fait un butin considérable. Nous ne
pouvions songer, au milieu du combat, à couper les arbres. L'ouvrage d'ailleurs, serait au dessus de nos forces. Vingt mille hommes armés de haches ne couperaient pas, en six mois, les oliviers
et les figuiers qui couvrent le beau panorama que nous avons sous nos pieds".
Une terre inculte l'Algerie, lorsque la France est venue imposée son dicta ? Vraiment ?
Quand au maire de Constantine, en 1955, il s'est exclamé : "Ce qu'il nous faut ici, c'est une bonne Saint-Barthélémy." On peut noter l'état d'esprit du conquérant... l'extermination de l'algerien
par la Saint-Barthélémy. Violence qui concerne également la nature à travers les arbres. On pousse plus loin encore... des cimetières algeriens furent labourés.
L'Etat colonial est le prolongement de l'Etat précolonial qui considère la conquète, la guerre, l'extermination du vivant, les enfumages, les emmurements, les massacres, les génocides, les
pogroms et les viols, comme les pilliers fondamentaux de la consolidation et l'expansion de l'Etat, comme l'écrira encore le journal "El Watan".
On peut à juste titre reconnaitre que l'Etat colonial a montré une violence sans précédent, qui a marqué plus d'un siècle, l'histoire de l'Algerie. Si on ne prend que cet exemple.
Les meurtres collectifs, les internements, la déportation, les exils, les tortures physiques et morales, individuelles et collectives. Peine de mort extrajudiciaires, incarcérations, taxations
punitives, violences racistes, travail forcé sous les ordres de l'armée coloniale, et privation de nourriture appliquée à des populations entières jusqu'à ce que mort s'ensuive. Violences et
terreurs coloniales deviennent la norme. C'était une réalité physique. Pour terroriser la population encore plus, certains algeriens étaient dépecés. Tels les corps du Colonel Amirouche et du
Colonel Si Haouès.
L'état colonial était un état pénal. Les algeriens sont aussi des esclaves régis par les lois du racisme, de la sanction, de l'obeissance aux colons et aux autorités. Des offensives étaient
menées contre le peuple algerien. La démocratisation de la terreur et de la violence permet qu'elle se popularise. Ils ont formé des tribunaux spéciaux pour exterminer, et des dispositifs
opérationnels de protection pour torturer jusqu'à la mort. Des accusés étaient guillotinés, fusillés, pendus, démembrés, coulés dans du béton, jeté dans la mer, dans des puits, dans des fosses
communes, incendiés, et enfin envoyés dans l'univers qui leur est propre, comme des pierres, des décors, des objets inanimés de la nature.
P. Azan, un intellectuel de la colonisation disait :
"L'indigène n'est pas comparable au français, il n'a ni ses qualités morales, ni son instruction, ni sa religion, ni sa civilisation. L'erreur est généreuse et bien française : elle a été commise
par ceux qui ont rédigé la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, au lieu de rédiger plus modestement la Déclaration des droits du Citoyen français". (L'armée indigène nord africaine.
Ch. Lavauzelle et cie, Paris, 1925).
A. de Tocqueville disait : "Aux colons venus du vieux continent, la règle du droit, aux arabes et aux kabyles, ni égalité, ni libertés civiles, ni universaité de la loi, ni aujourd'hui, ni
demain" (Travail sur l'Algerie, oeuvres, Gallimard, Paris, 1991).
Deux bilans : - Le premier décrit une Algerie prospère et paisible.
- Le second montre des génocides, des massacres, des déportations, des
crimes contre l'humanité.
Plusieurs millions de morts, des millions d'analphabètes, des millions d'hectares confisqués aux algeriens, des destructions massives, la disparition d'un Etat. L'Etat algerien ! Quel est l'être
humain saint d'esprit, qui peut considérer cela comme une oeuvre positive ?
L'Etat algerien était déjà, avant 1830, un Etat prospère et riche.
Qu'a laissé la France en 1962 ?
Un pays ruiné, massacré, incendié, avec des millions de chomeurs, de malades...
En quarante trois ans, on peut reconnaitre aux algeriens ceci :
De 1962 à 2005, ils ont construits des milliers d'écoles. Des lycées et des universités. Des routes, une infrastructure industrielle importante, des aéroports, et deux grands projets que le monde
colonial n'a pas pu réaliser en 132 ans. Prêt de mille villages agricoles et le grand barrage vert pour stopper le désert.
Reste que si cela n'a pas été bien géré, c'est un autre problème. Mais au vu de tous les peuples décolonisés de la France, c'est un fait constaté dans bien d'autres pays.
Les richesses de l'Algerie et des algeriens ont permis la construction de ces infrastructures. Ensuite, celles ci furent construites pour les colons et l'armée coloniale, et non pour les
algeriens.
La France officielle serait-elle tenace sous le rapport de la mauvaise foi, vis à vis de l'Algerie, et les peuples colonisés d'Afrique et des Antilles ?
Auncun doute n'est permis sur cette période reculée. Voici encore un discours officiel qui en dit long.
Ministe français des colonies A. Sarrault a prononcé ce qui suit en novembre 1923, à l'ouverture des cours de l'école coloniale : "Ne rusons pas. Ne trichons pas. A quoi bon farder la vérité ? La
colonisation au début, n'a pas été un acte de civilisation. Elle est un acte de force, de force intéressée. C'est un épisiode du combat pour la vie, de la grande concurrence vitale, qui, des
hommes au groupes, des groupes aux nations, est allée se proprageant à travers le vaste monde. La colonisatioin à ses origines n'est qu'un entreprise d'interêt personnel, unilatéral, égoïste
accomplie par le plus fort sur le plus faible. Telle est la réalité". (A. Sarrault, Edition du Journal, la presse coloniale, Paris - page 8).
Heureusement, il y a aussi, cette jolie France qui porte cette jeunesse et parfois les anciens, qui n'hésitent pas à lancer un pont entre les deux rives. Ils possèdent cette rage du désir de
l'amitié universelle. Hors caméras, hors politique.
A quand le véritable débat sur toutes les convictions cachées ? Rien n'est plus déroutant que le positivement acceptable. Positivité est le mot le plus employé en France depuis quelques années. A
la manière d'une arme dissuasive que l'on brandit ? Le negatif peut-il devenir positif, en y plantant le drapeau de la conviction dirigée ?
Et si on renouvelait un peu nos esprits de français et regardions au delà de notre petite personne ?
Quand aux médias, à reconsiderer leurs prises de positions dans la désinformation massive.
Le pouvoir dans le pouvoir ... le journalisme a-t-il vraiment perdu de toute sa valeur initiale ?
L'Algerie est un pays où l'interrogation est une réalité quotidienne, mais qui ne laisse rien paraitre. Il y a comme une certaine méfiance, vite levée, à condition d'être pourvoyeur
d'amitié et d'intérêt sincère, pour l'individu. Ce fut mon impression.
Il fait bon vivre en Algerie, lorsqu'on peut disposer d'un minimum vital et savoir s'en accomoder.
Mais cela, ils l'ont appris. Ce qui n'enlève pas chez certains, ce désir de vouloir changer leur situation. Ce qui peut être légitime. Le mal vivre de l'individu est en rapport avec son
environnement. Celui qui lui est proche tout d'abord. Puis par extension, celui qui caractérise certaines anomalies générées par le pouvoir administratif. Le chomage peut egalement enlever une
partie de la liberté individuelle. Ce manque d'autonomie est legitimement mal perçu. Ce qui peut pousser certains à desirer la fuite, vers un ailleurs meilleur.
Pour l'étranger, celui qui ne fera que passer en Algerie, son argent sera sa protection.
Comment pourrait il dès lors, imaginer certaines situations données ? Le touriste va demeurer dans un contexte qui ne lui montrera que ce qu'il voudra bien regarder. Même la misère et le manque
d'hygiène de certains quartiers, il l'analysera selon sa propre vision des choses. Car l'oeil ne peut renvoyer que ce qu'il photographie exterieurement. D'où le fossé de l'incompréhension si on
juge sur l'impression première. Comment pourrait-on comprendre dès lors, le manque d'eau journalier dans certains secteurs des villes ? Ce précieux approvisionnement est le résultat de
nombreux facteurs. Que l'un d'eux vienne à manquer, et cela occasionnera un problème sérieux pour les familles qui en sont privées.
L'irréel étant que malgré cela, les femmes algeriennes font tout leur possible afin de maintenir la propreté de leur intérieur. Ainsi que de toute celle de la famille. Un défi journalier qu'elles
relèvent, et un but qu'elles parviennent à atteindre. Une véritable gageure devant ce combat de tous les jours. Ces mères courages sont très bien placées pour en parler.
Quand à la propreté des rues, c'est l'affaire de tous, mais la priorité dans ce domaine, revient avant tout aux autorités gouvernementales. Mais là, on ne peut pas dire qu'il y a précipitation.
Et il y en aurait des choses à faire, qui relève de la responsabilité de l'Etat. Economiser sur l'hygiène ou ne pas en tenir compte, est préjudiciable à tous les niveaux.
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