Mon rêve

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Lundi 21 mai 2007

Ses tableaux éclatants,
le printemps commence à installer.
De ses caresses prolongées,
le soleil les rend plus lumineux.
De verts tendres les collines se sont vêtues.
Des grands arbres le pollen se détache.
Le vent l'emporte vigoureusement,
au delà des villes et des vallons.
Les oiseaux suivent parfois le mouvement.
Un parfum d'ambiance vanillé semble flotter.
Une petite maison...
le lilas blanc affiche les limites du jardin.
Une rampe près du perron invite l'ami.
Le gazon entoure joliment l'espace qu'elle occupe.
Son immobilité suggère le calme.
Au delà du toit l'oeil s'oriente,
pour d'autres couleurs surprendre.
Sur l'azur généreux,
une écharpe de nuages file.
Fascinant espace qui dévore tout ceux qui empruntent ses routes.

La clairière s'échappe dans le lointain
Des chemins escarpés grimpent au delà du pré.
Le sous bois cache la fraicheur de son temperament.
Un ruisseau chanteur,
mon oreille a capté.
Séduisant mouvement de l'herbe haute.
Vagues impressionnantes qui avancent en houles.

Eclatant parfum du lys qui enivre.
Bourdonnement des insectes qui se rassasient de nectar.
Savourer les paysages qui defilent gracieusement.
Porter en soi la gaité du printemps,
et ne plus la decrocher,
pour de nombreux sourires distribuer...

(A Roanne le 2 mai 2006)

par sonja publié dans : Prose poétique
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Lundi 21 mai 2007

Avez-vous remarqué ?
Des palettes de couleurs,
en dégradées,
s'écoulent en douceur.
Des arc-en-ciel tendres chantent,
dès l'automne venu.

Le blanc,
de son manteau lumineux,
couvre les formes.
C'est l'hiver qui vient de s'inviter.

Les tons les plus delicats, legers,
s'étalent abondemment,
dans la variété du printemps revenu.

Harmonie, beauté, grâce,
voyagent au grè des saisons.
Formes et mouvements sont dans l'air du temps.
La flore et la faune,
sont un agrément pour l'oeil et le coeur.
Une rivière qui s'amuse,
sinueuse  s'est faite.
Et ainsi,
son fleuve rejoindre.
La ligne d'une montagne qui prolonge un tableau.
Des arbres qui couronnent la rive.
Des vallées qui sautent les paysages.
Les mers et les océans,
mystérieuses puissances,
les terres les plus éloignées tiennent captives.
Des oiseaux decolent,
se mélangent, se saluent.
Leur grand voyage ont entrepris.
Les frontières  n'ont pas reconu.

Notre planéte nous parle de diversité.
une mélodie de notes et de couleurs a composé.
Les différences accueille.
Sa générosité a pour nom "harmonie".
Un secret elle nous révèle :
Il se nomme "tendresse" !

Pourquoi l'homme n'a-t-il pas médité sur elle ?
Pourquoi des frontières ?
Pourquoi les préjugés ?
Pourquoi la différence rejeter ?
Pourquoi la couleur refuser ?
Pourquoi des formes rire ?
Pourquoi la beauté interieure ne pas capter ?
Pourquoi avec nos yeux,
des baisers distribuer ?

Pourquoi tous les traités ne pas jeter,
pour une amitié spontanée créer ?

Quelle est la plus belle des couleurs ?

N'est ce pas celle de l'arc-en-ciel,
puisque l'unité elle a appris ?

(A Roanne le 28 avril 2006)

par sonja publié dans : Prose poétique
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Lundi 21 mai 2007

Limpide est son regard.
Une attention particulière,
sa beauté fragile a réclamé.
Entre les mains d'adultes,
son avenir réside.
Il est en attente d'amour.
A la tendresse,
son petit coeur ne résiste.
En retour il sait donner.
Sa confiance,
à son sourire est suspendue.
Une chaine délicate,
autour de la terre ils forment.
Pourtant,
leurs vies on a bouleversé.
Leur esprit on a pillé

Partout dans le monde,
un enfant pleure !

Leur enfance on a volé.
Trop petits pour comprendre.
Assez grands,
pour la souffrance ressentir.
Ceux qui doivent les protéger,
de leur vie,
un enfer ils ont fait.
On les a condamnés à mort.
Leurs bombes,
sur leurs têtes ils ont laché.
Ailleurs on les a affamé.

Partout dans le monde,
un enfant pleure !

Le droit de s'exprimer leur est refusé.
Dans un tribunal,
à sièger ils ne sont pas autorisés.
Leur innocence,
les adultes ont volé.
Leurs regards se sont assombris.

De la douceur ils ont réclamé.
C'est de bombes que vous leur parlez.
De justice ils sont affamés.
C'est de désordre que vous les nourrissez.

Vous les censeurs !
Vous les hommes politiques !
Vous les Présidents !
Tous les enfants du monde,
de mauvais gestionnaires vous accusent !

Vous continuez de les tromper.
De les violenter.
De les priver de leur enfance.
D'éprouver de la haine pour eux.

Partout dans le monde,
un enfant pleure !

Le soleil se lève.
Le soleil se couche.
Des centaines d'enfants viennent de disparaitre.
La paix est au bout de vos canons.
Les enfants vous n'avez pas aimé.
Dans vos traité de paix,
d'eux vous ne faites mention.

Pourtant,
Ce sont eux qui savent construire,
de leurs petites mains,
un monde où toutes les violences n'existent pas.
Des leçons d'humilité,
à vous donner ils sont disposés.

Partout dans le monde,
un enfant pleure !

Et c'est volontairement,
que d'amour vous les privez !

(A Roanne le 27 avril 2006)

par sonja publié dans : Prose poétique
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Lundi 21 mai 2007

La ville est dans le gris.
Elle a l'âme crépusculaire.
Elle ne sourit plus.
Deserte elle est devenue.
L'heure n'est pourtant pas matinale.

Ce n'est qu'un dimanche...
Ses habitants sont encore en chemise de nuit.
Le soleil s'est voilé la face.
Le ciel s'est vêtu de son manteau couleurs automne.
De minuscules gouttes de pluie touchent les rues.
Les trottoirs n'accueillent que le rare courageux.
Pas une seconde de sa journée il ne veut perdre.

Où sont passées les voitures ?
Et ces chiens qu'on a oublié de sortir ?
Où sont les couleurs de la ville ?
Hier encore elles illuminaient.
De rayonnante,
timide tu es devenue.
Ton charme demeure.
C'est dans le silence que j'aime le cueillir.
Je me suis posée,
pour les premiers passants surprendre.
Depuis mon siège les observer.

Instants généreux.
Avec la pointe de mon stylo,
sur une page blanche,
mon plaisir d'observer je déposerais.
Balade sur les rives de l'imagination.
Une plongée sans bouée,
dans la mer de mes souvenirs.

L'ennui n'est pas encore au rendez-vous.
Je vous abandonne,
mon masque et mon tuba m'attendent.
Au plaisir de vous rencontrer,
dans les profondeurs de vos pensées !

(A Roanne le 9 avril 2006)

par sonja publié dans : Prose poétique
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Lundi 21 mai 2007

Il me suit depuis de nombreuses années.
Je m'en sers très régulièrement.
Il est mon compagnon préféré.
Je ne l'oublie jamais.
Parfois,
il m'arrive de le prêter.
Il me permet de noter mes rendez vous.
Mes amies retrouvent sa trace,
régulièrement,
sur une carte ou une page blanche.
Il me permet de me défouler,
de sourire,
de faire courir ma colère.
Il m'aide à fabriquer de longs discours.
Je lui fait dire mes pensées les plus profondes.
J'ai du mal à m'en séparer.
D'ailleurs,
je ne vous l'offrirais jamais.
Et si vous oubliez de me le rendre,
je vous le réclamerais.
Je ne saurais m'en passer...

(A Roanne le 27 mars 2006)

par sonja publié dans : Prose poétique
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Lundi 21 mai 2007

Un voile s'est posé sur les Babords.
Dentelles qui n'ont pas de fin.
Ondulations délicates, aux pics parfois enneigés, dont la reflexion des rayons du soleil atteint l'oeil avide de beautés.
Le tracé de l'horizon au pied de cette chaine, exploite la différence des bleus.
Ciel, mer, montagnes, s'épousent en des dégradés lumineux.
Le lent chemin de la Mediterranée, en ce lieu privilégié, appelle à la douceur de l'esprit.
Au delà du port, les  bateaux au mouillage semblent vouloir emprisonner et emporter avec eux, les merveilles qui les environnent.
Le recul que s'imposent ces navires leur est profitable.
Depuis leurs positions, Bejaïa la merveilleuse doit leur apparaitre dans toute sa plénitude silencieuse.
Les petites barques de pêcheurs semblent jouer avec le diamant de l'eau, tout en laissant derrière elles, un route mousseuse. Des tracés comme on en voit parfois, dans l'immensité céleste.
Le mouvement léger de la grande bleue est une invitation à la paresse. Ces grands bateaux donnent une impression de pause-bronzage...
Les mouettes suivent leur instinct de navigateurs, au dessus de la côte escarpée de Bejaïa. Plongées impressionnantes dans le vide, et glissements délicats sur le frottement de l'air.
Leurs grandes ailes déployées leur donne le sentiment d'une vraie puissance. Maîtres incontestés de l'espace, ils sont aussi le paysage quotidien de Bejaïa la magnifique. Et si pigeon il y a, leur grâce est surpassée par notre grand oiseau.
Le port a la démarche du promeneur. Il avance au ralenti. Noyer son regard dans un tel cadre, signifie se laisser emporter par le temps et l'espace.

Il faut une bonne dose de courage pour arriver à quitter un tel lieu...
en avez-vous conscience, gens de Bejaïa ?
Petit est mon courage, contre ma volonté, partir d'ici sera une déchirure.

(A Bejaïa le 23 decembre 2005)

par sonja publié dans : Regards
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Dimanche 20 mai 2007

                                                                  - 11 -
Au fil de la discussion avec ma voisine la plus proche, elle me propose l'adresse de sa famille résendent en Algerie. Une invitation à prendre contact avec celle ci, lors de mon prochain passage à Bejaïa.
Deux heures se sont écoulées, et pas d'avion à l'horizon. Les langues sont fort occupées. Les messieurs étant en plus grand nombre, les voilà les plus bavards. Ils semblent intarissables, si j'ose les comparer au babillage des femmes. L'heure de l'assoupissement plane au dessus de certains d'entre nous. Le repas nous a été servi dans cette salle, alors, la sieste a suivi.
Et dehors, c'est le soleil, dans toute sa splendeur.
Je peux apercevoir une tranche de la chaine des Babords, mais son enneigement se traduit par de la beauté rare. Même à cette distance elle m'attire. Plus proche, autour de l'aéroport, d'autres montagnes se chevauchent. Verdoyantes vagues prisent d'assaut par des chemins buccoliques sinueux.  Une très forte envie de gambader plane sur mon esprit. Une légère brise soulève feuillage et arbustes...
La fatigue commence à se lire, et à se deviner sur les visages. Quelques personnes essaient de ronger leur frein. Difficile gymnastique pour certains, que cette maitrise de soi. Ceux la vivent ils plus à l'heure de la France  ? J'en souris...
Des aller et retour se font dans cette salle. L'impatience intérieure se fait sentir pour ceux là. Ils ont oublié d'alimenter leur mental... ou bien ne savent-ils plus !
Les uns tiennent des discours sérieux. Les autres, ont installé une certaine légèreté en eux.
Les hommes d'affaire français jouent du portable.
Et l'attente se poursuit, au creux d'une animation sereine. Des impatiences silencieuses pour une attente manifestée, un trait d'union entre nous tous. Puis le grand debat est lancé : seize heures et l'avion affiche absent. Serait-il en cours de fabrication ?
Le coin buvette est régulièrement visité. Regards vides, souriant ou débonnaires. Dans tous les cas, la fatigue s'impose d'elle-même. Voilà déjà six heures que nous attendons cet heureux envol. Desespérer serait l'inutile dépense d'énergie, pour une situation qu'on ne peut maitriser.
L'arrivée de l'avion est à chaque fois reculée. A seize trente on vient nous annoncer une estimation de l'heure de notre moyen de transport. Ce sera pour six huit heures.
La tension monte un peu. Des futurs passagers stoïques se réveillent de leur assoupissement.

Le soleil ne va plus tarder à se cacher derrière les montagnes qui se dressent face à l'aéroport.
Un papi, l'oeil pétillant ne cesse d'aller de chaises en chaises pour converser avec plus d'un. Il met de l'animation et tire bien des sourires.
Le ballet des portables n'a pas cessé. On averti ses familiers, à l'autre bout, des inconvénients de l'attente prolongée. Plus le temps court, plus une vitesse croisière  semble s'installer.
Quand à l'administration de l'aéroport, elle ne semble pas se soucier du sort des passagers que nous sommes. Comme partout en Algerie, l'administration laisser couler son sablier, et donne le pas au peuple algerien... je m'y coule avec un certain plaisir. Allez savoir pourquoi.
Nous sommes des passagers sans ailes. On vient enfin nous annoncer que notre avion était en panne. Vraiment ? Pas de desespérance, nous allons tout de même sortir d'ici. Nous avons été les otages du sourire... Toutefois, notre longue attente ne s'interrompra que dans deux heures seulement.

Après avoir touché de prêt à l'Algerie d'aujourd'hui, comment ne pas éprouver une nostalgique envie d'y retourner ?
Seize mois déjà que je suis de retour en France, à errer sur les chemins de mes pensées. A m'interroger sur ces préjugés qui ont les dents longues.

Bien sur que l'Algerie souffre de différents maux.
Faisons l'effort à notre tour, de lever les apprioris et posons l'edifice de tout ce qui est positivement bon. Ne pas s'engager dans cette voie, serait révéler nos propres faiblesses d'occidentaux. Aller vers l'autre pour une véritable diversité. Un contact où toutes les valeurs sont le piment de la différence. A trop vouloir changer la personnalité cachée des gens on en arrive à les isoler dans leur culture. La richesse a rendez-vous dans toutes les cultures.
A trop rechercher l'erreur on peut la fabriquer. Alors, sin nous voulons fabriquer, fabriquons donc avec les braves gens. Puis construisons, edifions, consolidons...
Une confiance sincère et une reconnaissance de nos propres erreurs peut changer la donne avec nos voisins. Le mal vivre vient parfois de cette incompréhension réciproque. En Algerie on ne demande qu'une seule chose, que l'on arrive à descendre de notre hauteur.
La diversité n'habite-t-elle pas ches nous aussi ?
Nous sommes riches d'une culture que les algeriens recherchent. Soyons généreux en faisant réellement connaissance avec la leur.
Quand aux touristes, venez, et laissez vous aller en observant les habitants de ce pays magnifique. Ne gardez pas vos distances avec eux. Que votre tourisme ne se fasse pas qu'entre vous, et en des lieux où vous aurez peu l'occasion de voir l'Algerie telle qu'elle est. Avec ses defauts certes, mais à côté de cele, avec de si nombreuses qualités.
L'Algerie est touchante, tendre. Avec un humour qui risque de vous etonner.
Le Maghreb est un endroit magique. C'est une culture étonnante, qui pousse à l'action, tant elle est porteuse.
Merveilleuse Algerie qui a su s'imposer dans ma mémoire.
A travers son cadre lumineux et grandiose tout d'abord. La beauté se projette à l'intérieur des ses paysages variés.
Mais ses habitants sont la parure tendre, courageuse et généreuse...

N'ajoutons rien d'autre. Laissons l'Algerie en l'état. Elle nous invite à en decouvrir beaucoup plus.

Pour une aventure unique, de l'autre côté de la Mediterranée, laissez-vous porter !

                                                                Algerie decembre 2005 et janvier 2006

par sonja publié dans : Voyages
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Dimanche 20 mai 2007

                                                                  - 10 -
Dans mes bagages, il a fallu que je passe de la place pour les souvenirs, ainsi que pour les cadeaux. Et de toutes sortes. Précieux sont-ils pour la  beauté du geste. D'une valeur inestimable. Des familles modestes, des personnes qui le sont tout autant. Ils m'ont donné spontanément, avec leur coeur. C'est un pays, des gens, des êtres, qui ne savaent recevoir sans offrir.
En France, on arrive chez nos amis avec un petit quelque chose. En Algerie, on fait une visite à ses amis et ce sont eux qui offrent un présent. On ne saurait les quitter sans accepter leur geste. C'est une obligation morale !
Pouvez-vous imaginer que même lorsque vous faite une connaissance dans la rue, en apprenant que vous repartez dans votre pays, on se dépêche d'aller vous chercher un cadeau ?
Visiter l'Université de Bejaïa, m'en a valu quelques uns également.
Mon amie psychologue, que j'ai du quitter rapidement, a cherché dans ses tiroirs quelque chose à m'offir. Et je venais à peine de faire sa connaissance. Cela m'a énormement touché.
Rentrer en France avec deux boites de gateaux, fabriqués par des femmes pleines de sentiments généreux, pour l'étrangère qu'elles ont adopté. Et l'image n'est pas trop forte...
Sans compter les robes et autres gâteries locales.

Dernier jour en Algerie !
Café le Richelieu, bien sur.
La jeunesse y a pris place, comme d'habitude. Je me complais dans cette ambiance. Elle me porte. Je me laisse baigner par cet environnement. Je devrais faire jouer ma mémoire pour continuer de goûter à tout ce qui fait les délices de ce que j'ai vécu ici. De quoi me sentir accompagnée, durant de nombreux mois.
Bejaïa et son port seront une constante dans mes souvenirs. Sans oublier toutes ces personnes adorables qu'il m'a été donné de rencontrer ici et ailleurs. Le tourisme que j'ai voulu est devenu la richesse d'un quotidien glané un peu partout.
J'ai rencontré des gens fabuleux. Le rire fut de tous les rendez vous, même ceux que je n'avais pas sollicité. L'Algerie est un vivier d'individus riches en sentiments, en générosité... Leur humour est communicatif. L'algerien ne laisse pas indifférent ! On se sent automatiquement attirés par la magie de leur comportement. Les observer devient un régal pour l'oeil qui les suit. Si passer des vacances dans des lieux touristiques aseptisés est idéalement paradisiaques, s'installer au coeur même de l'habitant, cela donne une tout autre dimension à la beauté du séjour.
Les paysages algeriens sont de toute beauté, mais l'habitant lui, il reflète une facette de cette beauté qui impressionne. Se laisser porter par cette ambiance algerienne, ne peut que donner le plaisir du contentement et la satisfaction de s'être autorisé une démarche sans doute hors norme. Mais qui a dit que les chemins battus étaient les plus attirants ?
On peut facilement imaginer les globe-trotters d'antan. Leurs voyages découvertes étaient de vraies aventures. je ne doute pas qu'ils aient pu goûter à un bonheur complet. Cela, malgré les difficultés rencontrées.
Le positif et le négatif se trouvant souvent embarqués sur le même navire, il n'est pas non plus négligeable d'avoir l'oeil fixé sur l'aspect positif d'une situation. Le positionner dans nos priorités. Ce ne sera qu'à cette condition qu'on arrivera à tier un meilleur parti d'échanges qui donnent la jouissance du durable. Même après avoir quitté le pays qui accueille...
Garder cela à l'esprit est le meilleur des laisser-passer jusqu'au coeur des individus.
Conclusion ? Il n'y a pas de conclusion ! L'Algerie est une porte ouverte. Je la franchirais de nouveau.

Me voilà donc à l'aéroport de Bejaïa, en ce mercredi 25 janvier 2006. Grandre est ma tristesse. Pour la contenir, je vais m'amuser à ce que je sais le mieux faire... écrire le temps qui passe.
Me voilà donc seule avec mes propres pensées dans la salle d'embarquement. Deux heures à errer dans ma tête. Deux heures d'attente avant le vol pour la France. Je me sens comme quelqu'un qui a été privée d'énergie. Cette solitude nouvelle est pesante. Pas sympa ce retour.
Il m'enlève une bonne part de toute cette joie emmagasinée durant mes cinquante quatre journées sur le sol algerien. Mon esprit se refuse à ce départ.
Le visage de l'Algerie semble déjà appartenir à un autre temps. Il me faudra quelques semaines de réadapation en France.
Tous ces algeriens dans cette salle d'attente, pour ce voyage en commun, me sont familiers et tellement amicaux. Je me sens un peu consolée de mon angoisse. Reviendrais je un jour ? Le pourrais je même ?
Derangeantes frontières qui n'ont que faire des sentiments. Je n'arrive pas à me résoudre à cette obligation du départ. Du retour.  Mais garder cette rage de vouloir écrire tout ce qui a jalonné mmon parcours algerien, fera office d'une certaine consolation. Ce sera comme faire un second vvoyage en peu de temps. J'ai glané la matière première, me voici engagée à développer et à peaufiner mon sujet. Un regard plus vrai sur l'Algerie... Ils n'en demandent pas plus nos voisins.

Il semblerait que notre avion ai pris du retard. Le bruit qui coure nous dit que le décollage aura lieu entre 15 h/15h 30. Une halte obligée que j'aurais aimé hors cette salle d'attente, afin de m'imprégner encore un peu, du parfum et des couleurs de l'Algerie. L'attente qui ne semble jamais deranger de ce coté ci de la Mediterranée. L'Algerie et ses contradictions. Un long fleuve tranquile. Le flegme algerien ?
C'est le brouhaha amplifié qui permet à ce retard inattendu pour moi, qui le rend moins pénible. L'Algerien trouve toujours matièe à s'occuper. Ce n'est jamais un problème.
Le Directeur de l'aéroport n'a pas jugé opportun de nous tenir au courant du retard. C'est ainsi que l'on doit accepter le pays. Joies et imprévus se confondant. Les désagréments se satisfont des imprévus, et nous, du temps qui fuit. Un simple accord tacite. On peut appeler cela des pauses souriantes. En l'occurence elles nous permettent de minimiser nos propres soucis.
L'impératif qui nous apprend à ne pas faire monter la tension ou la pression, inutilement. Se sentir frustré ou offusqué ici, cela est un plus qu'on ne peut s'autoriser.
L'observation des constantes, pour qui veut s'autoriser la liberté de cueillir tout ce qui donne matière à sourire. Et puisque rien n'est figé dans l'instant présent, je peux à loisir, surprendre mon entourage dans son ses temperaments cachés.

                                                                                         ... / ...

par sonja publié dans : Voyages
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Dimanche 20 mai 2007

                                                                  - 9 -
Pour mieux comprendre le fonctionnement de la société algerienne, il suffit de s'intégrer dans le cadre familial. C'est ici qu'on peut se sentir bien plus interpellés. Sinon, on risque de se priver d'une réalité qui pourtant parle d'elle même.
Le tourisme ne devrait pas se projeter sur le seul profit. Les vacances à l'occidentale laissent peu de place aux échanges durables. Ne pas essayerde se laisser sensibiliser par les réalités du pays d'accueil, ce serait un peu comme si durant un temps, on promenait le regard du conquérant. Si on ne sait pas donner de son temps, ni prêter ses yeux à ce qui fait l'incontournable particularité du pays, avec ses paysages, mais aussi ses habitants, nous risqu'ons de passer à côté du coeur du pays. Effleurer ses cours ne sera pas suffisant...
La richesse des ses palais, la nature, et la  beauté de ses eaux vives, le peuple, échappent au touriste préssé de prendre.
Pourquoi devenir des consommateurs seulement ?
Peut-on percevoir avec clarté les merveilles manifestes de l'Océan, si on n'a pas aussi goûté à ses profondeurs ?
Imposons à notre regard les détails. Qu'ils soient négatifs ou positifs, le plus important est d'améliorer notre snes de l'observation et de l'analyse. L'approche sera différente. Les conflits s'installent à cause de démarches qui se contentent d'effleurer. Les malentendus se nourrissent  à l'école de la méconnaissance.¨Porte ouverte aux préjugés, de part et d'autre...
Sans pour autant donner dans la naïveté, on peut s'attacher à ce qui fait la force d'un pays. Cet aspect est bien plus porteur. Il nous permet une ouverture franche, généreuse, et surtout, apte à relever l'humour, l'insolite, le jeu des regards sur nous. Sans doute un pas vers l'amitié de passage, ou bien celle qui va durer...
Les enfants eux mêmes font parti d'un décor planté de merveilles souriantes, hautes en couleurs. Ils font le bonheur de l'oeil qui les regarde. La curiosité se mélangeant à la douceur du temps qui passe.
Ici, ils peuvent s'installer à une terrasse de café et commander une boisson. Prendre un repas dans un restaurant, se balader à plusieurs dans les rues de la ville. Ttout ces petits sont autonomes et audacieux.
L'audace de leur innocence.
La place Gueydon à Bejaïa est leur lieu de rencontres. Au même titre que celui des adultes. Se laisser guider par leurs jeux, c'est du bonheur mental. Leurs sourires sont à l'image de leur etat d'esprit. Les enfants apprenent très vite la liberté d'être.
La vie n'est pas aussi facile qu'on le croit, même si elle est abordée avec simplicité et courage. Le temps ici, ne se calcule pas de la même manière. Les mouvements d'humeur ne se posent pas non plus comme dans notre pays.
Ce qui pourrait irriter l'occidental, ici, cela tient d'une certaine phylosophie. Nos préoccupations d'européens n'ont pas leur place dans la société algerienne. Ce qui n'empêche pas les sujets de conversations sur leur réalité de vie de tous les jours.

Rire pour rire. En Algerie, pas besoin de thérapeutes pour l'école du rire. La rue fait office d'apprentissage. Les sourires ne sont pas rares. Ce sont les airs renfrognés qui le sont.
Le plaisir de profiter de l'instant qui passe. Avec juste ce qu'il faut d'insouciance.
L'assaisonnement qui donne du piquant aus couleurs locales.
J'aime cette Algerie qui donne de tout son coeur. Elle vibre, très fort, avec tous ceux qui se laissent bercer par sa magie.
Ce peuple a énormément souffert, mais il sait encore partager. Les craintes que l'on peut éprouver à son encontre sont injustifiées. Nous commençons à être en décalage.

Une autre invitation m'est proposée... celle de faire le tour de l'université de Bejaïa.
Me voilà donc partie pour le plaisir de partager d'autres connaissance et reconnaissances. Une simple approche au sein de l'Université.
C'est Aomar qui me sert de guide en ces lieux. Il élargit mes amitiés en me mettant en contact avec Souad qui a un poste clef au sein de l'Université. Une très belle femme, portant avec élégance le hijab. Son sourire éclatant irradie et s'impose. Un temperament volontaire et qui sait ce qu'elle veut. Caractéristique propre à toutes les femmes algeriennes que j'ai croisé, dans leur quotidien. Elle m'explique son travail et celui de ces collaborateurs. Elle me présente quelques collègues. Je lui parle du but de ma visite. Un peu sur la réserve au départ, elle n'hésite pas par la suite à répondre à mes questions. puis c'est avec Aomar que je suis conduite de batiments en batiments. Une structure aérée et bien agencée, et qui ne perd rien de sa superbe.
L'architecture colle bien au paysage. C'était les vacances, je n'ai donc pas pu penêtrer dans un amphithèatre. La bibliothèque spacieuse, éclarée, portant ordinnateurs, manque encore de livres, mais on peut déjà y truver l'essentiel pour les besoins des étudiants.
N'ayant pas eu le temps de m'y attarder, des éléments me manquent encore pour apporter des précisions sur mon clin d'oeil universitaire.... J'aurais bien assisté à un cour, par esprit de curiosité, puisque toutes les portes furent ouvertes devant moi, mais le facteur temps fut mon ennemi. Je n'ai pas pu y retourner...
Je n'oublierais jamais le chaleureux acceuil de Souad.
Quelques jours plus tard je récidive. Quarante huit heures avant me m'envoler pour la France, c'est dans une école privée que je m'installe.
La I.S.I.M (Institut International de Management). Partenaire de l'Université du Quebec (UQAM) et de Paris pour PGSM (ex-EGS). Une préparation à des diplomes d'Etat de Technicien Supérieur en Sciences de Gestion, Management, Marketing. Finances et Comptabilité. Anglais des affaires. Ingénieur Commercial. Ingenieur en Informatique.
La directrice de cette école m'a permis d'assister à l'un des cours afin d'interpeller ma curiosité. La participation des étudiants, bien que timide au départ, m'a permis de mon fondre dans le suivi de leurs échanges avec leur professeur. Jeune professeur assez proche de ces jeunes gens, filles et garçons. On sent qu'il ne lui est pas difficile de ganer le respect de ceux ci. Quand au second cour ce fut la plus belle des perturbations. Si, dès qu'il a su que j'avais l'autorisation d'assister à son cour il a été un peu destabilisé, très vite ils s'est aligné sur l'ambiance générale. A mes questions pour tous, il fut le plus intarrissable. Et le plus drôle.
Ses étudiants ont semblé découvrir un autre professeur, sorti de sa réserve. Un humour en voltige. Je pense que j'ai laissé une classe avec un professeur qu'ils n'oublieront jamais...
Une heure de joyeux échanges où jeunes filles et jeunes hommes donnaient leur point de vue sur l'Algerie et la condition des femmes. Des regards pétillants. Ils m'ont raconté leur envie de produire, de se battre. Leur générosité était palpable. J'ai relevé une franchise totale. Ces jeunes gens, chacun dansl eurs idées et leurs pensées personnelles, se sont ouvert devant la poignée qu'ils étainet. Du rire sans retenue. Le professeur étant le maitre de jeu.
J'ai fait la connaissance de deux professeurs sympathiques, affables, au temperament different. Je suis venue apporter de la récréation et j'ai emporté dans mes bagages les sourires les plus gracieux. De la douceur de vivre. Et le souvenir d'une jeunesse e nmarche. Cette jeunesse qui ne criant pas de parles de ses besoins, de ses pôles d'interêts. De leur vision de l'Algerie. De leur rapport avec l'autre sexe.  De leurs angoisses, de leur avenir... une jeunesse qui ressemble tellement à celle universelle, où que nous allions, même si les cultures différent.
Je quitte mes jeunes, avec un pincement au coeur. Ils me manquent déjà.
Et une poésie pour ces jeunes gens...

      TOUT SIMPLEMENT
I
rresistible et drôle,
Noirs regards scrutateurs,
Sur le chemin de la pensée,
Intentionnellement vient de se poser.
Mille questions soulever.
Vingt trois étudiants ils étaient.
Pour plus d'une heure se régaler.
Auprès de leurs professeurs ils ont composé,
le plus beau des bouquets,
aux couleurs de l'amitié.
A un cour il m'a été donné d'assister,
mais le second,
un peu saboté...
La beauté de cette jeunesse,
C'est leur appetit de decouvrir,
et la vie vouloir croquer?
pour un peu me faire chavirer.
Leur accueil,
de générosité s'est paré,
pour les délices de l'échange organisé.
Votre richesse,
avec vos mains vous la dispensez,
mais c'est avec votre coeur que vous etreignez.
Lorsque de votre temps,
à l'étranger vous donnez,
ce n'est jamais à moitié.
A la manière d'une pierre précieuse,
votre hospitalité,
sur un écrin de velouss,
vous venez de déposer.
Votre humour,
avec moi vous avez partagé.
A sa juste valeur j'ai apprécié.
Trop vite le temps s'en est allé.
Vous quitter je n'aurais dû,
car encore vous dire j'aurais voulu.
Une leçon de beauté vous m'avez donné.
Assurement,
jamais je ne pourrais vous oublier,
car sur ma route,
je vous ai rencontrésL
Merci pour ces moments,
qu'en offrande vous avez déposé,
devant la porte de l'amitié !

C'est la directrice de l'école qui me reçoit ensuite.
Une très belle femme aux grands yeux vifs, curieux, intéressés et qui appellent le respect. Le chemin parcouru, comme pour beaucoup de femmes en Algerie, s'accroche à cet objectif qu'elles ont voulu et qu'elles ont atteint. Le courage étant leur amie, et leur réussite, l'expression de leurs batailles. A tous les niveaux, ces femmes sont exceptionnelles. Son accueil chaleureux était à la mesure de sa simplicité. Elle m'a renseigné sur la marche de l'école. Elle m'a parlé des étudiants. Des professeurs et de tous ceux qui collaborent avec elle. Elle m'a aussi accordé tout le temps dont j'avais besoin.

J'ai également fait la connaissance d'une psychologue. Une femme pleine d'énergie, qui ne doit se tromper que rarement. Son analyse des autres s'avère juste. Tout ce que je peux dire c'est qu'elle a mené bien des guerres éprouvantes, mais qu'elle en a tiré de belles leçons de la vie. Qu'elle a su partager avec sa fille. Voilà deux personnes qui savent ce qu'elles veulent. Et qui composent avec la franchise d'être, et qui ne s'en laissent pas conter.
Les femmes algeriennes sont étonnantes !
Et je les aime !

                                                                                         ... / ...



par sonja publié dans : Voyages
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Samedi 12 mai 2007

                                                                  - 8 -
Mais il y a aussi l'autre face de la médaille. Celle plus derangeante. Les algeriens souffent du froid parfois. La plupart des habitations ne sont pas fournies en gaz. Ils subissent des coupures d'eau. Elle est rarement courante, au robinet. Ici ou là, la misère est palpable. L'hygiène est un casse tête national. Pourtant, dans les foyers, les femmes sont d'une propreté exemplaire, malgré des moyens réduits. Elles prennent soin de leur famille, de façon admirable. Individuellement, ces femmes, ces hommes apportent un changement à leur niveau. D'où l'importance de tenir compte de l'aspect humain dans nos rapports avec le pays. Les personnes ne sont-elles pas plus importantes que tout ce qui peut ressortir de négatif de l'Algerie, ou de tous les pays où nous seront accueillis ?

Il nous échappe sans doute une évidence de taille, sinon, le Parlement français n'aurait pas voté le 23 fevrier 2005, une loi qui reconnait le role positif de la colonisation. Il suffit tout simplement de comparer l'Algerie d'avant 1830, avec celle laissée par la France en 1962...
Appronfondir ses informations est une obligation. (La nuit coloniale - R. Julliard, Paris)
L'Algerie était alors, un état avec ses limites géographiques actuelles qui remontent à 1515. Son commerce était développé. Il fut même évalué à dix millions or. Il exportait du blé, de l'orge, du bétail, des chevaux, des tapis, des fruits et légumes. La langue officielle était l'arabe. Plus de deux mille écoles et cinq universités dispensaient l'enseignement. Le Général Valaze, en 1834 reconnait que presque tous les arabes savent lire et écrire.
Le savant De Paradis dira : "Alger donne son nom à toute la Régence. Elle est le siège du gouvernement et le centre des forces de l'état. Il n'a jamais existé d'Etat plus économe des Fonds Publics que le gouvernement d'Alger. Le Trésor de l'Etat est ménagé avec un scrupule inconcevable". L'artisanat etait très avancé. Le Maréchal Bugeaud lui même écrira : "L'existence de cette nation vigoureuse, si bien préparée pour la guerre, si supérieure à ce point de vue aux masses européennes que nous pourrions introduire dans le pays, nous impose l'obligation absolue d'établir devant elle, à côté d'elle, la population la plus vigoureuse possible".
Les intellectuels de l'époque reconnaissent eux-mêmes, l'existence d'un Etat et d'une nation algeriens souverains, civilisés, organisés, développés et d'une grande personnalité. En 1794, le Dey d'Alger va voler au secours des révolutionnaires français en les autorisant à s'approvisonner en Algerie. C'était au temps de Robespierre, l'année de la convention. L'Algerie va même au delà... elle offre au Directoire un prêt sans intérêt, d'un million-or. L'Algerie est devenue le créancier de la France Thermidorienne, bonapartiste, puis royaliste.
La guerre finie, la Restauration refusa de payer sa dette. C'était en 1815. C'est en 1820, que la France commença ses préparatifs pour démarrer sa colonisation. Cela afin d'éviter de payer sa dette à l'Algerie. Le remplacement d'un peuple par un autre peuple. La violence colonisatrice est ainsi devenue unique dans l'histoire de l'humanité. Celle-ci cautionnée à travers deux déclarations, de deux pouvoirs. La première se situant au début de la colonisation, la seconde en 1954.
Voici celle de Bugeaud, mai 1844 : "Plus de cinquante beaux villages, batis en pierres et couvert de tuiles ont été pillés et détruits. Nos soldats y ont fait un butin considérable. Nous ne pouvions songer, au milieu du combat, à couper les arbres. L'ouvrage d'ailleurs, serait au dessus de nos forces. Vingt mille hommes armés de haches ne couperaient pas, en six mois, les oliviers et les figuiers qui couvrent le beau panorama que nous avons sous nos pieds".
Une terre inculte l'Algerie, lorsque la France est venue imposée son dicta ? Vraiment ?
Quand au maire de Constantine, en 1955, il s'est exclamé : "Ce qu'il nous faut ici, c'est une bonne Saint-Barthélémy." On peut noter l'état d'esprit du conquérant... l'extermination de l'algerien par la Saint-Barthélémy. Violence qui concerne également la nature à travers les arbres. On pousse plus loin encore... des cimetières algeriens furent labourés.
L'Etat colonial est le prolongement de l'Etat précolonial qui considère la conquète, la guerre, l'extermination du vivant, les enfumages, les emmurements, les massacres, les génocides, les pogroms et les viols, comme les pilliers fondamentaux de la consolidation et l'expansion de l'Etat, comme l'écrira encore le journal "El Watan".
On peut à juste titre reconnaitre que l'Etat colonial a montré une violence sans précédent, qui a marqué plus d'un siècle, l'histoire de l'Algerie. Si on ne prend que cet exemple.
Les meurtres collectifs, les internements, la déportation, les exils, les tortures physiques et morales, individuelles et collectives. Peine de mort extrajudiciaires, incarcérations, taxations punitives, violences racistes, travail forcé sous les ordres de l'armée coloniale, et privation de nourriture appliquée à des populations entières jusqu'à ce que mort s'ensuive. Violences et terreurs coloniales deviennent la norme. C'était une réalité physique. Pour terroriser la population encore plus, certains algeriens étaient dépecés. Tels les corps du Colonel Amirouche et du Colonel Si Haouès.
L'état colonial était un état pénal. Les algeriens sont aussi des esclaves régis par les lois du racisme, de la sanction, de l'obeissance aux colons et aux autorités. Des offensives étaient menées contre le peuple algerien. La démocratisation de la terreur et de la violence permet qu'elle se popularise. Ils ont formé des tribunaux spéciaux pour exterminer, et des dispositifs opérationnels de protection pour torturer jusqu'à la mort. Des accusés étaient guillotinés, fusillés, pendus, démembrés, coulés dans du béton, jeté dans la mer, dans des puits, dans des fosses communes, incendiés, et enfin envoyés dans l'univers qui leur est propre, comme des pierres, des décors, des objets inanimés de la nature.
P. Azan, un intellectuel de la colonisation disait :
"L'indigène n'est pas comparable au français, il n'a ni ses qualités morales, ni son instruction, ni sa religion, ni sa civilisation. L'erreur est généreuse et bien française : elle a été commise par ceux qui ont rédigé la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, au lieu de rédiger plus modestement la Déclaration des droits du Citoyen français". (L'armée indigène nord africaine. Ch. Lavauzelle et cie, Paris, 1925).
A. de Tocqueville disait : "Aux colons venus du vieux continent, la règle du droit, aux arabes et aux kabyles, ni égalité, ni libertés civiles, ni universaité de la loi, ni aujourd'hui, ni demain" (Travail sur l'Algerie, oeuvres, Gallimard, Paris, 1991).
Deux bilans : - Le premier décrit une Algerie prospère et paisible.
                    - Le second montre des génocides, des massacres, des déportations, des
                      crimes contre l'humanité.
Plusieurs millions de morts, des millions d'analphabètes, des millions d'hectares confisqués aux algeriens, des destructions massives, la disparition d'un Etat. L'Etat algerien ! Quel est l'être humain saint d'esprit, qui peut considérer cela comme une oeuvre positive ?
L'Etat algerien était déjà, avant 1830, un Etat prospère et riche.
Qu'a laissé la France en 1962 ?
Un pays ruiné, massacré, incendié, avec des millions de chomeurs, de malades...
En quarante trois ans, on peut reconnaitre aux algeriens ceci :
De 1962 à 2005, ils ont construits des milliers d'écoles. Des lycées et des universités. Des routes, une infrastructure industrielle importante, des aéroports, et deux grands projets que le monde colonial n'a pas pu réaliser en 132 ans. Prêt de mille villages agricoles et le grand barrage vert pour stopper le désert.
Reste que si cela n'a pas été bien géré, c'est un autre problème. Mais au vu de tous les peuples décolonisés de la France, c'est un fait constaté dans bien d'autres pays.
Les richesses de l'Algerie et des algeriens ont permis la construction de ces infrastructures. Ensuite, celles ci furent construites pour les colons et l'armée coloniale, et non pour les algeriens.
La France officielle serait-elle tenace sous le rapport de la mauvaise foi, vis à vis de l'Algerie, et les peuples colonisés d'Afrique et des Antilles ?

Auncun doute n'est permis sur cette période reculée. Voici encore un discours officiel qui en dit long.
Ministe français des colonies A. Sarrault a prononcé ce qui suit en novembre 1923, à l'ouverture des cours de l'école coloniale : "Ne rusons pas. Ne trichons pas. A quoi bon farder la vérité ? La colonisation au début, n'a pas été un acte de civilisation. Elle est un acte de force, de force intéressée. C'est un épisiode du combat pour la vie, de la grande concurrence vitale, qui, des hommes au groupes, des groupes aux nations, est allée se proprageant à travers le vaste monde. La colonisatioin à ses origines n'est qu'un entreprise d'interêt personnel, unilatéral, égoïste accomplie par le plus fort sur le plus faible. Telle est la réalité". (A. Sarrault, Edition du Journal, la presse coloniale, Paris - page 8).
Heureusement, il y a aussi, cette jolie France qui porte cette jeunesse et parfois les anciens, qui n'hésitent pas à lancer un pont entre les deux rives. Ils possèdent cette rage du désir de l'amitié universelle. Hors caméras, hors politique.
A quand le véritable débat sur toutes les convictions cachées ? Rien n'est plus déroutant que le positivement acceptable. Positivité est le mot le plus employé en France depuis quelques années. A la manière d'une arme dissuasive que l'on brandit ? Le negatif peut-il devenir positif, en y plantant le drapeau de la conviction dirigée ?
Et si on renouvelait un peu nos esprits de français et regardions au delà de notre petite personne ?
Quand aux médias, à reconsiderer leurs prises de positions dans la désinformation massive.
Le pouvoir dans le pouvoir ... le journalisme a-t-il vraiment perdu de toute sa valeur initiale ?
L'Algerie est un pays où l'interrogation est une réalité quotidienne, mais qui ne laisse rien paraitre. Il y a comme une certaine méfiance, vite levée,  à condition d'être pourvoyeur d'amitié et d'intérêt sincère, pour l'individu. Ce fut mon impression.

Il fait bon vivre en Algerie, lorsqu'on peut disposer d'un minimum vital et savoir s'en accomoder.
Mais cela, ils l'ont appris. Ce qui n'enlève pas chez certains, ce désir de vouloir changer leur situation. Ce qui peut être légitime. Le mal vivre de l'individu est en rapport avec son environnement. Celui qui lui est proche tout d'abord. Puis par extension, celui qui caractérise certaines anomalies générées par le pouvoir administratif. Le chomage peut egalement enlever une partie de la liberté individuelle. Ce manque d'autonomie est legitimement mal perçu. Ce qui peut pousser certains à desirer la fuite, vers un ailleurs meilleur.
Pour l'étranger, celui qui ne fera que passer en Algerie, son argent sera sa protection.
Comment pourrait il dès lors, imaginer certaines situations données ? Le touriste va demeurer dans un contexte qui ne lui montrera que ce qu'il voudra bien regarder. Même la misère et le manque d'hygiène de certains quartiers, il l'analysera selon sa propre vision des choses. Car l'oeil ne peut renvoyer que ce qu'il photographie exterieurement. D'où le fossé de l'incompréhension si on juge sur l'impression première. Comment pourrait-on comprendre dès lors, le manque d'eau journalier dans certains secteurs des villes ? Ce précieux approvisionnement est le résultat de nombreux facteurs. Que l'un d'eux vienne à manquer, et cela occasionnera un problème sérieux pour les familles qui en sont privées.
L'irréel étant que malgré cela, les femmes algeriennes font tout leur possible afin de maintenir la propreté de leur intérieur. Ainsi que de toute celle de la famille. Un défi journalier qu'elles relèvent, et un but qu'elles parviennent à atteindre. Une véritable gageure devant ce combat de tous les jours. Ces mères courages sont très bien placées pour en parler.
Quand à la propreté des rues, c'est l'affaire de tous, mais la priorité dans ce domaine, revient avant tout aux autorités gouvernementales. Mais là, on ne peut pas dire qu'il y a précipitation. Et il y en aurait des choses à faire, qui relève de la responsabilité de l'Etat. Economiser sur l'hygiène ou ne pas en tenir compte, est préjudiciable à tous les niveaux.

 

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