Mon rêve

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  • : Ecrire est mon sport favori. J'aime observer. Voyager dans le monde de l'imaginaire. Je suis une flaneuse. Je marche souvent, et parfois mon vélo me porte au dehors de la ville. J'aime lire. Faire des recherches. Echanger de l'amitié ou de la culture. Je
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Mercredi 13 juin 2007

874929.jpgComme très souvent, mon week end s'est joliment installé. Ma muse est venue me visiter. Je l'ai laissé m'emporter, au delà des vallées et des monts. La mer j'ai même traversé. Du côté du Canada j'ai un peu voyagé. A deux, nous avons échaffaudé des escapades incroyables. Par la main j'ai été tirée. Des craintes un peu ressenti, devant l'inconnu des grands espaces. Mais la beauté est venue tout corriger.
Certains rêvent d'aller aux Etat Unis. D'autres au Canada. C'est du côté de Montréal que j'ai été conduite.
L'imagination, devant ma porte s'est installée.
Pour quelques heures, mon guide, une tendre flânerie m'a fait entrevoir. Delices du rêve qu'on peut faire les yeux ouverts. Dans le pétillant de son regard j'ai cueilli l'éclat des étoiles. Un doux vertige s'est emparé de moi. Comme par enchantement, je me suis mise à inventer des images.
Magie de la présence de "maitre muse" !
Lorsqu'on s'interroge sur le monde imaginaire de celui qui donne de la vie à sa plume, cherchons sa muse. Proche de lui, elle se trouve. Elle devient le compagnon de tous les instants. Celui qui ouvre le chemin de toutes les couleurs. Et qui donne de l'élan à son coeur. Comme il est facile de se laisser porter. Le contexte, en puzzle est décomposé. Mais dès les premières pièces trouvées, le cadre est posé. Il n'y a plus qu'à se laisser bercer.
C'est en poésie que je viendrais encore vous raconter...


Dimanche matin.
Je suis déjà sur le balcon à cueilir les premières impressions matinales. A éprouver la température de ce début de journée. Au delà des toits, au dessus de leur arbre, les corneilles commencent à s'agiter. C'est la folie du nombre. Leurs cris couvrent celui des gazouillis et des bruits légers de l'aube. Je me demande comment ils font pour éviter le téléscopage. Ils tournoient et se croisent. Leurs noirs habits les détache du cadre. Je suis durant un bon moment, leurs amusantes envolées. 
Puis je me détache d'eux, pour m'éloigner à l'horizon.
La chaine montagneuse culmine sous un ciel azur. Elle se détache en dentelles et coure autour de Roanne.
Depuis mon quatrième étage je peux observer le détail des habitations. Des villages éparpillés, qui nous regardent dans la cuvette de notre position. Le grand Roanne, à leurs pieds étalé. Je voudrais être à leur place pour avoir plus d'espace. D'observation.
Un avion trace sa queue blanche. 
Avec le lever du soleil qui approche, l'espace a pris les tons d'une aquarelle. Il fait doux de plonger son regard dans les profondeurs de cet océan qui irradie. Je me laisse amuser. Puis détourner de la réalité. Je m'accroche à ma montagne. Je souris. Mes pensées se font vagabondes.
Soudain, un premier ballon se décroche. Puis un second... suivront les autres. Tels des lampions lumineux, ils se sont mis à glisser dans les hauteurs. Pareils à des bulles savoneuses ils se sont projetés au dessus de l'horizon. J'ai suivi leur lente avancée au dessus de la ville. 
Régulièrement, dès que la météo leur est favorable, les montgolfières du roannais prennent d'assaut l'espace. Pour la plus grande joie des observateurs.
Samedi soir, les dernières sont rentrées après 21 heures.  En ce dimanche, je ne les ai pas vu revenir. Il faut dire que l'orage menaçait. Elles ont du emprunter une autre voie, ou bien sont restées sur place. 
Ces amoureux du ballon gonflable se changent en oiseau, le temps d'un week end.
De là haut, les paysages sont de pures merveilles. Le regard est différent, parce que le cadre est différent.
La distance est une formation de detachements délicats. Des coupures nettes, dans les couleurs et les dégradés. De la douceur en tranches.
Je n'ai pas vu le lever de notre astre du jour, mais l'éclat de ses rayons a couvert la ville. Tout est devenu plus lumineux. Je suis restée encore un peu... les martinets étaient déjà là. Ces avions tout en plumes tournoyaient sans s'inquièter du temps qui passe. Les bruits de la ville ont commencé à tout brouiller.
La nature est délicate, même dans les sons qu'elle envoie.
Me voici réveillée. Je vais rejoindre la réalité. Mon petit fils dort encore, mais il ne va pas tarder à m'inviter à le suivre dans son monde à lui. Comme chaque week end, c'est chez lui que je vis. Il agrémente mes journées par sa présence bien personnalisée. Ce petit indien est sans cesse à l'affut d'une nouveauté.

Bon, je file préparer mon programme avec lui...

par sonja publié dans : Le temps de la reflexion
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Mardi 12 juin 2007

palmier-coucher-soleil-mer-drepuscule-155176.jpg

Delicate soirée qui bientôt va s'installer.
A tirer sa couverture,
le crépuscule ne va pas tarder.

Sur une antenne posé,
un bel oiseau nuit.
Au delà des toits,
son répertoire varié fait resonner.
Juste une silhouette...
Pour des tonalités claires,
sonores,
mélodieuses,
douces.
Face à mon balcon,
son chant dépose.
Des notes calmes et légères montent.
En glissando se succèdent.
Strophes brèves,
dans un gazouillis final se perdent.

L'oiseau bleu,
à lui s'est accordé.
Délicieux son argentin.
Les aigus rapides,
étirés, 
s'accrochent.
Lorsqu'il laisse couler des trilles cristallines,
graves,
le ton est donné.
Deux strophes envoyées,
avant de tout recommencer.
Des couplets se prolongent.

L'harmonieux concert à deux,
mon coeur a suivi.
Deux poids plumes,
au mental donnent du bonheur.
Chaque reprise,
cueillir avec empressement.
Ces deux oiseaux là,
ce coin de cité,
ont agréablement enchanté.

Seulement se laisser bercer.

Vagues impressionnantes...
Par la beauté de l'instant,
le coeur est prisonnier.
Le ciel traine quelques nuages.
Dans son sillage,
une parure rose tendre.
Dégradés qui filent,
se mélangent.
L'horizon montagneux appelle la nuit.
Je continue de me laisser charmer,
attendant d'entrer dans un ciel étoilé.
L'espace temps ne m'appartient plus.
Je vogue avec lui.
Mon coeur vole en éclat.
Troublante émotion.
Dans la profondeur de mes pensées s'éparpille.

Nostalgique balade.

Dans la mer de mes souvenirs,
deux oiseaux,
des caresses sont venus déposer.
Ils sont partis,
m'abandonnant à la nuit.

Sur le monde extérieur,
je ferme la fenêtre.
La page blanche m'attend.
Mon compagnon l'écriture je rejoins !

par sonja publié dans : Prose poétique
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Mardi 12 juin 2007

                                                               
Nous voilà donc sur les routes d'un second tour pour les législatives. Si peu de temps après les présidentielles. Pas de répis pour l'électeur.
Le débat droite-gauche de dimanche soir, devant les journalistes de la première chaine, fut rudement conduit pas un Monsieur Poivre d'Arvor très aguerri aux subtilités du langage médiatique. Le magicien des mots et des pourcentages. Du haut vol. Un drole de debat où "ces dames" de droite ne souffrent pas la contradiction. D'un air entendu elles se concertent, pour tourner en ridicule les interventions de l'opposition. Qui n'était pas une vraie opposition. En un mot, ces "dames" on fait remarquer que les français ont fait le choix d'une droite toute puissante. On accepte. On ne dit mot. Lorsqu'en face on leur parle de ces français qui n'ont pas voté pour les gens de Neuilly, les voilà moqueuses, voire hilares. Une victoire qui ne se satisfait pas de modestie.
Mais au faite, ces debateurs ont-ils raison d'affirmer que tous les français ont voté une toute puissance à l'assemblée ? N'en déplaise à l'UMP, un instant de réflexion hors caméras, ne pourra pas être considéré comme un lèse-majesté.
Tout comme nous porte à réfléchir le journal "Marianne", pourquoi ne pas juste faire une petite analyse ?
Après avoir voté, nous voilà donc avec une Assemblée Nationale au sein de laquelle un parti ayant obtenu 40% des suffrages, occuperait 70 à 80% des sièges.
Peut-on approuver un premier ministre (plein de morgue), qui refuse à l'opposition le rôle de contre pouvoir ?
80% des sièges !
Si pareille anomalie démocratique se produisait en Russie, elle serait dénoncée.
Les français vont-ils accepter pareil archaïsme ?
Ce mode de scrutin est le pire qui soit dans un pays democratique. C'est une véritable abberation.
Le parlement n'est-il pas un intermédiaire entre le peuple et le souverain ?
Il suffit que le "sas" de décompression saute, et voilà le peuple qui se retrouve avec un souverain qui se subsitue au peuple. Ou alors, avec un peuple qui affrontera le souverain... dans la rue. 
Les exemples du passé sont nombreux et peuvent etayer la pensée.
Lorsque l'approbation automatique prend la place du débat contradictoire, c'est la rue qui devient le Parlement de substitution. C'est ainsi que les révoltes jouent le rôle des débats de censure. 
Disparition de la démocratie à l'assemblée, égal plus d'électeurs dans la rue.
Ici il ne s'agit pas de voler le Président de la République de sa majorité. Il l'obtiendra de toute façon. Toutefois, il est impératif de protéger la démocratie, le pouvoir, contre la tentation de la toute puissance.
Malgré la pression d'une propagande audiovisuelle de tous les instants, cette coalition n'a pas obtenu la majorité des suffrages des français. C'est incontestable, même si à peine visible.
C'est-on rendu compte que l'addition de ceux qui refusent l'acceptation de la monarchisation de la vie publique, l'emporte sur celles des alliés du monarque ?
Pourtant, l'équation se résume ainsi : 40% des voix = 70 à 80% des sièges. Les français risquent de se réveiller avec un violent mal de tête.
Plus rien au centre. Plus rien à gauche. Plus de divers non plus. Encore des hommes remplacés par des machines.
40% des électeurs non représentés. 12 millions de suffrages escamotés. 9 millions réduits à presque rien.
Le multiple écrasé sous l'unicité, comme l'écrit le journaliste.
Des scrutins à la baguette ? Voilà un contexte qui ouvrira la porte à ceci : n'importe quelle proposition venant d'en haut passera comme une lettre à la poste.
Plus de concertation. Pas de débat non plus. Un signe et on adopte ! A mains levées.
Juste un aperçu : on a déjà annoncé que le projet de loi sur les heures supplémentaires serait promulgué en octobre prochain. On a un peu l'impression qu'il n'y a plus de Parlement.
Un journaliste dans "Libération" interroge : "Peut-on faire représenter 40% de français par 15% des députés ?" Non ! 40% risquent de n'avoir droit à aucun député et 15% représenteront près de 50%.
Cela aura-t-il quelque chose à voir avec une véritable démocratie ?
Vos chiffres sont à revoir Monsieur Poivre d'Arvor. Ce n'est pas dans ce sens qu'il fallait calculer.
Aucun Parlement dans un pays démocratique n'est confronté à semblable situation. La France est une exception dans le genre.
En Pologne, outre le centre gauche, une droite libérale fait contrepoids à la droite réactionnaire.
En Grande Bretagne, il existe un groupe centriste libéral démocrate.
En Espagne, le partage gauche-droite est relativement équilibré au Parlement. Mais les différents groupes autonomistes et la gauche communisto-verte, cassent la bipolarité.
En Allemagne, aucune formation n'a la majorité à elle seule. Les conservateurs, les sociaux démocrates, et trois autres sensibilités disposent de groupes parlementaires.
En Suède, en Autriche, aux Pays Bas, en Belgique, en Norvège, au Danemark, en République Tchèque, en Hongrie, au Chili, au Brésil, aucune formation ne dispose d'une majorité absolue. 
Même pas en Ukraine. Même au Parlement Turc, l'opposition est mieux représentée qu 'elle risque de l'être demain en France.
Même le Parlement Irakien est beaucoup plus pluraliste.
En Algerie, le FLN n'est pas majoritaire à lui seul.
Situation consternante pour la France !
Quel grand média proteste ? Quel chroniqueur de radio ou commentateur de télé, quel éditorialiste de journal de province, a tiré la sonnette d'alarme ?
Quand il s'agit de la Russie, du Venezuela, de la Serbie, là, on monte au frond, on dénonce. 
Mais face à l'hypothèque d'une quasi abolition de la démocratie parlementaire, qu'entre le monarque et la rue il n'y aura plus rien... la parole libre et vive ne pourra plus se substituer à la révolte violente, puisque plus de représentants. Et bien, c'est le silence "radio" !
Abonnés absents aussi, les grands démocrates et les républicains de salon.
Allo l'opposition ?

Les français auront tout en haut, un hyperprésident fort de sa proximité.
Le pouvoir médiatique
Le pouvoir économique
Le pouvoir financier
Le pouvoir technocratique
Le pouvoir policier.
Fort de sa majorité au Conseil Constitutionnel ou au Conseil Supérieur de l'audiovisuel. Le chef de l'état controlera-t-il tout, lui même ? Sans que  ni le Sénat, ni la chambre des députés ne puissent représenter le moindre contrepoids ?
Régime présidentiel à l'americaine. Sauf qu'aucun parti n'a jamais controlé 75% de la Chambre des représentants ou du Sénat. Qu'on peut être républician et s'opposer à Bush. Démocrate et s'être opposé à Clinton.
D'où le danger d'une représentation parlementaire déformée et déformante qui ne représente que la moitié du pays.
Assemblée élue toute RPR en 1993.
Assemblée élue toute PS en 1981.
Dans les deux cas, tout s'est passé dans la rue.
En 1958 l'opposition parlementaire fut réduite à un groupuscule. Des putschs militaires et des manifestations sanglantes rythmèrent la vie politique.
Si demain un vent de mécontentement se lève sur le pays que dira-t-on aux 40% d'électeurs qui n'auront aucun groupe pouvant les représenter au Parlement ?
Que dire aux 47% de français qui ne pourront plus compter sur un contre pouvoir parlementaire ? Comment relairont-ils leur colère, leur rage ? Leurs mécontentements, leurs humeurs, leurs dépits, viendront se fracasser contre les portes closes du Palais Bourbon, et ne pénêtreront jamais dans l'émecycle ?
Leur dira-t-on que ce n'est pas à la rue de faire ou de défaire la loi, mais aux élus du peuple ? C'est vrai...
Sauf quand une large fraction du peuple risque de n'avoir quasiment plus d'élus.
Devant qui porteront-ils leurs contestations puisqu'aucun mandataire ne les représentera ? Où sont-ils ?
Tous les débordements seront cautionnés par les chiffres : 40% = 70 à 80%
Pourquoi les écolos, les communistes, les anti libéraux, les centristes, les électeurs de la droite nationnaliste joueraient ils sagement le jeu des institutions puisque les institutions en question les auront mis à la porte ? Et ils devraient dire "merci" ?
Prenons un exemple : tous les syndicats, cadres compris, s'opposent à la loi sur les heures supplémentaires. Mais près de 80% des députés voteront pour.
Il y eut pourtant, une époque où à l'assemblée nationale explosaient les indignations du pays, grondaient ses mises en garde, où la force des mots et l'efficacité des arguments servaient d'exutoire à la violence des passions et à l'éxacerbation des révoltes.
Ce qui déboucha sur l'instauration de l'enseignement gratuit, de la séparation de l'église et de l'état, ou des congés payés. Des jours durant, sans aucun butoir, comme nous le fait remarquer le journal cité, les problèmes du droit du travail, de la liberté de conscience, du pacifisme et du militarisme pouvaient être débattus avec une rigueur et une vigueur que ne venait étouffer aucune intolérance.
Les intervenants s'appelaient Alexis de Tocqueville, Lamartine, Victor Hugo, Edgar Quinet, Lamennais, Clémenceau, Barrès. Plus tard, Gabriel Péri, Léon Blum, Raymond Poincarré, Pierre Mendès France, Michel Debré, François Mitterand...
Ceux là siégeaient au Parlement parce qu'il y avait un Parlement. S'y exprimaient parce que c'était une  tribune. Y exprimaient des sensibilités parce que s'y cotoyaient des sensibilités différentes. Ils enrichissaient le débat parce qu'il y avait opposition.
Mais demain ?

Le monde trouble de la politique n'est pas ma tasse de thé. Je ne brille pas non plus, par ma connaissance pointue en la matière. Mais je sais une chose, c'est qu'avec de simples données, on peut faire une analyse logique d'un évènement ou d'une tendance...

L'erreur des hommes politiques ? 
Celui de ne pas tirer parti des erreurs du passé !

par sonja publié dans : L'actualité d'hier et d'aujourd'hui
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Jeudi 7 juin 2007

Une feuille,
en deux pliée.
Sur un coeur couleur ouvrir.
A la volée,
des mots déposés.
Une petite fille me l'a donné.
Tendresse exprimée.
Tendresse partagée.
Un amour de petite fille,
mon coeur a fait danser.
Devant moi un geste attendait.
Sans voix je suis restée.
Juste d'un baiser l'effleurer,
sur sa joue parfumée.
Délicate intention,
d'une enfant réactions.

Association A.F.A.F
lieu de rencontres,
pour enfants douceurs.
Valeurs sentiments,
en reconnaissance.
Cueillir des coeurs différents.
Etablir des lieux bonne humeur.
Même si parfois,
tempéraments turbulents.
Garçons et filles,
une jolie mélodie.
Une autre année donnée,
pour du plaisir garder,
dans la mémoire vacances.
Mois en échappées.
Je ne les ai pas vus passer.

Petite fille au coeur généreux,
merci pour le cadeau !

par sonja publié dans : Prose poétique
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Jeudi 7 juin 2007

Un bruissement léger.
Sur de petits claquements réguliers,
s'élever.
Je l'ai surpris,
bien qu'arrivée sans bruit.
Dans les hauteurs prend de la distance.
Ses grandes ailes déployées,
de longs orbes commence à dessiner.
De grâce n'a pas manqué.
Avec puissance est monté.
Le rapace discret,
sa proie a laissé.
Son festin ailleurs ira chercher.
L'animal tant convoité,
ses yeux perçants pourra trouver.
L'espace est son domaine.
Les hauteurs,
les routes de la liberté.
Les vents ascendants son gouvernail.

Délicate portée.
Sans mouvement apparent.
Energie économisée.
Majestueuse voilure.
En glissade s'est avancé.
En piquet parfois foncer.
Des heures à voguer.
Avant de se poser.

Merveilleux oiseau puissant.
Même au repos surprend.
Regard profond,
sur un port de tête impressionnant.
Fierté de l'animal.
Delicatesse des formes,
en plumage sombre.

Mon regard détourner,
pour d'autres évasions chercher...

par sonja publié dans : Prose poétique
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Mercredi 6 juin 2007


Mettez votre bouteille. Votre tuba. Vos palmes. Et suivez moi... on y retourne !

Le rémora, que l'on appelle plus communement "poisson pilote" est connu pour s'attacher aux requins, les raies ou les tortues, avec sa ventouse au dessus de la tête.
Il vient prêt des plages roder autour des baigneurs. Il n'a rien de dangereux.
Sur les fonds de pierres,souvent dans très peu d'eau, l'abominable poisson pierre. Particulièrement dangereux. Invisible car il ressemble à une pierre moussue. Sa piqure est extrêmement dangereuse.

Tazards, thons, maquereaux et bonites viennent en saison chaude dans le lagon.
Les poissons volants vivent au large. Mais j'en ai vu dans le lagon. Ces oiseaux écailles sont spectaculaires, et amusants. Ca se déplace vite et sous les rayons du soleil ils ressemblent à des lames de couteaux qui filent en flèches.
Poissons limes, poissons coffres au corps rigide.
Poissons ballons. Poissons porc-épic, se gonflent d'eau pour se protéger.
Les murènes vivent dans les anfractuosités des recifs.
Les perches à gros yeux sont souvent groupées au dessus des récifs.
Les loches sont des poissons fascinants. La loche géante peut faire ses 400 kg. La mère-loche ses 70 à 100 kg. Très chassée.
La saumonée de 30 à 70 cm, en robe brune à rouge, avec ses petits points bleus, est une loche recherchée pour sa chair fine. Par contre, la loche crasseuse peut intoxiquer en donnant la gratte.
La loche truite a une chair réputée.
Un mètre de long pour la loche bleue. Elle s'attrape à la ligne de traine. Elle a une chair excellente. La petite grisette s'attrape elle aussi à la ligne.
Les calédoniens aiment pêcher la nuit à la dérive, le rouget. Les poissons blancs eux, vivent dans les fonds de baie. Près des plages et des mangroves.
Ce sont les mulets, les sardines, les anchois, les prêtres, les baleiniers, les aiguillettes qui fuient de façon spectaculaires avec leur corps totalement hors de l'eau. Ou en tête de flèche.

Dans le petit... ou le moyen...
D'autres curieux poissons. Les gobies. Les poissons couteaux extrêmement minces, se tiennent verticalement, la tête en bas et se mettent à l'abri entre les longs piquants de l'oursin diadème.
Les petits jaunets se groupent au dessus des patates de corail. Souvent en bande. Dorsale jaune et queue jaune. Avec sa rayure jaune qui part un peu avant l'oeil pour rejoindre la queue.
Mais d'autres poissons plus gros fréquentent le corail ou l'habitent.
Le poisson chirurgien dont le plus beau, avec ses bandes bleues.
Le picot canaque brun noir. Les nasons qui ont une corne frontale. Le plus connu est le dawa.
Le poisson mangeur de corail, le perroquet aux couleurs vertes.
Les labres, dont le plus connu, le célèbre napoléon. Avec sa grosse bosse frontale. Ce beau poisson est habillé de vert sombre. Dans la même famille, le perroquet banane, rose.
La rascasse poule est magnifique avec ses nageoires comme des ailes. Le seul problème c'est qu'elles ont des piquants très venimeux.
Les balustes ou poissons gachettes sont inoffensifs mais défendent avec vigueur leur espace.
On trouve dans les lacs et rivières de Nouvelle Caledonie 80 espèces de  poissons.
Plusieurs espèces d'anguilles.
Le lagon de Nouvelle Calédonie est réputé pour la variété de ses poissons. Il est un des plus riches en poissons récifaux.
Sur les 3000 espèces connues dans l'Océan Pacifique tropical, il en compte 1200. Ils foisonnent dans les récifs de corail. Le long du grand récif. Dans ses passes. Sur les fonds sableux. Près des cotes et dans les estuaires.
Le lagon est un Paradis pour les plongeurs, les pêcheurs et les chasseurs sous marins.

Il  a également de nombreuses espèces de poissons papillons, jaunes et noirs. Les petits poissons colorés contribuent à la beauté des récifs de corail. Une centaine d'espèces de poissons papillons. Le poisson ange, qui s'en rapproche le plus par la forme et sa couleur vive.
Les poissons clowns eux se protègent dans les bras des anémones venimeuses.
Le poisson demoiselle de la même famille. Mais plus petit. Couleur vive. Notamment l'étincelle, d'un bleu éclatant. Le microcanthe est plat, à bandes horizontales jaunes et noires. Le monodactyle en forme de losange. Gris, avec une dorsale jaune.
Tous ces petits poissons vous avez du les admirer dans un aquarium. Ou bien lors d'un reportage. Et la liste n'est pas exhaustive. Je vous parle de ceux qui nous semblent les plus connus.

Joyau du Pacifique Sud, la Nouvelle Caledonie nous offre un éventail de merveilles. Une véritable réserve de beauté. Une panoplie généreuse. Abondante. Variée.
Les années de mon séjour furent comme une nuit et un jour. Je n'ai rien vu, si je devais me fixer une échelle de l'observation. Même pour ceux qui y résident depuis tant d'années, ils découvrent encore. Fabuleux !
Le livre de la nature est à peine effleuré. Toutes les pages n'ont pas encore été tournées.
Nos occupations, la vie, le temps qui fuit... pour la Nouvelle Calédonie, c'est trop court. Beaucoup trop court.

Et si on sortait un peu la tête de l'eau ?
Les oiseaux, ça vous dit ?
Le pigeon vert. Les colliers blancs, font partis des autres habitants des forêts. Car là aussi on fait des rencontres magiques.
La perruche d'Ouvéa dite "cocotte" est en voie d'extinction. Quelques couples subsistent encore.
Mais elle n'est pas la seule qui soit en danger. Le trafic d'oiseaux risque de faire disparaitre definitivement certains oiseaux. Le lori à diadème ou lorriquet de Nouvelle Calédonie est sur la liste des espèces menacées.
Autre perruche : la perruche à front rouge.
Le cardinal : masque rouge tombant jusqu'au milieu de son poitrail, tout le reste vert et queue rouge. Le trafic fait des ravages là aussi.
Pour un seul oiseau exotique dans votre cage, il y en aura au moins une dizaine qui n'auront pas supporté le voyage. Un bel oiseau prisonnier pour la beauté de son plumage ou de son chant mélodieux. Ce que nous ne voulons pas pour nous, nous l'acceptons pour les animaux qui vivent en liberté. Ils sont libre, mais nous les enchainons. Qui plus est, nous allons piller des réserves qui ne nous appartiennent pas. C'est très vilain !
On peut reconnaitre le faucon pélerin. Ou l'épervier endemique communément dénommé "émouchet"
Et le cagou, vous connaissez ? C'est l'amblème de la Nouvelle Calédonie. C'est un oiseau qui a la taille d'une grosse poule. Il ne vole pas. Un délicat plumage d'un blanc éclatant, avec juste quelques barres noires sur les bout des ailes. Animal discret. Qu'on ne trouve que sur cette île.
Son cri particulier se répercute dans les forêts. Il risque de manquer à ceux qui arrivent à l'écouter... Après l'introduction du chien, sa population a décliné. Espèce en danger d'extinction. Je n'ai vu de lui que des photos. Ne restera-t-il que des photos... un jour ?
Le notou, énorme pigeon au beau plumage bleu métalisé. Habitant de la forêt lui aussi, au roucoulement très grave.

Le voyage a-t-il été à votre goût ?
Je vous laisse savourer... mais je reviendrais.

Promis !

par sonja publié dans : Voyages
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Mercredi 6 juin 2007

Du côté du Port...

Nouméa c'est aussi son port et ses bateaux de plaisance. Un fourmillement de bateaux. Quelques yatch... De quoi avoir envie de prendre la mer pour une visite d'îles et d'ilots proches, rattachés à la Nouvelle Caledonie.
Les grands transporteurs ce n'est pas de ce côté ci qu'il faut venir les chercher. Ces navires venant d'autres mers ou d'Australie, portant voyageurs, rentrent aussi dans la baie pour lacher des vacanciers en mal de dépaysements. Des croisières à vous couper le souffle.
Du côté de l'usine de Nickel, un emplacement leur est ouvert, à ces grands batiments qui viennent faire le plein de cette manne tirée du sol calédonien. De ce côté là, l'eau et son environnement proche, sont rouges. Chaque semaine, de nombreux transporteurs viennent cueillir ce matériau précieux dont  l'extraction ne s'arrête jamais. Plus de trente ans après mon départ, on continue de défigurer l'île. Extraire veut dire qu'on va creuser sur des surfaces immenses. Cela veut dire qu'on va polluer aussi. Qu'on va mettre à mal le lagon.
Pour le tourisme on a bien fait des aménagements et des changements le long de la côte. Des hotels ont poussé comme des champignons. Le moindre espace a été exploité.
Les marchands de rêves ont tiré le gros lot. Tourisme veut parfois dire indelicatesses. Le corail est en souffrance. Après le nickel,  le tourisme ajoute au problème.
On a essayé également dans les années 70 la construction de grands ensembles dans le quartier de Magenta. Deux ou trois tours s'élèvent au centre de la cité. L'architecte qui a pensé cela n'a pas cherché longtemps pour pondre de telles horreurs qui déparent dans le cadre. Je me souviens encore que la cité n'avait pas trouvé locataires pour envahir les étages. Les habitants des lieux se sont arrêtés au premier et second étage. Des tours sans âmes. Froides, au milieu de verts délicats, ou forts. Après mon départ elles sont restées vides.
Et aujourd'hui, sont-elles vraiment habitées ?

Ciel toujours bleu. Mer turquoise. Sable fin et blanc. Palmiers en guise de parasol.
Les deux plages les plus visitées sont celles de  la Baie des Citrons, et de l'Anse Vata. J'avais une nette préférence pour la première. Moins venteuse. Plus protégée des courants venant du large. Lorsque je m'y posais c'était pour la journée. Pique-nique oblige. La distance depuis chez moi était assez conséquente. Voilà une excuse que je faisais souvent mienne.
Plaisir de s'allonger. Plaisir des yeux. Plaisir de quelques brasses jusqu'au promontoire, éloigné de la plage. Nager dans ces eaux transparentes fait toute la différence. On se sent léger. Libre. Flotteur.
De l'azur à perte de vue. L'horizon s'échappe lorsqu'il se mélange au ciel et à l'Océan. Un bleu comme on ne voit nulle part ailleurs. Des bleus qui se confondent lorsqu'ils se rejoignent. Des bleus tojours en habits de vacances. Je me demande bien comment nos yeux n'en deviennent pas bleus eux aussi.
Sur une île et pourtant, ne pas se sentir à l'étroit. On se perd dans l'immensité des bleus...
C'est l'impression que doivent avoir aussi les plongeurs.
Allez, et si nous plongions avec eux... je suis sure que vous allez aimer. C'est d'une telle richesse !

Le lagon calédonien c'est de la diversité dans ses fonds marins.
On peut y rencontrer la raie manta qui s'impose dans ses 5 à 7 mètres d'envergure. C'est la plus grande des raies. Elle vit au large, mais elle peut pénêtrer dans les passes du grand récif et dans le lagon. On rencontre des mantas noires, inconnues ailleurs. La raie à points noirs et bleus, de 0,5 d'envergure, à dards venimeux. Elle s'enfouit souvent dans le sable. Parfois dans très peu d'eau. La raie léopard est une raie magnifique. Elle atteint 2 mètres, avec une très longue queue. Elle a aussi des dards venimeux. Elle se rencontre généralement en pleine mer.
Les raies sont nombreuses dans le lagon.

Les requins ont la part belle. Leur nombre est incalculable. En principe, ils ne sont pas agressifs dans le lagon. Les accidents sont très rares. Et ils sont dû à des imprudences.
C'est le requin gris du recif qui est le plus fréquent dans les eaux calédoniennes. Il atteint 1 à 2 mètres.
Le requin à points noirs, pas agressif non plus.
Le requin nourrice, que l'on nomme dormeur, atteint la jolie taille de 3 mètres. Avec le requin citron ils ne sont pas dangereux. Sauf si on l'importune.
Les grands requins qui ont une mauvaise réputation sont rares. Ou bien suffisamment craintifs pour ne pas se montrer.
Les requins d'océan eux peuvent rentrer dans le lagon. Ainsi en est-il du requin tigre qui peut atteindre 4 à 5 mètres. Mais on peut voir une bande de requins marteaux, à l'intérieur du lagon.
Le mako peut se trouver dans les passes. Trois à quatre  mètres. Le discret et silencieux d'entre tous...
Le requin blanc est un habitant des eaux profondes au large. Occasionnellement il peut entrer dans la passe.
J'espère que vous n'avez pas eu peur...

Deux fois j'ai rencontré notre gris. La première, c'est lorsque je sautais du plongeoir de la Baie des Citrons. Ils étaient deux et croisaient pas très loin. Ils suivaient un ban de poissons m'a-t-on dit par la suite. Les baigneurs sortaient peu à peu de l'eau pour sauter sur la plage. J'étais étonnée mais pas affolée. Moi je n'avais pas vu les ailerons glisser sur l'eau.
La seconde, je me trouvais avec la fille d'une amie, sur un bateau gonflable. Un deux places tant il m'a semblé minuscule ce jour-là. Avec l'adolescente, j'ai voulu faire l'experte en rame. Les familles étaient tranquilement installées sur un coin de plage, du côté de "Rivière Salée". On s'y posait régulièrement. Seulement, les deux intrépides avaient calculé sans les courants.
A un moment donné, nous nous sommes un peu éloignées. Impossible de revenir. Ce n'était pas nos petites rames qui pouvaient changer la situation. Sur la plage, ils ne s'étaient pas encore rendu compte que nous filions vers le large.
Voilà qu'un aileron avance sur les eaux, à peine agitées. Panique à bord. La jeune fille m'encourage à ramer plus vite, plus fort. Rien à faire, on file. Je perds une rame. Sa peur augmente et me la communique. Cette petite me demande de plonger et de tirer la frêle embarcation, tout en nageant. Tout un programme. Bien sur, je n'y suis pas allée...
Quand au requin, il nageait gentiment à distance raisonnable. Il n'avait que faire de deux effrayées. Les minutes nous ont semblées interminables, avant qu'on vienne enfin nous rejoindre avec le bateau à moteur. Ils ont tout de suite compris ce qui se passait. Ils voyaient que le courant nous tenait prisonnière. Nous avions peur du requin, alors que les courants étaient plus dangereux pour nous.
Voici pour l'anecdote requins...

La suite se met en place...

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Mardi 5 juin 2007

Tontouta, aéroport internationnal de la Nouvelle Calédonie. A quelques kilomètres de Nouméa.
Débarquer à la Tontouta un mois de février, c'est recevoir de plein fouet la chaleur étouffante de l'île.
C'est ce qui frappe le  plus à la descente de l'avion. La  moiteur chaude. Prenante. Oppressante. Suffocante. Essayer de s'adapter dès les premières minutes. C'est cela l'urgence.
Une urgence qui disparait très vite, car dès les premiers jours, on se laisse porter par les differences. Des différences qui se sont imposées en traits d'unions. Un mariage en composition, avec  mon nouveau cadre de vie. J'ai très passionnement aimé le "caillou", comme on l'appelle sur l'île. Coups de coeur. Coups de foudre.
Par ici, le soleil n'est plus le même. Il met de la force et du scintillant sur tout ce qu'il touche. C'est du vif. Du chatoyant. Les mouvements de la nature ont une empreinte merveilleuse. Elle égaie l'oeil et l'esprit.

Je fais connaissane avec mon premier appartement. Juste un studio. Pratique pour le ménage. Trois studios qui se suivent en rez-de-chaussée. Un petit batiment sans étage. Planté au milieu d'une riche végétation qui attire une faune nombreuse.
De celle qu'on aime... et de celle qu'on aime bien moins. Les premiers visiteurs à fouiner chez moi ce furent les cafards. Pas n'importe quel cafard. Vous savez... celui qui a des ailes,qui vole, qui s'accroche aux cheveux, ou se pose sur l'épaule si vous traversez son champ de decolage. Les gros cafards d'un pouce. Ces petites bêtes ne m'ont pas laché durant mes presque sept années sur l'île. Même les moustiquaires ne les arrêtaient pas. Un coin de porte ouverte, et vite, on s'engouffre. La chasse aux cafards, c'était du tous les jours. On fini par s'y habituer.
L'autre envahisseur, le moustique ! La bête piqueuse qui ne craignait même pas les répulsifs. Elle ne m'apréciait pas tellement. J'étais donc plus à l'aise que mes voisins.
Le petit scorpion orange. Mais pas dangereux.
Les araignées qui aiment pénétrer dans la fraicheur des appartements...
Je ne voulais pas vous faire peur... seulement vous présenter ce que l'on remarque en premier sur l'île. On fait cause commune avec tous les insectes. C'est une questions de partage des territoires. Nous sommes bien des géants pour eux...

Presque collée à mes fenêtres, une végétation montante qui s'infiltrait partout. Une frondaison verdoyante qui accueillait les bengalis aux couleurs délicates. Petits poids plumes qui offraient leurs trilles, matin et soir.
Un bananier. Un arbre à léchis, composaient le tableau. Les bananiers poussent comme l'herbe folle. On ne les plante pas. Il est là. Sauf dans les plantations, pour le commerce.
Le manguier avait lui aussi sa place. Delicieux fruit dont j'ai fait une consommation quotidienne. Du miel en bouche lorsqu'il est bien mûr. De belles tranches de fruit orange et juteux. De quoi faire saliver, rien qu'en l'épluchant.

Place Cocotiers à Nouméa, c'est un espace ouvert où la pelouse courre de points en points. Autour des grands arbres. A l'ombre des flamboyants, vous voilà pour un temps de pause. Sous la large foison des feuilles, plus rien à craindre du soleil. Sur un banc ou sur la pelouse généreuse, on s'installe pour laisser nos yeux courir. Le rouge sang des fleurs ouvertes au dessus de nos têtes donne un cachet particulier à ce parasol improvisé, qui donne de la fraicheur. Tous les flamboyants offrent leurs fleurs étallées. Elles semblent peser sur les branches, de feuilles en feuilles, tant elles se tiennent serrées.
La place semble en fête. Dans leurs robes larges locales, de toutes les couleurs, les femmes se sont réunies pour un paupotage en règle. Des enfants courent sur la pelouse. Se poursuivent. D'autres se tiennent prêt de leurs mères. Des rires fusent. Si vous avez un secret, ce n'est pas ici qu'il faut le confier. "Radio cocotier" pourrait le transporter jusqu'à Tahiti.
C'est aussi le centre du passage et des arrêts de tous les bus qui se promènent à Nouméa et ses environs. Les hommes discutent en groupes eux aussi, prêt de leurs véhicules, en attente des clients. On ne s'inquiète pas de l'heure. Le bus démarre dès qu'il est rempli. Pour les mini-bus, pas de problème. Mais s'installer dans l'un des grands c'est l'attente indeterminée. Peu importe ! La musique vous tiendra compagnie. Musiques de tous horizons. Ces petits patrons venant de partout, l'oreille aussi, goutait à tout. Diversité humaine qui interpelle. La générosité dans la différence. Un mélange qui sent bon. Et que j'ai aimé. Je ne me suis pas gênée pour goûter à tout.  Juste une petite mauvaise note aux français, aux caldoches et australiens. Assez collets montés. Un rien de : "j'ai tout vu et je sais tout"... Ce n'est sans doute pas la majorité, mais c'est tellement flagrant, qu'on ne peut qu'être frappé par cette tendance.
Ont-ils changé depuis les années 70 ?

Le marché de Nouméa vaut le détour. De l'exotisme à tous les étals. Fruits et légumes lachent leurs couleurs. Les épices laissent flotter des parfums qui nous font penser "recettes". Les poissons de l'Océan sont une invitation à composer des mets délicats. La salade téhitienne, à base de poisson, est un vrai délice pour le palais. On la retrouve chez tous les traiteurs et les restaurants. J'en ai fait une consommation presque quotidienne.
Je n'ai  jamais acheté de poisson, pourtant, j'en ai grillé des kilos. Je me suis régalée de rougets, sans aucune modération. Notre voisin ne revenait jamais bredouille de ses virées nocturnes. De vrais pêches miraculeuses. Des seaux remplis, qu'il partageait. Deux ou trois heures du côté de la barrière de corail, et il y avait de quoi faire des festins. Mulets, loches, dorades... de la diversité gourmande dans les assiettes.
Le marché est aussi le lieu de tous les rendez-vous. On s'apostrophe. On se donne de grandes tapes sur le dos. On rit, on plaisante. Les vendeurs à la criée devoilent même vos temperaments. Haut et fort. Le sourire matinal se propage. C'est une obligation. Personne n'y résiste.
La gaité est partout. Et tant pis pour les soucis. On y reviendra bien assez tôt.

Le tour de la ville est vite parcouru. Au centre, des magasins de luxe. A l'époque, ce qui pouvait sembler être une grande surface s'appelait "Balande". Aujourd'hui je crois que c'est l'enseigne "Casino" qui a pris la suite. La fraicheur des lieux me permettait de m'y attarder.
Parfois, je prenais un mini bus pour le plaisir de la voluptueuse musique tahitienne, et une balade autour de Nouméa. Suivre le front de mer sans se fatiguer, à une vitesse croisière, était sympathique. C'était les premiers contacts pour apprendre à me situer.
J'ai fait le constat de tous les quartiers. De toutes les rues. Le vrai parcours de la "carte aux trésors".
Des gens aussi chaleureux que le soleil...
La salutation avec les habitants du cru était une obligation. Se rencontrer dans la rue et ne pas répondre à leur salutation valait interpellation. C'était sympathique ou parfois cocasse.
Les hommes se faisaient parfois draguer, alors qu'ils marchaient gentiments au côté de leur femme. Pas toujours dans la bonne langue. Bonne humeur assurée pour l'observateur.

Et c'est l'arrêt de l'autobus. Tout le monde descend.
La suite viendra... un peu de patience.

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Lundi 4 juin 2007
Ma journée s'est habillée de lumière.
Six heures dix. La douche pour commencer.
Ayant dormi chez ma fille, j'ai pu me poser devant l'ordinnateur. J'ai cueilli les premières impressions de mon blog. Durant la nuit, des visiteurs sont venus. Les statistiques me l'ont dit.
Après cela j'ai poussé la porte des deux forums que je visite régulièrement. Le bonjour matinal s'imposait. L'instant d'un quart d'heure, puis j'ai quitté.
J'ai franchi deux autres lieux où cela sentait bon la poésie. Mais c'est le parfum des Antilles qui m'a le plus parlé. Je m'y suis attardée. Fragrances d'un voyage lumineux. Je me suis jointe aux commentaires. Le temps je n'ai pas vu passer, sur la toile des émotions. C'est avec regret que j'ai du décrocher.
A huit heures vingt je me trouvais devant le Casino, attendant l'ouverture. Je n'étais pas la seule. Arrivée avant moi, une petite foule s'était amassée devant la porte. J'ai observé quelques impatiences, comme si l'ouverture pouvait se faire plus vite, sous les soupirs et les émois intérieurs. Le parking commençait lui aussi à se faire envahir. La porte enfin a osé une grande ouverture. En rang d'oignons les clients se sont fait happer par la surface. De mon pas si peu préssé j'ai rejoins le magasin. Ma première visite fut pour le coin presse. Journal oblige. Bien que j'ai trois épisodes de retard dans ma lecture, j'essaie de rester au plus prêt des nouvelles. Même si "plus du tout fraiches". Trois semaines de retard, ce n'est pas encore une catastrophe. Je ne suis tout de même pas sur une ile déserte. De bouches à oreilles, les médias voyagent.
Retour chez ma fille pour déposer ses courses. "Mademoiselle" n'avait pas le goût pour sortir. Son petit bout de chou était dans son lit. J'ai aperçu deux petits yeux malicieux. Son petit nez caché sous le drap tiré, j'ai capté son sourire. Pétillantes prunelles en quête d'une boutade. Il était collé contre sa mère ce chenapan. Elle grognait d'avoir été tirée de son sommeil. Cette "matinale" fille fera sa grasse matinée un autre jour. J'ai rit de bon coeur. Le tableau valait une photo. Je crois bien qu'il a décidé de mettre de l'ambiance dans la journée de sa mère. Ce petit indien a déjà déterré la hache de guerre. Je repars très vite, pour ne pas assister aux premières flèches.
Je traverse le Parc des Promenades encore désert à cette heure ci.
A neuf heures dix je débarque au Mac'Donald, pour ma pause thé prolongée. Il n'y a que deux clientes. Les habituées du matin. On se saluent. Un échange rapide. Je laisse les deux copines, dans leur conversation animée.
Roanne dans son pyjama lundi. Magasins fermés du centre, à part le Monoprix et le forum. On circule peu. Les passants sont rares. Mais le soleil est présent. Il se réfléchit sur les façades et les vitrines. La rue piétonnière vers laquelle je lance parfois un oeil curieux, n'acceuille que de rares flaneurs.
Une dame vient de pénêtrer dans mon espace. Elles s'est assise à quelques quatre tables plus loin. Ce qui ne l'empêche pas de m'apostropher. Sur une question envoyée, elle s'est imposée conteuse. Je me demande bien s'il y a quelque chose de sa vie qu'elle a oublié de me raconter.
Je connais à présent ses parents, sa fille de cinq ans, le Portugual et ses amours. Je sais aussi ce qu'elle pense des passants qu'elle aperçoit sur les trottoirs. Je connais ses lectures "potins" des actrices et stars dont j'ignorais même leurs noms. J'entends parler de la "Star Ac". Et de ses deux voisines terribles. Un flot de paroles que j'ai essayé parfois de contenir. Une tonne de questions auxquelles je n'ai pu répondre. De quoi avoir le vertige... Mais du sourire plein la tête. Après deux heures, de presque monologue, je suis prête à repartir sur d'autres temperaments.
Bon, mais attendez que je fasse une pause bien méritée.
Mac'Donald, le lieu de toutes les rencontres...
De quoi sourire !
J'ai aussi posé mes impressions matinales en prose poétique. Je n'ai pas chomé. Enfin, si on peut considérer mes coups de plume comme du travail. Je crois bien que je suis la plus grande paresseuse-flâneuse de Roanne.
Que voulez-vous, le sourire vient souvent à ma rencontre.
J'ai également un peu tourné les pages de mon journal préféré. Pour juste effleurer l'information.
J'ai vagabondé avec le regard.
Déjà le debut de l'après-midi. A l'extérieur la température semble avoir augmenté. Les vestes et les pulls sont tombés. Je regarde passer. Je laisse mes pensées s'évader. Que de visages fermés. Seuls les mobiles décrochent des sourires avec ceux qui communiquent avec l'interlocuteur invisible. On sourit à celui qu'on ne voit pas. On retient son sourire devant celui qui nous voit. Etrange communication !
La clientèle a déserté les lieux. Nous ne sommes plus que deux à tenir la place.
A l'extérieur, trois donzelles se raffraichissent à coups de langue sur leur glace généreuse. Fichtre ! Elles me donnent envie.
C'est l'heure des balades en poussettes. Les bébés sont de sortie. Des petits pieds ou de petites mains s'agittent. Le bonheur de se remplir de soleil. Celui de se faire bercer aussi. Au dessus, les jolis sourires des mamans vibrantes de douceur.
Des collégiens vont et viennent, sac au dos. Des jeunes filles en décolettés ou en short font "les jolies". Une petite fille court derrière une maman aux grands pas. Ces dames qui passent devant la baies vitrées du Mac'Donald regardent leurs silhouettes. Amusants clins d'oeil qui se veut discret. Ou bien appuyé. Elles ne se sentent pas observées. Je m'amuse à penser qu'il m'arrive de faire les même gestes.
Deux messieurs sérieux, dans leurs cravates prisonniers, s'imposent un discours hautement qualifié.
Il est l'heure de décrocher du centre ville.
Me voici installée sur un banc du Parc des Promenades.
Dès le beau temps revenu, des jeunes investissent le kiosque à musique. Ils s'entrainent aux figures du "hip-hop". Ils ont même apporté leur CD préféré. Celui qui maitrise le mieux ce jeu des figures imposées, sert d'entraineur pour le petit groupe. Il faut un sacré équilibre ! Quelques gamins regardent le spectacle. Il faut reconnaitre que c'est sympathique à suivre. Et si joliment mis en place, à vitesse d'expert. Jeunesse qui s'exprime avec son corps. Jeunesse qui s'évade en musique et en rôles.
Chaque printemps, c'est ici que je les retrouve. Année après année, ils investissent la place. Habitués des lieux, pour le plaisir des yeux. Les voilà gentiment occupés.
Deux personnes ont quitté leur banc. Elles s'appretent à rentrer chez elles. Elles font une halte devant moi. Elles me demandent si j'écris le spectacle. Je souris sous la question.
Une personne qui écrit interpelle toujours. Je réponds à leur curiosité.
D'autres bancs sont occupés. Des solitaires. Des couples. Des amis. On traverse.
L'aire de jeux est toujours en accueil d'enfants venus se defouler.
Un couple joue avec leur cow boy d'enfant. Ce petit court. Le bandana autour du cou s'agite. Jean serré, et chemisette à carreaux viennent cerner le personnage haut comme trois pommes. Ils disparaissent.
Il y a aussi le jeu du jeune homme stupide qui fait déraper les roues de son scooter, sur le gravier du Parc. Il soulève une poussière désagréable, qui vient se poser sur nous.
Une manière de dire qu'il existe ?
Les roannais se pressent pour rentrer chez eux. D'autres restent encore par ici.
Pour moi, il est temps de suivre le mouvement des premiers.
Les trois journées à venir seront plus mouvementées, mais tout aussi délicieuses. Mon horizon je le voudrais parfois ailleurs.
Mais c'est ici que mon ancre j'ai jeté.
A bientôt pour encore vous raconter...
par sonja publié dans : Regards
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Lundi 4 juin 2007

911390.jpgDans les choses simples,
bonheur se complait.
En dentelle s'invente.
Couleurs en dégradés.
On le rend unique.
Ou bien magique.
Il se fabrique.
Matériaux à l'épreuve du feu.
A portée de main il est.
Mélange joliment composé.
Chaleureux il se laisse toucher.
Ou bien poivré.

Réserve de bonne humeur,
bonheur s'invite.
Un soir au coin du feu.
Une balade au bord de l'eau.
Une sortie entre amis.
Une escapade sur un chemin dérobé.

Les passereaux enchantent.
Buse magnifique en surprise.
Biche en cache qui ajoute de l'émoi.
Fraicheur d'une forêt pour frémir.
Vallée en fleur pour sourire.
Le coeur en vertige.
Pour le voyageur en marraude,
nature généreuse.

Savoir partager,
pour que bonheur se propage.
Une main d'enfant en caresse.
Un baiser amour pour délice.
Rire de l'ami en confiance.
Table familiale,
pour un repas chaleur.
Un verre à deux,
pour l'ami de passage.
Pour le solitaire qui se confie,
un bout de chemin avec lui.

Fragile bonheur en composition.
De fleurs et de fruits parfumer.
L'impossible ne pas chercher.
Dans les petits gestes se retrouver.
Dans les petites choses accueilir.

Pause amitié,
pour le bonheur difuser.
Un regard tendresse pour l'accompagner.
Un acte d'amour pour l'oublié.
Une pensée pour tous les rejetés.
De l'ampathie pour la souffrance voisinage.
Une main tendue pour le petit.

En nous,
le bonheur trouver.
Dans nos vies simplifiées.
Une bienvenue souhaitée,
dans l'océan de nos sentiments.
Voguer sur les eaux de nos soucis.
Mais toujours revenir.
Pour un repos mérité,
en attente d'une visite,
les portes du bonheur s'impatientent.

Eclat étoile.
Eclat diamant.
Venez et goutez,
des bouts de  bonheur offrez !

par sonja publié dans : Prose poétique
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