Une fois de plus, Monsieur Hulot a ajouté à notre menu, du rêve...
Ses reportages sont toujours aussi accrocheurs et magiques. Ses voyages au dessus de notre planète ne sont pas de simples effleurements.
Cet homme passionné et amoureux, nous transmet toutes les beautés et fragilités d'un ecosystème bien organisé. De belles leçons de modestie également. Ses commentaires sont la temperature de notre environnement. Il le fait avec respect et la mesure qu'il convient. Ce qui n'enlève en rien, au puissant message qu'il desire faire passer.
Combien d'années déjà qu'il traverse continents, mers et océans ? Pourtant, cet homme n'a rien touché au temperament qui l'anime. Ses livres sont du même matériau.
Venez, suivez-moi, un petit regard s'impose. Son reportage d'il y a quelques jours nous mène vers des horizons lumineux. Sous un ciel turquoise ou azur, la chaleur de la savane s'étale à nos pieds.
Entrons dans le sillage de son reportage. Un de plus. Mais impressionnant.
L'Afrique du Sud, berceau d'une faune unique au monde. Nous voilà donc installés sur la barque du plaisir. Quand à Nicolas Hulot, c'est dans son ballon à l'hélium qu'il avançait au dessus des zèbres en marche.
Une belle envolée de flamants roses s'est élevée. C'est en ce lieu qu'il y a la plus grande assemblée au monde de cet oiseau. Haut sur patte, il allie la grâce et la fierté lorsqu'il se déplace. Un ralentis en allongé. Les perturbations climatiques vont causer un grave problème de survie à ce bel oiseau au rose delicat. Les marais continuent de s'assècher... Les salines blanches autrefois comblées par l'eau, fragilise ce coin d'Afrique.
Une Afrique aux splendeurs multiples.
La migration des zèbres voit son potentiel richesse en eau, disparaitre à son tour, à une vitesse invroyable. Sur ce même passage, lors de la migration, s'installe les lions. Ils attendent avec impatience cette venue. Sans les zèbres, les lions sont voué à la disparition.
Il ne faut pas oublier que plus de 1000 zèbres sont devorés chaque année par les lions. En ce lieu.
Les grandes plaines d'herbivores, deviennent rares. L'environnement se fragilise. La migration conditionne l'ecosystème. Elle est l'ingénieur des ecosystèmes.
Il y a 150 ans, au fond de l'ancien lac, il y avait de l'eau douce. A présent, ce n'est plus qu'une immense surface saline.
Nous sommes en train d'assister au spectable des dernières grandes migrations d'Afrique.
Et quel spectacle !
Il y a quelques années encore, on pouvait voir les éléphants parcourir de grandes lignes migratoires. Les dejections que ces pachidermes laissent derrière eux sont une protection pour les autres animaux. Là où passaient avant, les éléphants, des arbres s'installaient sur ce parcours. On pouvait observer les quelques rares couloirs qui s'étendent sur d'anciens passages. Mais ces arbres disparaissent peu à peu, eux aussi. Le desert prend à chaque fois, un peu plus de place.
Et lorsqu'il n'y a pas d'herbivores, tels nos zèbres, il y a le feu. Là où il y a encore des herbivores, l'Afrique ne connait pas les incendies.
L'Afrique a aussi trouvé le moyen de protéger cette faune, contre un autre danger. Les braconniers. La grande barrière qui coupe cet ancien passage, est fermée et mieux surveillée.
Bonne initiative, bien qu'elle génère un autre problème. Celui de la consanguinité, du fait que ces animaux finissent par se reproduire entre eux...
Mais les africains ont fait quelque chose, puisqu'ils gèrent un parc de 200 éléphants.
En France, pour seulement cohabiter avec quatre ours, l'homme mène une bataille honteuse... il y a de quoi halluciner. Quatre ours, contre 200 éléphants ? Serions nous plus égoistes ?
L'espace se reduit pour les grands animaux.
Puis est venu le moment de danser au dessus de l'Océan. Grandiose !
Tout le monde était en attente du gigantesque serpent de sardines. Sur des kilomètres...
Leur migration déclanche celle de toutes la chaine de l'ecosystème de ces côtes africaines.
Le rendez-vous en ce lieu particulier, attire les dauphins, les baleines, les requins et les fous de bassan. Des rencontres à vous couper le souffle.
Les plongeurs, eux aussi sont en attente à cet instant précis, du grand plongeon dans l'Océan. Un Ocean qui s'est légèrement troublé d'écailles. Un vrai rideau opaque.
Les scientifiques et les observateurs ont remarqué ces dernières années, que les sardines, descendaient plus en profondeur. Hors d'atteinte des requins et des oiseaux.
La raison vient du fait que les eaux sont trop chaudes pour le grand serpent noir. Il va donc chercher encore plus bas, ces courants froids qui donnent la température idéale pour la sardine. Ce poisson évolue dans des eaux entre 14° et 20°.
Voilà que les fous de bassan comment à s'agiter. Que les baleines sont en vue. Un signal semble avoir été déclanché. Quand aux dauphins, ils ont demarré leur ballet, à la suite du serpent noir.
La stratégie des dauphins est ingénieuse. Etant donné qu'il n'y a qu'eux qui peuvent plonger dans les eaux profondes, et qu'il est aussi le nageur le plus rapide, après le maco... cet ingénieux animal va les chercher, les isole en boules de sardines, les assoment par des ondes, puis les font remonter à la surface. Car les sardines n'ont qu'une hate, echapper au daphin.
Le départ est donné. C'est là qu'arrivent nos grands oiseaux. Ils foncent vers l'océan, en des piquets à donner le vertige.
Imaginez l'impact... à plus de 60km/h, toutes ailes rentrées, ils vont percuter ce mur liquide. Ils sont 120 000 pour un chassé croisé entre oiseaux. Impressionnant !
Vous regardez, et vous vous demandez si cela est vraiment possible. Vous savez maintenant pourquoi on les appelle les "fous". Pendant des minutes interminables, c'est un vrai feu d'artifice. La vitesse de propulsion ne semble pas avoir de fin.
Les requins restent à distance, car plus oportunistes et moins rapides, dans cette course à la prédation. Mais dès qu'il y a les détonations des fous de bassan, lorsqu'ils percutent l'eau, ils se précipent sur le ban qui essaie de fuir en desordre et vers le bas.
Le dernier grand festin dura plus de quatre heures. C'était en 2003.
Aujourd'hui, les fous de bassan n'ont que quelques minutes pour se nourrir.
Si la mer continue à se réchauffer, les fous de bassan risquent de mourir de faim.
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