Des rencontres sur une avenue... tout le monde est curieux par ici. Moi aussi d'ailleurs.
Quel séjour fabuleux...


Chers ami(e)s
visiteurs,
en panne d'ordinateur depuis de nombreuses semaines,
c'est depuis le cyber-café que je viens déposer des articles de temps en temps.
Je m'excuse de cette absence bien involontaire sur vos blogs et vous remercie pour vos passages et vos commentaires.
Des rencontres sur une avenue... tout le monde est curieux par ici. Moi aussi d'ailleurs.
Quel séjour fabuleux...
Voilà ! Lorsque je pense à l'Algerie à présent, c'est ainsi que dans ma tête se présente ce coin de terre.
Comme l'éclat d'un beau coucher de soleil. Un apaisement du à l'instant de la journée finissante. Un brin de calme mental. Une pause reposante. Et de la couleur plein le coeur. Une luminosité
intense qui va finissant vers un repos bien mérité.
Mon esprit galoppe de lieux en lieux. Un réveil du souvenir qui me porte à sourire, même lorsque je me trouve devant ma page blanche. Sourire de tendresse. Mais sourire d'amusement aussi. Ces
plongées régulières dans mes pensées, me font dire que j'étais bien bougeante durant mes années Algerie.
Un autre souvenir me porte à sortir de ma mémoire une drole d'anecdote.
C'est autour des religieuses que j'ai aussi un peu fureté. Lorsque pour finir mes études je me suis retrouvée dans l'une de leur école privée... mais ici, il s'agit d'une association de la
jeunesse ouvrière catholique.
Je ne sais comment j'ai aussi atteri chez eux. Toujours est-il que je n'ai qu'un seul passage dans ma vie de cet organisme. Mais je pense que je sais pourquoi...
C'était le temps où on faisait des camps pour la jeunesse. Afin de les occuper, ou pour les tenir sagement en semi bride...
Nous voilà donc partis avec un groupe pour faire du camping. Filles et garçons. Nous étions bien encadrés. Je crois même qu'il y avait des religieuses et un prètre au moins. Je pense que je
devais avoir autour des 15 ans. Je revois les tentes dressées et le rangement de la vaisselle, et d'autres bricoles. A charge pour nous la jeunesse, de ranger notre petit coin nuit.
Les soirs de veillées c'était chanson et guitare à volonté. Au milieu d'un nature luxuriante, parfumée, colorée. Comme nous étions proche d'un ruisseau, la nuit, clapotis continu en descente.
Grillons et cris de certains petits animaux nocturnes garantis. Froissement, ou glissement à peine perceptible lorsque nous étions dans nos tentes. Grandes discussions dès que nous nous posions
sur nos couvertures. Et rires aussi entre fille de même chambrée, sous la toile.
Les taches étaient équitablement partagées. C'est ainsi que la corvée de vaisselle, ou du rangement autour des tentes en incombait aux invitées que nous étions. Les garçons n'étaient pas
oubliés.
Nous coulions des journées sympathiques, mais surement trop tranquiles à mon goût.
Et puis les corvées, je ne devais pas tellement aprécier.
C'est ainsi qu'une idée germa dans mon esprit.
Et que je soumis à mes deux plus proches amies. Si au départ l'idée n'emballa pas mes compagnes, elle fit son petit bout de chemin dans leur tête.
Je leur avais proposé de visiter les villages et les villes alentours, pour mettre de la couleur dans nos journées... en auto-stop ! J'avais tout planifié. Jusqu'au moindre détail. Avec nous,
nous emmenerions un garçon. Pas n'importe lequel... l'un des moniteurs. A tant que faire.
C'est lors de nos corvées au bord de la rivière qu'on en parla à ce jeune homme qui accepta... je me demande encore aujourd'hui pourquoi il a sauté les deux pieds joints dans notre délire.
Avec peu de bagage, et sans argent, nous voilà sur le bord de la route, un certain jour, à arrêter les voitures.
Qui le firent, avec beaucoup de complaisance.
Nous choisissions des personnes seules, puisque nous étions tout de même assez nombreux pour une seule voiture. Car pas question de nous séparer. Et encore moins de couper en deux, le
seul garçon que nous avions, pour nous protéger...
Nous avons beaucoup marché aussi.
Mais le but était de visiter. De prendre le temps de regarder notre environnement. De cueillir le plaisir d'une nature délicate ou sauvage. Avec des paysages à couper le souffle. Sans oublier que
le premier objectif c'était Tizi-Ouzou. Nous ne devions donc pas être si loin que cela de cette ville.
Sans argent, comment faire une fois sur place ? Qu'à cela ne tienne... j'avais pensé proposer au restaurateur de faire sa vaisselle du midi. Ce que j'ai fait après avoir choisi le pigeon idéal.
J'avais du voir cela dans un film comique... Premier repas donc, avec cette méthode assez cocasse, car le restaurateur n'a même pas voulu que nous soyions de corvée. Mais il doit en rire
encore...
C'était après l'indépendance, je dois le préciser.
Toujours est-il que mon escapade a un peu effrayé les personnes du camp, ainsi que mes parents.
Mais eux, ils étaient habitués à certaines de mes frasques. Ils ont donc attendu mon retour pour sevir par la suite. Pas d'avis de recherche.
De villes en villes nous avons fait notre petite virée nature, car je dois reconnaitre que le cadre etait délicieux. Et les gens généreux.
Je crois bien que je n'ai jamais eu conscience d'aucun danger. D'ailleurs, même après l'indépendance, il n'y avait pas de quoi avoir peur de la population, en général. Ils n'ont jamais changé à
notre égard. Je veux dire envers notre famille et moi même. Je ne sais pas pourquoi, mais à aucun moment nous avons ressenti de l'hostilité.
Il y a eu quelques petits malentendus, mais vu mon état d'esprit très aventurier, il était évident que parfois de petites confrontations pouvaient survenir...
Mais j'ai aimés ces années là, même si je n'en ai jamais parlé jusqu'ici.
Encore et toujours ce besoin de bouger, d'espace... quel bonheur que d'avoir pu le faire. D'avoir osé le faire... Alors oui, ces plongées dans ce pays merveilleux, c'est du bonheur cueilli...

J'aime ces rues... ces gens généreux... ces villes au regard différent...




Le ciel est gris.
Le ciel a de nouveau tiré sa couverture nuageuse. Je n'ai même pas vu le soleil se coucher. Sa lumière n'a pas percé. Le crépuscule s'installe plus tôt. J'observe les vagues nuageuses avancer
lentement. Leurs formes changent en marche. Ce ciel bas sent l'orage. A certains moments il y a comme un roulement. Des craquements diffus. Le ciel gronde au milieu de ce moutonnement.
Les martinets sont encore là. Ils tournent sans arrêt. Sifflements et cris, par vagues ils envoient.
Des oiseaux traversent les routes du ciel. Il est temps pour eux de rejoindre leurs chambres à coucher.
Les passereaux lancent leurs dernières trilles. Les merles chantent la pluie. Nos amis du jour ne vont plus tarder à entrer dans la nuit du sommeil. Mais c'est déjà le signal pour d'autres, de
prendre la vie de nuits...
Les lampadaires de la cité s'allument. Nous ne sommes pas loin des 22 heures. Décidement, je ne cesse d'être surprise par le quartier. A partir d'une cetaine heure, plus de bruits. C'est le calme
dans la cité, malgré les nombreux immeubles qui se cotoient. Même la tour proche semble être habitée par des absents.
La fraicheur me serre. Mais j'aime. Les quelques arbres de l'autre côté de la rue ne frissonnent pas.
D'où vient ce petit air sympatique ?
Je vois deux petits bouts de montagne, au loin.
Depuis mon salon me parvient la musique douce des notes d'un piano. Voilà une heure, j'ai mis un CD dans dans la chaine. Quelle musique délicate et prenante. Le piano... de la noblesse dans la
fluidité des notes en continues.
Je n'ai pas encore allumé la lampe du salon. J'arrive à écrire parce que la lumière de la ville s'est imposée dans les lampadaires, proches de mon balcon.
Voilà plus de deux heures que ma paisible soirée me donne toutes les raisons d'aprécier le mouvement du temps qui passe.
Je sens des moustiques tourner autour de moi.
Mes deux chauves souris n'ont pas encore commencées à raser mon balcon. je vais m'amuser à les suivre durant un bon moment, comme à mon habitude. Curieux petit animal qui investit parfois nos
villes...
La nature me laisse rêveuse. Avec elle, c'est toujours de nouvelles aventures. On ne peut jamais la regarder de la même façon. Parce que rien ne se forme à l'identique. Chaque jour, même dans les
mêmes gestes, il y a variation. C'est dans sa régularité qu'on pense la ressentir identique. Le plaisir des yeux. Celui du coeur.
La nature fait son remu-ménage dans nos profondeurs.
Ces soirées projetent les pensées au delà de notre espace réduit, de nos murs, et de notre quotidien.
Porte ouverte à des échappées mentales. Ou à des questionnements.
C'est dans le calme que je laisse courir mes émotions du moment.
Eprouver même ce besoin d'écrire, ce temps qui passe... Lorsqu'on est dans un silence constant, dès qu'on franchi la porte de sa maison, on peut ressentir ce sentiment.
Parler, même avec sa plume...




Affreville ! Aujourd'hui Khemis Miliana. De cette ville je n'ai gardé qu'un vague souvenir...
Mais j'ai gardé en mémoire, de belles allées de platanes, dont le feuillages se rejoignait au dessus des rues.
Une arcade ombragée pour une température très chaude les étés. De jolies maisons. Des quartiers sympathiques. Mais surtout, sa piscine. Rencontre obligée avec la fraicheur. Son plongeoir voyait
une foule nombreuse de plongeur. J'aimais me lancer depuis cette hauteur, pour éprouver le plaisir de fendre l'eau raffraichissante. La chaleur étouffante était vite oubliée en ce lieu.
Je crois bien que c'est mon père qui m'apprit à faire mes premières brasses à la mode d'un petit chiot se sentant un peu dépassé. Plus d'une fois il m'a encouragé à entrer dans la piscine non pas
avec douceur, mais en y plongeant. Même si je ne savais pas nager. Cela me ravissait. Que de fois ai-je sauté depuis le plus haut des plongeoirs. Mon père m'attendait en bas, dans l'eau... celui
ci a encouragé ma témérité plus d'une fois.
Nous habitions un petit immeuble dans un quartier proche de celui qu'on appelait "le quartier arabe". Déjà une séparation dans les seuls mots.
Après Sidi Bel Abbès où les bombes explosaient déjà, avant mon départ de cette ville... voilà qu'ici aussi les hostilités prenaient le pas sur notre quotidien. Lorsque les explosions se
rapprochaient de nos habitations, je revois ma mère s'évanouissant. Elles ne supportait pas ces frayeurs. Je suppose qu'elle ne devait pas être la seule.
Une violence sans nom s'était insidueusement installée dans le pays. Nos jeux de voisinnage prenaient une autre forme. Les enfants que nous étions n'avions pas encore conscience de
l'horreur semée partout dans le pays. Aller à l'école devenait le parcours de tous les dangers, selon nos parents.
Nous étions quelques européens à n'avoir pas renoncé à nos amis algeriens.
A l'école de nos parents, il n'était pas question de les rejeter pour le seul motif que leurs parents désiraient obtenir la reconnaissance "d'êtres humains". En un mot leur dignité. S'il fallait
passer par l'indépendance, voilà qui était compatible avec leurs revendications. C'est ce que j'entendais à la maison.
Alors pourquoi cet acharnement à tuer avant de rendre un bien qui ne nous appartenait pas ?
Les bombes ont gachées pas mal d'amitiés. Les colons étaient des acharnés d'une mentalité malsaine.
Leurs biens... leur pays... leurs indigènes... comme ils aimaient le dire, il n'était pas question qu'il l'abandonne.
Bien sur, ils mirent des années à défricher certaines terre, à construire. Mais l'Algerie n'était pas pour autant une terre inculte, lorsque la France s'est imposée dans le pays. Bien au
contraire. Ce pays était riche et possédait une gestion qui dépassait de beaucoup bien d'autres nations. On entendit parler de ses richesses jusqu'en Amérique.
Une colonisation ne se fait jamais dans la douceur. Peut être que cela nous échappe.
Orléansville ou El Asnam, n'étant pas loin, nous avons ressenti bien des fois, des secousses jusqu'à Affreville. Lorsque nous le pouvions, je me souviens que notre père nous encourageait à sortir
de la maison. Mais pour les habitants d'El Asnam, le temps n'était jamais de leur côté. Que de morts après ces nombreux tremblements de terre. D'effrayantes images nous parvenaient à travers les
journaux de l'époque.
Tristesse et consternation.
Court passage à Affreville !
Je me retrouve dans la capitale. Je devais avoir 12 ou 13 ans. Nous habitions un petit appartement à Hussein Dey. C'est ainsi que j'ai découvert la grande ville. Des rues et des quartiers que
j'ai investi par ma curiosité. Faire connaissance avec Alger ne m'a pas posé de problème. Je n'avais pas perdu de vue que j'étais en demande d'espace et de liberté.
A la conquète d'Alger la blanche je suis partie.
Avec ma mère tout d'abord, qui nous baladait quelquefois au centre, ou aux alentours.
Mais à l'heure de mon adolescence, très vite je me revois seule, ou avec ma soeur ou des amis.
Le nom des rues j'ai perdu. Ma mémoire les as éparpillé. Mais je saurais aller partout où j'ai pu me rendre.
C'est au lycée d'Hussein Dey, qui prolongeait une place, et juste en face du cinéma du quartier, que j'allais remplir ma tête d'un peu de connaissance. Paresseuse et toujours un peu rebelle
contre toute forme d'obligation, je n'ai pas brillé sur les bancs de l'école... Mes rapports avec les enseignants furent tendus, du plus loin que je me souvienne. Certains d'entre eux n'ont
vraiment pas fait preuve de pédagogie saine.
C'était encore le temps des punitions à ralonge. Et des humiliations à répétitions. En math et en anglais notamment il y a eu comme une détestation pour ces deux matières. Résultat : rien de bon
en mathématiques et un refus catégorique d'apprendre l'anglais. Punitions et convocations des parents n'ont rien changé à mon état d'esprit. Un vrai blocage mental.
Pourtant, après l'obtention de mon certificat d'étude, j'ai le souvenir que du CM2, je me suis retrouvée en cinquième sans passer par la sixième.
Mon allergie pour le corps enseignant de l'Algerie française était un fait.
Mes camarades de classe ne voulaient toujours pas de moi. Ces petites filles et plus tard, ces jeunes filles précieuses, bien mises sur elles, n'avaient que faire de celle que j'étais en ce temps
là.
Ces enfants de colons ne recherchaient pas ma compagnie. Ni moi la leur d'ailleurs. Ce fut le rejet total. C'est du moins ainsi que je l'ai ressenti.
Mes quelques camarades étaient algeriennes. Chez elles j'avais mes entrées. Leurs parents savaient partager.
Je n'ai jamais su comment était faite la maison de ces "petits pieds noirs", lorsque j'habitais Alger.
Une seule fois je suis allée à une "surprise partie" que la jeunesse française organisait. Une rapide entrevue. Je n'ai gardé qu'une fugace image. Ce que je n'ai pas oublié, ce sont leurs
moqueries.
Tout cela, sur un fond de guerre. Une ambiance détestable à tous les niveaux. La peur était palpable. On ne parlait que de morts dans un camp ou dans l'autre.
L'armée française était partout, la mitraillette au flanc. Les algeriens n'en menaient pas large. Les fouilles étaient humiliantes, voire violentes... comment oublier de telles actions ?
Qui commença les hostilités ?
Le savoir était-il vraiment important ?
Les algeriens ont réagi avec une violence inouie. Mais ne subissaient ils pas déjà une violence bien plus cruelle depuis tant d'années ? Faire leur seul procès est déjà une violence. Relater les
faits de cette période de la colonisation, avec honêteté semble innacceptable. Aujourd'hui encore, beaucoup de "pieds noirs" la refuse. N'ont-ils pas su analyser leur propre histoire ?
Lorsqu'il m'est arrivé, rarement, je dois reconnaitre, d'essayer de mettre leur mémoire en marche, lorsqu'ils se lancent dans des propos tendancieux, voilà leur réponse... que je ne sais rien,
car je n'étais pas là bas durant les années 56/57. Non seulement j'y étais, mais j'y suis restée après 62... C'est en 1968 seulement que j'ai rejoins la France. Adulte, ils ne font toujours
pas partis de mes amis...
J'ai subi moi même le racisme des français d'Algerie, après celui de ceux qui étaient au Maroc.
Etaient-ils si préoccupés par leur petit monde fermé, qu'ils ont oublié qu'il y avait d'autres humains à leurs côté ?
Ces années très difficiles ne m'ont pas empêchées de vivre comme je l'entendais. Déclanchant parfois des hostilités.
Mes parents avaient d'excellents rapports avec nos voisins algeriens. Moi pas toujours, à partir de mes années d'adolescence. Les jeunes filles devaient montrer profil bas. Je ne l'entendais pas
de cette oreille.
Nos sorties villes étaient des promenades qui ne faisaient pas l'unanimité de voisinage. "Une jeune fille bien" ne sortait pas seule. Mes réponses n'étaient pas du goût de tout le monde.
Ma seule préoccupation n'était que l'échange, le partage, les discussions interminables... Les balades... les après midi cinémathèque... en un mot, toutes les curiosités. C'est cela qu'on n'a
jamais pu comprendre.
Même ma famille n'a pas fait cette simple gymnastique mentale.
Ce qui demeure dans ma mémoire sur ces années Algerie ?
En toute franchise... des petits coups de bonheur. Des années d'espace personnels. Je me suis fabriqué un monde bien à moi. En solitaire, même si je prenais plaisir à des compagnies de
passage.
Et une mauvaise note pour ma mère.
A cause d'elle j'ai quitté l'Algérie. Je peux même parler de fuite. Un départ qui s'est imposé de lui même.
J'ai effacé bien des souvenirs. Mais je n'ai pas oublié mes collègues avec lesquels je travaillais à la banque. Ni toutes ces amitiés d'un temps.
Ni Alger, ville aussi magnifique que le pays lui même l'est. J'aimais la Casbah. Je m'y baladais assez régulièrement. Mes pauses dégustation au "Milk Bar", sur sa terrasse, sont dans ma tête.
M'asseoir devant la Grande Poste faisait aussi partie de mes voyages à travers une ville qui a sa place dans un coin de l'un de mes tiroirs du souvenir. C'est avec cet ami dont j'ai oublié le
prénom que je me vois, très souvent. Ce grand frère avec qui j'ai partagé bien des rires. Son visage et ses gestes je n'ai oublié. Ni même ce geste qu'il faisait pour remonter légèrement ses
lunettes sur son nez. Une gentillesse et une générosité... qu'on ne peut même pas décrire.
Alger que j'ai admiré depuis ses hauteurs... cette ville qui semble se jeter dans la Mediterranée. Ville ouverte aux navires venant de tous les horizons. Une beauté blanche !
C'est en bateau que j'ai quitté l'Algerie, en juillet 1968. J'ai vu s'éloigner peu à peu ses cotes... pour disparaitre. Splendeur d'un temps que derrière moi j'avais laissé.
J'ai fait un retour à Alger, pour rendre visite à mes parents, en 1985. Une semaine auprès d'eux. Puis j'ai de nouveau quitté. Je ne devais pas être encore prête pour un tel retour. Aujourd'hui
je sais pourquoi...
C'est en decembre 2005 que j'ai revu mon séjour à la hausse. Et là, mon plaisir fut immense. Trop court aussi, même s'il s'est agit de presque deux mois. Des escapades que cette fois ci, je
n'oublierais jamais, dans ses plus petits détails.
De l'Algerie d'aujourd'hui, on n'a pas envie d'en revenir.
Je n'ai qu'une hâte, y retourner !


Mais qu'est ce qui fait que nous ayons besoin d'espace ?
Comment se fait il que nous réclamions du temps ?
Pourquoi le mot liberté est ce qui vient en premier à l'esprit ?
Alors,
regardons la nature !
Elle répond à nos questions.
A l'oiseau on a mis des ailes.
Il s'envole toujours plus haut.
Encore plus loin.
Le ciel lui appartient.
Au poisson on l'a doté d'une jolie queue.
Et d'écailles sur laquelle l'eau va glisser.
Les mers, les oceans sont ses demeures.
Le chamois à ses pattes on a intimé de grimper.
Les plus hautes montagnes sont son domaine.
Il les contourne sans craindre le vertige.
.La gazelle et le guepard le temps ils ont défié.
Pour une course contre la montre ils sont partis.
Le paresseux et l'escargot,
le temps ils ne savent compter.
Ils le prennent à leur guise.
Le renard, le tigre, le lion, le dauphin, le chardonneret,
voyez comme ils tournent en rond,
lorsque dans leur prison dorée on les a enfermé.
Une montagne chevauche une autre montagne.
Une rivière s'éloigne joyeusement.
Une cascade chante,
lorsque sa chevelure argent touche la roche.
Une vallée verdoyante,
ou fleurie,
goûte aux plaisirs de la caresse du vent,
de la lumière du soleil,
de la fraicheur de la pluie.
Lorsque la nature on lui laisse du temps...
Que de liberté on ne la prive...
Et que d'espace elle ne manque...
Sa générosité est richement distribuée.
Privez là de l'une d'entre elle,
et elle se retournera contre la main qui lui vole ce qui lui revient.
Et nous qui sommes plus intelligent qu'un brin d'herbe,
nous voilà restreint par le temps,
que nous manquons d'espace,
et que notre liberté parfois nous est volée.
C'est pourquoi nous avons appris à fabriquer notre espace,
notre temps et notre liberté.
Notre monde imaginaire ne connait pas de frontière.
Il ne meurt jamais.
Et il nous permet bien des pensées....
dont le rêve est le plus joli des bouquets.


Oui, je suis encore en voyage du côté d'une ville qui fait toujours la joie de mes pensées... même après les 16 mois qui me séparent de mon dernier séjour dans ses
cours.
C'est en décembre 2005 que je m'y suis posée. Et fin janvier que je l'ai quitté.
Ville lumineuse où les bleus règnent sans partage.
Le bleu du ciel me porte quotidiennement du côté de Bejaïa.
Rien que son nom est déjà un peu magique.
Bejaïa et son port font la joie de ses habitants, lorsqu'ils vont se poser sur la place Gueydon. Un rendez-vous touristique qui n'échappe
à personne. Cette grande place et ses terrasses de cafés sont d'un accueil chaleureux. Un point en hauteur qui nous plonge directement sur le port...
Je me suis souvent posée au café le "Richelieu", surtout. Et je dois dire que cela était devenu une habitude de chaque jour. Quelle que soit la promenade du jour avec Rachid, l'ami qui ne m'a pas
quitté un seul instant, puisque mon guide aussi, c'est là que nous venions pour déguster nos thés.
Juste une pincée d'histoire pour donner une couleur supplémentaire...
Bejaïa est l'une des plus ancienne ville d'Algerie. C'est d'ailleurs à partir de cette ville que les chiffres arabes furent popularisés en Europe.
Le mot bougie n'est apparu dans la langue française qu'au XlVe siècle, tiré de Bugaya (Bougie), une ville d'Algerie qui fournissait une grande quantité de cire pour la fabrication des
chandelles.
Bejaïa est limitée à l'Est et au Sud Est par les barbors auxquels viennent se souder les Bibans au Sud.
La mer Mediterranée au Nord et les Crêtes du Djurdjura à l'Ouest complètent les limites géographiques de la Wilaya.
Bejaïa est caractérisée par la prédominance de zônes montagneuses. Elle représente comme une masse montagneuse compacte et bosselée, traversée par le couloir formé par la vallée de la
Soummam.
Richesse des sols, mais aussi beauté pure. Le soleil qui semble ne jamais s'éteindre sur ce coin magnifique illumine chaque parcelle de la ville et ses alentours...


Le bleu de la Méditerannée qui s'échappe pour rejoindre l'horizon du ciel, forment un bel assemblage de tons azur ou turquoise. Parfois la mer devient émeraude. Les Babors qui couronnent ces
délicats dégradés, est la reine des lieux. Chaine montagneuse qui s'allonge en ruban, et parfois blanchie par un voile fin.
Un bel écrin pour le diamant scintillant qu'est cette ville où les verts dominent dès qu'on se tourne vers elle...
Les ruelles même du centre ville sont pleines de charme. De lumière. De sourires...
Une admirable composition d'escaliers qui nous mènent vers les hauteurs de la ville.
Cette ville séduit dès le premier coup d'oeil. Dès la première rencontre on ne désire qu'une seule chose... le silence, ne pas parler, et laisser le regard courir sur ses belles courbes. Et ses
formes désirables.
Tout est à regarder.
Un alliage précieux, pour une ville étincellante.
Un lever de soleil, un coucher de soleil et les ors et les pailles vont prendre en otage le bel éclat rubis du soleil en phase de sommeil, ou de réveil...
Les lumières de la ville commencent à s'allumer pour devenir les étoiles de ce merveilleux bijou qui embrasse la Méditerranée.
Des vacances hautes en couleurs. Des vacances pour l'oeil affamé de beautés. Des vacances à essayer...
Et si vous désirez en savoir plus sur cette magnifique ville et ses ruelles parfumées, et ses quartiers particuliers... une seule adresse, un site : Bgayet à 360°
Vous aurez la surprise de constater que leur page d'acceuil porte l'une de mes poésies. Elle s'intitule "Appelez moi Bejaïa !" Amusante rencontre avec l'un de mes écrits...
Je viens de découvrir moi même ce site qui comporte des vues panoramiques à 360°... une caméra qui vous guidera au coeur de Bejaïa la magnifique !
Je vous souhaite un excellent voyage au coeur de mon coup de foudre !




Après une grande partie de mon enfance passée au Maroc, me voilà de retour en Algérie. A Sidi Bel Abbès. Je ne sais pas comment j'ai fait ce retour, ni pourquoi.
Je ne sais qu'une seule chose, je m'y vois. Au moins durant deux années, puisque j'ai un vague souvenir de ma scolarisation. Mais le plus étonnant, c'est que je ne me souviens pas du tout de ces
années écoles. Ni même de l'établissement scolaire. Decidemment, j'ai du accumuler les points négatifs pour avoir effacé certaines choses.
Je me retrouve donc seule, dans la maison de mes grands parents, aux bons soins d'une tante et de sa petite famille. Encore des zones inconnues dans mes souvenirs... mes parents sont restés au
Maroc.
Chez ma tante, dans cette grande maison... du moins, je crois. Ce grand jardin... c'était des vacances perpétuelles. Des péripéties d'un tout autre temperament.
Marrakech est loin.
Déjà !
Je devais avoir 9 ou 10 ans lorsque ce changement est survenu dans ma vie d'enfant.
Mon adaptation a du se faire sans aucun problème, car cette partie de ma vie fut tout aussi heureuse.
Mes jeux je les ai fait en compagnie de mon cousin qui cautionnait tout ce que je faisais. De mon côté je lui rendais la pareille. Une complicité sans faille. Je crois bien que nous
avons deux ou trois années de différence. Lui etant mon ainé. Mais nous avons mérité bien des punitions pour notre complicité devant les sottises. Quel turbulent. Mais cela me convenait
tout à fait. Quand à sa soeur, déjà une jeune fille, avait d'autres interêts que les notres. Cette "précieuse" prenait toujours son frère de haut. Ce qui finissait bien souvent en conflits. Elle
cherchait très souvent la bagarre.
Je ne comprenait pas tout, sauf que mon coquin de cousin tenait tête à sa soeur et que parfois ils en venaient aux mains. Sa maman la défendait souvent...
Nos farces étaient nombreuses. La cousine nous la rendions enragée quelquefois.
Un soir, alors qu'elle tirait l'eau du puits au fond du jardin, nous étions dissimulés derrière des fourrés proches, et avons bondi en criant... nous l'avions énormément effrayé. C'est en courant
qu'elle parti vers la maison.
Nous étions rarement à l'interieur de la maison. Des vagabondages ou des jeux de cache-cache dans le jardin; ou autour. Au printemps ou en été; notre liberté était encore bien plus grande.
C'est ainsi que nous faisions des escapades dans le parc public, ou à la piscine...
Il allait rejoindre son meilleur ami. Son père tenait un petit point vente de boissons et pommes de terre frites. Dans leur cornet, ces délicieuses pommes de terre faisaient le plaisir
de nos palais. Je devais être un peu l'ombre de ce cousin qui m'emmenait partout.
Je me vois bien plus jouer avec lui qu'avec ma soeur et mon frère... je me suis longtemps interrogée.
A Sidi Bel Abbès, il y avait une autre tante. C'est mon cousin qui m'accompagnait chez elle, sur la barre de son vélo, lorsque nous étions loin des yeux de sa mère. Je restais alors chez cette
tante pour quelques jours. Un échange de responsabilités partagées, entre les deux soeurs de ma mère.
Chez elle, c'était encore autre chose. Elle me gatait d'une manière différente. Etant couturière, elle m'a bien souvent habillée d'une très jolie façon. Je me revois parfois, en dentelles. Ce
devait être la mode à l'époque.
Chez elle il fallait rester un peu plus sage et propre sur soi. Je devenais une poupée endimanchée. Avec elle c'était les séances de
cinéma.
Des balades chez des cousins, où il fallait rester sur sa chaise, bien gentille. Ils avaient une patisserie boulangerie. J'aimais ces visites du dimanche. Pour les gateaux
?
C'est avec cette tante aussi que je me rendais sur la tombe de mes grands parents. C'était des instants agréables, car le gouter était la récompense suprème. Du pain bien frais, avec
une barre de chocolat.
Cette tante douceur n'avait que de la tendresse plein le coeur pour moi.
Quand à mon autre tante, elle avait un autre temperament. Assez batailleur. Les deux soeurs se chamaillaient un peu pour moi. L'une et l'autre voulait me garder le plus longtemps possible chez
elle.
Mon esprit vagabond n'avait d'yeux que pour ce grand jardin des grands parents, situé Vallée des Jardins, où je faisais des incursions quotidiennes.
Un beau jardin bien entretenu par ma tante et mon oncle. Ils vendaient leur produit au marché de Sidi Bel Abbès. Ils rangeaient leurs belles bottes fleuries dans des seaux d'eau.
Parfois j'accompagnais ma tante.
Mais comme je ne tenais jamais à un endroit fixe, je faisais le tour de ce marché qui me semblait être une caverne miraculeuse. On y trouvait de tout, et bien du monde. On vendait même à la
criée.
On m'offrait de petites gateries. Je me faisais gronder aussi...
J'ai en mémoire un certain jour. Avec mon cousin, nous nous trouvions dans le jardin derrière la maison. Côté potager cette fois ci. Des rangées de tomates. Il y avait l'ami de mon cousin; et un
autre enfant. Deux au bout du jardin. Deux autres à l'autre bout. C'est ainsi qu'a commencé une bataille de tomates. Et l'idée n'était pas mienne. On ne va tout de même pas tout me
mettre sur le dos...
Un vrai carnage. Après notre passage, plus rien. Le tonton etait furieux. Le cousin a pris ses jambes à son cou... moi aussi. Mais il a bien fallu rentrer à la maison le soir venu.
J'ai aussi fait des grimpettes sur le figuier. Il ne fallait jamais laisser une échelle contre ce bel arbre si attirant. Cela était une provocation pour ma gourmandise. On est venu souvent me
chercher sur l'une de ses branches.
Le fragile néflier etait honoré par ma visite lui aussi.
La vigne me connaissait bien. C'était le jardin régal... Tous les fruits y sont passés. Seules les fleurs furent épargnées.
J'aimais aller au poullailler avec le tonton ou le cousin, pour faire la cueillette des oeufs. Quelquefois, encore tiedes, dans le creux de ma main.
Le grenier nous servait de cachette lorsque nous ne voulions pas que la tante nous trouve. Le cousin etait mis à contribution pour des travaux. Alors, nous nous y rendions pour disparaitre. Il
ramenait l'échelle à l'interieur, puisqu'il n'y avait pas un autre moyen pour y accèder. Nous faisions les sourds. Ou alors, nous mettions le bazard, dans ce déjà si grand bazard.
Par la fenêtre côté rue, les passants recevaient des sacs remplis d'eau qui explosaient à leurs pieds. On entendait leurs cris de colère. Un vrai délice...
La grande côte qui partait depuis le haut de la piscine et qui passait devant le jardin de mes grands parents, nous voyait souvent mon cousin et moi, la descendre sur une planche à laquelle il
avait ajouté des roulement à billes... je crois que cela s'appelle ainsi. Un bruit incroyable qui faisait rager quelques voisins.
Il est vrai que nous n'étions pas les seuls enfants à nous adonner à ce petit jeu qui pouvait à tout moment, nous verser sur la chaussée. Ou bien dans le canal proche.
J'étais la seule fille... heu... et je ne sais pas pourquoi. Mais pour rien au monde je n'aurais loupé ces coups d'adrenaline longue durée.
Le théatre de verdure, lors de certaines manifestation, je m'y vois... à faire des grimaces et des farces.
Lorsqu'il y avait des bals, là aussi je faisais des miennes. Nous tournoyions sur la piste pour surveiller les jeunes filles avec leurs cavaliers. On repêtait aux parents leurs écarts. A moins
qu'on nous donne un sou.
Un sou pour un bisou... Des parties de grandes rigolades.
Il y a eu aussi des escapades dans le centre ville, ou dans d'autres quartiers. J'étais sous l'oeil vigilant du cousin, selon ses parents. Mais pour ce qui était de surveiller l'autre, je me
demande bien qui le faisait vraiment... avec lui, grande liberté.
J'ai même volé une fois, dans cette ville où rien ne passait inaperçu. C'est ainsi que les Nouvelles Galeries m'ont vu débarquer pour une balade entre les rayons alimentations. J'étais
accompagnée, mais je n'étais pas avec mon cousin. C'est ainsi que j'ai piqué deux kilos de pâtes. Mais je n'ai pas eu le temps d'aller bien loin. On devait surement me surveiller. J'ai eu droit
aux grandes manoeuvres civiques. Et une leçon de morale de la part de ma tante "bonnes manières" chez qui je me trouvais. Pourquoi des pâtes ? Je l'ignore, car chez mes tantes je n'ai jamais eu
faim.
De cette période, ma tête est pleine de jeux. Et de petites sottises...
La maison de mes grands parents a été rasée il y a quelques années. Elle a disparu des lieux, mais pas de ma mémoire...
Lorque mes parents sont rentrés du Maroc, je me revois avec eux, dans une autre ville.
A Affreville. J'étais un peu plus grande. Mais toujours avec des envies d'espace et de liberté.
C'était aussi le debut d'une période où les bombes ont commencé à effrayer des familles qui n'avaient pas demandé de guerre... ni le trouble entre voisins.
J'ai traversé ce temps là avec moins de sourires, mais ne comprenant pas toujours cette violence qui répandait la mort.
Très vite nous avons emmenagé à Alger...
Je vous raconterais aussi...

Danseuses ou princesses en robes de fête.
Pas
aériens en mouvements gracieux.
Corolles velours.
Couleurs tendresses.
Sur leurs tiges en reines invitées.
Dégradés délicats.
Tons fusions.
Personnalité vive.
Coeur parfum.
Mannequin tentation.
Solitaire beauté.
Voluptueuse jeune fille.
En couple pour une échappée.
En bouquet élégant.
En assemblée captiver.
Fleurs tous les jours.
Fleurs en habits nuits.
Formes attirances.
Amours en folie.
Pour l'abeille jolie,
le papillon éventail,
ou l'insecte malin...
A toute heure un mielat gouteux.
Mannequin magie...
Ou reine de nuit...
De baisers inonder,
ces beautés éternelles.
Juste un instant les observer et on a déjà succombé !




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