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Mercredi 21 mai 2008

Rien de plus normal qu'une chèvre sur le toit d'une voiture... mais une voiture avec une panthère sous le capot.
Au Yemen un toit de voiture c'est fait pour ça. 
Quand on manque d'arbres....



- Et bien alors ? Tu t'es perdu ou quoi ? Ton harras c'est de l'autre côté de la rue.
   Je te prête tout de même ma pelouse et mon soleil... mais pas trop longtemps. C'est juste pour te dépanner.



- Eh ! dites donc frérots, vous ne pouvez pas savoir comme ça fait du bien à mes petits sabots que cette moquette.
   On a l'impression de marcher sur une couette. C'est la classe !
   Allez, ne faites pas des manières, essayez donc...

- Tu crois vraiment qu'on peut ?
   Bon, attends, on arrive

-  Je finis d'abord mes élongations...



- Oh, les gars, qui veut jouer avec moi à la babale ? Juste un tout petit match. Je vous l'envois, et je cours après.
   Elle est belle ma balle... vous ne trouvez pas ? Incassable et lavable ! Parfumée à la fraise. Elle rebondit.
   On m'a même dit qu'elle flotte. On dit aussi...

    Personne ne m'aime !
   Je ne sais pas pourquoi tout le monde m'appelle calimero...



- Ah ! la croisette ! Les décolettés... Les bijoux... Les yatchs... Les films... Les ch'timis... et Paris Hilton...
   Mais les frittes chez Mac'Do, servies en terrasse, ça déménage !
   Je fini les dernières, puis je file. 
   
C'est moi qui serais sur le tapis rouge ce soir... Au côtés de Clooney, bien sur



- Quoi ? Ce n'est pas la bonne pose ? Qu'est-ce qu'elle a ma bouille ? On n'est pas à Cannes ici, non mais...



- On lèche la gamelle. On fini les miettes. On se lèche les babines... on ne partage pas. Quand au merci,
   on y  repassera. 
   Ca m'apprendra à être sympa avec ce sauvage...


- J'en ai plein la gamelle d'attendre qu'il ait fini sa sieste. En voilà un qui se permet d'arrêter de jouer, quand
   bon lui semble. En plein milieu d'une course, ou d'un saut. 
   Ce drôle d'animal semble toujours fatigué.
   Il m'énerve, mais je suis un toutou très patient !


par sonja publié dans : Sourires
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Mercredi 21 mai 2008

Je persiste, pour vous emporter sur les douceurs d'une faune variée et nombreuse. Sur les pas de "Terre Sauvage",  je vous offre leur reportage sur la ville lumière, qui cache si bien son jeu.
174 espèces d'oiseaux y ont été observées depuis 1980.
Je sais combien les Parisiens sont affairés, occupés, privés du temps précieux de la pause nature.
Ils semblent méconnaitre la belle avifaune que recèlent monuments et jardins.
Une richesse insoupçonnée...
Ne perdons plus de temps, prêtez moi votre main, accrochez-vous, et laissez vous conduire.

En fin de journée, un mois de février de l'année 2004, des ornithologues repèrent un bel oiseau.
Une gorge blanchâtre, un long bec et une queue noire se profilent, portés par deux ailes rouge carmin. Le tichodrome se pose sur le front du Panthéon et passe à la postérité. Les amateurs se dispersent, sourire aux lèvres.
Que diable faisait ce passereau, habitué des falaises montagneuses, en plein coeur de Paris ? Le thichodrome échelette vit entre 400 et 2500 mètres d'altitude. L'hiver, il lui arrive parfois de descendre dans les vallées, sur des façades de cathédrales ou de châteaux, mais celui-ci avait crrément traversé la Beauce ! Au bout d'un mois, le montagnard a disparu, aussi subitement qu'il était apparu.

Un bestiaire à plumes s'ébroue en plein Paris.
Les archives ornithologiques mentionnent avec précision les bizarreries aviaires de la capitale. Deux tichodromes échelettes avaient déjà été observés, à la fin de l'autone 1804, puis le 21 mars 1963. Ce même mois, une terible tempête sur l'Atlantique amène des guillemots de Troïl du côté du Pont Royal (1er) et des pinguoins tordas au-dessus de la rue Demours (XVIIe). La vague de froid de l'hiver 1956 jette un harle huppé sur l'île Saint-Louis. Cinq spatules blanches survolent le pont d'Austerlitz le 29 mai 1962. Trois cents oies cendrées strient le ciel parisien en octobre 1966. Quarante oies des moissons s'approchent de la gare Montparnasse en décembre 1967. Goëland argenté, mouette pygmée, huïtrier pie, cincle plongeur, hibou moyen duc, balbuzard pêcheur et océanité cul-blanc figurent également dans l'étonnant bestiaire à plumes de la capitale.
Il s'en passe de belles à Paris...

Xavier Japiot, naturaliste et spécialiste de la biodiversité urbaine, remarque : "Certains hommes, plus courageux, plus originaux ou plus résistants que d'autres, s'en vont parcourir les pôles ou affronter les déserts. Il en va de même pour les oiseaux erratiques. Et puis les conditionsclimatiques peuvent jouer un rôle. Les vents portent parfois des pouillots en plein Paris". Dans son bureau de Paris-Nature (Mairie de Paris), au coeur du bois de Vincennes, Xavier Japiot relève que "174 espèces au moins ont été observées dans la capitale depuis 1980". Dans le lot, on trouve beaucoup d'originalités éphémères, mais aussi des oiseaux installés durablement. "73 espèces nichent dans le département parisien, dont 53 au moins intra-muros." En ville, elles bénéificient de l'ilot de chaleur urbaine : le matin, les rues de la capitale affichent des températures supérieures de 2 à 3°C, à celles relevées en périphérie ; une différence appréciable lors des hivers rigoureux.
Toutes les espèces nicheuses sont parvenues à s'affranchir de la trilogie gîte-repas-sécurité. "Les oiseaux qui vivent en milieu urbain disposent généralement d'une niche écologique large, ajoute Xavier Japiot. Bien sur, les immeubles avec de grandes surfaces vitrées sont peu propices, car les mousses, les lichens et les insectes ne peuvent s'y fixer. Mais l'avifaune urbaine demeure peu exigeante. Par exemple, les pigeons bisets, les étourneaux, les choucas et les rouges-queues-noirs, qui apprécient les milieux minéraux et verticaux, s'accommodent bien des conditions offertes par les quartiers haussmanniens."
En réalité, le grand secret des oiseaux parisiens tient en deux mots, repris en choeur par tous les ornithologues : opportunisme et adaptation !
L'avifaune de la capitale prouve chaque jour que l'un ne va pas sans l'autre. Jusqu'à la loi de protection de 1976, la plupart des espèces sont chassables... et chassées. La ville représente à priori un espace sûr, à l'abri des coups de feu intempestifs. La tourterelle turque, arrivée en Ile-deFrance en 1960 et à Paris en 1962, surprend les scientifiques par son attirance rapide pour les milieux bâtis. De même, la "saturation" d'espaces périurbains et la concurrence intraspécifique ont probablement incité des individus à chercher une nouvelle niche écologique. En matière d'opportunisme, l'étourneau sansonnet en connaît un rayon. Au printemps 1994, 130 pins sylvestres adultes sont replantés dans la cour de la Bibliothèque nationale de France (XIIIe). Six mois plus tard, des milliers d'étourneaux sansonnets, venus de Grande Bretagne et d'Europe du Nord, y élisent dortoir pour l'hiver... Depuis 2004, chaque mois de janvier et/ou de février, la Bibliothèque convoque des fauconniers. Leurs buses de Harris -une espèce américaine- doivent effaroucher les étourneaux afin de limiter au maximum leur présence, et surtout leurs piaillements et leurs fientes...
Selon Xavier Japiot, l'une des plus anciennes adpatations concerne "le merle noir, oiseau forestier, qui a appris à calquer ses heures de chant sur les luminaires, et non plus sur le soleil !"
A l'unanimité, la palme de l'adaptation la plus surprenante revient aux corneilles noires. Cantonnées aux campagnes jusque dans les années 1960, elles ont conquis les millieux urbains avec un certain succès. Dans les années 1990, les ornithologues se sont émus de leur capacité d'ajustement... au plan Vigipirate !
"Le plan imposait des poubelles transparentes. Les corneilles ont bien vite compris que, sans fût ni couvercle solide, elles auraient à disposition un garde-manger permanent", explique Xavier Japiot. Dès lors, les corneilles prennent moins la peine de déterrer les bulbes dans les parcs et jardins parisiens : quelques coups de griffes suffisent, au petit matin, avant le passage des éboueurs. Finalement, la Mairie de Paris doit s'adapter aux corneilles noires, en installant des poubelles à la fois solides et transparentes...
Lorsque les oiseaux tirent le meilleur profit des plans de sécurité publique, les hommes n'ont plus qu'à tendre les yeux... et les oreilles !
Le chant grave et puissant du pic noir a permis à Xavier Japiot de repérer l'un des deux couples nicheurs de la capitale, dans un vieux platane du bois de Vincennes, près du carrefour de Pompadour.
"En travaillant sur le sujet, on s'aperçoit que le milieu urbain grouille d'espèces. Nous recevons sans cesse de nouvelles informations", conclut le naturaliste.
Paris regorge de beaux oiseaux, discrets, certes, mais surtout... ignorés !

Déceler la vie sauvage au coeur de la ville
Olivier Sigaud en donne la preuve par un dimanche après-midi ensoleillé, au milieu de la foule, sur l'esplanade du Carrousel du Louvre. Des milliers de touristes admirent les façades, photographient les Pyramides, se penchent sur les bassins. Olivier, lui, lève les yeux vers les voûtes de l'arc de triomphe, et compte à vois basse : "Vingt-sept, vingt-huit, vingt-neuf... " Il recense l'invisible : trente nids d'hirondelles de fenêtre, inscrustés dans les pierres de l'arc. Ils échappent totalement aux badauds. Pourtant, les hirondelles nichent ici depuis 1846, au moins, puisque Victor Hugo décrivait la colonie dans ses "Choses Vues... et écrit... La vérité, c'est que les gens ignorent que Paris possède une vie sauvage, que la nature existe en ville. Je me souviens d'un accouplement de faucons crécerelles en pleine esplanade du Trocadéro, dans l'indifférence générale !", s'amuse l'ornithologue éclairé.
Chaque printemps, le professeur en robotique à la faculté de Jussieu arpente Paris à vélo afin de dénombrer tous les nids d'hirondelles de fenêtre. Parties d'Afrique en février, elles regagnent les grands points d'eau francilliens, comme les étangs de Saint-Hubert et de la Bassées, vers Fontainebleau, afin de récupérer de leur longue migration. En avril, elles se réinstallent sur les murs de la capitale pour deux couvées estivales. Olivier Sigaud reprend alors ses pérégrinations "contemplatives et scientifiques", chaque dimanche, à 5 heures !"
"Les nids sont si discrets que je les repère aux cris. En plus d'une bonne oreille, il faut du calme, ce qui n'arrive jamais dans la capitale. Sauf le dimanche, à 5 heures !"

Allez Parisiens debout !

Les zones visitées doivent réunir trois conditions : gîte-alimentation-sécurité. Les hirondelles recherchent de la boue, qu'elles cimentent de leur salive pour édifier les nids. Les arbres -184 000 à Paris, hors bois !- et les points d'eau favorisent la présence d'insectes. Les hirondelles de fenêtre évitent les perchoirs accessibles aux prédateurs potentiels, dont les pies. Enfin, elles privilégient les hautes cavités abritées, les mordillons, les ornements, les petits créneaux. "A Paris, les deux tiers des nids seront donc aux premier et quatrième étages !" conclut Olivier Sigaud. La capitale comptait 417 couples d'hirondelles de fenêtre en 2004, 460 en 2005, 550 en 2006 et seulement 140 en 2007. "La faute à l'été 2006, soupire le recenseur. L'espèce est très sensible aux  variations climatiques. En juillet, quelques jours de grosse chaleur ont décimé la première couvée. Et début août, la pluie et la chute brutale des températures ont été fatales à la deuxième couvée et à certains adultes. Les rescapés ont fui dès le 15 août." L'ornithologue ne cache pas sa fébrilité avant le comptage 2008. Il espère une remontée des effectifs, ce qui conforterait la thèse de "'l'accident climatique 2006". Il "écoutera" longuement les murs du Louvre, de la Villette, et fera un détour par "la" maison à hirondelles de la capitale, dans le VIIe arrondissemnt : 18 nids sur une façade de la rue Sédillot, demeure d'un certain... Georges Hirondel.

Haut, très haut au-dessus des hirondelles, un cri strident se fait entendre. Revenu du bois de Boulogne, rassasié de quelques campagnols, un faucon crécerelle regagne son nid urbain. Où le rapace abrite-t-il ses amours ? Peut-être sur le Sacré-Coeur, Saint-Sulpice... "Un couple a déjà élu domicile dans un tuyau d'aération à l'höpital de la Pitié-Salpétrière, un autre dans une jardinière, sur un blacon de Bobigny", remarque Frédéric Malher. A moins qu'il ne fasse partie des habitants de Notre-Dame-de-Paris. La fameuse cathédrale a accueilli jusqu'à cinq couples simultanément, une densité exceptionnelle au regard de l'instinct peu grégaire des faucons-crécerelles. Chaque printemps, le Corif dresse stands et longues-vues sur le parvis de Notre-Dame, afin d'initier Parisiens et touristes au spectacle de l'ornithologie urbaine. Ils observent, incrédules, le vol sur place du rapace. A l'affût du moineau inattentif, il repart bien vite se reposer près d'une gargouille, des heures durant, immobile, la tête enfoncée dans ses épaules brunes.
Le long de la Seine, les oiseaux marins s'en donnent à coeur joie. Goëlands leucophées furètent sur les quais ou se laissent balloter dans lerau, au gré de l'onde provoquée par les bateaux-mouches...
Un nuage d'étourneaux sansonnets s'envole au-dessus de la gare de Lyon. Rien d'extraordinnaire pour le scientifique, mais l'amoureux ou l'épris de nature s'arrête pour profiter de ces scènes de vie sauvage dans le décor de la capitale. "C'est quelque chose de très important. Ce genre de sène n'a aucun intérêt en rase capagne. Elle est trop commune. Mais cette présence de la nature au-dessus des paysages parisiens est toujours un moment de poèsie", s'émeut Olivier Sigaud.
Plus loin, dans le parc de Bercy, un héron cendré se laisse approcher par les badauds. Il pêche les carpes koïs et les poissons rouges des bassins. Ici, l'eau gêle rarement, et ce solitaire a peu de chances de se retrouver le bec dans la glace. La plupart de ses congénères ont choisi le lac des Minimes, au bois de Vincennes, ou les milieux humides du bois de Boulogne, à l'instar des canards et fuligules milouins. Les deux grands bois parisiens profitent de la protection de deux "réserves parapluies", interdite d'accès... mais pas d'observation, grâce à deux observatoires. Moineaux friquets et chardonnerets élégants fréquentent les espaces dégagés, Roitelets huppés et mésanges huppées se cachent dans les frondaisons touffues des conifères. Le pic épeiche et la sittelle torchepot affectionnent les vieux chênes, dont l'écorce crevassée sert de refuge aux insectes et aux araignées. Ces oiseaux inattendus sont accessibles, d'autant qu'il n'est pas nécessaire de traverser le périphérique pour les rencontrer.

Des trésors cachés dans la quiétude des espaces verts.
Depuis Bercy, cap au nord-est vers le XXe arrondissement. Le cimetière du Pèche-Lachaise, conçu par l'architecte Alexandre Brongniart, constitue le plus grand espace vert de Paris intra-muros (44 hectares).
Depuis 1804, 5 000 arbres, serrés dans des fosses de trois mètres sur trois, ont tissé un lien étroit avec les pavés et les tombeaux couverts de mousses et de lichens. S'il ne rechigne pas à s'abriter dans les cheminées voisines, le pigeon colombin apprécie autant les platanes vénérables du cimetière. Le plumage roux marqué de bleu du geai des chênes glisse dans le clair-obscur des allées, et le silence envoûtant du Père-Lachaise contibue à la magie.
Le cimetière est l'un des rares sites de nidification parisiens de la chouette hulotte. En 2006, une jeune chouette a été trouvée entre la tombe du compositeur polonais Frédéric Chopin et celle de l'humoriste français Pierre Desproges...
L'un des principaux trésors de l'avifaune parisienne se situe plus au sud, dans le Ve arrondissemnt. Proximité de la Seine, vastes pelouses, grands bâtiments en pierres, serres... depuis sa création, le Jardin des Plantes a toujours accueilli les espèces les plus diverses. L'avifaune y prend ses aises, surtout que le domaine dispose, depuis le début du XXe siècle, d'un écrin de verdure ; le jardin écologique. Le responsable, Philippe Barré, s'attache aujourd'hui à y reconstituer les millieux forestiers et ouverts du Bassin parisien. Chaque printemps, "c'est un peu la volière", et il travaille, accompagné par le chant des mésanges bleues et charbonnières, quand la grive musicienne ne lui offre pas un air de flûte.
Les pins noirs d'Autriche, les ifs, les chênes, les châtaigniers et les peupliers fourmillent d'insectes. Les petits granivores, comme le verdier ou les insectivores, tels les pics, y trouvent gîte et refuge. L'ouragan de 1999 a considérablement éclairci le milieu, mais les oiseaux savent se cacher, toujours. La musique de la cavalerie américaine signale qu'un grimpereau des jardins est dans les parages, invisible. S'il est sur un tronc, son dos est tacheté de brun. S'il vole, son ventre est gris clair... L'ornithologue a tout intérêt à connaître la chanson ! La bergeronnette des ruissaux se délecte d'une rivière artificielle. Ici, les oiseaux sont au calme : seules les visites guidées sont autorisées. Restent les prédateurs naturels, mais ici aussi, l'avifaune s'adapte : "Il n'y a qu'ici que j'ai entendu des geais imiter le mieulement du chat !" , précise Philippe Barré.
Que dites-vous de ça ?
Quand le Jardin des Plantes referme ses portes, le soir, reste pour l'amoureux de la nature la chance d'entendre, au détour d'un jardin, quelques notes mélodieuses. Peut-être un rossignol philomèle, tapi sous les boutons vermeils d'un rosier grimpant...

Alors, "Oursonne Libre", et quelques passants étonnés de voir un renard vagabonder parfois, dans Paris, ne soyez plus surpris... c'est possible !
Il est vrai que je ne vous ai pas conduits sur les parvis de quelques monuments historiques, ni dans des musées, mais la balade valait le détour.
Dame nature est à vos pieds chers Parisiens. Levez donc parfois vos yeux. L'effort en vaut la peine.
Et si vous avez de l'oreille, écoutez ! Vous en serez enchantés ! Et ça ne demande pas beaucoup de temps... seulement de petites minutes. De toutes petites minutes






par sonja publié dans : De reportages en reportages...
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Lundi 19 mai 2008


Sur mes pensées envahissantes  m'attarde

Elles m'entrainent sur le tumulte d'aspérités venant par vagues
 Autour de moi tout semble vasciller

Telle une tempête arrivant du fond de l'Océan
Les vents 
Les nuages
Et la pluie de mes émotions
Je ne peux les contenir

C'est dans le silence de mes pensées
Que je poursuis mon voyage

Sans que je les prononcent
Les mots résonnent en moi
Ils ont trouvé une frontiière
Celle de tous les solitaires

La solitude peut-elle parler ?

Sa langue maternelle est le silence
Elle ne cherche même pas à se faire comprendre
Elle demeure sans voix lorqu'on l'interroge

La solitude est prétexte à vagabonder
C'est son atout majeur
Elle peut plonger dans les profondeurs du coeur
¨Pour ses mémoires cueillir

Le temps ne lui est pas compté
Elle s'amuse à observer ce qui l'entoure

De beautés je m'énivre
Pour mes tensions faire disparaitre

J'ouvre la porte aux souvenirs les plus doux
Mon île avance à ma rencontre
De Nouméa à Koné
Le rêve se met en place
Il m'emporte vers un horizon qui ne m'est pas inconnu
Lagons et baies s'offrent dans leurs splendeurs

Régulièrement
La nature vient à ma rencontre
Pour les nuages balayer
La sérénité reprend sa place
Délicatement m'embrasse
Pour finir  sur une note délicate

par sonja publié dans : Prose poétique
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Lundi 19 mai 2008


Doucement
Sur la ville
Avance le crépuscule
Les lampes s'allument

Mille lumières s'élèvent de son coeur
Elle se repose de ses tourments

Sous l'étouffante moiteur de la nuit
Les fenêtres restent ouvertes

Au dessus des toits
La lune murmure ses couplets
Les étoiles embrassent le firmament
Les planètes dansent en silence

Lentement
La brume enlace les rues désertes
S'infiltre entre les arcades
Libère ses perles humides

Le sommeil tarde à venir
Derrière les portes closes
Les rires éclatent dans la nuit
La tristesse s'impose elle aussi
Chaque foyer porte sa joie
Sa peine ou ses humeurs

Profondeur des ombres
Elles envahissent mon coeur
Sur mon lit me retourne
Attendant l'éclat d'une étoile
Pour sourire aux souvenirs

Tendrement
Mes rêves
Dans la nuit m'emportent...

par sonja publié dans : Prose poétique
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Lundi 19 mai 2008

C'est l'heure. De manger, bien sûr.
On s'envole en beauté, et l'on attrape au plus vite un lapin. Ou une perdrix, qu'on aura pourchassée entre arbres et buissons, à la manière d'un autour des palombes. L'aigle de Bonelli a bon goût. Y compris pour ses lieux de résidence, qui ne sont pas nombreux : le sud de l'Ardèche, les hautes vallées d'Ossau et d'Aspe (pays des ours), les montagnes méditerranéennes.
A lui, les gorges, les Corbières, les Algères, les Alpilles, le Luberon, le Minervois, Sainte-Victoire !
Si vous connaissez le cri d'une macreuse noire en vol (sait-on jamais ?), apprenez que celui de notre aigle s'en rapproche.
Bonelli (sur la photo, ce n'est pas lui) est un animal splendide aux yeux jaunes, mais il ne va pas très fort. On en compterait 27 couples pour toute la France. Une misère . Personne ne sait trop pourquoi il est à ce point menacé. Appelons cela une coalition : les pesticides, les lignes électriques, le tourisme de masse, etc. Mais osons le dire, l'aigle a de la chance dans son malheur. Car il est beau, majestueux, et sa silhouette ne manque pas d'attirer l'attention.
D'autres animaux, plus discrets, courent des risques encore plus graves. Faut-il parler de la dolomède des marécages, cette araignée victime de la disparition des mares et des zones humides ? De l'oursin ? Du scarabée bleu de terre ? De la tortue d'Hermann ? Du phragmite aquatique, délicieux petit oiseau ? Tous sont désormais placés, chez nous, sur la liste rouge des espèces menacées.

L'écrevisse à pieds blancs a plus d'un tour dans son sac.
Mais Terre Sauvage doit reconnaître un attrait particulier pour l'écrevisse à pattes blanches. Ou à pieds blancs, car il y a deux écoles. Qui est-elle ? Un joli petit monstre aquatique, d'environ une dizaine de centimètres à l'âge adulte, protégée par un caparaçon d'épines et d'arêtes. Le jour, elle se cache sous les berges. La nuit, elle attaque des insectes, des mollusques, des petits poissons. Mais comme elle a plus d'un tour dans son sac, elle est capable, en cas d'absolue nécessité, de sortir de l'eau. Pour rejoindre un autre trou ou un bras d'eau plus prometteur, elle se hisse sur le bord du ruisseau non sans avoir rempli sa cavité branchiale d'un peu d'eau pour la route. Malin, n'est-ce pas ?
Le malheur, c'est que cette écrevisse régresse partout en France. La faute à des concurrents importés et relachés, comme l'écrevisse de Louisiane. La faute aux pollutions de l'eau. La faute au "recalibrage" de tant de cours d'eau. La faute à notre incroyable indifférence. Peut mieux faire.
La preuve par le gypaéte barbu, ce grand rapace exterminé chez nous à la fin du XIXe siècle, et qu'un plan de réintroduction a sauvé in extremis.
La preuve par le vautour fauve, presque éteint en France, auquel un vaste programme de conservation a donné une nouvelle vie. Ils seraient, aujourd'hui, autour d'un millier. Le miracle reste possible.

Possible, mais pas certain. Que faut-il penser de la situation de l'ours ? Nous avons laissé disparaître l'animal de ses derniers refuges pyrénéens, malgré des crédits publics importants mais gaspillés. Et le seul espoir de continuer à vivre avec lui repose sur des ours capturés en Slovénie et relâchés en Ariège et en Haute Garonne. Terre Sauvage n'a rien contre les "immigrés" (on en est convaincu), mais le sort fait à Canelle et à Melba, tuées par des chasseurs, fait réfléchir.

Que de batailles !

par sonja publié dans : De reportages en reportages...
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Lundi 19 mai 2008

L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Même en ville. A 7 heures, il n'y a pas encore grand monde dans les rues. C'est donc le moment ou jamais de faire des rencontres. Avec un faucon crécerelle, par exemple, chassant le moineau sur les quais. A Paris, le rapace a été observé, dès 1840, sous les gargouilles de Notre-Dame. Il y est toujours, après avoir été redécouvert, en 1980, par de patients ornithologues. Et il est aussi à l'Arc de triomphe, à Saint-Eustache, au Petit Palais. Entre autres, car la capitale compterait une cinquantaine de couples.

Une grande ville abrite fatalement la vie des autres. Prenez l'exemple du bois de Boulogne, qui fait partie, quoi qu'on en dise, de la capitale. Malgré les décimations du passé, le bois cache -bien- des insectes aussi prodigieux que le lucane cert-volant, la détoine érugineuse, le grand capricorne ou la petite biche. Des oiseaux comme l'épervier, l'hypolaïs poliglotte, le loriot. Des chauves-souris, comme le vespertilion de Daubenton.
Mais aussi une population mélanique -c'est à dire noire- de... campagnols roussâtres. Même l'intérieur de Paris recèle des secrets naturalistes, tout comme Lyon, Lille, Rennes ou Marseille. Pour la raison que les villes comptent des espaces que personne ne réclame plus, au moins provisoirement. Tel est le cas, à Paris toujours, de la Petite Ceinture. Il s'agit d'une ligne de chemin de fer de 34 kilomètres, achevée en 1859, et qui transporta des millions de tonnes de marchandises intra-muros jusqu'en 1934. Sa plus grande partie, qui forme comme un cercle aux frontières de la capitale, est devenue une friche.

L'histoire incroyable d'une belle fougère.
Côté plantes, c'est inoui. Pas moins de 460 espèces ont été recensées, parmi lesquelles l'orobanche du trèfle ou la renoncule à fleurs jaunes. Côté animaux, ce n'est pas mal non plus. Citons, en vrac, le hérisson, la fouine, neuf espèces de mollusques, dont l'escargot velu, et la colonie de pipistrelles -une chauve-souris- la plus imposante de toute l'Ile-de-France. Voilà bien ce qu'on peut appeler un refuge biologique. Pourvu que cela dure !

Un petit coup de pouce du destin peut aider, comme nous allons voir avec le polypode du calcaire, une belle fougère. Observée une première fois par un monsieur Leprieur en 1822, dans le bois de Boulogne, elle est repérée, en 1839, rue de Passy. Puis signalée dans un inventaire de 1861. Ensuite, long silence de cent vingt ans, rompu par Marcel Bounérias en 1980, qui la retrouve sur les murs du Muséum national d'histoire naturelle, dans le Ve arrondissemnt. Où elle disparaît avant d'être aperçue, en 2000, aux abords des arènes de Lutèce, dans le Ve toujours. De malencontreux travaux détruisent la satation des arènes, et on estime alors que la belle plante a disparu de l'Ile-de-France. Ils ont tort, heureusement.
En avril 2004, deux d'entre eux tombent sur quelques pies installés sur les quais de la Seine. Toujours et encore dans le Ve. L'explication la plus vraisemblable, c'est que le polypode a réussi à s'échapper du Jardin des Plantes voisin ou des collections du Muséum.
Une mention singulière pour le rat musqué, originaire d'Amérique. Elevé en France pour sa fourrure, il s'est échappé et a proliféré au point qu'on le trouve partout. Même le long du canal Saint-Martin, à quelques encablures de la place de la République.

Dans Paris se cache de petits trésors encore inconnus... des parisiens.



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Dimanche 18 mai 2008

Le monde enchanté de la forêt se prépare. Pour les chevreuils, la journée sera douce, pleine de sève et de fleurs, de feuilles et de rameaux. Un bain, peut-être ? Le grand naturaliste Robert Hainard signale des chevreuils de Hollande capables de gagner, à la nage, des îles situées à sept ou huit kilomètres de la côte.
Terre Sauvage ne vous apprend rien : la forêt est un somptueux pays. Il y a vingt siècles, quand les légions de César entrèrent en Gaule, elle couvrait probablement les deux tiers de la surface actuelle de la France. Mais elle demeurait impénétrable.
A-t-elle failli disparaître ? Presque. A force de couper, de défricher, de brûler, nos ancètres ont bouleversé le paysage jusqu'en haut des vallées de montagne. Juste après la Révolution française, il ne reste plus en France que 7,5 millions d'hectares de forêts. Le chiffre est abstrait, mais très parlant si on le compare à la surface totale de la France : 55 millions d'hectares. Autrement dit, vers 1800, 47,5 millions dhectares n'étaient plus des forêts ! Comment a-t-on pu supporter un tel malheur ? Heureusement, la création de l'administration des Eaux et Forêts, en 1824, amorce un grand renouveau.
On reboise les pentes les plus érodées (l'Aigoual ou les Alpes), on plante massivement des pins dans les landes de Gascogne, et le lent dépeuplement des campagnes fait le reste.

La reconquête des chênes et des bouleaux.
Où en sommes-nous ? La forêt couvre désormais 15,5 millions d'hectares, soit 28 % du territoire. Avec des différences majeures d'une région à l'autre. Quoi de commun entre Ar Goad, la forêt en breton, qui ne couvre que 12 % de la Bretagne, et les 35,5 % de la Lorraine ? Même l'Ile-de-France fait mieux, avec 23 %. Mais il est vrai qu'il y a Fontainebleau : 17 millions de personnes viennent chaque année s'y balader, et ils ont bien raison. Malgré l'autoroute, malgré les nationales 6 et 7 qui la traversent, notre vieille forêt abrite plus de 7000 espèces animales, dont 5000 insectes et 3000 espèces de champignons.
Incroyable ? Terre Sauvage confirme : incroyable. Et surtout vrai.
Mais il serait déplacé d'oublier toutes les autres. Comment choisir ? Celle de la Joux (2600 hectares de forêt domaniale dans le Jura) avec ses grandioses sapins pectinés et le spectre du lynx .
Celle de Brotonne, en Normandie (7000 hectares), dont certians chênes sont des cathédrales ?
Celle d'Iraty, dans les Pyrénées (20 000 hectares), où le légendaire Basajaun se cache toujours entre les hêtres ? Et pourquoi pas celle de Saint-Amand-Raismes-Wallers, dans le Nord ? La région, bouleversée par l'exploitation de la houile, puis dévastée par la guerre, a réussi là un exploit.
Les chênes, bouleaux et pins sylvestres ont conquis les terrils et le bord des mares, produits de l'effondrement des galeries de mines. Le résultat est superbe.

Jacques Le Héricy, directeur de l'environnement et du développement durable à l'ONF, ajoute que la forêt joue un rôle majeur pour la préservation de la biodiversité et cconstitue un point fort de la trame verte nationale, en projet.
Reste une interrogation majeure : que va-t-il se passer avec le réchauffement climatique ? Selon des chercheurs de pointe (par exemple, Antoine Kremer, coordinateur du projet Evoltree), la forêt française change déjà d'apparence. La chênes comme les hêtres pourraient bien se replier dans quelques réduits et le chêne vert s'installer près de Paris... Affaire à suivre donc.

Et dame pollution poursuit ses ravages...

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Dimanche 18 mai 2008



Fait-il jour ? Fait-il nuit ? Sous l'eau, ça se voit moins. Le corail rouge de la Nouvelle-Calédonie n'est qu'un petit échantillon d'une richesse phénoménale. La France possède en effet, la deuxième plus grande barrière de corail au monde. Et peut-être cette dernière entrera-t-elle, en 2008, dans le prestigieux patrimoine de l'humanité, établi par l'Unesco. Bertrand Richer de Forges connait par coeur ou presque les fonds sous-marins de cette France si lointaine. Ce héros modeste, mais authentique, est chercheur à l'institut de recherche pour le développement (IRD). Installé sur l'île depuis un quart de siècle, il n'ezt pas seulement un scientifique de réputation internationale, c'est aussi un homme inspiré, qui n'hésite pas à écrire: "Imaginez une forêt, fermes les yeux et attraperz une plante au hasard... Vous avez neuf chances sur dix qu'elle n'existe pas ailleurs dans le monde !" Car il n'y a pas que la mer. La grande île du Pacifique abrite des millirs d'espèces de plantes et d'animaux appelées endémiques, parce qu'on ne les trouve que là. Autrement écrit, quand elles disparaissent en Nouvelle-Calédonie, elles rejoignent, du même coup, la longue liste des espèces éteintes à jamais.
La Nouvelle-Calédonie, c'est un peu les Galapagos. De fait, elle abrite, sur terre, un trésor largement méconnu. Pour une raison aussi vieille que le Gondwana, cet ancien continent dont elle s'est  séparée il y a soixante dix millions d'années. Imaginez une sorte de dérive étendue sur des temps géologiques. Avec, à bord, une sorte d'arche de Noé rassamblant une partie de la flore de cette époque. On n'est pas très loin de l'imagination d'un Steven Spielberg ! Certaines plantes locales sont, en effet, contemporaines de l'époque des dinausores. Ni plus ni moins.

Le pacte du silence sur l'exploitation du nickel.
Sur à peu près 20 000 km2, soit environ la taille de trois départements métropolitains, la Nouvelle-Calédonie réunit 7 % de toutes les espèces de conifères de la planète. Et 37 espèces endémiques de palmiers. Parmi eux, l'Amborella, d'au moins 130 millions d'années d'âge, que beaucoup considèrent comme la plus ancienne des plantes à fleurs.
Ce devrait être une success story de la biodiversité, mais nous en sommes très loin. Richer de Forges, courageusement, dénonce ce qu'il appelle un  "pacte du silence" autour de l'exploitation minière. Selon lui, le nickel jouerait, sur l'île, un rôle tel que tout le monde accepterait les terribles conséquences écologiques d'une exploitation sans frein du minerai. Un minerai stratégique, dont la Nouvelle-Calédonie contient 20 % des réserves mondiales. Or, beaucoup des plantes eceptionneles de l'île n'existent que sur de toutes petites surfaces de quelques kilomètres carrés. Laisser se développer une industrie minière géante, sans moyens de cntrôle, conduit fatalement à la disparition d'une partie de ces raretés. D'autant qu'il n'existe pas, semble-t-il, de cartographie précise des zones miniières...

Le débat n'est pas neuf, et Terre Sauvage n'entend pas le régler ici, à travers son reportage.
Mais qui a dit que protéger la biodiversité était une chose facile ?
"Le rôle d'un scientifique, estime Richer de Forges, est de faire partager son savoir à la société qui finance ses recherches et d'attirer l'attention sur l'évolution probable de l'environnement et sur les risques encourus..."

Le profit est bien pire que tous les cyclones qui sont passés sur l'ïle !





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Dimanche 18 mai 2008

Pour les blaireaux associés, le moment est venu de partir en maraude. Le masque noir est en place, du nez jusqu'aux oreilles. Tremblez, escargots et vers de terre ! Surtout vers de terre, d'ailleurs. Une étude conduite dans la forêt de Chambord nous apprend le régime alimentaire de notre mustélidé : 41 % de vers de terre, 1 % seulement de mollusques divers. A quoi il faut ajouter des glands, des fruits, des céréales. Un excellent régime, à n'en pas douter.
Le blaireau ressemble à un petit ours. C'est une beauté, c'est une présence, une part babuleuse de sauvage au coeur des bois et jusqu'au bord des champs. Mais on le chasse pourtant. Sur simple décision d'un préféet, l'animal est même chassable tout au long de l'année.. L'une des méthodes principales est appelée "déterrage". On utilise des chiens, qui pénétrent jusqu'au fond des terriers, des pelles, des pinces. Gloire !
Pourquoi s'attaque-t-on au blaireau ? Parce qu'il boulotte blé ou maïs. C'est plutôt rare, limité dans tous les cas, mais il est tellement agréable de chasser...
Et pendant ce temps, on ne s'en prend pas aux pesticides, si bons pour la santé humaine.

La chasse. Faut-il tirer sur cette ambulance ? Pendant la saison 1983-1984, il y avait en France 1 850 000 chasseurs. Il n'y en a plus que 1 350 000 aujourd'hui. La chasse est en berne. Mais pour les animaux tués, cela ne fait pas une grande différence. Pas davantage pour les promeneurs, empêchés de marcher sur les sentiers qu'ils aiment. Et ne parlons pas des dizaines de millions de cartouches et de balles abandonnées en plein nature, qui sont autant de sources de pollution.

Le droit de la chasse est devenu archaïque !
Il y a, c'est vrai, l'Ancer, ou Association nationale pour une chasse écologiquement responsable. Créée en 1989, l'Ancer considère qu'il existe de  bonnes et de mauvaises pratiques de la chasse. Et que la loi qui régit cette activité doit changer de manière à prendre en compte l'évolution de la société. Car elle accorde des droits exorbitants à une petite fraction sur une immense partie du territoire de la nation. Ce qui pouvait se comprendre dans une France rurale et paysanne est-il acceptable dans un pays où 80 % de la population est urbaine ?

Reste la question de la régulation. Vaste débat, auquel on ne peut échapper. Pour ne prendre qu'un exemple, le sanglier est en passe d'échapper en France à tout contrôle. Le 5 décembre dernier, à La Moncelle, près de Sedan (Ardennes), un groupe de chasseurs a tué 26 sangliers en une seule journée. Un tableau effarant aussitôt dénoncé dans un journal local par un vieux chasseur dégoûté : "Honte pour nous, les chasseurs, les seuls responsables de cette situation. C'est nous qui, en moins de trente ans, avons transformé le sanglier, l'animal mythique, en bête semi-domestique, en "cochonglier", selon le néologisme couramment employé."
Responsables les chasseurs ? Ce n'est pas tout à fait impossible. Depuis une trentaine d'années, pour augmenter leur tableau de chasse, ils ont massivement "produit" des sangliers dans des élevages et nourri les populations "sauvages" par un procédé connu sous le nom d'aigrainage. De telles pratiques ont fatalement des conséquences. Entre 1974 et 2001, on est passé en France d'environ 50 000 sangliers tués par les chasseurs à... 400 000. Huit fois plus. Sans pour autant stopper la prolifération : ils seraient 800 000.

Ne serions-nous pas un peu des "apprentis sorciers ?"
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Dimanche 18 mai 2008

Je vous emporte avec moi sur quelques autres reportages de "Terre Sauvage". La nature ayant toujours la meilleure place dans ses pages, je vais vous en livrer quelques unes.
Ici il sera question d'une grande travailleuse.

Le  travail de la butineuse est un métier très dur. Suivons donc la plus belle entre toutes...
Savez-vous bien que, pour obtenir un kilo de miel, il faut organiser, au total, 50 000 vols et visiter des millions de fleurs ? Et puis, même si on l'oublie sans état d'âme, l'abeille ne récolte pas seulement du nectar, mais aussi du pôllen, pour nourrir les larves, et même de la prosolis, pour colmater les brêches des ruchers. En bref, c'est du labeur. Un dur labeur. Au passage, les abeilles servent d'auxiliaires. A nos activités, pardi !
Depuis qu'elles sont là, elles pollinisent les fleurs et les plantes. Elles permettent donc leur reproduction. Et pas depuis, hier, car elles seraient là depuis des dizaines de millions d'années.
En comparaison, l'homme est un adolescent. La survie de plus de 80 % des espèces végétales et la fructification de 84 % de celles cultivées dans notre vieille Europe dépendent directement du bon vouloir des insectes. Or, la plupart de ces pollinisateurs sont des abeilles. Merci qui ?
D'un côté, donc, une activité bénévole qui dure depuis des centaines de milliers de siècles. Et de l'autre, l'agriculture industrielle, qui existe depuis à peu près soixante ans. Qui va gagner ?
Les plantes, les fruits... ou l'épandage de pesticides pour augmenter, pendant quelques années, les profits ?
Le Colony Collapse Disorder (CCD), ou Syndrome d'effondrement des colonies, est en train de changer la face du monde et, pendant ce temps, comme dirait un ancien président de la République, "nous regardons ailleurs".

Les abeilles meurent dans le monde entier. Le CCD a été repéré, fin 2006, aux Etats-Unis où, pendant l'hiver 2006-2007, entre 25 et 50 % des colonies d'abeilles auraient totalement disparu. La dernière hypothèse évoquée retient celle d'un virus. De nombreuses causes ont été avancées, dont toutes reposent sur un affaisement des défenses immunitaires de l'abeille. Elle ne peut plus se défendre efficacement contre des parasites, virus ou bactéries, qui deviennent peu à peu mortels. Selon le spécialiste mondial de la pollinisation Bernard Vaissière (chercheur à l'INRA) qui résume son propos dans un entretien au journal Le Monde, "les causes de leur régression sont connues : élimination de leurs sites de nidification, raréfaction des plantes qui leur fournissent nectar et pollen, maladies et parasites... Et surtout, épandage de pesticides, particulièrement destructeurs pour les abeilles. Celles-ci, en effet, possèdent très peu de gênes de détoxification, comme l'a confirmé, tout récemment, le séquençage du génome de l'abeille domestique".
En France, les apiculteurs se sont battus contre deux insecticides connus sous le nom de Gaucho et de Régent. Ces petites merveilles ne se contentaient pas de "protéger" le colza et le tournesol contre les "envahisseurs" venus du fond des âges, comme les pucerons ou la mouche grise. Elles éliminaient aussi, et par milliards, nos grandes amies les abeilles. Bilan : interdiction des deux. Au bout de dix ans.
Par chance pour qui vous savez, le gouvernement vient d'autoriser la mise sur le marché d'un remplaçant du Gaucho et du Régent : le Cruiser.
Les abeilles n'ont pas fini de mourir.

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