Mon rêve

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Dimanche 20 avril 2008

Puisque du côté de chez mon amie Monique on façonne son jardin, pour la future cueillette miraculeuse, me voilà de nouveau partante sur le jardin des autres.
Je récidive sur des pages pleines de fleurs et de légumes. Mes lectures sont aussi variées que nos potagers, et nos plantes. Enfin... tout de même un peu... 
En "Terre Sauvage", on peut flâner d'une agréable façon. Les reportages ainsi jetés comme négligeament, sont une véritable source de connaissances sur notre environnement. Je m'y plais bien, et chaque mois je m'en mets plein la vue et la tête.

Allez, suivez-moi ! Voilà ce que ces experts nous disent...

Par exemple, que jamais un jardin ne sera façonné par la seule main de l'homme. Ce qui me ravis lorsque je regarde la nature folatrer selon son bon plaisir. Même dans les jardins les mieux taillés, il y en a qui s'y baladent hors sentier.
Ce qui veut donc dire que jardiner c'est négocier, nouer des alliances avec le terreau un jour, le lendemain avec tel insecte pour blouser tel autre. Epouser le terrain pour garder l'eau, contrecarrer l'erosion, se garer du froid, se protéger du chaud.
Jardiner, c'est réagir, interagir, jamais agir en despote : toute tentative de cet ordre est vouée à l'échec. Le jardinier doit être soucieux de respecter le jardin et ses habitants.
La toute puissance de l'homme s'arrête là où commence celle de la chenille.
Pertinence de la diversité, au jardin comme dans l'assiette, conserver les saveurs d'antan.
On entretien donc avec son jardin, des relations complexes.

Il nous faut vivre avec la nature, pas contre elle.
En tuant les insectes, on tue aussi le jardinier.
Le jardinier qui livre ses feuilles mortes à la déchetterie, en fait, il jette ses engrais, ses outils et ses ouvriers.
Dans les jardins,
Il existe les jardins du coeur et autres jardins d'insertion. Les chômeurs, erémistes et exclus de tout poil cultivent d'abord l'espoir et le lien social.
La logique commerciale peut faire disparaître des variétés. Pourtant, le fruit du passé préserve celui du futur.
Le potager véhicule l'image du garant d'une sécurité alimentaire. La multiplication des variétés était un des moyens d'obtenir des ressources toute l'année.
Beaucoup de jardiniers voient des valeurs morales positives dans le jardinage.

Que le novice se rassure : le travail de la terre n'est pas que labeur et sueur. Des alliés, petits mais costauds, accompagnent le bêcheur : les insectes.
Que seraient nos jardins sans les gourmands, qui assurent la pollinisation des fleurs, ou les guerriers qui s'attaquent aux ravageurs des cultures, sans les travailleurs de l'ombre qui, sous terre ou dans les paillis, décomposent les débris organiques et les recyclent en humus ; enfin, sans les papillons, qui colorent les lieux et évitent aux fleurs d'être orphelines ? Aux yeux du commun des mortels, les insectes n'ont pas toujours bonne réputation.
Pourtant, sur plus d'un tiers des phytophages -consommant des tissus végétaux ou en suçant la sève- présents dans les jardins, un petit nombre commet des dégats sur les plantes cultivées. Et, alors que partout dans le monde, la diversité des espèces diminue, la présence des papillons au jardin signifie que l'ambiance est favorable à la biodiversité, garante des équilibres écologiques.

Gilles Clément paysagiste de renom, continue dans le même sens en disant que les plantes voyagent, s'installent, se ressèment ou... démissionent.
L'air se parfume alors, d'odeurs de miel, de sous-bois, ou de pierre chaude. On se régale d'un effluve de lavande, d'une bouffée de thym, d'origan. Un banc dans un coin de jardin, permet de se lover et de s'abandonner à la rêverie. Et l'on se dit, en s'assoupissant, que jamais un banc n'a si bien mérité son nom...
La nature est active, continue-t-il... D'où l'importance d'agir le plus possible avec la nature, et le moins possible contre elle.
Il nous parle des paysages du lac de Vassivière, en Limousin : 90 % de la surface se partageait entre l'ombre des bois et la lumière des prairies. On peut y chercher en vain la diversité. On ne la trouve ni dans les  bois de conifères, aux sols stérilisés, ni dans les patures intensifiées. Elle s'est réfugiée sur 10 % du territoire, les lieux d'abandon,  les pentes inaccessibles aux machines, les bords de routes, les friches, les landes et tourbières. Il y a là des orchidées, les papillons... L'écrivain et jardinier appelle cela le "tiers paysage", en référence au tiers état, le peuple sans droit selon Sieyès : parti de rien voulant devenir "quelque chose".
L'avenir de l'homme dépend de cette réserve de diversités. Nous le menaçons en développant les agrocarburants ou nécro-carburants sur les anciennes friches, avec des dépenses d'énergies, de pollutions de sols et de l'eau, sans parler des famines... tout ça pour garder nos bagnoles !
La loi agricole (France) de 2006 qui interdisait le commerce et même l'information sur le purin d'orties et autres produits bio artisanaux non homologués, c'est une loi scélérate de confiscation des biens communs gratuits.
C'est ainsi qu'on n'a plus d'eau potable naturelle. Elle est confisquée par les industriels qui la polluent et ceux qui la traitent pour la revendre.
La régression des abeilles, c'est un phénomène significatif de la maltraitance chimique. C'est grave pour la pollinisation, donc pour l'agriculture.

Composer avec la nature devrait être un vrai reflexe aujourd'hui, au vu de tout ce qui se passe au niveau échologique.
Encore un reportage que j'ai pu déguster, à travers "Terre Sauvage".
Je rêve... Je rêve...





par sonja publié dans : De reportages en reportages...
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Dimanche 20 avril 2008

"Jardin Nature" nous livre cette fois-ci encore, une belle envolée de beauté et de coups de coeur.
Je m'y suis attardée avec un tel bonheur. J'ai pensé que dérouler sur la toile internet la magie de quelques pages couleurs et saveurs ne serait pas une si mauvaise idée.
Terre Sauvage nous donne toujours de magnifiques reportages qu'on peut faire notre.
A travers "Quatre Saisons", j'ai pris le pas avec Nathalie et Véronique, pour m'imaginer un peu dans leur jardin merveilleux. Jardin que je vais rêver être le mien. Voilà pourquoi je vais vous le raconter comme elles ont si bien su l'écrire. Je n'y touche même pas la plus petite ligne...

"Mon jardin, j'aimerais qu'il soit complice de mes choix mais, souvent, il n'en fait qu'à sa tête.
Tenez, ce printemps, la clématite, qui se languissait depuis trois ans, est soudain prise d'exubérance, comme si elle découvrait le treillage disposé à portée de ses vrilles. Telle une savante dentellière, elle passe et repasse ses volutes dans les mailles du bois, en offrant au soleil une multitude de projets de fleurs. Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, le romarin, planté à distance de son pied, est lui aussi luxuriant, attirant sur ses dernières fleurs l'élite des bourdons. L'aromatique buisson assure ainsi fraîcheur aux racines de la belle et confine l'adage des jardiniers : "Clématite, tête au soleil et pied à l'ombre." La clématite n'est pas la seule à être prise de fureur printanière. Les framboisiers, qui ressemblaient, il y a encore quelques semaines, à des bâtons sans vie, sont assaillis de liseron. Le traitre me prend chaque année de vitesse. Quand je le démasque, il les a déjà, avec assurance, enlacés. Alors, je le sectionne sans égard. Puis, le lendemain, je passe des heures à démêler sa tige amollie de celles, hirsutes, des framboisiers, en évitant d'étêter leurs inflexibles bourgeons. Je reconnais que l'enroulement régulier, et toujours dans le même sens du liseron a quelque chose de magique, mais j'aime trop les framboises chaudes au soleil pour le laisser faire. Fourageant aux pieds des framboisiers, je me suis fait peur en effleurant le prince charmant du jardin, un crapaud commun, à peine réveillé de son sommeil hivernal. Immobile, il me regarde et je me demande comment il me perçoit. Sous sa peau fine et poudrée de terre, je vois battre son pouls. Comme il prend la direction des fraisiers, j'aimerais lui indiquer la troupe de limaces, ces baveuses grises réfugiées en bout de terrasse, sous le bac qui tente de ceindre les iris. Mais puisqu'il est d'une espèce protégée, je ne me risque ni à le toucher, ni à le déplacer. Tant pis si le gardien de mes salades s'offre une ventrée de fraises, plutôt qu'un festin de limaces. Les étourneaux, dont je n'ai pas encore compris quel service ils pouvaient me rendre, se sont bien gavés de cerises à peine rosées, au mépris des épouvantails !

Entre deux rangs d'oignons, les carottes se serrent, il est grand temps d'éclaircir leur rang. Avec la fourche, je soulève doucement un bloc compact de jeunes recrues, j'extirpe les plus chétives de l'écheveau des radicelles, puis je tasse à la main la terre autour des élues. Par curiosité, j'ai croqué les maigrelets tubercules encore pâles. Vous me croyez si vous voulez, ils avaient déjà le goût de carotte.

Je voudrais être une promeneuse, profitant de la lumière, des odeurs et des points de vue, sans autres idées en tête. Mais cette posture n'est possible que dans le jardin des autres. Sur mon lopin, le chemin est jalonné de sollicitations. Un matin, c'est le groseiller qui m'appelle à l'aide. Ils est attaqué par une brigade de larves gloutonnes, des tenthrèdes qui réduisent ses feuilles à une dentelle de nervures. Je pose un collier de glu pour le protéger des assauts d'une nouvelle génération. Un autre jour, ce sont les pieds de courgettes affalés qui crient leur soif. Je donne un coup de binette à la croûte de terre imperméable qui les enserre. J'ai mis du temps à comprendre le diction : "Un binage vaut deux arrosages." A présent, il ne se passe pas une journée d'été sans que je bine. Gratouiller la terre apporte son lot de révélations. J'ai ainsi vu des larves blanchâtres dans des cocons terreux se métamorphoser en cétoines dorées. Je tombe souvent nez à nez avec des plantes que j'ai du mal à identifier sous leurs traits juvéniles. Cette année, j'ai failli exterminer des nigelles de Damas, surgies à un endroit où je ne les attendais pas. Elles soulignent à présent de leurs jolis plumets bleus le pied d'artichaut qui fleurit à l'arrière-garde du potager. De toutes ces herbes qui s'installent sans y être invitées, ma préférée est la capselle bourse-à-pasteur. Courtoise, elle n'étouffe jamais les autres avec ses feuilles en rosette. Parmi la foule des quémandeurs, les tomates sont les championnes. Sitôt que je les frôle, elles répandent, comme un cri silencieux, leur odeur métallique. Pour que je m'occupe d'elles chaque jour, elle ne manquent pas d'inventions. Elles s'écartent de leur tuteur, elles déploient de nouveaux gourmands, drus et vert, tendre à l'aiselle de leurs feuilles, elles invitent d'irascibles champignons.

Lors de ma tournée, je m'attarde sur les plantations de l'année. Je prends des nouvelles de la touffe d'heuchères, choisie pour son nom poétique de "désespoir du peintre", dont je n'ai pas encore vu la couleur des fleurs. En furetant sous les  buissons, je cherche la cachette du hérisson que j'entends, le soir, grogner ou racler son balai-brosse contre l'arrosoir en fer blanc. J'aimerais qu'il établisse son logis dans mon jardin et, pour lui plaire, je tolère les morveuses limaces. Avec ma manie de farfouiller, j'ai trouvé le nid d'une musaraigne. Dans l'herbe enchevêtrée, de petits boudins roses se tortillaient et piaillaient. Leur mère avait du filer prendre un rapide déjeuner. Quelle désinvolture ! Pour eux, j'ai instauré un plan de sauvegarde, avec détournement de tondeuse autour du nid.

Le lieu n'est pourtant pas si vaste et, depuis le temps, j'aurais dû m'en lasser. Pourtant, la surprise est à chaque fois renouvelée.
Cette année, les physalis arrivent à maturité. Lies orangées, enfermées dans leur calice de papier finement ciselé, leur valent le surnom "d'amours en cage". Mais c'est celui de "coquerets du Pérou" qui m'a fait rêver en les commandant. J'ai hésité à en croquer, habituée à me méfier des baies attirantes. De fait, elles sont plus comestibles que délicieuses.
En ce début d'automne, le déferlement végétal est à son apogée.
Les capucines, qui ne s'en sont pas laissé conter par les pucerons, étirent leurs tiges jusqu'au centre de l'allée. Elles ne semblent pas prêtes à renoncer à fleurir. Sous leur feuillage, des escargots, en attente d'une ondée, pensent avoir trouvé la planque idéale. Pourtant, ils devront déménager avant l'hiver.
Cacun à sa façon se retire du monde. Les araignées continuent de tisser et d'exposer leurs dernières toiles dans  l'espoir de piéger quelqus calories, alors que les tritons sont déjà engourdis début octobre. J'en ai déniché quatre en déplaçant un tas de briques. Honteuse, je les ai placés au pied d'un mur et couverts d'un gros paquet de feuilles mortes. Mon érable en distribue par brassées. C'est inoui, le volume de ses feuilles au sol ! Certes, c'est l'arbre le plus grand du jardin, et il ne fait rien en catimini, il attend que ses feuilles soient d'un jaune éclatant pour les abandonner avec brio. Mon noisetier, lui, est plus discret. Il s'éclipse en douce, aidé par son feuillage roux. C'est certainement le plus vieil arbre du jardin. J'ai l'impression de l'avoir toujours vu ici. Chaque automne, je crains qu'il ne livre son ultime récolte. Mais cette année encore, ses noisettes bien pleines abondent. La raison voudrait que je laisse quelques jeunes pousses qui se pressent à son pied prendre le relais. Mais j'ai peur de vexer l'ancêtre. Les pommiers, eux aussi, livrent leur production. Les premiers fruits tombés sont moches, véreux ou pourris au ceur. Je les laisse aux merles.
Au fond du potager, les vendangeuses, ces marguerites d'automne, poussent leurs fleurs à plus d'un mètre cinquante du sol. Les papillons se pressent autour de ces dernières buvettes. J'en compte parfois jusqu'à  6 espèces différentes. A leur pied, les potirons, nés sous le signe de l'excès, sont monstrueux. Ils débordent de toutes parts sur la tuile censée les isoler du sol. Il est temps de mettre les bulbes sous terre : des gros, des petits, des tulipes, des narcisses, des muscaris. Comme tous les ans, j'ai la flemme d'etiqueter mes plantations et, dans quelques mois, j'aurai tout oublié. Peu importe, si les fleurs sont au rendez-vous.

Comme une plage sans estivant, il devient plus grand quand le froid affaisse l'herbe et vide le potager. Les arbres dépouillés et les allées désertées dessinent les lignes verticales et horizontales de son squelette. Au fond, un lierre fougueux avait depuis plusieurs années jeté son dévolu sur un vieux poirier. Et le fruitier, usé par la vie, avait cédé à cette étreinte, abandonnant ses branches. Le rouge-gorge s'y postait avec entrain et je ne me décidais pas à abattre ce poteau, vert en toute saison. J'en parle au passé, car cette année, un coup de vent l'a emporté. Le poirier n'avait plus de racines. Dans sa chute, il a frôlé le vigoureux houx. Celui-ci prend à présent ses aises dans l'espace libéré. Chaque année, il fête Noël, paré d'une multitude de petites boules rouge éclatant, pourtant je ne parviens toujours pas à le voir en fleur.

Avec le gel, mon jardin parâit tout propre. Dans les buissons, ponctués de nids de merle abandonnés, c'est le silence. Les inflorescences d'orpin desséchées et décolorées s'accomodent de l'air du temps. Le givre épouse avec habileté leurs tortueux contours. Il masque les cocons de feuilles sèches bloqués par des branches de sapin, qui protègent les frileuses racines. Hors de ces paillages, le gel fait le ménage. Il élimine les plantes les plus faibles, détruit les ravageurs en pénétrant au coeur des oeufs, des larves et des insectes endormis, il fait fuir les rongeurs. Je tolère juste quelques souris grises à la cave, tant qu'elles ne se montrent pas trop voraces avec mes pommes.
Au potager, les poireaux se dressent, stoïques, sur leur unique pied. Impossible de les arracher. La mâche aux feuilles ourlées de givre se blottit un peu plus au creux de sa rosette. Elle ne réclame rien, ne souffre pas, du froid, et ne se plaint pas des limaces. Elle s'en va parfois, solitaire, prospérer entre les rosiers. Mon jasmin d'hiver se moque des sales journées bruineuses. Il affiche une mine resplendissante. Contrairement à son cousin blanc qui embaume au printemps, ses corolles jaune vif s'épanouissent l'ihiver sans dégager aucun parfum. Ses tiges sarmenteuses sont incapables de supporter leur propre poids ou de s'enrouler d'elles-mêmes. Comme je n'ai pas choisi de le contenir sur un treillage, il s'affale sur le talus tel un fauve endormi. L'hiver au jardin, le temps semble arrêté. Il faudrait planifier les travaux des prochaines saisons mais le rêve prend le pas. Les fleurs parfaites et les fruits joufflus des catalogues sont séduisants. Tout paraît à nouveau possible. Alors, j'oublie l'exubérance estivale et mes sages résolutions de réduire, l'an prochain, mes cultures potagères."

Voilà où me porte mon imagination... sur le jardin des autres.
Depuis mon HLM, et mon petit balcon, même s'il est spacieux, je laisse courir ce magnifique coup de coeur sur un jardin comme en rêvent beaucoup.
Même dans un jardin potager, je m'amuse sur son parterre coloré.
Je vous laisse comparer vos jardins avec celui-ci...




par sonja publié dans : De reportages en reportages...
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Dimanche 13 avril 2008


Ce soir je vous emporte dans un coin d'Afrique. A la rencontre d'une femme magnifique.
En 1997 déjà, il y a eu un reportage qui nous l'a fait connaitre. C'est encore sur "GEO" que je cueille cet article. Dix ans après, nous voilà de nouveau auprès de Maggi.
Ecoutez son histoire, avec l'oreille du coeur...

Une bouffée d'air frais entre par la porte du jardin, chargée du parfum des pins, des eucalyptus et de la pluie récente. Ruyigi est juchée à mille mètres, à 170 km de Bujumbura, l'étouffante capitale du Burundi. La nuit, à Ruyigi, on peut dormir sans moustiques. Et il y a ce calme matinal... De la maison de Maggy, située en plein centre-ville, on n'entend, côté rue, que le rire des enfants en route pour l'école. Côté jardin, un joyeux concert d'oiseaux tropicaux. L'unique fausse note vient du parking où un moteur de voiture est en train de se faire torturer : "Gérard, mon chauffeur. Quand je l'ai connu, il était enfant-soldat. Et il venait pour me tuer. Je lui ai demandé si je pouvais prier, avant. Et en m'écoutant, lui aussi s'est mis à genoux."
Une histoire de fous et de folles ?
Tout le contraire. La vie de Marguerite Barankitse n'est pas un simple épisode de plus, un peu gentillet, de la longue histoire de l'aide au développement en Afrique ; elle n'est pas une saga Africa version conte de fées. Le parcours de Maggy tiendrait plutôt de celui d'une Mère Teresa ou d'un abbé Pierre.
L'histoire a débuté en août. Pascal Maitre, photographe pour GEO, était parti à la rencontre de cette femme tutsi, fille d'un grand propriétaire terrien et prête à offrir tous ses biens, si ce n'était sa vie, pour sauver des orphelins, hutus pour la plupart.
Depuis quatre ans, le Burundi se déchirait. D'un côté, l'armée, au service dun pouvoir brutal et corrompu. De l'autre, une guérilla hutu, sans pitié pour les civils.
Maitre trouva Maggi dans l'ancienne école des métiers de Ruyigi. Elle vivait là depuis le début de la guerre, seule avec ses enfants : près de deux cents Tutsis et Hutus, tous orphelins, victimes de la même haine tribale. D'autres gosses arrivaient à un rythme soutenu. Après chaque massacre, chaque opération de "pacification" que les soldats menaient parmi les paysans des collines, Maggy partait fouiller les décombres. Pour ramener encore d'autres enfants blessés, affamés, traumatisés.

Quand leurs besoins dépassaient les moyens fournis par l'Eglise, Maggy fauchait du lait sur la table de l'évêque. Et quand il n'y avait plus rien à manger son amie Segunda la folle, qui ne supportait pas la souffrance dans le regard des enfants, allait voler des légumes au marché, voire du pain chez les militaires.
Une fois, pour habiller les enfants, Maggy rentra chez elle avec, dans son sac, les rideaux de la salle des fêtes de l'évêché. L'évêque s'en rendit compte le jour de son anniversaire, en voyant le tissu qu'il croyait suspendu à ses fenêtres tournoyer autour de la taille des petites danseuses entrainées par Maggy.
"Maggy avait une volonté de fer, une foi sans faille, se souvient Pascal Maitre. Mais on la sentait très vulnérable." Sans doute à cause de la guerre, et aussi des tueurs lancés à ses trousses par les criminels qu'elle dénonçait. Le journaliste Alain Frilet, auteur du reportage que GEO publia en décembre 1997, l'avait désignée comme une "sainte en enfer". A ce moment-là de son histoire, c'est sûr, l'héroïne ne voyait se profiler aucun dénouement heureux.
Au fond d'elle, Maggy restait ébranlée par le choc qui avait bouleversé sa vie quatre ans avant. En arrivant à l'évêché ce dimanche-là, elle trouva des dizaines de Hutus cachés avec leurs enfants. Lorsqu'une bande de miliciens tutsis approcha, Maggy se dissimula avec ses amis. Puis, reconnaissant la voix d'un oncle, elle sortit pour tenter de le raisonner. L'homme la giffla. Comment osait-elle trahir sa race ?
Aujourd'hui, elle raconte, d'une voix hachée : "Ils m'ont attachée sur une chaise, et ils ont assassiné  les hutus, un à un, devant moi, dans la cour. Ils les coupaient à la machette, à un mètre de moi. J'entendais : "Adieu Maggy". Ils ont allumé un feu pour carboniser ceux qui s'étaient cachés sous le plafond de la grande salle de l'évêché. La plupart sont morts brûlés. D'autres ont fini par sortir de la cachette, comme Cyprien le médecin, l'un de mes amis. Ils l'ont tué aussitôt. Cyprien était hutu, sa femme Juliette, tutsi. Juliette, qui était là aussi, a déposé Lydia son bébé, dans mes bras. Lisette, sa fille de trois ans, s'agrippait à la chaise. Juliette m'a dit alors : "Tu élèveras nos enfants, toi, ils ne te tueront pas." Quelqu'un lui a alors coupé la tête, puis l'a lancé sur mes genoux. Je connaissais l'assassin : c'était mon oncle !"
Des heures après, Maggy se mit à la recherche des rescapés. Elle trouva Chloé, sa fille adoptive, cachée dans une penderie. Dans la rue, gisait le petit Pierre-Clavère, blessé par neuf coups de machette à la tête et laissé pour mort. Mais il s'accrochait à la vie, bercé par sa grande soeur Justine. D'autres enfants sortaient de leur cachette, vingt cinq en tout, y compris Lisette et Lydia. Le vrai début de l'histoire de Maggy, ce sont eux, une poignée de survivants miraculés. Dans leurs yeux emplis de terreur et d'incompréhension, la dame dit aujourd'hui avoir cru reconnaitre son destin : sauver les enfants.
Quatorze années ont passé, Maggy est toujours là. Et ses premiers gamins sont tous présents, ou presque.
Lydia et Lisette fréquentent le lycée de Gitega, à une heure de route de Ruyigi. On a du mal à les reconnaitre, tant elles se sont épanouies, ressemblant de plus en plus à leurs parents. A Maggy aussi, par leur rire joyeux et insolent. Lydia rêve d'une carrière de journaliste. Lysette veut devenir inspectrice de police pour "arrêter tous les criminels".

Il y a Bosco aussi, 22 ans, aveugle depuis le jour où il a vu ses voisins assassiner son père. Quand Maggy l'a recueilli, le petit garçon ne souriait jamais. Un jour, alors qu'il tenait entre ses mains une vieille guitare aux cordes cassées, elle l'a enfin vu heureux. Maggy lui a payé des études de musique et, en 2005, Bosco a fondé le groupe Peace et Love, avec Vianney et Huguette, deux autres orphelins aveugles. Après la sortie de leur premier CD, ils se sont produits, l'été dernier, au Centre culturel français de  Bujumbura. Pour Bosco, cela reste le plus beau souvenir : "J'ai entendu les gens applaudir ; ils devaient être des centaines."
Les salles de classe qui avaient abrité l'enfance de tous ces petits réprouvés sont à présent abandonnées. Avec le nombre croissant des pensionnaires, l'ancienne école s'est révêlée trop exiguë. Et les orphelins grandissaient, eux aussi. Quel avenir pouvait-on leur offrir ? Quand, entre Hutus et Tutsis, on se mit à discuter sérieusement de paix, Maggy lança le plus vaste programme de construction de logements jamais vu dans l'histoire de ce pays de mal-logés :les "fratries".
En 1999 déjà, tout en continuant à s'occuper de leur scolarité et à leur assurer un soutien matériel, elle avait cherché à caser les enfants dont elle avait pu retrouver une tante ou une grand-mère. Pour tous les autres, elle commençait à construire des maisons, sur la terre de leurs parents ou sur les siennes. Aujourd'hui, il existe 546 bâtisses de ce type. Chacune abrite une fratrie de quatre ou cinq enfants, en moyenne. Chaque demeure est composée de frère et soeurs âgés de sept à vingt ans, les plus grands prenant soin des plus jeunes. La Maison Shalom, tel est son nom, fournit de la nourriture et des vêtements, mais chaque groupe doit gérer son stock et se débrouiller pour la cuisine. Des éducatrices vérifient que tout le monde va à l'école et que personne n'est malade. Parfois, les bâtiments sont parmi des maisons "normales", parfois ils sont regroupés en village.
Janine, Francine et leur "petit frère" Jonas (le fils de leur grande soeur assassinée) forment une fratrie dans le village de Murehe, une colline près de Ruyigi. Même le paysage ressemble à un dessin d'enfant. Il y a cette harmonie rouge et verte, les maisons en brique de latérite qui se fondent dans la terre ocre, entre les bananiers, les plants de café, les avocatiers majestueux.
Dans ce décor buccolique, Murehe incarne un modèle de fraternité retrouvée : Janine est Tutsi, ses voisins sont hutus. Peut-être fils et filles d'assassins. Mais c'est sans importance tant qu'ils restent membres soudés de cette nouvelle famille burundaise. Maggy y croit.
La Maison Shalom est, quinze ans après ses débuts, infiniment plus qu'un simple orphelinat de brousse.
Elle a été érigée en ONG burundaise en 2001 et emploie 126 personnes dans toutes les provinces du pays. Bien plus : elle se révèle être une entreprise de transformation du pays, d'une ampleur exemplaire.
A Ruyigi, c'est un Burundi nouveau, un Burundi meileur, qui prend forme. C'est là la seule ville du pays où plus un seul enfant ne vit dans la rue. Plus un mendiant non plus : celui qui n'a rien vient demander de l'aide à la Maison Shalom. Plus une prostituée, enfin :  les filles des campagnes que la misère poussait à venir se vendre sur les trottoirs trouvent maintenant du travail dans deux grandes fermes modèles créées par la Maison Shalom. A Ruyigi, certains parlent déjà de "Maggy Ville" Il y a dix ans, il n'y avait pas même une auberge. Encore moins une banque. Aujourd'hui, une filiale de la Banque de Crédit de Bujumbura a ouvert ses portes en centre-ville. La Maison Shalom, qui a construit les murs, lui loue les locaux.

Au fur et à mesure que "ses" enfants ont grandi, Maggy a trouvé des solutions -batiments, ateliers...- pour leur offrir des emplois et embellir la ville. Elle a tout calculé. Sauf l'irrémédiable. Le sida, par exemple. Ygor en mourut en 1996, à l'âge de cinq ans. Les yeux de Maggy s'embuent à l'évocation de ce souvenir : "Il s'accrochait tellement à la vie, raconte-t-elle. Sans cesse, il me demandait si c'était vrai qu'il allait bientôt mourir. Il refusait de dormir, par peur de ne plus se réveiller. Il insistait pour que je le garde sur mon dos. C'est là qu'un jour, je l'ai senti partir. Il est mort en me demandant encore s'il allait bientôt mourir. Un "ange" de plus.
Des "anges" qui la tiennent debout. Dans tous ses projets. Comme ce Garage des Anges, devenu le meilleur atelier de mécanique de la région et qui sert de centre de formation aux anciens enfants-soldats. "Les garçons, c'est comme ça, dit Maggy. Quand ils ne jouent pas avec les fusils, ils aiment réparer les voitures."  Les "anges" comprennent aussi l'âme enfantine : "Pour sauver un petit, il ne suffit pas de lui prodiguer la nourriture nécessaire pour sa survie. L'enfant se nourrit de rêves, autant, sinon plus, que de riz et de maïs. Voilà pourquoi, à Ruyigi. Maggy est allée jusqu'à ériger la Cité des Anges, un complexe immobilier en centre-ville. Là, les enfants ont accès à une salle des fêtes, une bibliothèque, des ordinateurs,. Et même à une piscine. Ce rêve d'Occidental nanti. Enfin, il y a le Cinéma des Anges ! Quand Maggy en a eu l'idée, en 2001, elle s'est encore fait traiter de "folle" par la moitié du pays. Jusque-là, le Burundi ne comptait qu'un seul ciné, dans la capitale. Mais Maggy s'est entêtée. Et ses "anges" l'ont poussée à acquérir un terrain pour y faire construire une belle salle.
Et la salle fut ! On a fait venir de Paris une centaine de fauteuils, récupérés suite à la fermeture d'un ciné de quartier. Le grand écran fut inauguré en avril 2002 avec "Kirikou et la Sorcière".
Suivit "Roméo + Juliette", de Baz Luhrmann. "Quelques-uns l'avaient déjà vu à Bujumbura, se souvient Maggy. Dans les personnages, les Capulets et les Montaigus, ils avaient reconnu les Hutus et les Tutsis. C'était stupéfiant de voir à Ruyigi, en images, que l'amour peut vaincre la haine entre deux grandes familles." Le film a fait un tabac.

Mais qui paye pour toutes ces merveilles ? Au total, les réalisations initiées par Maggy atteignent un coût de plusieurs millions d'euros. Et à ce qu'on sache, la princesse aux dix mille enfants n'a quand même pas la capacité à changer la latérite en or. A moins que... "L'argent ? Il est venu pas à pas", dit-elle.
Mais à pas de géant :  "en 1997, je n'avais plus un sou et j'étais seule. Les Tutsis me considéraient comme une traîtresse, les Hutus se méfiaient de moi. Tout le monde me regardait avec des sourires moqueurs chargés de mépris. Les choses ont changé aujourd'hui, vous le voyez, et je vous assure que ce changement date du jour où GEO a publié son article, cette années-là. Des ambassadeurs et même de hauts fonctionnaires de l'ONU ont proposé leur aide. Ils ont interrogé le gouvernement sur la Maison Shalom, certains avec une copie du magazine à la main. D'un coup, j'étais devenue connue, donc intouchable."

Les dons ont afflué. Le coureur automobile Jacky Ickx a offert des 4X4. Des douzaines de conteneurs chargés de tasses, de cahiers, d'outils, d'un garage en pièces détachées sont arrivés, expédiés par des particuliers que Maggy a réussi à toucher. Elle préfère de loin ces aides-là à celles des grandes ONG. Ces ONG qui viennent sans cesse lui réclamer des comptes et des remerciements sur une pancarte de la taille d'un camion, et qui en contrepartie fournissent une simple voiture... Et encore, quand elles ne cherchent pas à la récupérer ensuite.
Ah ça, elle ne les aime pas beaucoup, ces bruyants chevaliers humanitaires. Ceux qui font valoir leur "connaissance du terrain" et prêchent le "devoir d'ingérence". Maggy symbolise -par ses souffrances du passé, mais aussi par ses éternels éclats de rire- une autre Afrique que celle sur laquelle l'Occident verse ses sanglots.
Pour elle, rien de plus énervant que cette pitié : "Nous sommes quand même plus que l'expression d'une misère chronique !"
De tous ses grands projets, l'hôpital Rema, dont les bâtiments forment la couronne d'une colline à la sortie de Ruyigi, est le dernier en date. Le plus coûteux aussi : trois millions d'euros déjà dépensés pour la construction de l'établissement, inauguré en janvier 2008. Et ce n'est pas fini. Maggy rêve de lui adjoindre une faculté de médecine. Afin que les spécialistes étrangers qu'elle compte attirer à Ruyigi puissent former les futurs médecins burundais.
La maternité est probablement la meilleure d'Afrique. Dans la cour, une statue est dédiée à "la mère et l'enfant". Et Maggy clame à qui veut l'entendre que, au Burundi, près d'une femme sur dix meurt en couche et que le sida touche surtout la population rurale féminine. "Il reste 800 000 orphelins au Burundi. Arrêtons d'en produire. Sauvons plutôt les mamans maintenant !"
Le pourra-t-elle ?
"Cette histoire ne s'arrêtera pas avec ma mort, l'amour vaincra !" Maggy n'a que 51 ans.

La haine entre Tutsis et Hutus, entre assassins et rescapés, dort... du sommeil du monstre. L'ancien Burundi. Celui d'avant les "anges". Celui d'avant Maggy.

Le courage de cette femme a permis de grandes choses.
Les dons venus d'ailleurs sont possibles lorsqu'on le veut bien. La solidarité est possible lorsqu'on laisse parler le coeur. C'est donc avec cet organe qu'on peut battir la paix aussi. Sinon, tous les traités du monde n'y changeront rien. Signer en bas d'un document ne signifie pas qu'il y aura la paix. C'est se voiler la face que d'y croire. Les actes ont valeur de contrat durable. Il nous échappe aussi que tuer est un vrai plaisir pour ceux qui déclanchent toutes les guerres... il faut aimer faire des guerres.
Cette exemple nous fait toucher du doigt que des "Maggy" il y en a partout dans le monde. Même si les caméras ne sont pas là pour nous les faire connaitre.


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Jeudi 3 avril 2008
 

Le mois d'avril est haut en couleurs lui aussi. Même si certaines régions drainent encore de la grisaille, il n'empêche que de jolies surprises nous attendent au detour des chemins...
Cette fois ci encore j'ai suivi l'accueillant reportage "Nature Sauvage", à travers leur carnet de saison. Je vous révèle donc leurs nombreux commentaires...
Une belle échappée du côté des régions volcaniques.
On nous rappelle qu'il faut savoir composer avec les volcans.
Que leur colère explose en nuées ardentes ou que leur coeur s'embrase en fleurs de feu, la vie attend. Et lorsque  le sang de la Terre filant des bouches enflammées a figé, elle reprend ses droits.

Le jardin secret...
Les sommets vocaniques des Petites Antilles réservent quelques surprises.
Qui a le courage de chatouiller la tête de ces géants assoupis y découvre un drôle de jardin qui ne regorge ni de parfums ni de couleurs. Les conditions de vie y sont rudes : il tombe plus de 10 mètres d'eau par an et la température peut descendre jusqu'à 8°C. Des végétaux se sont pourtant adaptés, formant une savane de haute montagne. D'un épais tapis de mousses et lycopodes émergent de petites fleurs. Pointent aussi les longues tiges de l'ananas sauvage montagne, aux inflorescences en flammes. Dans l'incertitude de la brume, elles ressemblent à des lances forgées par Vulcain, dressées en rempart contre les intrus.

Colibri...
Tel un ogre cuvant son rhum, la montagne Pelée roupille, la tête sur un coussin de nuages, depuis des années. Une éternité pour le feu follet bleuté qui s'agite sur les flancs du monstre. Papillon ? Non !
Ce sylphe au manteau brodé de turquoise et lapis-lazuli est un colibri à tête bleue. Une espèce endémique de la Martinique et la Dominique. Comme son hôte cyclopéen, l'oiseau-mouche alterne des phases d'acitivté et de torpeur, mais le pas de temps est différent. Déjà plus de soixante-quinze ans que la montagne n'a pas éructé ses cendres. Le colibri lui, est pris de torpeur chaque nuit : sa température diminue et son coeur ralentit. Il économise de l'énergie, qu'il dépensera ensuite dans la journée à papillonner de fleur en fleur.

Sur les traces du phaéton...
Présent dans les Petites Antilles et les îles Vierges, le phaéton à bec rouge, ou grand phaéton, est un oiseau pélagique. Des longues plumes caudales lui valent son autre nom de paille-en-queue. Il se reproduit sur les îlots à substrat volcanique, dans de grands trous, des crevasses ou sous des blocs de pierre. Si l'entrée du site de nidification, située à même le sol, n'est généralement pas facile à déceler, quelques traînées de fientes peuvent être un bon indice. Ces traces se retrouvent aussi sous des arbustes situés à proximité du nid que l'oiseau utilise comme reposoir d'attente.

L'herbier...
Une fois refroidies en surface, les laves accueillent une multitude de micro-organismes. Prennent possession de ces lieux vierges lichens, mousses et fougères, dont les lycocpodes, genre réparti dans les deux hémisphères, avec plus de 120 espèces répertoriées.
Lycopodium clavatum var. borbonicum, fougère indigène des îles de la Réunion et de Maurice, fait partie de ces plantes pionnières qui peuvent se développer sur des champs de laves ou de pierrailles presque stériles, secs ou humides. Plante pérenne, elle est dotée d'une longue tige rampante où apparaissent les rameaux feuillés dressé, ramifiés en Y, avec des feuilles très étroites et courtes et des épis sporangifères.

En France aussi nous avons nos volcans... et pas si loin de Roanne, la région de Clermont Ferrand est riche en autant de surprises...

Noir sur noir...
Quand le rougequeue noir, sur fond de basalte noir, lance son chant crissant du haut de la cathédrale de Saint-Flour, dans le Cantal il est amusant de penser que ce perchoir colossal lui a été fourni par l'activité volcanique. La pierre sombre de l'austère édifice provient en effet de la planèze de Saint-Flour, plateau basaltique entaillé de vallées et correspondant à une coulée de lave issue du massif volcanique du Cantal. Ces imposantes coulées, ont contribué à donner au paysage son caractère original. Autant dire que le basalte a eu le temps de refroidir avant que le rougequeue n'y pose les pattes pour dominer la cité auvergnate !

La rupestre attitude...
La voilà, elle est là ! L"hirondelle de rocher est revenue de son méditerranéen séjour pour s'installer, entre autres, dans le sud du Massif Central. Elle nidifie notamment sur les falaises basaltiques d'Arlempdes dans les gorges de l'Allier, où elle forme de petites colonies qui voisinent avec celles de sa cousine, la gracieuse hirondelle de fenêtre. Entre les épisodes de construction du nid en boue, l'hirondelle de rocher monte et descend le long des parois ensoleillées, surfant littéralement sur les vagues d'air chaud pour pêcher le moucheron. Un véritable plaisir des yeux que ces rondes d'arondes dans les cieux.

Les mouflets sont là...
Aujourd'hui, c'est la belle saison, l'ambiance est plus calme et prend des allures alpines lorsque fleurissent le trèfle des Alpes et la gentiane printanière. On croise même des marmottes et des chamois, introduits par l'homme qui amena aussi un autre mammifère : le mouflon. Les premières mises bas ont lieu en avril. Quelques heures à peine après leur naissance, les petits ongulés, couverts de laine, suivent déjà leurs mères.

Fleur de Pâques...
En Auvergne, cela fait belle lurette que l'oeil de braise des volcans ne pleure plus. Pourtant, quand au printemps éclosent les pulsatilles rouges, on croit voir, dans les prés et les landes, perler des petites larmes de lave. Le coeur d'étamines dorées brûlant dans le calice pourpré des pétales veloutés donne à la belle renonculacée un je-ne-sais-quoi d'incandescent. Une flamboyance qui n'a d'égal que la toxicité de la plante, surnommée "fleur de Pâques".
Dangereuse lorsqu'elle est fraiche, car, séchée, la larme florale a des vertus diurétiques et calmantes.

Un proverbe auvergnat dit :
"Quand le plomb du Cantal met son chapeau, le berger met son manteau".




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Mercredi 19 mars 2008

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Lorsqu'on pense loup ou bien ours, on a à l'esprit toutes les contestations possibles venant alimenter la controverse. 
Juste le temps du reportage, ces deux animaux, rien que pour le plaisir de mieux saisir leur possible présence en Europe...
Et "Terre Sauvage", une fois de plus nous emporte dans les forêts d'ici ou là...
En Europe, 40% des populations de grands carnivores sont transfrontalières : aux programmes nationaux se sont donc ajoutées des initiatives ciblées, dont Life-Coex, pour la France (45 546 km2, l'Italie (11 212 km2), l'Espagne (30 000 km2), le Portugual (5446 km2) et la Croatie (11 800 km2).

Direction le parc naturel de Somiedo. Soixante kilomètres au sud d'Oviedo (Espagne), Pola de Somiedo, bourgade sans âme au coeur du parc naturel régional, abrite les maisons du Parc et de la Fondation Oso pardo (Ours brun).
Les gardes collaborent avec la police de l'environnement pour la surveillance du site, notamment des trois zones en réserve intégrale; où toute activité est interdite sauf... la chasse, strictement encadrée. Une trentaine d'ours et deux meutes de loups vivent sur trois vallées profondément entaillées, aux pentes fortes. Les sols sont nus ou couverts e feuillus (frênes, chênes, chataigniers), sous lesquels vivent et se nourrissent les ours à l'automne. Plus haut, des priaires herbeuses où ils broutent au printemps.
Au-delà, des éboulis calcaires couverts de nerpruns, arbrisseaux jaunêtres dont les plantigrades raffolent. Et des villages minuscules, des ruchers, de petites routes, quelques chevaux en semi-liberté et des éleveurs de bovins, dont Carlos Cobrana Lopez, maire de Valle del Lago : "Les éleveurs, comme en France, ont une aide financières pour l'implantation en montagne, la prévention des prédations (chiens de protection, clôtures électriques...) et l'indemnisation, fixée selon le marché, revue tous les trois mois, et bonifiée en cas de présence dans un espace protégé." En 2007, Carlos a perdu cinq veaux à la suite d'attaques de loups. 
En attendant, il faut bien reconnaitre que le loup a son utilité. Il contribue à l'équilibre des milieux en tuant pas mal de sangliers, ajoute-t-il.
Quand à l'ours, il ne pose "aucun problème". D'ailleurs, Carlos ne l'a pas vu depuis dix ans. En fond de vallée, Pola de Somiedo vit désormais des touristes que draine le parc. Un week-end de début novembre, hôtels et restaurants affichent complet. "Grâce à l'ours, car les touristes se pressent pour le voir ! Seul l'hiver est calme, quand les ours dorment", assure José Antonio Alvarez Nieto, aubergiste.
"L'ours est une chance pour la bonne réputation échologique du territoire et du developpement". Inutile d'évoquer les nuisances potentielles de l'animal, les habitants se le sont approprié.
"Il serait dangereux si on le dérange avec ses petits, et alors ? Si tu t'approches de mes petits à moi, tu vas voir comment je vais réagir !"; fulmine José Antonio.
Dans le parc naturel voisin de las Fuentes del Narcea, ours et loups vivent dans des réserves intégrales ou partielles, non loin des routes, dans des entrelacs de forêts et de mines de charbon. Près de la réserve de biosphère de Munillos, les petits troupeaux d'ovins sont surveillés et protégés par des chiens, les ruchers sont entourés d'un haut mur de pierres, les cortines. Pour le reste, ni cris ni drame. Conchi Lago, guide à la réserve, ne sait même pas combien il y a de loups et d'ours dans l'aire protégée. Simplement car les carnivores ont toujours fait partie du paysage.
Spectacle étonnant plus au sud : près de la Sierra de la Culebra, les meutes de loups vivent dans des grandes plaines céréalières.
Retour dans le parc naturel de Somiedo, à Puigceges, où habite, avec ses 200 ruches (40 000 à 60 000 abeilles chacune), l'apiculteur français Stéphane Laurencery. Il note que depuis quatre ans, les dégâts aux ruches se sont multipliés. "Avant la crise de la vache folle, l'ours descendait rarement. Depuis, il manque de rourriture car les dadavres des animaux sauvages sont systématiquement envoyés à l'équarissage. Du coup, il la prend ailleurs. Je renouvelle en moyenne 60 % de mon cheptel tous les ans, avec un maximum de 80 % en 2005". Pour autant, l'apiculteur n'échangera pas ses fragiles fils électriques contre des cortines : "Les ruches sont correctement remboursées (205 euros + 15% de bonus pour attaque d'ours) et aujourd'hui, ce sont les primes liées aux dégâts de l'ours qui me permettent de continuer à travailler". Perversion du système : le maintien d'activités traditionnelles dépend de l'ours et de ses dégâts !
Pourquoi le plantigrade a pu être sauvé par ici ? Guillermo Palomero préside la fondation Oso Pardo, créée en 1992. Cette année là, lorsqu'il débarque en 4L avec ses copains dans les Asturies, il y a eu seulement huit naissances parmi les ours cantabres, qui ne sont plus qu'une quarantaine.
Quinze ans plus tard, l'ours brun est quasiment sauvé. On compte seize naissance en 2007, et Guillermo Palomero préside une association de 38 permanents, dont les ventes de produits dérivés explosent. Succès étrange dans une terre de braconnage...
"Nous avons travaillé en lien étroit avec la police. Cette politique, sévère mais nécessaire, s'est accompagnée d'un durcissement de la loi pour le tueur d'ours, qui est condamné à une lourde peine de prison au moinde antécédent judiciaire", reconnait Guillermo Palomero.

Dans les états où le loups et l'ours n'ont jamais été décimés, la chasse a souvent pris le pas sur les systèmes d'indemnisation officiels. C'est notamment le cas de la Lettonie, où, à force de primes et de surenchères promises aux chasseurs par les éleveurs, les loups n'étaient plus que 17 en 1945.
Revenus à 1 000 quinze ans plus tard, les loups lettons, depuis 2000, font l'objet d'un plan de régulation en accord avec la loi de protection de l'espèce et de ses habitats.
La palme de ceux qui en savent le moins, et qui sont les plus demandeurs d'informations scientifiques, revient... aux chasseurs !
En Autriche, leurs homologues semblent mieux informés, malgré la disparition du dernier ours en 1842. Lorsqu'un plantigrade slovène s'introduit sur le territoire en 1972, la fédération de chasse demande illico presto une réintroduction de femelles, pour que le mâle se sente moins seul !
L'Allemagne, où l'ours a disparu en 1835, se montre moins à l'aise. Une meute de loups installée dans un ancien camp militaire, à la frontière polonaise, inquiète par sa proximité avec les habitations. Et au printemps 2006, JJ1, un rejeton de Jurka, ourse slovène réintroduite dans le Trentin, a semé la zizanie dans le pays. Après lui avoir déclaré officiellement sa "bienvenue", l'Etat a décidé de l'abattre, malgré un tollé dans l'opinion publique. Il fut abattu le 26 juin 2006, dans une station de Bavière, aussitôt boycottée par les touristes.
On peut toutefois noter, que l'intérêt que l'on porte à l'ours n'est pas sans risque. Les gens voient trop souvent l'ours comme des nounours. Ils se font des frayeurs inutiles ou effraient les bêtes au risque de modifier les comportements. Ce processus de synanthropisation est très négatif.
Avec 7 000 ours présents alors que l'optimum est évalué à 4 000, la Roumanie connaît une surpopulation problèmatique. Elle tire son origine de la folie du dictateur Ceausescu, désireux de devenir le plus grand chasseur d'ours de tous les temps. Surprotégés, engraissés, les ours ont pris la fâcheuse habitude de déborder dans les villes, comme Brasov.
La Scandinavie connaît d'autres conflits. Les chasseurs vivent assez mal la concurrence dans la prédation de l'élan, et les dégâts causés par les loups dans les élevages semi-domestiques de rennes ont conduit les Etats à augmenter les indemnités.
L'acceptation sociale est très variable d'une région à l'autre. Elle est plutôt bonne en Suède, où le ministre de l'Environnement envoie régulièrement des protestations officielles à son hmologue norvégien. Les deux pays "partagent" des meutes. Or, dès que l'une d'elles donne l'impression de s'accroître, la Norvège applique systématiquement la poursuite en hélicoptère et l'abattage à la mitraillette. Cette stratégie, plus connue sous le nom de "land and shoot" en Alaska, où 500 loups sont tués par an, anéantit tout embryon de population viable en Norvège. En mars 2001, le gouvernement a ordonné la liquidation de huit des neuf loups de la meute Koppang. Début 2005, la majorité parlementaire a décidé que le seuil de population lupine viable était fixé à trois couples ! Quand à la Finlande, l'opacité de ses licences de chasse pour réguler les populations de loups a conduit la Commission européenne à saisir la cour de justice, qui l'a déboutée le 14 juin 2007, faute de preuves.
Une région d'Italie a longtemps été citée en exemple : les Abruzzes, où les loups et les ours ont toujours été présents. Trois millions de touristes fréquentent annuellement le parc national, régi par un système de zonage avec différents gradients d'activité humaine, de la forte tolérance à la plus stricte protection. Mais la découverte en septembre et octobre dernier de cinq ours et deux loups morts, empoisonnés par des cadavres de chèvres, a été vécue comme une gifle phénoménale. Aucun garde ou dirigeant du parc n'a souhatié s'exprimer. Valeria Salvatori évoque, à demi-mot, des "retards de paiements d'indemnités assez faibles", pour expliquer le ras-le-bol de certains éleveurs. Provisoirement, les Abruzzes ne sont plus un exemple... que sur le papier. Quand au parc national de Brenta Adamello, dans le Trentin, la problématique y est ralativement proche des Pyrénées : 10 ours slovènes ont été réintroduits en quatre ans.
Malgré le désaccord de certains éleveurs, les lâchers d'ours ont été effectués dans une sérénité et une décontraction toutes italienne !
Finalement, le cas de la France est moins préoccupant qu'il n'y paraît. 
Le système d'indemnisation français est sans doute le plus efficace d'Europe, même si la Croatie envisage un système forfaitaire qui évite les "dérapages"  français.
Pour l'heure, mieux vaut être loup en France qu'en Finlande ou en Norvège.
Et un ours Slovène a moins de chances de survivre dans son pays d'origine que dans les Pyrénées !
Le cirque pyrénéen ne saurait s'expliquer par un rejet profond de l'animal. Il tient plus aux maladresses des uns, exploitées par les autres : convocation de la presse aux lâchers, surmédiatisation d'un petit groupe virulent d'anti-ours... L'ours peut-il être durablement et sérieusement tenu responsable des malheurs de la filière ovine, qui vit sous perfusion depuis des années ? Sans doute pas.
L'acceptation sociale du plantigrade n'est qu'une question de temps. Ironie du sort pour les anticarnivores, elle sera facilitée par... le retour naturel du loup !
D'où la nécessité de mener des campagnes d'éducation.
La cohabitation entre hommes et grands carnivores est possible et la recette connue :
1 : laisser de vastes espaces naturels à la grande faune
2 : éviter la pression humaine sur ces habitats naturels
3 : un système d'indemnisation efficace
4 : éduquer, éduquer, éduquer !

Mais les Balkans s'en tirent plutôt bien : Tito a préservé les grands carnivores, toutes les conditions énumérées plus haut sont rempllies, et la sérénité y est plus importante qu'ailleurs.... les populations des Balkans ont connu, ces deux dernières décennies, des prédateurs autrement plus traumatisants. De quoi relativiser, en tout cas, dérochements et réintroductions supposées fatales.
A quel moment pourrions nous considerer que l'ours brun sera sauvé ?
Guillermo Palomero répond :
"En Espagne, quand toutes les terminaisons sociales, économiques, patrimoniales de sa présence seront connues et exploitées par la population locale. En France, quand il aura enfin été exlu de toutes les guerres qui ne sont pas les siennes."

Les grands carnivores cristallisent des conflits de légitimité territoriale et identitaire à travers des oppositions de valeurs correspondant à des représentations, souvent divergentes et polémiques, du monde et de la place de l'homme dans la nature !
En raison de leur caractère symbolique et du fait de la large médiatisatioin dont ils bénéficient, les loups et les ours se trouvent donc enrôlés dans des histoires qui ne les concernent pas toujours directement.
L'interêt des efforts accomplis pour la cohabitation passe aussi par une meilleure compréhension des dimensions écologiques

 

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Lundi 10 mars 2008

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Le carnet de saison nous parle du mois de mars.
Il se murmure ainsi vu par "Terre Sauvage" :

"Regardez ! Les bourgeons ont quitté Morphée et les papillons ont revêtu leurs manteaux dorés.
  Ecoutez ! Les crapauds chantent la liberté et les oiseaux, la félicité.
  Mars, au doux sourire, qui met des couleurs même sur nos chagrins, ses larmes de nues nous font rêver à
  un printemps ininterrompu".
Ne dit-on pas encore que "si mars commence en courroux, il finira tout doux, tout doux..."

Voir...
... sur les arbres et arbustes, les bourgeons qui éclatent : on dit qu'ils débourrent. En grossissant, ils ont fini par écarter les écailles qui les protégeaient durant la dormance hivernale. On voit alors poindre de minuscules feuilles qui vont rapidement se développer.

Ecouter...
... la grive musicienne qui chante dès la fin de l'hiver, tôt le matin jusqu'en fin de soirée. Sa voix puissante et mélodieuse en fait l'un des oiseaux les plus agréables à entendre. Aucune grive ne chante comme sa voisine et, de plus, elle est capable d'imiter d'autres espèces.

Goûter...
... les jeunes feuilles de pissenlit avant floraison. Disposées en rosette radicale, elles sont facilement reconnaissables à leur large dentelure recourbée vers l'arrière. Lavez-les soigneusement et mangez-les en salade avec lardons, oeufs durs, et une vinaigrette relevée d'ail.

Le temps d'un rendez-vous...
Amoureux de tous poils, méfiez-vous de mars ! Ce mois est un satané coquin qui aime jouer des farces. Serait-il jaloux pour gâcher ainsi vos rendez-vous ? A peine avez-vous commencé de chanter pour votre fiancée que le ciel s'emplit de nuées. Lors, la douce rosée se trouve vite remplacée par la giboulée qui vient tout chambouler. Mais celle-ci n'est pas méchante fée et a vite fait de s'éclipser. La pluie aussîtôt partie, le soleil, à nouveau, luit. Et le temps devient alors complice des amants.

Une étoile est née
Fille des fossés, sauvageonne des bois, la ficaire n'a vraiment l'air de rien pour certains. Ils n'ont d'yeux que pour les princesses du cortège de Flore ! Ont-ils jamais bien regardé dans les sous-bois humides ou au bord des ruisseaux, quand la petite renoncule ouvre son coeur d'or ? La discrète se révèle alors étoile, et c'est un soleil qui fait sourire le printemps.
Comme Brassens avec Hélène, d'aucuns ont su voir en l'humble fleurette une reine. Qui ?
Le poète anglais William Wordsworth, par exemple, qui offrit des vers à la ficaire et, excusez du peu, la revendiqua sienne.

Et comme toujours...
Le papillon citron
La bulle de l'hiver a enfin éclaté. Affranchis, les esclaves des frimas prennent aussitôt la clé des champs. Ivres de liberté, ils valsent en tous sens sur la rose des vents. Pour les consoler de ces jours passés en exil de grésil, le Printemps, prince des temps nouveaux, les a faits chevaliers. Eternellement reconnaissants, les loyaux lurons caracolent en son escorte. Parmi ces fougueux hérauts, on reconnait le citron, un papillon aux ailes acidulées. Toujours pressé, bien sûr, le citron va et vient, de broussailes en jardins. Dans son costume d'agrume, le mâle piaffe d'impatience car il lui manque une chose pour parfaire son bonheur : l'amour. Par chance, deux ailes couleur vert d'eau lui feront bientôt ce tendre cadeau.

J'en pince pour lui
Je suis fan du pinson. Il faut dire qu'il est mignon avec son pourpoint empourpré et son casque bleuté. Et quand revient sa chonsonnette, c'est chouette ! Même si elle est encore un peu hésitante, c'est du concentré de gaieté, du bonheur en notes, de l'euphorisant 100% naturel !
Au fil des jours, la voix se fait plus sûre, et celui qui s'était risqué à siffloter en premier est bientôt accompagné par tous les pinsons du quartier.
Un individu chante toujours la même ritournelle, mais celle-ci peut différer d'un oiseau à l'autre, et d'une région à une autre. Une histoire d'accent, en somme. Ce qui ne change pas, c'est la constance du pinson pour répéter son phrasé : au moins cent fois par heure quand le petit bonhomme est en forme.

Un amour plein de mordant
Alors que les bonnes gens dorment, rêvant que tout est calme, il s'en passe de belles dans la campagne.
D'une garenne oubliée des lapins, un joli mammifère pointe son museau. Fourrure brune, longue queue et face masquée : holà, messire putois ! Qu'est-il en train de mijoter ? Une visite au poulailler ? Une escapade à la mare ? 
Le mustélidé n'a pas la tête à une ventrée. Il est plus en recherche de galante compagnie. Si une femelle passe à sa portée, que voilà l'entreprenant... mais si la belle n'est pas réceptive, elle renvoie fissa le prétendant dans ses appartements.

Le noisetier
Qui remarque, en février-mars, les petits bourgeons discrets, presque insignifiants, verdâtres, surmontés d'un petit plumet rougâtre, sur les rameaux des noisetiers encore dépouillés de leurs feuilles ? Et surtout, quelle relation avec les noisettes qui seront récoltées à la fin de l'été ? Cette petite chose est, tout simplement, la fleur femelle, dont les styles rouges attendent le pollen issu des chatons jaunâtres qui pendent, installés sur une autre partie du rameau.
Comme d'autres arbres et arbrisseaux du bocage et de nos forêts, Corylus avellana, de la famille des corylacées, possède, sur le même pied, des fleurs dont les unes sont mâles, les autres, femelles.
Préférant l'ombre ou la demi-ombre des haies ou des bois frais, cet arbrisseau est commun partout en France, sauf en région méditerranéenne.

Le triangle du printemps...
Il ne s'agit pas d'un instrument de musique inventé par Vivaldi, mais d'un astérisme (un groupement d'étoiles), bien visible en cette saison.
Pour le repérer, il faut prolonger l'arc de cercle que forme la queue de la casserole de la Grande Ourse. Cela nous conduit à la première étoile du triangle : Arcturus, la plus brillante de la constellation du Bouvier.
En continuant ce prolongement, on arrive à la seconde étoile : Spica, de la constellation de la Vierge.
La troisième est Dénébola, de la constellation du Lion, qui se trouve à l'ouest de celle de la Vierge.
Ces étoiles sont visibles à l'oeil nu... si votre ciel n'a pas de nuages, vous pourrez saluer leurs scintillantes beautés.

La mi-mars amène les cigognes et deux semaines plus tard vide leurs nids...

La nature va commencer à se découvrir !


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Vendredi 22 février 2008

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Voilà bien un petit museau de mammifère bien repérable. Cette curieuse ose faire sa pause devant le photographe qui ne s'attendait pas à la rencontrer sur son chemin.

Elle rase les haies et les vieux murs, serpente nerveusement parmi les herbes, s'arrête et se dresse, tous sens en alerte, pour mieux repérer sa victime. Tel un périscope au-dessus de la végétation, elle détecte le moindre bruit, la moindre ondulation ou odeur.
Menue et fuselée, pesant de 250 à 330 grammes pour 20 à 32 centimètres de long chez le mâle, l'hermine poursuit les campagnols au plus profond de leurs galeries.
Cette redoutable tueuse de rongeurs est une vraie boule de nerfs traquant ses proies inlassablement. Elle passe dare-dare de taupinière en taupinière, pour les piller et, parfois y élire domicile ! Son métabolisme très élevé (son coeur bat 350 coups à la minute) l'oblige à boulotter un à deux campagnols par jour. En hiver, ce jeu du chat et de la souris continue sous le manteau neigeux, idéal pour se mettre à l'abri du froid et des prédateurs. Cette jolie brune troque sa livrée estivale pour une fourure de saison, un pelage immaculé délicatement souligné par le bout de la sueue noire. A découvert, l'hermine agite ce plumeau noir comme un leurre. Ses prédateurs potentiels, rapaces, renards, chats domestiques..., tentent en premier lieu de saisir son appendice rebelle.
La mue du pelage, de quelques jours à plusieurs semaines selon la température extérieure, est déclanchée par la glande épiphyse qui réagit au raccourcissement des jours, courant novembre. Mais dans les régions aux hivers doux, l'hermine peut conserver sa robe brune ou n'effectuer qu'une mue partielle. En ces temps de réchauffement climatique, son pelage blanc peut être un handicap lorsque la neige fait défaut. Encore plus vulnérable alors, l'hermine doit se déplacer avec la plus grande discrétion. L'hiver, elle passe d'ailleurs plus de temps dans son gîte et préfère s'activer la nuit. Son apparat hivernal disparait courant mars et,  dopée par les horrnones de la saison des amours, elle reprend ses chasses hystériques de plus belle.

Si vous voyez l'hermine muloter près de chez vous, pensez à imiter le couinement d'une souris, vous pourrez ainsi contempler de plus près ce lutin des campagnes à la curiosité aiguisée

 

 

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Mardi 19 février 2008

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Sur les traces du bec croisé des sapins...
Grâce à la forme spécifique de son bec, le bec-croisé est un spécialiste des cônes de l'épicéa dont il consomme les graines. Pour cela, il se suspend aux cônes et se sert de son bec dissymétrique comme d'un "ouvre-boite", introduisant sa mandibule supérieure derrière la graine qu'il capte avec la langue, avant de l'extraire avec la mandibule inférieure en fendant et écartant longitudinalement l'écaille en deux.
Le bec-croisé doit donc déployer une force considérable pour éplucher un cône. Il déchire les écailles des cônes d'épicéa dans le sens de la longueur. Ceux-ci peuvent s'accumuler en grand nombre au sol, sous l'arbre qui a été fréquenté par ces oiseaux, tandis que les cônes, qui restent accrochés ou tombent après leur passage, sont modifiés dans leur aspect original et prennent une forme plutôt explosée et éclatée.
Lors de l'une de vos balades ayez donc la curiosité, si vous voguez dans une telle forêt, de bien regarder au sol. Cet oiseau peut ne pas être loin... doucement, un peu moins de bruit... la nature murmure.

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Il se peut aussi que...
Deux croassements brefs et sourds signalent le grand corbeau, ce Goliath des passereaux, comme disait l'ornithologue Paul Géroudet.
Quand on le voit, on comprend : c'est le plus grand, le plus puissant. Excellent voilier, l'oiseau d'ébène est aussi expert en acrobaties aériennes. Ces temps-ci, les démonstrations sont d'autant plus étonnantes qu'elles se font en duo. Pour les grands corvidés, c'est le temps des amours. Le couple, souvent uni pour la vie, pris d'un grain de folie, danse dans les airs. Les ténébreux enchaînent vrilles, loopins, et chandelles en une subtile chorégraphie. Digne du meilleur tango quand ils s'attrappent par les pattes puis se laissent tomber en tournant avant de se séparer. Pour accompagner les volatiles vêtus de nuit : le bandonéon du vent.
N'oubliez pas de lever vos yeux au ciel, lorsque vous vous trouverez dans un endroit gibboyeux. Il est des spectacle qu'il ne faut absolument pas louper...

Pompons si doux...
Dans le midi et sur le littoral atlantique, de gracieux petits arbres se parent d'une débauche de pompons jaunes : le mimosa d'hiver fleurit.
Quel plaisir, ces fleurs qui ressemblent à de minuscules poussins !  Tandis que leurs étamines dorées éclaboussent nos prunelles engourdies, leur délicat parfum réveille notre odorat.
Le mimosa est un acacia et, comme tous ceux de son genre, c'est un exotique. Originaire d'Australie, il fut introduit en France en 1841. Il s'est bien adapté au climat sec et ensoleillé, résistant même à des températures de -10°C.
Mais le bel arbre qui fleure si bon n'est pas sans danger. Echappé des jardins, il perturbe la dynamique forestière et élimine les concurrents en diffusant des toxines. De plus, étant très inflammable, il facilite les incendies.
C'est le pompon !

Pile sur un pilet...
Filez ombre de la nuit ! Voici le roi Soleil qui ouvre un nouveau jour. 
Sur l'étang, les canards s'en vont déjeuner. Une troupe barbote déjà dans l'onde fraîche à la recherche de plantes aquatiques. Ces têtes vert bouteille au bec jaune se mêlent à des têtes brunâtres : des colverts mâles accompagnés de canes au terne plumage. Puis soudain se détache une tête chocolat, prolongée d'un long cou vanille, conférant à l'oiseau un port majestueux. Cette élégance naturelle est carastéritique du canard pilet, vrai régal pour les yeux. Sa queue noire, longue et effilée, parfait son allure aristocratique. La femelle, quant à elle, joue la discrétion. Un avantage pour couver sans se faire repérer. Mais c'est pour plus tard, lorsque les pilets auront regagné leurs pénates boréaux.
Que de belles rencontres dans la nature...

La nature en ville...
En plein hiver, le moindre square peut retentir de petits cris aigus, émis sur un rythme saccadé de message télégraphié. Volubile, le grimpereau des jardins signale ainsi sa présence. Les marroniers, fréquents en ville, lui conviennent bien, surtout les sujets âgés, à l'écorce crevassée. Ses ongles crochus, bien développés, y trouvent le prises facilitant la progression acrobatique jusque sous les branches maîtresses. Mais surtout, les fissures de l'écorce offrent une infinité de niches aux insectes et aux araignées figés par le froid, ainsi qu'aux chrisalides et cocons de toutes sortes. Toutes ces proies seront délogées sans peine par le bec, fin et arqué, du grimpereau méthodique.
Malin petit oiseau...

Etamines sous le vent...
Comme ses confrères ligneux, l'orme blanc porte sur ses rameaux une théorie de boutons. Ces excroissances marron foncé sont des bourgeons, sortes de boites magiques où se mitonne le printemps. Sous les écailles bourrues se cache un coeur tendre, tout de verdeur : les jeunes feuilles. Mais il faudra attendre encore avant que ne se joue la symphonie chlorophyllienne.
Eh, ces sombres bourgeons ne suffiront pas à nous faire patienter !
La fée nature a trouvé la parade. Elle fait éclater certains d'entres eux, libérant un minifeu d'artifice. Vert ? Eh non ! Rouge et rose. Ce sont les fleurs qui font leur numéro avant les feuilles. Et en tenue plutôt légère : elles n'ont même pas de pétales !
Ces bouquets d'étamines frétillent sous la caresse d'Eole qui s'empresse d'emporter leur pollen.
Des étoiles en voyage...

Aux trousses de la rousse...
Et si on s'arrêtait un peu pour accueillir dame lune en robe nuit, puis en robe feu ?
Dans la nuit du 20 au 21, une éclipse totale nous la changera durant un peu plus de deux heures. 
Presque pleine, elle entrera lentement dans le cône d'ombre de la Terre à 2h40. Elle sera alors éclairée par les rayons solaires déviés par l'atmosphère terrestre.
Les rayons ayant traversé une grande épaisseur d'atmosphère, le rouge prédominera, comme lorsque le soleil se lève ou se couche sur Terre. Peu à peu, la lune blafarde se teintera d'une chaude couleur cuivrée. Elle deviendra toute rousse lorsqu'elle se trouvera totalement dans l'ombre de la Terre, entre 4 heures et 4 heures 51. 
Evidemment, pour voir tout cela, il faudra veiller très tard ou se lever très tôt. Au choix !
Je vous raconterais si je ne me suis pas endormie sur le balcon, ou derrière ma vitre...

Voilà pour le carnet de saison...


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Attention, il vous surveille durant mon absence...

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Samedi 29 décembre 2007
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Mercredi dernier j'ai eu l'occasion de faire un voyage assez étonnant en compagnie de Nicolas Hulot.
Mais je pense ne pas avoir été la seule à l'accompagner jusqu'en Amérique Centrale.
Le suivre dans ses découvertes et ses passions, c'est un peu comme réaliser nos rêves "nature".
On est assis sur son fauteuil, mais au fur et à mesure que défilent les images, on se met à le suivre dans ses déplacements...

C'est ainsi que je suis partie jusqu'à l'isthme du Panama qui sépare les deux océans. L'océan Pacifique et l'océan Atlantique. Il nous a emporté jusqu'à l'anneau de corail, là où nous pouvons faire connaissance avec le trou bleu. Vu depuis l'avion, cela se présente ainsi. La curiosité de Monsieur Hulot est immédiate, il plonge dans le trou bleu et nous emporte dans les profondeurs. Ce trou fait, il faut le dire, 120 mètres.
A 1 000 km du trou bleu, c'est le Costa Rica. On peut dire que son nom est vraiment en dessous de ce qu'on peut imaginer. La "Côte Riche", en français, est vraiment un Eldorado tant par sa qualité que par sa diversité.
Située en Amérique Centrale, cette jungle si dense et verte, reçois tout de même jusqu'à 5 mètres d'eau.
Là bas, il vaut mieux se déplacer au dessus des arbres. C'est d'ailleurs ce que fait l'ornithologue qui reçois Nicolas, dans sa maison perchée dans un arbre. Une visite assez étonnante.
Le monde coloré des oiseaux, dont le toucan, est assez  fabuleux. Quand au colibri, c'est vraiment le Paradis pour lui en ce lieu.
Il y en a presque à chaque fleurs, chaque coin vert... on en lache un, pour en voir un autre aussitôt. Des couleurs métalisées aussi variées que leurs tailles. Il y a 43 espèces de ce bel oiseau en arrêt sur vol.
Une pure merveille.
Il y a également 4 espèces de singes.
On a pu voir des fourmis rouges se déplacer avec leur morceau de feuille. Des petits bateaux toutes voiles dehors. Un amusant va et vient...
Une rencontre extraordinnaire avec un paresseux. Un déplacement au ralenti. Et un gentil regard aussi tranquille que l'animal l'est. Sans se presser il regardait les deux hommes qui avaient leur regard braqué sur lui. C'est tout de même un animal au métabolisme étonnant.

Ensuite, Nicolas Hulot s'est amusé à faire du rafting dans la plus belle forêt tropicale du monde. C'est aussi la forêt qui subit la coupe la plus importante.
La Costa Rica cumule les richesses les plus précieuses au monde.
C'est là aussi où on trouve les serpents les plus venimeux que puisse porter la terre. Assez effrayant de les voir pulluler un peu partout. Mais la spécialiste qui vit avec eux ne semble pas s'en inquiéter outre mesure. Elle connait si bien leur tempérament, qu'elle ne les craint pas. Ce qui ne l'empêche pas d'avancer avec prudence dans ses études de leur environnement. Pas trop convaincu, Nicolas Hulot gardait ses distances.
Je pense que nous aurions fait la même chose.
Mais ce qui m'a amusé, ce sont les grenouilles. De toutes les tailles, de toutes les couleurs. C'est trop mignon, vraiment. La plus petite ne dépasse pas un ongle de notre pouce. Mais elles sont également les premières victimes de la pollution.
Une rencontre avec le jaguar s'est imposé. Ce magnifique félin au regard noir et profond est prêt à chaque instant à bondir. 
Mais encore plus impressionnant, un rendez vous magique avec le plus bel oiseau au monde. Le quetzal. Ses longues plumes caudales, somptueuse trainée aérienne, aux reflets bleu-vert, ont fait la splendeur et le malheur de l'oiseau. Il était le symbole de la liberté chez les Mayas. Dans sa luxuriante forêt il se déplace avec toute la grâce dont il est capable, dans sa magnifique parure lumineuse. Cet oiseau meurt si on le met en cage. Il ne laisse aucun choix à l'oiseleur...
Nous avons trop tendance à soumettre les animaux à nos caprices. A les enfermer dans des cages ou des bulles...

On a pu avoir aussi un aperçu des eaux émeraudes ou truquoises du Belize. C'est en ce lieu que l'on protège les lamentins. Une association s'y emploie depuis quelques années.
Puis direction "ile Coco" pour un plongeon au milieu des requins. Voilà une île qui culmine à 575 mètres au dessus de la mer. Une île splendide au beau vert foncé, contrairement à la jungle tropicale qui elle, affiche vert tendre.
Au beau milieu du Pacifique Est, rencontre dans le sanctuaire des requins.
Les hommes préparent le sous marin pour explorer les grandes profondeurs. Et c'est la rencontre avec un autre univers. Celui des profondeurs. Lorsqu'ils s'enfoncent dans les abysses, on découvre une vie harmonieuse et magique. On a pu apercevoir un poisson chauve souris... du jamais vu.  C'est incroyable.
On estime que 1% seulement des fonds marins sont visités. 
Ce qui n'est pas étonnant, lorsqu'on sait que les scientifiques n'ont pas fini de découvrir tout ce qui s'y passe.

Le lendemain, les hommes retournent dans un endroit où se retrouvent les requins marteaux, qui ne sont d'ailleurs pas les seuls à s'y retrouver, comme on le constatera.
Cette fois ci, Nicolas et quelques hommes vont plonger. Il fait nuit noire. C'est l'heure de la grande chasse pour les requins, et celle de se cacher pour les poissons.
Règle de vie sous l'eau : manger et ne pas se faire manger !
Et voilà nos squales. Ils sont plusieurs centaines estiment nos hommes. Un vrai nid de requins. On peut même parler de meute lorsqu'ils se réunissent ainsi pour le repas.
Etant pris par leur temps de chasse, ils ne voient que le poisson qui glisse. A ce moment là il n'existe aucune coordinnation entre ces requins corail. Ce sont des troupes prises de frénésie lorsque l'un d'eux attrape une proie. Ils sont même prêt à se battre pour le plus petit poisson pris. Contrairement au dauphin, c'est chacun pour soi.
Pour cette portion de l'Océan Pacifique Est, on peut parler de bio masse. Riche en nutriment. Une vraie manne nourricière selon les scientifiques.
Mais nos visiteurs des fonds marins ne s'arrêtent pas là. Une autre jour ils nous entrainent dans un endroit où se retrouvent les requins marteaux. C'est la station de nettoyage. Là où se tiennent les poissons nettoyeurs, qu'aucun requin ne touchera. C'est le rendez vous de tous les requins en fait. Ils viennent pour se faire enlever les parasites.  C'est un rassemblement incroyable jusqu'à cette station de nettoyage.
Même le requin des Galapagos n'hésite pas à faire un détour pour faire peau neuve. Il mesure jusqu'à 4 mètres celui ci. Ce fut un beau rassemblement. 
On estime à 1 requin tué toutes les 3 secondes par les pêcheurs.  Victimes de leur réputation, ils sont en voie d'extinction méthodique, dans l'indifférence générale.
Le nettoyeur des mers, c'est lui. Grâce à lui la mer reste propre... tout ce qui traine, il l'avale.

La raie manta nous a régalée de sa majestueuse présence. Un gracieux vol sous marin, en passant prêt des caméras. Puis la vision aérienne a disparu.

En cet endroit du monde, on a vu qu'on peut s'approcher avec facilité des animaux. Notamment des oiseaux.
Des oiseaux marins magnifiques qui semblaient habillés de leur plus belles parures.