Mon rêve

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Dimanche 12 août 2007
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Lorsque je m'attarde sur des photos d'enfants, j'ai toujours des étincelles de souvenirs qui viennent s'imposer.
Cette silhouette je la trouve magnifique. Elle révèle le côté secret qu'il y a en chaque enfant. Elle est aussi l'image de pensées qui s'évadent. Une préoccupation. Un soucis. Des questions... les enfants aussi eprouvent ou rencontrent de telles passages. Les raisons sont nombreuses. 
En chacun de nous, il y a de cette part d'enfance qui nous a portée sur les chemins de nombreuses interrogations.
Alors, forcément, parfois nous faisons des retours en arrière. Sur nos propres enfants.
L'enfance troublée par certains problèmes familiaux...  Il n'en faut pas plus pour qu'une  perturbation mentale s'installe. Elle peut être durable, ou bien oubliée.

Lorsqu'on a une famille nombreuse, il faut de l'énergie à revendre. Il faut aussi paraitre, dans certaines circonstances, pour ne pas toujours montrer ses sentiments. N'est ce pas aux adultes de protéger l'enfance ?
Ce qui n'est pas toujours facile, evidemment. Mais on peut faire ce qu'on peut. Avec ce qu'on a...

L'un de mes garçons, dès sa petite enfance, a eu un diabéte déclaré. Il n'avait pas encore ses quatre ans. Voilà qui a changé le paysage de notre quotidien familial. Il a fallu que j'aprenne à faire l'infirmière.  Ce qui voulait dire, il y a maintenant 25 ans, lui faire ses injections d'insulines. Trois à l'époque. Et par jour. Prendre en charge ses examens sanguins. Veiller à une nourriture équilibrée. Pas toujours évident lorsqu'on a de petits moyens.
Des séjours à l'hopital assez réguliers pour des bilans de santé. Mais des hospitalisation aussi lors de comas. 
Au moins quatre déshydrations. Des pertes de connaissances hypo, auxquelles il fallait faire face. Parfois une baisse de sucre la nuit, lorsqu'il dormait. Ce qui voulait dire qu'aux environs des quatre heures du matin, je devais être en train de veiller à côté de son lit, au cas où cela se produirait. Car ce n'était pas quotidien, heureusement.
Une attention de tous les instants, pendant les premières années de sa vie.

J'ai rencontré l'incomprehension de certains medecins. De certains  enseignants. De personnes de notre entourage. La fuite de son père dès qu'il était en pleine convulsions diabétique...
J'ai essayé de mener ce problème du mieux que j'ai pu. En ayant parfois les reproches de mes autres enfants, aussi. J'ai consacré 50 % de mon temps à un seul de mes enfants. Et les  50 % restant, aux quatre autres. Normal qu'ils ne comprennent pas toujours qu'étant seule devant mon problème, il a fallu que je place mes priorités...

Des années plus tard... il rencontre la drogue à 16 ans. Celle qu'on appelle la douce. Mais pour ceux qui s'y adonnent et au parent qui s'en occupe, la douceur n'est que dans le mot.
Sept années à user de tous mes arguments. De fermeté parfois.
Sous l'effet de son poison, il était méconnaissable. Je l'ai cherché dans les endroits les plus insolites. Auprès de personnes qui n'avaient rien de charmantes. Lorsqu'il m'a demandé de l'aide, j'ai deménagé pour le rejoindre dans la ville où il s'était installé. J'ai tout laissé pour lui. Sans regret. J'ai même menacé certains dylers pour qu'on l'oublie. La derniière hospitalisation a duré trois semaines. Je l'ai vu se tordre de douleur sur son lit d'hopital. D'hurler sa douleur. J'ai passé mes nuits à ses côtés parce qu'il voulait parler. Je ne rentrais dejeuner que si on me remplaçait auprès de lui. Le temps que je rentre faire ma toilette. 
J'ai eu des amis extraordinnaires qui ont fait cela. Ils étaient à ses côtés lorsque je le quittais.
La souffrance de ce fils est à jamais profondemment incrustée sur mon coeur. 
C'est pourtant sur ces semaines et ces mois terribles, que certains de mes enfants se sont éparpillés dans la nature.
Ils n'ont pas tenus compte du contexte dans lequel j'étais engagée.
Ils ont creusé un fossé sur des malentendus. Ils m'ont reproché de ne plus m'occuper d'eux. Pourtant je n'avais plus à faire à des touts petits. Ils étaient mariés... pour certains.

Mais la vie est là, qui reprend le dessus. Il faut continuer.
Ma fille de Pierrelatte et son mari ont été les présents de tous les instants.
J'ai refoulé mes colères et mes larmes, parce que je ne voulais pas decourager mes enfants.
Donner à ses enfants ne se fait pas sans douleurs. Certains comprennent, d'autres ne comprendront peut être jamais.
J'ai su si bien cacher mes sentiments, que l'autre moitié de mes enfants n'a pas compris...
Tant pis... j'avance.
Je n'ai pas perdu mon amour pour les belles choses. Ni pour mon envie de devorer tout ce que la vie me donne.
Même si ce ne sont que de petites tranches.
Je prends du plaisir à tout. Je croque la vie, les choses, mes amies, mes rencontres d'un jour lorsqu'on vient me confier des morceaux de personnalité. Je croque aussi le temps... je le prends comme il vient. Je ne me pose plus de questions sur la réaction des gens. J'en prends certains et j'en laisse d'autres... moi d'abord maintenant.
Les états d'âmes de mes enfants, c'est aussi leur problème. 
Ils devront faire comme moi, assumer tous ce qu'ils ont construit. Le bon, comme le mauvais.
Et je respecte leurs choix...

Mon fils a souffert jusqu'à l'âge de 23 ou 24 ans, mais aujourd'hui il est serein. Tranquile dans sa tête. Loin de la violence d'un certain milieu. Et je suis heureuse de savoir qu'il a eu la volonté de vouloir s'en sortir.
Nous nous voyons très rarement, puisque lui aussi a sa vie. Mais notre aventure à deux, il ne pourra jamais l'oublier... je le sais !

par sonja publié dans : Tranches de vie
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Vendredi 10 août 2007

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Assemblée générale, ou club de rencontre ? Voilà un parc assez accueillant, pour laisser le promeneur s'installer sur sa pelouse fraichement tondue. Il ne faut surtout pas se gêner. Lorsqu'un tel endroit vous tend les bras, il faut y aller. Chaises de camping et pique nique sont necessaires.
Un joli parc ombragé. Des arbres au feuillage goût printemps. Les verts se mélangeant aux verts.
Un ruisseau prêt d'un tapis au confort, testé régulièrement...


Cette jolie scène,  si amusante, me rappelle le parc Jouvet de Valence. Lorsque j'habitais cette ville, les loisirs et les balades de mon équipe, c'était moi qui les organisais. Dans le programme, il y avait parfois ce parc magnifique qui faisait les délices des enfants. Des parterres fleuries, de grands arbres pour parasol, et surtout des magnolias. Ces grosses fleurs crèmes, blanches où parfois se mélangeait un rose tendre, sont le decor le plus parfumé du parc Jouvet.
J'emportais pour l'occasion un pique nique important, pour que mes cinq puissent avoir l'estomac calé pour la journée. Je me souviens de ces sorties qui me prenaient du temps, pour préparer le panier.
Parfois il y avait un poulet roti que je préparais la veille. Salade et fruits s'imposaient. Pour le goûter, un gateau que je fabriquais. C'était des journées qu'ils attendaient avec un réel plaisir.
Lorsquon n'a pas de voiture, il faut bien pique niquer quelque part nous, les citadins. 
Pour deux kilomètres de marche, la récompense. Le tour de petit train. Il faisait un parcours assez important, aux  yeux de jeunes enfants.
Les parties de cache-cache s'organisaient. Les courses et d'autres jeux imaginés aussi. Ils avaient le droit d'investir le parc. Ils ne se faisaient pas prier pour cela. La première fois que je les ai emmené au parc Jouvet, le jeu des bousculades autour du ruisseau au canard, a permis un joli plongeon à l'un de mes garçons. Et ce n'était pas l'été.
Il a laissé une chaussure dans la boue, au fond de l'eau. Mouillé sa culotte. Mouillé le dos. Mouillé sa fierté et vexé partout.
Son petit orgueil de mâle en avait pris un coup. Forcément, toute la colonie est partie à rire. Moi comprise. L'image était trop drole. Il a fallu rentrer, bien sur.
L'heure du repas etait une joyeuse envolée qui réunissait des joues rouges d'avoir trop courues. Quels affamés !
Dans ce parc il y a egalement une aire de jeux avec tobogans et balançoires. Mais aussi un manège.  
A l'ombre des grands arbres les mamans se réunissaient autour des bancs offerts au public.
Le sable pour les touts petits. Les discussions pour les mamans, et les mamies.
Tout en gardant un oeil sur ma tribu, je m'amusais à suivre d'autres jeux. Ceux des grandes personnes.

Les enfants ont toujours eu leur dose de loisirs, de detentes, de sorties. Il vallait mieux les avoir dehors que dedans, mes oiseaux fureteurs. Les chamailles etaient oubliées lorsqu'il y avait de la balade dans l'air. Tous les parcs de Valence nous avons investi. Tout les coins verts nous les connaissons aussi. Il fallait bien occuper ma petite équipe. Rares étaient le samedi ou le dimanche où nous ne sortions pas.

Il m'est même arrivé une année, alors que mes jumelles étaient déjà adolescentes, de faire un long trajet en vélo avec deux de mes enfants. Trois de mes enfants se trouvaient déjà dans un appartement prêté par des amis, dans un village de l'Ardèche. 
L'une de mes jumelles etant en stage dans un salon de coiffure, il a fallu attendre ses vacances, pour qu'on puisse rejoindre le reste de la famille. Mes amis veillaient sur les trois autres.
Un soir donc, après la fermeture du salon de coiffure, avec ma fille ainée et mon dernier, nous avons pris les deux vélos, et direction Joyeuses, un village coquet, de l'Ardèche. Mon fils derrièe moi, sur un siège vélo puisqu'il ne devait pas avoir plus de trois ans. Notre étape de nuit fut faite à Privas. Dur, dur, la côte des Pins. Je ne l'ai pas toute faite sur le vélo, bien sur. Le lendemain, dès 5h heures du matin, en marche pour l'aventure avec ma fille de 16 ans et mon petiot pas plus haut que trois pommes. Les côtes à pieds, et le reste à vélo... ou en voiture.
Oui, parce que à un moment donné, trouvant les montées trops longues, l'idée de faire du stop m'a de nouveau effleurée. Pas question de se séparer bien sur... comment faire, avec en plus, deux vélos ?
Qu'à cela ne tienne, on va faire dans le grand. Du stop caravane. Et ça marche. Avec les etrangers.
Ce furent des Holandais qui s'arrêtèrent. Ce brave couple embarqua donc nos vélos, et nous.
Ils parlaient  à peine quelques mots de français, et moi pas du tout l'anglais. Ils nous lachèrent aux abords de la ville où ils devaient s'arrêter. C'est ainsi que le trajet qui nous restait à parcourir était assez important.
Et puis après Joyeuses, il y avait encore une quinzaine de kilomètres à monter. Mais cette fois-ci, à monter seulement. Un brin de dejeuner à Joyeuses, avant de se decider à aller tout là haut, dans notre petit village d'une trentaine d'habitants.
Courage, c'est le dernier virage avant la grande pause.

Chemin faisant, la fatigue gagnant tout le monde, malgré la beauté des paysages, me revoilà m'essayant au "pouce". Là non plus, pas question de se séparer. 
La première voiture qui s'arrête alors qu'on ne lui demande rien, veut bien sur embarquer ma fille et son vélo.
Pas folle la guêpe ! 
Attente un peu longue, mais la voiture suivante, c'est celle qui nous emmenera jusqu'au bout du voyage. La "deux chevaux" s'arrête, place nos vélo à l'arrière, et nous avec. Ce monsieur était avec son fils, si j'ai bonne mémoire. 
Et ils étaient ... Hollandais ! D'ailleurs, dans l'Ardèche ce sont surtout des Hollandais et des Allemands qui ont élus domicile pour les périodes estivales. Certains même ont acheté des maisons.
Personne ne nous attendait à l'arrivée. Ils ont été assez surpris par notre culot.
Deux semaines à flâner dans le village, où mes enfants s'étaient fait des amis. Il y avait un camping proche. Avec les quelques enfants du village, ils s'étaient organisés des virées du côté du camping. Une attirance pour les activités du camping ?
J'ai aussi passé des soirées à regarder les etoiles et à partager de l'amitié.
Une detente bien méritée.

Avec les enfants, j'ai connu d'autres escapades... que je vous raconterais.
Lorsqu'on est seule pour tout porter, il faut bien s'organiser....
Mais que de souvenirs extraordinnaires. Je pense qu'eux non plus n'ont pas tout oublié...
Je crois bien que j'aurais pu animer une colonie de vacances, avec la panoplie d'idées qu'il a fallu developper...
Deux semaines dans un joli village de l'Ardèche, c'est assez délicieux.
Pour le retour, le couple d'amis par qui nous étions logés, nous ont conduit jusqu'à la ville la plus grande de ce coin de l'Ardèche. Puis le bus jusqu'à Valence. Deux vélo pour six, ce n'était vraiment pas faisable. Sacs et vélos, dans le coffre du bus pour finir les vacances scolaires à la maison.
Voilà d'autres  petites gâteries, assez ponctuelles, que j'ai offert à mes cinq enfants. Je ne leur ai pas donné l'occasion de s'ennuyer. Même lorsqu'ils restaient à la maison.
Ma petite contribution à l'éducation de cinq enfants. De cinq temperaments differents. 

Tantot cocktail... Tantot salade de fruits...

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Le kiosque Peynet de Valence, et Crussol juste en face. Cette montagne que vous apercevez au premier plan.
Prenez un siège, et reposez vous !

par sonja publié dans : Tranches de vie
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Samedi 28 juillet 2007
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Lorsqu'on s'attarde sur son présent, on ne peut que reconnaitre qu'il procède de notre passé.
On ne peut s'empêcher d'analyser tout ce qui en compose l'essence même de cette vie menée avec vents favorables, ou tempêtes passagères.
Parfois, les deux se confondent.
Contre vents et marrées nous avons lutté avec les matériaux que nous possédions.
Logiquement, on ne peut improviser avec ce que nous ne possédons pas. Pour l'observateur qui n'a pas eu le même parcours, le regard peut être moins delicat. L'imcompréhension s'installe et c'est le fossé. La critique est toujours facile.
Nous menons nos vies comme elles se présentent. Nous la receptionnons comme on a fait nos choix.
A cela s'ajoute l'accumulation de nos erreurs par méconnaissance. Ou parce que seul devant nos responsabilités.
A quel moment l'indifférence commence à s'installer ? Il est bien difficile d'apporter une réponse...
Parfois, insidueusement, ce sentiment peut s'imposer de lui-même.
Le chemin pour y arriver ?
Un concours de circonstances. Une accumulation de pressions. La volonté des autres, parfois, de refuser notre envie de reprendre notre espace mental.

Notre havre familial. Ce lieu paisible par excellence, n'a pas toujours le visage clément qu'on veut bien le croire.

Sur l'un des blogs parcouru, mon esprit vagabond s'est arrêté suffisament longtemps pour que je me sente interpellée. Cette petite histoire relate une anecdote lors d'une attente à une caisse d'un magasin.
Une personne se dit pressée et nous demande de lui céder notre place.
Allons nous accepter par timidité ? Parce que nous sommes moins préssé que la personne ? Parce que nous avons une bonne dose d'altruisme ? Quelle que soit la raison de notre accord, il se peut qu'au fond, il y ait une petie pincée de colère contre nous même... à vrai dire, on va se demander si nous sommes moins méritant que cette personne.
Ici, il ne s'agit que d'une toute petite chose. Mais, et si toute notre vie était jalonnée de "toutes petites choses" ?
Dans ce cas, au fil des ans, nous aurons construit une montagne.
Passer sa vie à dire "oui" aux autres, c'est donner sans compter. C'est s'oublier. Totalement. 
Jusqu'au jour où on se réveille en pensant, qu'on ne sait même pas si on a existé.

J'ai planté 5 enfants dans ma vie de femme. Comme beaucoup d'autres femmes, me voilà devenue "maman".
Femme au foyer je suis devenue, après celui d'avoir été employée de banque...
C'était joli, mais très prenant.
J'ai démarré avec des jumelles. De quoi perdre la boule parfois, mon sommeil très souvent. 
Du fourire mêlé à mes fatigues. De la bonne humeur, assise à côté de la discipline.
Deux ans plus tard, un autre petit bout de chou.
A 28 ans, cinq jolies fleurs. Je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer. Petits et grands maux. Dont un enfant avec une maladie à vie.
Il y avait aussi de la douceur de vivre à les retrouver tous réunis autour de la table. Dans une chambre à jouer. Dans un coin de parc à se défouler.
Ils ont vite appris les rudiments de la colonie-maison. Ils se serraient les coudes aussi. Adorables petits bouts, qui avaient appris l'obeissance.
Tans qu'ils étaient petits, nous étions soudés.
Seule devant les difficultés, je dois reconnaitre qu'ils étaient une source de "petits bonheurs" quotidiens.

Un jour ils ont grandi. Les revendications ont commencé à pleuvoir. Y faire face n'était pas de tout repos.
Des erreurs jai aussi commis. Lorsqu'on manque de soutien, il n'est pas simple d'y échapper.
Peitit à petit, le nid ils ont quitté. Pour se marier, ou imposer leur vie nouvelle. C'est ainsi qu'ils ont pris des libertés. On a commencé à m'installer dans le passif.
Avec mes petits enfants un bout de chemin j'ai fait, au fur et à mesure de leur arrivée. Delicieux moments, avec ces enfants aussi. Je crois que d'amour je ne les ai privés. De mon temps un peu donné.

Comme dans bien des familles, frictions et malentendus se succèdent. pendant des années, le silence j'ai gardé. Et un jour j'ai commencé à parler. A refuser qu'on dispose de mes pensées. Qu'en réunion familiale, lorsqu'absente, on disserte sur mon sors. Une fois j'ai demandé une rencontre autour de la table. On a préféré régler le différent à la sauce amère. Mon point de vue j'ai essayé de défendre. 
Comment n'ai-je pas su que d'avance j'avais perdu ?
Devant ses enfants, on préfère abandonner la bataille. La leçon peut servir, car on se dit, qu'on peut, sans culpabiliser, penser à soi même. 
Un dépaysement, et nous voilà conforté dans notre idée. Notre coeur subit de bien vilaines blessures.
Pourtant, c'est nous que certains de nos enfants accusent de mauvais gestionnaire. 
Se fermer. Definitivement, contre les aggressions. Retrouver la paix. Mais même cela est source de malendus.
Le malentendu dans les malentendus. 
On nous invite à parler, et lorsqu'on le fait, nos phrases sortent de leur contexte. Ils nous mettent mal à l'aise, pour ensuite penser qu'à leur façon d'agir on doit se plier.
La liste des réclamations est longue.

Les miens pensent même que j'ai coupé les ponts avec mes petits enfants.
Pourtant rien de tel n'a même effleuré mes pensées.
Mon pied s'est fait rare chez certains...
Pour d'autres j'ai été envahissante...
Pour les contenter, que faut-il faire ?
Encore s'oublier et marcher selon leur bon vouloir ?
Je ne sais qu'une seule chose, c'est que ma fatigue est grande.
Me justifier ? Pourquoi ? Ils penseront être dans leur bon droit. Je respecte alors leur choix. Même celui de penser que je suis telle qu'ils me voient.
Ils ont le droit de penser que je leur dois encore quelque chose.
Moi, celui de regarder un peu, vers moi.

Nous ne sommes pas devant une attente à une caisse de Supermarché, mais j'ai envie de garder mon tour.
Je ne veux plus céder ma place, même si j'ai été longue à réagir.
Serait-ce mon age qui laisse supposer que je leur suis inférieure ?

Moi aussi j'ai eu votre âge mes enfants, et on ne m'a jamais laissé croire que je n'avais que des droits.
Ne plus voir certains de mes petits enfants, vous avez tort d'imaginer que c'est ce que j'ai voulu.
Vous resterez mes enfants, et petits enfants, même si le contraire vous pensez...

Je ne réagis plus, je sais ! 
Je n'en éprouve pas le désir.
Tout simplement !

A toutes les mamans qui se reconnaissent...
par sonja publié dans : Tranches de vie
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Vendredi 20 juillet 2007

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Le ciel est gris.
Le ciel a de nouveau tiré sa couverture nuageuse. Je n'ai même pas vu le soleil se coucher. Sa lumière n'a pas percé. Le crépuscule s'installe plus tôt. J'observe les vagues nuageuses avancer lentement. Leurs formes changent en marche. Ce ciel bas sent l'orage. A certains moments il y a comme un roulement. Des craquements diffus. Le ciel gronde  au milieu de ce moutonnement.

Les martinets sont encore là. Ils tournent sans arrêt. Sifflements et cris, par vagues ils envoient. 
Des oiseaux traversent les routes du ciel. Il est temps pour eux de rejoindre leurs chambres à coucher. 
Les passereaux lancent leurs dernières trilles. Les merles chantent la pluie. Nos amis du jour ne vont plus tarder à entrer dans la nuit du sommeil. Mais c'est déjà le signal pour d'autres, de prendre la vie de nuits...
Les lampadaires de la cité s'allument. Nous ne sommes pas loin des 22 heures. Décidement, je ne cesse d'être surprise par le quartier. A partir d'une cetaine heure, plus de bruits. C'est le calme dans la cité, malgré les nombreux immeubles qui se cotoient. Même la tour proche semble être habitée par des absents.

La fraicheur me serre. Mais j'aime. Les quelques arbres de l'autre côté de la rue ne frissonnent pas.
D'où vient ce petit air sympatique ?
Je vois deux petits bouts de montagne, au loin.
Depuis mon salon me parvient la musique douce des notes d'un piano. Voilà une heure, j'ai mis un CD dans dans la chaine. Quelle musique délicate et prenante. Le piano... de la noblesse dans la fluidité des notes en continues.

Je n'ai pas encore allumé la lampe du salon. J'arrive à écrire parce que la lumière de la ville s'est imposée dans les lampadaires, proches de mon balcon.
Voilà plus de deux heures que ma paisible soirée me donne toutes les raisons d'aprécier le mouvement du temps qui passe.

Je sens des moustiques tourner autour de moi.
Mes deux chauves souris n'ont pas encore commencées à raser mon balcon. je vais m'amuser à les suivre durant un bon moment, comme à mon habitude. Curieux petit animal qui investit parfois nos villes...

La nature me laisse rêveuse. Avec elle, c'est toujours de nouvelles aventures. On ne peut jamais la regarder de la même façon. Parce que rien ne se forme à l'identique. Chaque jour, même dans les mêmes gestes, il y a variation. C'est dans sa régularité qu'on pense la ressentir identique. Le plaisir des yeux. Celui du coeur.
La nature fait son remu-ménage dans nos profondeurs.

Ces soirées projetent les pensées au delà de notre espace réduit, de nos murs, et de notre quotidien.
Porte ouverte à des échappées mentales. Ou à des questionnements.
C'est dans le calme que je laisse courir mes émotions du moment.
Eprouver même ce besoin d'écrire, ce temps qui passe... Lorsqu'on est dans un silence constant, dès qu'on franchi la porte de sa maison, on peut ressentir ce sentiment.
Parler, même avec sa plume...



par sonja publié dans : Tranches de vie
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Mardi 1 mai 2007

Et si envie de s'exprimer elles voulaient ?
Alors, elles vous diraient, que de nombreuses années sont passées avant d'enfin oser...
Et ce langage, sans doute elles tiendraient :
"Vingt ans, un jour moi aussi j'ai eu. J'étais jeune et qui sait, sans doute désirable ?"

Tout comme vous mes filles, j'ai rêvé. Et comme mes garçons raisonner... J'ai pensé fonder mon propre foyer. Et des enfants, ainsi planter.
Comment m'avez vous perçu, vous mes chers enfants ?
Certainement comme la maman qui était toujours présente pour les petits et les grands "bobos".
Vous saviez qu'en rentrant de l'école, votre repas serait toujours prêt. Vos vêtements, vous n'aviez qu'à ouvrir votre armoire, pour en aprécier le parfum de la propreté. Pas une seule fois vous n'êtes sortis avec un habit souillé ou froissé. Pendant des années j'ai veillé sur vos nuits agitées. J'ai pris soin de faire office d'infirmière. J'ai un peu été votre institutrice. J'ai préparé vos loisirs. Nous avons même joué ensemble. Nous avions un programme où la balade avait sa place. Je vous ai organisé des goûters avec d'autres enfants. Je vous ai aidé à apprendre le respect et les bonnes manières.
J'ai essayé d'être un peu votre guide pour que vous demarriez d'un bon pied, dans votre vie d'adulte.
Je vous ai entouré de mon affection, même si parfois je vous ai semblé peu démonstrative. J'ai veillé sur vous, du mieux que je l'ai pu.
Nous avons beaucoup rit ensemble. Votre enfance fut un cadeau pour moi.
Une mère cela doit donner. Encore donner. Toujours donner ! N'est ce pas ainsi que l'on reconnait sa "maman" ? Sans nul doute !
Il est un aspect cependant, qui échappe aux jeunes adolescents, et parfois, aux jeunes adultes... c'est qu'une maman donne sans compter, sans calculer, sans comptabilité.
Dès lors, de nombreux enfants s'imaginent, à tort, qu'une mère est faite pour cela... pour servir.
Qu'une maman ne se fatigue jamais. Qu'une maman n'a aucune faiblesse. Qu'une maman ne peut être fragile. Qu'une maman ne doit pas se plaindre. Ni montrer ses sentiments.
Soit... alors, pendant des années elle se tait.
Qu'est ce qu'une mère ?
Pour tout dire, on la retrouve :
gestionnaire, aussi bien que femme de ménage, ou couturière. Mais elle peut aussi être decoratrice ou assistante maternelle. C'est également une cuisinière hors pair, ou une psychologue en apprentissage.
Elle peut parfois être le père et la mère, en même temps.
En un mot, elle est un chef d'entreprise pour toute la maisonnée.
En tant que PDG, elle est en devoir d'assumer la bonne marche de sa troupe. Il est requis de sa part, de petites interventions, lorsque des conflits entre la fratrie surviennent. Elle ne peut, en aucun cas, desavantager les uns, par rapport aux autres. Ce qui n'est jamais évident. Elle est en droit de reclamer la collaboration de tous les membres, si elle ne veut pas que l'anarchie s'installe dans son entreprise.
Elle doit garder une certaine tranquilité d'esprit et le sourire, même lorsque sa charge lui parait, quelquefois, difficilement supportable.
Une maman ne pense jamais à elle. Elle n'en a pas le temps. Elle ne s'autorise pas un seul regard. La priorité, c'est sa famille. Et s'il lui arrive de se sentir épuisée ou decouragée, elle devra attendre l'extinction des feux, pour enfin donner libre court, à ses larmes, trop souvent retenues.
Elle ne veut pas qu'on la surprenne dans la detresse. Elle n'arrive pas à parler de ses inquiétudes. De ses colères. De sa desespérance. De ses chagrins. Son soucis ? D'abord le bien être de ses enfants...
Une maman, c'est aussi quelqu'un qui commet des erreurs. Erreurs que ses propres enfants auront tendance à faire ressortir, à un moment où elle aura pensé qu'elle pouvait entrer dans la quiétude d'une certaine retraite.
Certains de ses enfants peuvent pousser la prétention jusqu'à réclamer des comptes sur l'autorité par trop exclusive dont elle s'est investie.
Mais ont- ils calculé combien de larmes, combien de sacrifices, sur son livre de "maman" ?
Toutes les mères du monde ont le courage accroché au ventre. Elles sont capables de donner plus qu'il n'est réclamé d'elles.
Très peu d'enfants savent... comprenent...
Ils leurs arrivent même, de penser qu'une maman n'a pas les mêmes besoins qu'eux. Ou bien qu'elle peut se contenter de très peu. Peut être oublient ils que les vingt ans qu'elle leur a offert est plus qu'un dû. Un acte d'amour ?
Après avoir été "maman", doit elle seulement basculer sur son devoir de grand-mère ? C'est certainement ce qu'on attend d'elle. Ce contrat aussi elle sait l'honorer.
Mais, et si elle avait le desir de s'autoriser une pause dont elle pourrait être bénéficiaire ?
Les années sont passées trop vite pour elle. Elle ne les a pas vu s'enfuir... Lorqu'elle en prend conscience, quel sentiment croyez vous qu'elle puisse eprouver ?
A votre tour, chers enfants, un jour, la réponse vous aurez...
Une maman-grand-mère qui a l'impression de manquer d'une peu d'oxygène, peut elle eprouver une certaine desespérance, un malaise interieur ? Alors, dites vous que son besoin de fuite est à la mesure des dommages psychologiques subit.
Prendre conscience que sa vie fut dirigée par des devoirs plus que des droits, en oubliant qu'on est soi-même un être humain à part entière, a de quoi desapointer...
Les enfants ont du mal à accepter le changement chez une maman qui réclame un peu de temps pour elle-même. Une mère qui ne veut plus, momentanement, jouer le jeu, on ne comprend plus ! On juge ?
Son besoin de prendre un peu de cette liberté dont elle a été privée, car seule face à toutes ses responsabilités, c'est presque inacceptable...
Entreprendre des choses qu'elle aurait aimé accomplir, on en arrive à penser qu'à présent elle est trop vieille, pour s'y adonner.
Une maman c'est aussi quelqu'un qui eprouve des sentiments légitimes. Cela quand bien même s'ils se résument à la simple contemplation d'un morceau de nature, en solitaire.
Une maman aime à se détendre devant un thé dans un salon. Ou bien aller se regaler dans un restaurant, afin de se faire servir. Elle aimerait parfois voyager hors frontière. Il lui arrive de regarder furtivement une vitrine, et desirer un vêtement hors de sa portée. Elle n'a jamais pris de vacances, mais elle en rêve.
Elle aimerait... tout ce que vous aimez. Mais elle ne peut pas.
Et si parfois il vous arrive de juger votre maman trop vieille pour penser qu'elle ne peut ou ne doit plus rêver, elle ne vous demande qu'une seule chose aujourd'hui... La permission... si j'ose exprimer cela ainsi, de revoir à la hausse "la paix de l'esprit".
Allez chiche !
Ayez le courage de donner à votre tour, à vos mamans, sans rien réclamer en retour.
On nomme cela "reconnaissance"... accepter l'autre même à travers ses erreurs.
Vous ne comprenez pas encore ce qui se passe ? Vous voudriez des justifications ?
Ne devenez pas trop exigeants et donnez, tout simplement.
Une vieille maman n'aspire plus à de grandes choses, à part celle d'être moralement soutenue.
En n'etant pas trop critique pour sa façon de mener sa vie.
Une certaine tolérance est requise.
C'est maintenant, à ses enfants et petits enfants à aller à sa rencontre et non plus le contraire...
Ce serait une erreur que d'imaginer qu'il en est autrement.
Une simple analyse de bon sens vous donnera la réponse la plus juste.
Mais si sur vos positions vous voulez rester, qu'à cela ne tienne, ce sera aussi votre choix.
A votre tour de lui accorder celui de s'octroyer du temps pour elle même. Vos convictions elle les accepte. Acceptez vous les siennes ?
Et si vous pensez que d'erreurs, point vous n'en avez commises, elle peut alors, l'esprit tranquile, poursuivre son petit bonhome de chemin...
Ne sommes nous donc pas à égalité ?

A toutes les mamans qui ont pleuré, leur courage, moi aussi je viens saluer !

par sonja publié dans : Tranches de vie
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Jeudi 26 avril 2007

La ville est grande. Elle a de belles artères. Et un centre ville spacieux. Le vieux Valence a le charme des ruelles etroites d'antan.
La grande place amenagée au dessus de son parking souterain, et autour du kiosque, s'est paré de jets d'eau. Si on continue jusqu'au bout, on va se retrouver en surplomb, au dessus du très beau parc Jouvet. Arbres et haies lui donnent un cachet où les verts dominent. De grands arbres ombragent le parcours promenade. Des magnolias, qui embaument le printemps venu. Larges cloches blanches ou crèmes. Ces fleurs rehaussent un environnement douillet et accueillant.
Des parterres de fleurs et des allées fleuries parcourent le parc. Un ruisseau le traverse. Des canards y vivent dessus. De la pelouse à perte de vue, que traverse le petit train pour enfant. Ou des parents qui accompagnent les touts petits. Une ronde elargie sur des rails bien imités. Je n'ai plus le souvenir du nombre de wagonnets, si ce n'est que le train me semblait très long. Sa gare se tient prêt de l'aire de jeux. Endroit de tous les rendez-vous. Des tobogans. Des balançoires et bien d'autres jeux, font la joie des enfants. De hauts arbres servant de parasols. C'est là aussi qu'on a fixé une buvette, avec terasse lorsque le printemps arrive. Le manège enchanté est en place devant elle. Le ponpon à atteindre, qui ne tient jamais en place, pour un tour supplémentaire à gagner, fait les delices des enfants.
Des animaux, à l'oposé, sont encagés, pour la joie des touts petits.
Très régulièrement c'est dans ce parc que je promenais mes enfants. On emportait notre pique nique parfois. Une manière de prolonger notre journée. Les enfants ont besoin d'espace. De beaucoup d'espace. Sans voiture, la campagne devient inaccessible. Nos loisirs en famille se faisaient à pieds.  Et plus tard, à vélo, pour des échappées nature. Cinq enfants à amuser. Cinq enfants à sortir. Une organisation de tous les instants. Un apprentissage qui prend du temps, et de l'energie. Sans partage.
C'est après la Nouvelle Caledonie que nous nous retrouvons dans cette ville. De 1976 à 1991 nous y habiterons. Dans la cité du Polygone. Tout d'abord rue Pierre Loti. Puis rue Maréchal Foch. Au rez de chaussée, après un quatrième étage. Que d'anecdotes avons nous vécu dans cet appartement... et d'agréables moments de voisinage.
Dans cette entrée d'immeuble y vivait une famille nombreuse, en trois generations. C'est là que j'ai fait la connaissance également de Patricia devenue l'une de mes meilleures amies. Elle n'avait que 15 ans. Patricia la réservée, qui a pris du caractère depuis. Patricia la douce. Patricia la généreuse. Patricia l'humour. Une beauté à l'espagnole. Une amie fidèle.
Lorsque les beaux jours arrivaient, c'était sur les trois marches qui menaient à l'interieur de l'immeuble que nous nous installions à certaines heures. Une entrée bloquée par une jeunesse joyeuse. Les soeurs de notre famille nombreuse, prenaient place à nos côtés. Parties de rigolades assurées. Immaginez votre entrée d'immeuble bloquée par une petite foule de jeunes et d'enfants. Cette convivialité était pleine de couleurs. J'étais la plus agée. La plus remuante aussi. Je donnais le ton ambiant. Des passants s'arrêtaient lorsqu'ils n'étaient pas pressés. Quelques minutes de discussion ou de rires. Je me souviens que par la suite, d'autres voisins se sont ainsi retrouvés devant leurs porches. L'été nous prolongions notre bonheur de nous rencontrer.
Minuit... une heure du matin. En veillant à ne pas reveiller le voisinage. Que de confidences mes oreilles ont écoutées, lorsque mes enfants étaient au lit.
Il y a eu bien des échanges de plats cuisinés qui montaient aux étages, ou descendaient au rez de chaussée. La patisserie orientale descendait du quatrième. Mes desserts montaient au quatrième où au premier etage chez Patricia. Un vrai regal de tous les instants.
Le mercredi après midi, j'organisais des goûters surprises pour les copains et les copines de mes enfants. Crèpes, beignets, sablés ou biscuits, passaient de mains en mains par la fenêtre de la cuisine. L'avantage du rez de chaussée. Je ne pouvais interrompre le jeux des enfants trop longtemps, alors le moyen était accommodant. Aux copains s'ajoutaient d'autres enfants. Interruption momentanée des jeux, des courses, ou des chamailles. Ils approchaient timidement. Ou franchement. Mais toutes ces paires de yeux pétillants étaient delicieux à regarder. Rieurs et coquins au possible. Je les ai vu grandir à côté de mes enfants tous ces petits... J'en ai fabriqué des kilos de pâtes à patisseries, pour voir briller ces yeux là. Je revois encore cette grande cour de la cité, juste sous la fenêtre de ma cuisine. Quelques bancs éparpillés, des arbres plantés, et en "U", toute une rangée d'immeubles. Des cages à lapins. Des boites rectangulaires. Avec des fenêtres. Le bleu du ciel pour de la couleur donner aux immeubles. L'architecte qui a pensé cela devait être lapin dans une vie anterieure. Une tour de quatorze etages. D'autres longs batiments couraient dans la cité. Donnant du  quatorze etages, toujours. Il y en a six, je crois. Et ce quartier se prolongeait ainsi, d'immeubles en immeubles autour de ces tours. L'horreur architecturale. L'etouffement mental, si on ne bouge pas. Dans ce pôle de vie, il y a une superette, un salon de coiffure, un boulanger patissier, une droguerie, un bureau de presse... tout cela autour d'une autre tour, et en prolongation, des immeubles de cinq etages.
La piscine, la patinoire, la M.J.C, une école, un collège enfermait encore plus une foule fourmillante. Pour qu'elle reste entre elle ? Et encore une autre tour bien dressée de ce côté là...
Le parc du Polygone se situait à l'opposé. Une belle pelouse sur laquelle j'organisais les goûters  d'Edwige, de Cecilia, de Patrice, de Lydie, de David et de tous ces enfants qui nous voyaient debarquer certains samedis ou dimanche après midi. Jeux et rires etaient au menu. Je leur racontait aussi des histoires. Puis venaient les festivités. J'avais toujours des munitions pôur une petite cour de recreation. Je pouvais même ramener des restes à la maison, c'est dire...
Ce quartier grouillant a été le lieu de loisirs d'une enfance turbulante, mais gentille.
Aujourd'hui encore, lorsque j'y retourne, des parents se souviennent avec nostalgie. Ils sont heureux que je leur rende visite. Dans nos discussions, les souvenirs fusent. Nous rions de tous ces rappels de mémoire.
Les jours où mes enfants ne sortaient pas, c'est à la maison que s'organisait la recréation. Mes cinq n'était jamais à cours d'idées pour organiser des jeux. Ma maison était toujours pleine d'enfants. Ceux de mes amies. Ceux de certains de mes voisins. Ceux aussi de parents qui travaillaient. Des présences multipliées, les jours de vacances. Il arrivait que le "capitaine" donne de la voix, à bord du navire. Des petites chamailles de personnalités, très vite maitrisées. Les pirates retrouvaient les vents paisibles de l'amitié. Et moi je retournais à ma cuisine.
Les enfants ont grandi. L'adolescence s'est imposée dans la maisonnée. Les inséparables Cecilia et Edwige, tout d'abord. Patrice a suivi de très prêt puisqu'il n'a que deux années de difference avec ses soeurs jumelles. Les jeux étaient differents. Les pensées aussi. Besoin de voler de leurs propres ailes. Besoin d'autres echappées. J'ai esayé de veiller à ce que ce passage obligé vers le jeune adulte, se passe bien. Avec les moyens de bord. Pas facile, ni evident. Très dur à assumer. Des petites revoltes. Des prises de positions. Le durcissement des miennes. Je n'ai pu donner que ce que j'avais. J'ai dû tout apprendre. Lorsqu'on a reçu peu soi-même, on ne peut pas toujours faire des miracles.
Mais j'ai continué d'ouvrir ma porte aux enfants, à present adolescents, pour ne pas les isoler.
Patrice avait ses copains. Les filles leurs copines. Il y en a eu des repas avec les parents, aussi,  de cette belle jeunesse. Des rencontres généreuses. Heureuses. Où l'humour avait droit de présence. De gentilles farces, agrémentaient ces retrouvailles quotidiennes. Pour mon plaisir personnel. Mais surtout pour celui des enfants. Je n'ai pas menagé mes efforts. Toute mon energie à leur service.
Je les ai accompagné regulièrement à la piscine. A la patinoire. Des flâneries au centre ville. Des degustations glace, rue Victor Hugo. Des pauses raffraichements dans un bar ou une cafeteria. Des samedis soirs à déhambuler dans les rues piétonnières du centre ville, les samedis soirs. J'ai encore en mémoire ce fameux soir, où tard dans la nuit, avec d'autres amis nous avançions dans une ville presque endormie. Bavarder entre adultes, et un peu oublier les enfants qui trainaient derrière nous. Qui commença à sonner aux portes ? Je ne saurais le dire, mais ce petit jeu continua durant notre parcours dans les ruelles presque vides de Valence.
Ces petits chenapans riaient en folie. Est ce l'un des habitants des lieux qui ouvrit une fenêtre ?
Toujours est-il que je ne me suis pas rendue compte du manège, tout de suite.
Il y a eu aussi ces oeufs que Patrice envoyait du dixième etage, là où nous avions amenagé quelques années plus tard. Les passants voyaient exploser à leurs pieds ces oeufs. Et plus personne au dessus de leur tête. Le responsable avait disparu. Quand à moi, je m'interrogeais sur la disparition de l'ingrédient necessaire à quelques recettes. Faute d'oeuf, des envois d'eau faisait bien l'affaire.
Mais c'est de la rue Maréchal Foch qu'ils ont gardé leurs meilleurs souvenirs, selon eux. Nous avons demenagé cinq fois dans Valence, avant de nous poser à Roanne.
Peu de moyens, mais beaucoup de coeurs réunis autour de ma table. Mes amies n'étaient pas en panne de générosité.
Et si je devais réunir toutes les anecdotes, il s'agirait d'un livre de recueil. Ce que je ferais peut être un jour. La mémoire est une bibliothèque où la place ne manque jamais.
Lorsque je me promène à l'interieur de celle ci, je prends plaisir à relire des passages de l'histoire d'une famille. Il y a des passages qui font pleurer. Mais aussi ceux qui font rire. Beaucoup rire. Et j'aime rire....
Et il y aura une suite... Des suites... un peu de patience.

par sonja publié dans : Tranches de vie
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Mardi 24 avril 2007

C'est la fin de la journée. On franchit la porte de sa maison.
Alors, que faites vous lorsque vous penêtrez chez vous ?
Vous, je ne sais pas ce vous faites... mais moi je sais comment j'organise mes soirées.
Je vais vous raconter celle d'aujourd'hui.
Me voilà donc dans mon palace. J'en ai vite fait le tour. Normal. Il s'agit d'un studio. Il est fonctionnnel. L'essentiel y trône. Un fauteuil lit dans un coin de la pièce. Avec une table basse, juste devant. Dessus, et dessous, livres et journaux. C'est mon coin lecture. Un meuble commode, bas, s'alligne sur la gauche de la pièce. A l'interieur, des livres, des cahiers, du courrier, et mes CD. Au dessus, accroché au mur, un cadre. Une gardienne de chèvre le représente. Elle se retourne légèrement, comme si on venait de l'interpeler. Elle est vêtue d'une longue cape, d'un bleu roi. Le desert est devant elle.
Mon bureau s'impose dans un angle de la pièce, coté baie vitrée. Un vrai fouilli s'eparpille dessus... cahiers, feuilles, le dictionnaire, un livre, un classeur rempli de papiers, crayons, stylos... et juste une petite place pour que j'y trouve ma pose d'écriture.  En prolongation un autre meuble bas, lui aussi envahi. Tout ce dont j'ai besoin pour les lettres amicales à envoyer. C'est entre la fenêtre du coin cuisine et la porte vitrée qui mène sur le balcon, qu'il est disposé. Un large plante verte posée dessus. Après la cuisine vient la salle de bain. Rien de prétentieux dans mon palace. Juste de quoi me tenir à l'ombre.
J'ai déposé mon cartable au pied de mon bureau, puis direction la douche. Raffraichissants instants, qui vont me redonner un regain d'énergie. Puis tenue de soirée exigée.
Je fais partir un CD sur ma chaine, pour le bonheur de mon ouïe. Un piano a commencé à diffuser ses notes aériennes. La douceur penêtre dans mon cerveau, affamé de beauté et de delicatesse. Neurones qui savourent...
Le balcon m'attend. J'installe sur la table ronde de quoi pouvoir ecrire mes impressions du moment. Je promène mon regard. L'horizon, au dessus des villas s'est coloré de rose et d'orange, au fur et à mesure que le soleil parcourt sa descente. Puis il disparait definitivement.
Il lache derrière lui des éclats fluorescents. Le bleu du ciel ressemble à du cristal. Il tend vers une transparence irréelle. Le crépuscule s'installe rapidement. Il laisse venir la nuit.
La fraicheur commence à s'imposer après les 27° de tout un après midi. C'est Venus qui s'est présentée la première. Elle est encore haute dans le ciel. Celle ci a flirté avec un fin croissant de lune, durant deux nuits. Il y a une semaine. Magie de la nuit qui nous offre un espace scintillant de guirlandes qui clignotent. Spectaculaire !
Les bouts de montagne que j'aperçois entre deux maisons, sont dans le sombre. La chaine montagneuse, et la côte roannaise sont en pyjama. Un petit village en surplomb, a allumé ses lumières. Il est 21h25.
Les derniers gazouillis venant du sapin juste en face de mon balcon se sont tus. Les passereaux se sont serrés pour leur nuit commencer. C'est le calme dans le quartier. Les habitants de la cité sont devant leur télé. Mes voisins eux mêmes sont dans leur silence.
Je plonge mon regard dans la nuit, au delà des arbres, des villas, des lampadaires, pour une échappée du côté de la Mediterranée. Je fais souvent ce voyage sur les chemins de mes pensées. Mes vacances à Bejaïa viennent à ma rencontre, presque chaque soir. Ces images réveillent en moi le plaisir de tout ce qui a composé mes heures et mes journées dans cette ville merveilleuse. Un plaisir intense qui fait les délices de mes soirées.
Ah ! Bejaïa la magnifique... que m'as tu laissée partir ?
La nuit profonde est là, et je ramène ma tête sur ma feuile. Elle s'était encore égarée du côté de Bejaïa. Seuls les six lampadaires plantés un peu partout de l'autre côté de la rue, m'éclairent.
Je n'ai pas encore allumé ma lampe. J'attendais mes visiteuses de la nuit. Mes deux fidèles chauves souris. Elles jouent à raser les lumières, les arbres et les balcons. Lorsque je suis ici dans mon coin sombre, elles n'hesitent pas une seconde, à  venir me raser. Silencieusement. A une vitesse qui peut surprendre, quand elles s'approchent d'aussi prêt. Mais qu'est ce que j'aime !
Je me demande bien si elles font ça à d'autres personnes.
Les moustiques sont là aussi. Ceux là, je ne les crains pas non plus. Ils ne m'attaquent jamais. Auraient ils peur de moi ?
Beaucoup de volets sont fermés. J'ai assez observé et écouté. Cela prend du temps, mais quelle richesse. Je ne parle qu'à ma page blanche... et j'aime aussi.
Voilà le train de 21h55 qui s'éloigne de Roanne. Son passage casse un peu le silence environnant. Au loin, du côté de la campagne, un chien aboie. Les bruits de la nuit se font par à coup. En adoucis. En feutré.
C'est ici que je vais abandonner mon balcon.
La fraicheur me fait frissoner.
Ma soirée n'est pas finie. Mon livre de chevet m'attend.
J'aimerais que vous aussi, votre soirée, vous me racontiez.
Sinon, je vais les inventer...

par sonja publié dans : Tranches de vie
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